Thème

Moyen-Age

Claudine Glot, Sire Gauvain et le Chevalier vert

« Un soir de nouvel an, un mystérieux chevalier vert lance un étrange défi aux chevaliers de la Table Ronde : quiconque accepte de trancher la tête de ce chevalier vert avec sa hache, devra en retour, subir le même sort dans un an et un jour. » Ayant rappelé au roi Arthur qu’il est son champion, Sire Gauvain relève alors le défi. A la surprise de tous, une fois décapité, le chevalier vert se relève, reprend sa tête et rappelle à Gauvain sa promesse. De nombreuses aventures ponctuent l’année suivante, que ce soit sur le chemin semé d’embûches, au château de Haut-Désert ou, le dernier jour venu, au pied de la Chapelle Verte. Elles mettront à l’épreuve l’honneur de Gauvain, considéré comme le plus parfait des chevaliers de la Table Ronde.
Fondatrice du Centre de l’Imaginaire Arthurien, conférencière, commissaire d’exposition, Claudine Glot a consacré de nombreux ouvrages aux mythes et aux légendes. Elle s’inspire d’un manuscrit médiéval daté de la fin du XIVe siècle, Sire Gauvain et le Chevalier vert (Sir Gawain and the Green Knight), conservé à la British Library à Londres et rappelle, dans la postface que « J. R. R. Tolkien, qui appréciait et aimait particulièrement ce roman, l’a étudié, en a établi le texte et l’a traduit en anglais moderne ». Son texte suit au plus près de la trame médiévale, en livrant les pensées ou les dialogues nécessaires dans une langue précise et poétique — mais sans psychologiser. Les superbes illustrations de David Balade s’inspirent de la symbolique celtique et des tableaux et vitraux préraphaélites. Les originaux seront à admirer à l’Office de Tourisme de Brocéliande dès sa réouverture au public.

Adolescents

Claudine Glot, Sire Gauvain et le Chevalier vert, illustrations de David Balade, Ouest-France, coll. Jeunesse, 96 p., 15 €

Clotilde Jannin, Bertrand Du Guesclin, hardi chevalier

1332, quelque part en Bretagne. Une petite troupe de garnements se lance dans un grand jeu : prendre d’assaut un fortin bricolé avec de vieilles planches. À sa tête, le jeune Bertrand du Guesclin se sent déjà l’âme d’un chef ! Au fil des années, celui qui n’était qu’un écuyer mal dégrossi s’est révélé un chef de guerre infatigable et un meneur apprécié de ses hommes, que ce soit en Bretagne, en France ou en Espagne. Bertrand du Guesclin (env. 1320 — 1380) remporta de nombreux combats lors de ce que nous appellerons « la guerre de Cent Ans ». Fait prisonnier par les Anglais, il fixa à cent mille écus d’or le prix de sa rançon. Le roi le nomma à la tête de ses armées, avec le titre de connétable de France. Clotilde Jannin, mère de famille passionnée par l’Histoire, conte ici les aventures captivantes d’un jeune garçon courageux et déterminé devenu un chevalier estimé de tous. Les illustrations épurées de Fabien Le Clech font entrer le jeune lecteur de plain-pied dans un Moyen Âge coloré et dynamique.

Dès 5 ans

Clotilde Jannin, Bertrand Du Guesclin, hardi chevalier, illustrations de Fabien Le Clech, Ed de la Nouvelle Librairie Jeunesse, 2021, 24 p., 9,90 € — Imprimé en France.

Pierre Coran, Siegfried et le Dragon

« Il y a très longtemps, dans une grotte des bords du Rhin, vivaient Mime, un forgeron nain, et Siegfried, un jeune géant.
Un jour, Siegfried dit à Mime :
— Depuis des années, tu promets de me forger un glaive pour combattre les dragons.
— Je sais, s’écrie Mime. Ton glaive est prêt… Vois, jamais je n’ai réussi une aussi belle arme. »
Mais l’épée se brise, ce qui éveille la colère de Siegfried. Mime s’est moqué de lui. Le jeune géant exige de lui de savoir qui il est et d’où il vient. De révélation en révélation, Siegfried, armé de l’épée de son père, va affronter le dragon, se débarrasser de Mime et découvrir la belle Brunehilde qui « dort à jamais dans un cercle de feu ». Pierre Coran s’est inspiré de l’opéra de Wagner et de la Chanson des Niebelungen pour tracer à grands traits le portrait de ce héros, un « jeune géant » auquel les enfants sauront s’identifier. Charlotte Gastaut s’est surpassée pour nous offrir un Siegfried blond comme les blés, un Mime empêtré dans une barbe et des cheveux bleus, un dragon aux anneaux dorés et une Brunehilde en cavalière diaphane mais déterminée. L’éditeur et l’imprimeur ont fait un travail d’une précision remarquable : l’Or du Rhin demandait bien des teintes dorées aussi rutilantes. Une adaptation particulièrement réussie !

Dès 6 ans

Pierre Coran, Siegfried et le Dragon, illustrations de Charlotte Gastaut, Père Castor Flammarion Jeunesse, 2021, 32 p., 14 € — Imprimé au Portugal

Audrey Stéphanie, Les Audacieuses, héroïnes d’hier pour jeunes filles d’aujourd’hui

De Tanaquil, devineresse étrusque qui devint reine de Rome, à Augustina de Aragon, héroïne qui combattit contre les troupes de Napoléon, cet album narre les aventures hors du commun de vingt femmes qui ont marqué l’histoire européenne – y figurent aussi Jeanne d’Arc ou Aliénor d’Aquitaine, dont les destins sont mieux connus. Vies légendaires ou mieux documentées, peu importe. Reine, fille du peuple, combattante ou savante, chacune incarne un moment clé de l’histoire européenne. Audrey Stéphanie dresse leur portrait avec une énergie communicative, parfois dans une langue un peu trop contemporaine, qui pourrait laisser croire que les caractères sont évalués à l’aune de notre temps. On regrettera une relecture un peu rapide, mais peu importe, le texte emporte d’autant plus l’adhésion qu’il est servi par de superbes illustrations. Les portraits, très féminins, vigoureux et colorés, sont mis en valeur par une réalisation technique de grande qualité. Un premier livre qui augure bien de la suite !

Dès 12 ans

Audrey Stéphanie, Les Audacieuses, héroïnes d’hier pour jeunes filles d’aujourd’hui, illustrations d’Aude Benoit, Editions L’étoffe des héros, 2020, 58 p., 19,90 € — Imprimé en Italie

Pascale Hédelin, Les Chevaliers

Pascale Hédelin, Les Chevaliers

« En principe, les chevaliers doivent respecter certaines règles : c’est le code d’honneur. » Par exemple, « défendre un enfant et risquer sa vie » quand l’ours le menace ; « ne jamais trahir ni abandonner un compagnon », surtout quand les flèches volent… Mais cela, est-ce toujours vrai ? « Est-ce que tous les chevaliers sont gentils » ? Malheureusement non… Certains « attaquent les dames et terrorisent les gens », d’autres « sont des brutes qui ne pensent qu’à s’amuser, se bagarrer ou s’enrichir ». « La vie au Moyen Âge », « Devenir chevalier », « L’équipement », « Les batailles » et « Les loisirs » : en cinq grandes parties, tout l’univers des chevaliers et des comparaisons avec aujourd’hui. Car, enfin, « pourquoi n’y a‑t-il plus de chevaliers aujourd’hui ? » Les pages fourmillent de détails, un peu dans le style des « cherche-et-trouve », avec un versant « imagier ». Textes complémentaires, jeux et index permettent d’en savoir plus sans s’ennuyer.

Dès 4 ans

Pascale Hédelin, Les Chevaliers, illustrations d’Emmanuel Ristord, Didier Balicevic, Hélène Convert, Sylvie Bessard et Marion Billet, Milan, coll. « Mes années Pourquoi », 2013, 94 p., 11,90 € — Imprimé en Espagne

Isabelle Fabula, L’Élixir du bourreau

Isabelle Fabula, L’Élixir du bourreau

De la part d’Hélène G. — Ce roman se déroule dans un Moyen Âge imaginaire où déjà, le choix des noms propres indique l’humour. Les personnages sont un peu caricaturaux, bien sûr, c’est à la fois pour faire rire et aussi réfléchir. Et le méchant n’est pas celui auquel on pense au début de l’intrigue, ce n’est pas si basique. Le suspense bien gardé et le dénouement, inattendu. La langue est riche sans être pompeuse, avec un vocabulaire propre à la période du Moyen Âge.
Et voici ce qu’en dit Fleurus : « Après la mort accidentelle de son père Philippe, Richard (12 ans) devient comte. Il part vivre chez son oncle, le roi Frédéric, avec sa mère, Clotilde, sœur de ce dernier au château de Crénelais où vivent également ses cousins, les princes Alaric (15 ans) et Eudéric (14 ans), et leur sœur, la princesse Benjamine (10 ans).
Un soir, une servante est retrouvée empoisonnée à l’Élixir du Pourfendeur, un poison lent inventé par Maître Stratus, alchimiste du roi. Malheureusement, il n’a pas encore trouvé l’antidote. Le roi Frédéric confie l’enquête au capitaine de sa garde (et ami), le chevalier Enguerrand de Castagnac. C’est compter sans Gaudric et Richard qui décident d’aider Enguerrand malgré lui. »

Dès 12 ans

Isabelle Fabula, L’Élixir du bourreau, Fleurus, coll. « Le royaume de Naguerre », 2020, 196 p., 13,90 €

Béatrice Fontanel, La Dame à la licorne

Béatrice Fontanel, La Dame à la licorne

« Autour de l’étrange assemblée, les bêtes sauvages s’approchaient, charmées par le doux babil des fées : des cerfs aux bois veloutés, des biches charmantes, des chouettes hulottes, une colombe couleur de lys et une grande licorne, blanche comme neige, aux yeux myosotis et aux naseaux si doux que pétales de rose. Tous voulaient écouter le parlement des fées. » Car les habitants de la forêt étaient en grand danger : les chasseurs et leurs chiens approchaient à grand fracas… Dans quel jardin secret la belle licorne trouvera-t-elle refuge ?
Ce récit palpitant s’inspire des tapisseries médiévales les plus célèbres sur le thème de la Dame à la licorne — celles du musée de Cluny à Paris et celles du Cloisters muséum de New-York. Les superbes illustrations de Vanessa Hié, à base de papiers découpés, nous entraînent dans ce monde enchanté, où fées, princesses et licornes délivrent les princes charmants.

Dès 8 ans

Béatrice Fontanel, La Dame à la licorne, illustrations de Vanessa Hié, Seuil Jeunesse, 2020, 48 p., 16,50 € — Imprimé en Italie

Claire Zucchelli-Romer, Mon château fort à colorier

« Les soldats montent la garde. Le château est défendu par les archers et leurs arcs et par les arbalétriers et leurs arbalètes », mais, en temps de paix, « le seigneur et sa dame organisent des tournois et des joutes ». Les textes de ce petit livret complètent une grande frise d’enluminures inspirées du Moyen Âge à colorier et à déplier en forme de château fort. Quelques autocollants sur ses hautes murailles, et il aura fière allure ce château ! Il accueillera volontiers des figurines de type Playmobil. Une activité très réussie à proposer aux enfants après la visite d’un vrai château fort.

Dès 5 ans

Claire Zucchelli-Romer, Mon château fort à colorier, un livret, une frise et des autocollants, Mila Éditions et Éditions du patrimoine, 5,95 € — Imprimé en Chine

Lucien Bély et Pierre Joubert, Une histoire du Mont-Saint-Michel

Lucien Bély et Pierre Joubert, Une histoire du Mont-Saint-Michel

Des hommes ont choisi une île, au Moyen Age, pour prier Dieu dans la plus grande solitude, et un évêque, Aubert, y fonda une abbaye en l’honneur de l’archange saint Michel. « Le lieu qui porte, de nos jours, le nom de Mont-Saint-Michel était alors [au début du Moyen Age] appelé le Mont-Tombe, ce qui signifiait à la fois le « tombeau » et l’« élévation ». Cette butte a sans doute attiré des ermites, car des chrétiens, venus peut-être d’Irlande, s’étaient installés très tôt autour de la baie et près de Dol-de-Bretagne. » Avez-vous bien lu ? « Sans doute », « peut-être » : voilà la modestie d’un véritable historien ! Cet album réunit en effet deux signatures célèbres : celle de Lucien Bély, ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé d’histoire, docteur ès lettres, professeur d’histoire moderne, et celle de Pierre Joubert (1910–2002), talentueux dessinateur. Ils vous invitent à une visite du Mont, haut lieu de prière et redoutable forteresse. Le Mont, c’est une immense page d’histoire. C’est une épopée, qui a supposé la foi et la vaillance des hommes. Le Mont, c’est une silhouette altière, une architecture exceptionnelle, qui a traversé les siècles et nous éblouit encore.

Dès 10 ans

Lucien Bély, Une histoire du Mont-Saint-Michel, illustrations de Pierre Joubert, Ouest France, 2017, 48 p., 9,90 € — Réédition de l’ouvrage paru en 1980, réédité en 1985.

Alexandre Dumas, Les aventures de Lydéric, grand forestier de Flandre

« A l’âge de dix-huit ans, Lydéric, dont la double éducation physique et morale était accomplie, était, quoiqu’il n’eût point quitté sa forêt nourricière, un des hommes les plus forts et les plus savants, non seulement du royaume des Francs, mais encore du monde entier. » Le jeune homme, qui ne se sait pas encore héritier de Salwart, prince de Dijon, enterre le brave ermite qui l’a recueilli tout bébé et part courir l’aventure dans le vaste monde.
Nous sommes au mitan d’un VIIe siècle que l’imagination flamboyante d’Alexandre Dumas (père) peuple non seulement de rois (Dagobert compris), de reines (ô douce Ermengarde !), de guerriers, d’ermites et d’évêques, mais aussi d’êtres surnaturels, dragons, nains et rossignols doués de parole. Car non seulement Dumas s’inspire d’une légende du XVIe siècle, bien vivace en Flandre, mais il emprunte divers événements à d’autres légendes médiévales. En effet, ce Lydéric, premier comte de Flandre, décide un jour, entre autres aventures, de conquérir le trésor des Nibelungen et d’épouser « la princesse Chrimhilde, sœur de Gunther, roi des Higlands ». Et hop ! Nous voici transportés dans un monde légendaire voisin ! Et dans un autre encore, quand Lydéric et Gunther embarquent pour l’Islande, à la conquête du château de Ségard, gardé par une hydre géante. Il y réveille… Brunehilde ! Force, beauté et courage ne manquent pas à notre héros pour voler d’exploit en exploit. La légende veut aussi que Lydéric, après avoir vengé son père en tuant son meurtrier le géant Phinaert, ait fondé la ville de Lille.
Paru en feuilleton entre 1840 et 1842 dans Le Musée des familles, ce récit a connu un succès immédiat. Réédité ici avec les illustrations de l’époque, il entraîne le lecteur dans des contrées aussi étranges que mystérieuses. Il le réconciliera peut-être, au passage, avec les imparfaits du subjonctif, les conditionnels passés et les phrases à rallonge qui naissent comme par magie sous la plume de Dumas.
Pour finir, sachez que les deux géants Lydéric et Phinaert parcourent tous les ans la ville de Lille lors de la célèbre braderie. Mais gare à qui osera leur chercher noise !

Dès 12 ans

Alexandre Dumas, Les aventures de Lydéric, grand forestier de Flandre, Les Amis de la culture européenne, 2006, 144 p., 14,50 € — Texte intégral. Pour commander, c’est ici.

Catherine de Lasa, La très belle histoire de Notre-Dame de Paris

15 avril 2019. Le monde entier est suspendu, horrifié, devant des images de feu, de flammes, de gyrophares. Le ciel de Paris se teinte de rouge. Notre-Dame est en feu, la toiture n’est plus qu’un immense brasier. Soudain, la flèche s’écroule… Qui oubliera jamais ces images terrifiantes ?
Comme le rappelle Catherine de Lasa, l’île de la Cité a connu bien des événements depuis que sainte Geneviève a tenu bon face aux Huns. En 1163, est lancé un chantier de construction d’une rare audace. « Le premier architecte et évêque de Paris, Maurice de Sully, voit grand : la nouvelle cathédrale doit dépasser toutes les églises connues. » Grands moments de l’histoire, légendes, miracles, processions, fêtes carillonnées, c’est tout cela que raconte Catherine de Lasa, dans un superbe album aux riches illustrations. Sans doute l’émotion était-elle encore vive quand elle a revu le texte de cette seconde édition : c’est en avril et non en juin qu’a eu lieu l’incendie — vous corrigerez de vous-même (p 28). Espérons que nos jeunes lecteurs auront la chance de pouvoir à nouveau se recueillir, dans quelques années, ou quelques décennies, dans ce sublime vaisseau de pierre. Point de hâte, mais du bel ouvrage, c’est notre souhait le plus vif.

Dès 8 ans

Catherine de Lasa, La très belle histoire de Notre-Dame de Paris, illustrations de Claire Lhermey, Vincent Depardon (couverture), Emmanuel Beaudesson, Jean-Marie Michaud, Pierre Téqui éditeur, Coll. « Les Petits Pâtres », 2019, 34 p., 13 € — Deuxième édition. Imprimé en France

Anne-Florence Lemasson, Le Château fort, livre pop-up

« En France, les vestiges de châteaux forts sont innombrables. Leurs ruines désolées éveillent notre imagination, nous racontent des histoires de preux chevaliers, de nobles dames et de batailles épiques. » De la motte féodale aux châteaux de pierre, leur architecture a évolué au fil des siècles. Sais-tu ce que sont des douves, une herse, un pont dormant, des courtines ou encore des hourds ou des archères ? La double page centrale dévoile un superbe château fort en pop-up, et une page permet de découper de petits personnages à l’échelle. Idéal pour compléter ou préparer la visite du château de Guédelon !

Dès 8 ans

Anne-Florence Lemasson, Le Château fort, livre pop-up, illustrations de Dominique Ehrhard, Ouest-France, 2019, 12 p., 19 €