Thème

De 7 à 8 ans

Nadine Brun-Cosme, Le chant des grands bateaux

« Ce premier matin, Mathieu vient me prendre à huit heures.
A l’instant où il m’appelle, mon nom sonne plus fort que le chant des bateaux. » Vous le savez, amis marins : au port, « les bateaux chantent de leur petit bruit de métal frotté mât contre mât ». Pour « elle » qui raconte, ce temps des vacances, ce sont ces retrouvailles avec son ami Mathieu, ses apprentissages de la natation au large, la contemplation du phare et des grands voiliers… C’est surtout le temps pour Nadine Brun-Cosme de peindre, avec ces superbes couleurs aquarellées, autant les paysages que les émois du cœur. Un album d’artiste pour tous les amoureux de la mer. Et comme toujours chez cet éditeur exigeant, une rare qualité dans le choix du papier et le rendu des teintes.

Dès 5 ans, pour enfants et adultes rêveurs

Nadine Brun-Cosme, Le chant des grands bateaux, Editions Courtes et Longues, 2022, 48 p., 22 € — Imprimé en Italie

Helen Scales, La vie secrète des coquillages

« La prochaine fois que tu te promènes sur la plage, essaie de trouver le plus de coquillages possible et amuse-toi à les observer. Quels sont leurs secrets ? » Ceux que te révèlera cet album illustré de superbes photos et de schémas très lisibles te fascineront, tant les modes de vie, les formes et les couleurs des coquillages sont variés. Le couteau, par exemple, qui n’a ni pattes ni pinces, comment fait-il pour creuser le sable et s’y enfouir ? Et la coquille Saint-Jacques, quelle est son astuce pour nager et se nourrir ? Comment reconnaître l’âge d’un coquillage ?

Dès 6 ans

Helen Scales, La vie secrète des coquillages, illustrations de Sonia Pulido, Phaïdon, 2022, 19,95 € — Traduit de l’anglais par Jeanne Maylin. Imprimé en Chine.

Shahar Kober, J’apprends à faire mes lacets

Voilà un livre bien pratique pour apprendre un geste quotidien – enfin, pas pour les porteurs de baskets à scratchs, mais pour les jeunes élégantes et pour les scouts montagnards : oui, faire ses lacets est un jeu d’enfants ! Un lacet bleu, un lacet jaune et des modèles pour tout savoir des nœuds, des oreilles de lapin, des boucles classiques et des doubles nœuds : outils et explications éviteront bien des crises aux parents… Avec une chaussure en 3D, à monter pour s’entraîner.

Dès 5 ans

Shahar Kober, J’apprends à faire mes lacets, Kimane, 2021, 10 p. cartonnées, 11,95 € — Imprimé en Chine

Fabrice Colin, Le Roi et l’Enfant

« Gaspard s’était toujours imaginé chevalier. Mais c’était un rêve qu’il gardait enfoui au plus profond de lui. Il n’était qu’un modeste palefrenier, un orphelin sauvé par les bontés du Roi. » Gaspard, 10 ans, a tout de même la chance de vivre dans un Moyen-Age légendaire, auprès de chevaux somptueusement dessinés — portraiturés, disons le mot – par le crayon d’Eloïse Scherrer.
Un matin, le Roi lui-même entra dans les écuries.
« Mon garçon.
Gaspard sursauta. Le Roi ! Le vieux Roi en personne se tenait là, avec ses sourcils en broussaille et son épée plus lourde que la pierre.
— Sire…, murmura l’enfant en posant un genou à terre.
Le monarque lui fit signe de se relever.
— Nous partons en voyage. »
Nous voilà (discrètement ?) montés en croupe derrière Gaspard pour un extraordinaire voyage ! Pourvu qu’Henry, son ami crapaud, et Odile, sa cigogne tutélaire, nous tolèrent tout au long de cette chevauchée initiatique ! Le conte parlera aussi aux plus grands avec ses évocations des paradis perdus et retrouvés, par son approche de la mort et de la transmission des valeurs. Une réussite à saluer, servie par les superbes illustrations d’Eloïse Scherrer – qui, d’un grand sourire, vous dédicace son album d’un délicieux petit cheval ! N’hésitez pas à la rencontrer au gré de ses signatures

Dès 6 ans

Fabrice Colin, Le Roi et l’Enfant, illustrations d’Eloïse Scherrer, Sarbacane, 2021, 48 p., 16,90 € — Imprimé en France

Carole Trébor, Maroussia, celle qui sauva la forêt

Carole Trébor, Maroussia, celle qui sauva la forêt

Maroussia et sa grand-mère vivent dans une modeste isba, « entre la plaine infinie et la forêt dense », protégées par les esprits de la forêt à qui elles ne manquent pas de déposer des offrandes « dans la clairière sacrée, au pied du grand chêne », car les traditions païennes restent bien ancrées dans ce village perdu. Jusqu’au jour où, sur ordre du tsar Nicolas II, le village se voit destiné à être détruit pour laisser passer la ligne du Transsibérien. Si les sujets du tsar ne peuvent rien contre une telle décision, le petit peuple magique de la forêt, lui, n’a pas dit son dernier mot ! Qui donc va faire en sorte que le jeune Alexeï, le fils du gouverneur, se perde dans la forêt, se cache dans l’arbre qui pleure et soit sauvé par Maroussia ? Et qu’obtiendra-t-elle en récompense ? Carole Trébor, qui a vécu plusieurs années en Russie, s’est inspirée de la culture russe traditionnelle et de la mythologie slave pour inventer ce conte dont les personnages croisent aussi la grande Histoire. Le grand format de l’album permet à Daniel Egneus de déployer tout son talent : les couleurs traditionnelles si vives et si dansantes des costumes slaves ont fort à faire face au grand loup noir et au tout aussi noir monstre Bouka !

Dès 7 ans, mais aussi pour les plus grands

Carole Trébor, Maroussia, celle qui sauva la forêt, illustrations de Daniel Egneus, Little Urban, 2021, 40 p., 19,90 € — Imprimé en Belgique

Nicolas Lubin, Alexandre le Grand, l’enfance d’un conquérant

Nicolas Lubin, Alexandre le Grand, l’enfance d’un conquérant

Alexandre le Grand (356 — 323 av. J.-C.) reste, par-delà les siècles, un héros comme l’Histoire en a peu vu. Mais quelle fut sa jeunesse ? Son père, le roi Philippe de Macédoine, lui a donné les meilleurs maîtres. Au gymnase, Alexandre s’entraîne au javelot et à la lutte. A la chasse, son oncle le confronte à un loup. Quand il faut étudier l’Iliade et l’Odyssée, c’est au grand philosophe Aristote que son père le confie.
Mais cela suffit-il pour avoir le courage de dompter un cheval aussi fougueux que Bucéphale ou pour se faire aimer de ses soldats ?
En 338 av. J.-C, la bataille de Chéronée marque, pour Alexandre, le début de quinze années d’aventures et de conquêtes qui le mèneront au bout de la terre, en des lieux encore inconnus des Grecs. C’est ainsi que, malgré son jeune âge, Alexandre de Macédoine bâtira l’un des plus grands empires qui aient jamais existé. Lui qui craignait de ne pas avoir un destin suffisamment glorieux deviendra l’un des personnages les plus connus et les plus admirés de toute l’histoire de l’Europe.
En fin de volume, pour en savoir plus : un glossaire, une frise chronologique et une carte.

Dès 6 ans

Nicolas Lubin, Alexandre le Grand, l’enfance d’un conquérant, illustrations de Maureen Minervois, Éditions de la Nouvelle Librairie, 2021, 28 p., 9,90 € — Imprimé en France

Karine-Marie Amiot, Mission Coquelicot

« Grand-Ma va mieux. Elle va sortir de l’hôpital. […] Mais elle ne pourra pas retourner chez elle.
— Quoi ???
Je n’arrive pas à comprendre…
— Elle ne peut plus vivre seule. Faire ses courses, son ménage, sa toilette, sa cuisine…
— Où est-ce qu’elle va aller alors ?
— Dans une maison pour personnes âgées. Une grande maison, comme un hôtel, où l’on prendra soin d’elle. »
Papa et Maman ont beau user de circonlocutions, savoir que Grand-Ma ne lui fera plus de crêpes, ne lui lira plus d’histoires, tout cela laisse Philomène, dite Philo, bien dubitative.
«  Et Grand-Ma ? Elle est d’accord, au moins ?
— Elle ne dit pas non. Ce ne sera pas facile. Mais c’est plus sage. […]
Je suis sûre que Grand-Ma n’a pas envie d’y aller. C’est triste, une maison de retraite. »
Alors, ni une ni deux, Philo et son amie Vio décident d’apporter un peu de leur joie de vivre et de leurs rires aux pensionnaires. Même si Madame Henriette, la directrice, n’apprécie pas du tout qu’un lapin apprivoisé cavale dans les couloirs !
Un texte d’une grande fraîcheur pour sourire et sensibiliser les enfants à l’attention à porter aux personnes âgées.

Dès 7 ans

Karine-Marie Amiot, Mission Coquelicot, Mame, coll « Les petits héros », 2022, 144 p., 10 €  — Imprimé en Italie
Du même auteur : Tout feu, tout flamme, Mame, Coll. « Les petits héros », 2022, 144 p., 10 € — Imprimé en Italie

Isabelle Simler, La forêt, observe et colorie

Voyez-vous l’écureuil qui sort de son arbre, le rouge-gorge qui chante et les champignons qui dansent avec la mousse ? La forêt, parfois riante et mystérieuse, est le lieu d’aventures et de découvertes par excellence.
Plus qu’un simple cahier de coloriage, cet album se déplie sur un mètre de long ! Les dessins au trait sont accompagnés d’une présentation de différentes espèces d’animaux et de végétaux et d’une fiche documentaire.
Le style inimitable d’Isabelle Simler transcrit parfaitement la complexité de la nature, le lecteur est invité à s’emparer de ses dessins pour mieux apprécier et comprendre le monde qui l’entoure. Cette activité « ludique » (pour reprendre un mot à la mode) permet d’être au plus près du trait singulier de l’illustratrice, tout en nous faisant découvrir des écosystèmes fascinants.
Reste à savoir si un album d’un mètre de long peut être proposé à plusieurs enfants à la fois – un challenge sympathique, mais risqué !

Dès 5 ans

Isabelle Simler, La forêt — Observe et colorie, Editions Courtes et Longues, 2022, 12 p. dépliantes, 9,90 €. Imprimé en France
Du même auteur, dans la même collection : Les Céphalopodes ; Coléoptères ; Le Ruisseau ; Fleurs sauvages.

Jacques Prévert, Le petit lion

« La grande lionne montre les dents et personne parmi les grandes personnes de la Grande Ménagerie, personne parmi les gros et petits hommes qui payent pour voir les animaux captifs, personne n’oserait passer le bout du doigt entre les barreaux de la cage.
Enfermer une lionne dans une misérable boîte de bois avec de tristes barreaux de fer, il n’y a pas de quoi être fier. »
Et puis, tapi à ses côtés, voici « un petit lion bien gentil avec de grosses pattes et une douce petite tête bien ronde et dans cette petite tête, il n’y a rien d’autre que les très simples rêves d’un brave petit lion ». Qui va se sauver, pour tenter de rejoindre la forêt vierge… et qui va nous entraîner à sa suite dans les rêves et les jeux d’un petit lion.
Un article très intéressant signé de Laurence Perrigault (La revue des livres pour enfants, 258, sur le site du CNLJ) revient sur la genèse de cet album. Jacques Prévert s’est en effet pris au jeu d’inventer ce conte animalier à partir de photos prises par Ylla, célèbre artiste photographe.
Laurence Perrigault nous rappelle que « le goût de Prévert pour l’enfance était alors notoire : André Breton avait salué dès 1940 dans son Anthologie de l’humour noir la faculté de Prévert de “disposer souverainement du raccourci susceptible de nous rendre en un éclair toute la démarche sensible, rayonnante de l’enfance” », lui qui disait aussi : « Que voulez-vous, cela peut sembler de l’enfantillage, mais j’attache autant d’importance, et même beaucoup plus, aux petites choses sans importance écrites pour les enfants qu’aux grandes choses définitives écrites pour d’importants adultes. »
De son vrai nom Kamilla Koffler, Ylla née en 1911 dans la capitale autrichienne, après une solide formation, s’était spécialisée dès 1933 dans la photographie animalière. Même si le texte fut caviardé par l’éditeur, au grand dam de Prévert, l’album reste un beau moment de littérature et les photos gardent tout le charme de l’argentique, et du travail sur le noir et blanc.

Dès 6 ans

Jacques Prévert, Le petit lion, photographies par Ylla, Arts et Métiers graphiques, 1958 (1ère édition en 1947). Brocantes, etc. Imprimé en France

Géraldine Alibeu, L’autre côté de la montagne

« Cette année-là, ma sœur et moi, nous décidons de partir en randonnée sans les adultes. […] Nous piquons à Jeannette sa carte IGN des Alpes : sa belle carte en noir, blanc et vert, où l’on peut voir les reliefs des vallées et des sommets, parcourus de lignes rouges et noires qui sont autant de sentiers de marche. […] 1978, c’est ce qui est écrit sur la carte. Nous devrions nous méfier. »
Ce qui devait être une superbe semaine de randonnée va se terminer, après moult péripéties, après quatre journées riches en découvertes mais épuisantes pour ces deux néophytes.
Ce qui fait de cet album une réussite, ce sont, outre son format généreux (24 cm X 33 cm), le talent et l’énergie de Géraldine Alibeu : elle fait exploser les couleurs, multiplie les angles de vue et les proportions, pour nous faire percevoir la force du moindre relief, la qualité graphique du moindre caillou et la mélodie du moindre torrent. Et j’oubliais, le confort sommaire du refuge ! Bref, un vrai livre d’artiste, plus proche du roman graphique que de l’album illustré !
Et puis, il y a cette dédicace qui en fera sourire certains : « Merci à Mathilde et Fanny, mes dormeuses. » Moi, je connais une Mathilde et une Fanny qui ont fait un tour d’Europe à pied, et pas seulement en dormant !

Dès 6 ans

Géraldine Alibeu, L’autre côté de la montagne, Cambourakis, 2022, 104 p., 18 € — Imprimé en Lettonie

Alain Surget, Mystères dans le Transsibérien

« Nous avons enquêté sur votre famille. Votre arrière-arrière-grand-père s’est réfugié en France pour fuir la Révolution de 1917. Là, il a transformé son nom Mouriev et Moury. Comme nous n’avons retrouvé aucune trace du trésor, nous sommes persuadés qu’il l’a emmené avec lui. Et vous êtes le dernier à savoir ce qu’il en est advenu. »
Monsieur Moury, Alex Moury, n’est autre que le maître de la classe de CM2 dont les aventures se succèdent de roman en roman… Cette fois-ci, les CM2 entament un long voyage jusqu’à Irkoutsk à bord du mythique Transsibérien. Mais lors de leurs différentes étapes pour visiter les monuments et se tremper dans l’histoire du pays et des régions qu’ils traversent, les enfants remarquent qu’un espion s’est attaché à leurs traces. Plus précisément à celles d’Alex Moury. Pour quelle raison ? Le maître cacherait-il un secret ? Est-il en danger ?Amytis, Romain et Hugo sont bien décidés à en avoir le cœur net…
Même si le roman n’est pas dénué de remarques peu amènes sur le régime politique russe — et sur sa police — , il a pour lui de faire connaître aux enfants des épisodes plus anciens de l’histoire russe. La vie à bord du Transsibérien est bien décrite et le versant pédagogique reste assez léger. Embarquement immédiat pour Irkoutsk, ce qui est aujourd’hui pus facile sur le papier que dans la vraie vie.

Dès 7 ans

Alain Surget, Mystères dans le Transsibérien, illustrations de Louis Alloing, ABC Melody, 2021, 96 p., 9 € — Imprimé en Pologne

Adeline Ruel, Les petites leçons de choses de mon jardin

Dans mon jardin vit tout un monde. Il suffit d’ouvrir les yeux et d’observer. Prenons le temps… Regardons… Il y a les animaux que nous aimons tous : les mésanges avec leur plastron jaune ou leur aigrette ; les coccinelles, avec 2, 7, 10 ou 22 points ; le hérisson et les grenouilles, pas si faciles à voir. Mais cet album se penche, tout comme les petits curieux, sur les limaces, les fourmis et même… les gendarmes ! Ce sont des punaises, mais sans odeurs, qui mangent les pucerons er les fruits du tilleul. Mais ce sont surtout ces bestioles braiment bizarres qui se cachent sous les pierres et se sauvent dans tous les sens quand on les taquine. Mais savez-vous à quoi ressemble une argiope ? Textes et dessins se complètent, tous aussi clairs et colorés, pour nous aider à mieux connaître ce parc animalier miniature qu’est notre jardin ! Si le titre se réfère à ceux des anciens manuels scolaires, le contenu est bien sûr très actuel dans l’approche scientifique des écosystèmes.

Dès 6 ans

Adeline Ruel, Les petites leçons de choses de mon jardin, Flammarion Jeunesse, Père Castor, 2022, 32 p., 12,90 € — Imprimé au Portugal