Thème

De 7 à 8 ans

Nicolas Lubin, Alexandre le Grand, l’enfance d’un conquérant

Nicolas Lubin, Alexandre le Grand, l’enfance d’un conquérant

Alexandre le Grand (356 — 323 av. J.-C.) reste, par-delà les siècles, un héros comme l’Histoire en a peu vu. Mais quelle fut sa jeunesse ? Son père, le roi Philippe de Macédoine, lui a donné les meilleurs maîtres. Au gymnase, Alexandre s’entraîne au javelot et à la lutte. A la chasse, son oncle le confronte à un loup. Quand il faut étudier l’Iliade et l’Odyssée, c’est au grand philosophe Aristote que son père le confie.
Mais cela suffit-il pour avoir le courage de dompter un cheval aussi fougueux que Bucéphale ou pour se faire aimer de ses soldats ?
En 338 av. J.-C, la bataille de Chéronée marque, pour Alexandre, le début de quinze années d’aventures et de conquêtes qui le mèneront au bout de la terre, en des lieux encore inconnus des Grecs. C’est ainsi que, malgré son jeune âge, Alexandre de Macédoine bâtira l’un des plus grands empires qui aient jamais existé. Lui qui craignait de ne pas avoir un destin suffisamment glorieux deviendra l’un des personnages les plus connus et les plus admirés de toute l’histoire de l’Europe.
En fin de volume, pour en savoir plus : un glossaire, une frise chronologique et une carte.

Dès 6 ans

Nicolas Lubin, Alexandre le Grand, l’enfance d’un conquérant, illustrations de Maureen Minervois, Éditions de la Nouvelle Librairie, 2021, 28 p., 9,90 € — Imprimé en France

Carole Trébor, Maroussia, celle qui sauva la forêt

Carole Trébor, Maroussia, celle qui sauva la forêt

Maroussia et sa grand-mère vivent dans une modeste isba, « entre la plaine infinie et la forêt dense », protégées par les esprits de la forêt à qui elles ne manquent pas de déposer des offrandes « dans la clairière sacrée, au pied du grand chêne », car les traditions païennes restent bien ancrées dans ce village perdu. Jusqu’au jour où, sur ordre du tsar Nicolas II, le village se voit destiné à être détruit pour laisser passer la ligne du Transsibérien. Si les sujets du tsar ne peuvent rien contre une telle décision, le petit peuple magique de la forêt, lui, n’a pas dit son dernier mot ! Qui donc va faire en sorte que le jeune Alexeï, le fils du gouverneur, se perde dans la forêt, se cache dans l’arbre qui pleure et soit sauvé par Maroussia ? Et qu’obtiendra-t-elle en récompense ? Carole Trébor, qui a vécu plusieurs années en Russie, s’est inspirée de la culture russe traditionnelle et de la mythologie slave pour inventer ce conte dont les personnages croisent aussi la grande Histoire. Le grand format de l’album permet à Daniel Egneus de déployer tout son talent : les couleurs traditionnelles si vives et si dansantes des costumes slaves ont fort à faire face au grand loup noir et au tout aussi noir monstre Bouka !

Dès 7 ans, mais aussi pour les plus grands

Carole Trébor, Maroussia, celle qui sauva la forêt, illustrations de Daniel Egneus, Little Urban, 2021, 40 p., 19,90 € — Imprimé en Belgique

Phoebe Wahl, La Maison bleue

Phoebe Wahl, La Maison bleue

« Léo et son papa vivaient dans une vieille maison bleue à côté d’un grand sapin. » Une bien vieille maison, « mais ils étaient chez eux ». Autour de la maison bleue, les immeubles neufs poussaient comme des champignons… Et puis un jour, Papa expliqua que le propriétaire avait vendu, que la maison allait être démolie, qu’ils devaient déménager… Une fois la colère de Léo calmée, une fois le chagrin ravalé, père et fils prirent leurs pinceaux et laissèrent leur imagination courir sur les murs — « et ils furent un peu moins tristes ». Après ces adieux à la vieille maison, restait à apprivoiser leur nouveau logis. La magie des couleurs allait-elle aussi opérer ? Celles de Phoebe Wahl, expressives et dynamiques, nous font parcourir avec Léo ce moment difficile entre tous, quand il s’agit de quitter une maison que l’on aime pour aller habiter un ailleurs inconnu. L’auteur fit vivre ce duo père-fils dans un joyeux capharnaüm, on les devine plutôt fauchés mais plein de ressources et mille détails de la leur vie quotidienne nous permettent de mieux les connaître. Et s’ils étaient nos voisins ?

Dès 5 ans

Phoebe Wahl, La Maison bleue, Editions des Eléphants, 2021, 40 p., 14 € — Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Ilona Meyer et Caroline Drouault– Imprimé au Portugal

Françoise Laurent, Le Raisin

En ce bel automne, le raisin est sur toutes les tables ! Savez-vous que les chasseurs-cueilleurs de la préhistoire se régalaient déjà de jus de raisin ? « Ils écrasaient les grappes et conservaient le jus dans des jarres de terre. Or un jour, ils en ont oublié une. Le jus a fermenté… Oh ! Il s’est transformé en vin ! » Du vin que nos jeunes lecteurs apprendront à déguster dans quelques années. D’ici là, blanc ou noir, dégustons le raisin au dessert ou au goûter ! « En France, c’est François Ier qui a lancé la mode du raisin de table… son dessert préféré ! Il le faisait venir du Midi de la France, à dos de cheval ou de mulet. » L’auteur insiste aussi sur les méthodes de culture du raisin, opposant les traitements chimiques lourds contre les maladies et les parasites aux méthodes plus naturelles des producteurs écolos ; de même, elle ne fait pas l’impasse sur les traitements après récolte qui visent à conserver et à transporter le raisin, et incite à consommer plus local. Tout en donnant un « truc » si le raisin bio est un peu cher : « On peut ôter une grande partie des produits chimiques en trempant les grappes dans de l’eau contenant du bicarbonate, du vinaigre blanc ou du gros sel ! Des recettes valables pour tous les fruits et légumes ! » Les dessins de Nicolas Gouny pétillent d’humour et d’énergie, un cocktail bien revigorant pour cet automne.

Dès 5 ans

Françoise Laurent, Le Raisin, illustrations de Nicolas Gouny, Editions du Ricochet, coll. « je sais ce que je mange », 2021, 40 p., 12,50 € — Imprimé en Pologne

Miguel Tanco, Toutes petites histoires

De toutes petites histoires, en effet, et sans autre texte qu’un titre… pour deux ! Dans un généreux format à l’italienne, Miguel Tanco propose, face à face, des planches sans paroles qui se répondent sur le même thème – donné par le double titre. « C’est magique ! » : magique de sortir un lapin de son chapeau – enfin, pas vraiment puisque l’artiste pose juste le lapin sur l’épaule de l’apprenti magicien. Magique aussi, d’emporter avec soi un ruban d’herbes hautes après avoir traversé le pré, une bien jolie trouvaille poétique parmi celles qui traversent cet album. Parfois, le sens de l’histoire saute aux yeux, parfois il faut scruter la suite des planches pour trouver ce qui a changé. Un trésor de délicatesse et d’humour sur le thème de l’enfance, un humour léger, de la fantaisie en bouquet, un émerveillement renouvelé à chaque page… sans oublier un bon zeste d’impertinence. A raconter, à se raconter, ou à se laisser raconter, car les petits sauront faire éclore bien des rêves à la lecture de cet album original.

Dès 4 ans

Miguel Tanco, Toutes petites histoires, textes français de Christian Demilly, Grasset Jeunesse, 2021, 80 p., 15,90 € — Imprimé en Espagne

Béatrice Alemagna, Les choses qui s’en vont

« Dans la vie, beaucoup de choses s’en vont. Elles se transforment, elles passent. » Que ce soit le petit bobo, les poux, les larmes, toutes ces petites misères finissent par passer – et même quand les cheveux tombent comme les feuilles mortes, ce n’est pas si grave – et ça, on le voit bien avec ce jeu de calques qui modifient « juste un peu » les images et retiennent l’attention. Car le plus important vient à la fin : « Une seule chose ne s’en va pas. Et ne s’en ira jamais. Jamais. » mais qui n’est jamais dite non plus – c’est, vous l’avez deviné, immuable, solide et perpétuel, l’amour d’un parent pour son enfant. Ce livre d’artiste plein de trouvailles graphiques a obtenu en 2020 le Prix Sorcières.

Dès 4 ans

Béatrice Alemagna, Les choses qui s’en vont, Hélium, 2019, 70 p., 15,90 € — Imprimé en Belgique

Bruno Gibert, Le ver vert

Un « ver vert aux yeux vairons partit de Nevers pour Versailles afin d’y rencontrer le roi. » Pas très fort en histoire, il appelle le Roi Soleil… Vercingétorix ? Le ver vert sera-t-il mis sous les verrous ? A peine sorti d’affaire, « perdu dans ses rêveries, le ver vert ne vit pas le pivert », et ce qui devait arriver arriva… Une histoire désopilante où les mots sont les matériaux d’un jeu littéraire. Si le premier effet du livre est de nous faire rire aux dépends d’un ver idiot, il incite par ailleurs l’enfant à tenter lui-même des acrobaties sémantiques et lexicales. Et comme presque toutes les occurrences de la syllabe « ver » sont… en vert, les jeunes lecteurs apprendront à la reconnaître, parfois bien cachée dans l’herbe.

Dès 4 ans

Bruno Gibert, Le ver vert, Ed La Partie, 2021, 40 p., 13,90 € — imprimé en Italie

Delphine Perret, Le plus bel été du monde

«  — Les jaunes ?
— Trop petites.
— Et les grandes, celles de Fanette ? Esssaie-les.
— Les vertes, ça va, elles sont un peu trouées mais c’est pas grave. »
Scène de la vie quotidienne dans la grande maison de cette grand-mère quand il s’agit de trouver bottes à son pied ! Du grenier, où à défaut de squelettes on trouve « tous les Mickey », aux escaliers sur lesquels il ne faut pas « laisser traîner tes petites voitures », autant de petits riens croqués d’un pinceau léger, léger…
Et celle-ci encore :
« — Allez jouer, on vous appellera pour le dessert.
— Est-ce que c’est le dessert ?
— Pas encore.
Et sur la page suivante :
« Hé ho ! C’est le dessert ! Vous êtes où ? »
Delphine Perret raconte un été qu’un enfant passe avec sa mère, dans la maison de ses grands-parents. Un été parmi d’autres, qui n’a rien d’exceptionnel mais qui, grâce à cette éternelle capacité d’émerveillement de l’enfance, devient « le plus bel été du monde ».
Mère et fils, complices, partagent des moments fugaces, drôles ou tendres, d’une infinie simplicité et beauté : la découverte des oiseaux et des insectes, la cueillette des mûres, l’araignée dans la salle de bains et bien d’autres encore. Des instants dans lesquels tous les enfants se reconnaîtront — même ceux qui n’ont pas de grands-parents à la campagne. Et puis, « On peut manger une glace même quand il pleut ? Oui on peut. » Chez notre Bonne Maman, oui, nous aussi, on peut ! Idéal pour cultiver les souvenirs des vacances et prolonger l’été dans les cœurs.

Dès 5 ans

Delphine Perret, Le plus bel été du monde, Les Fourmis rouges, 2021, 128 p., 18,50 € — Imprimé au Portugal

David Hawcock, Rome antique – Pop-up

En huit doubles pages animées de superbes pop-up, les enfants voyageront avec émerveillement dans la Rome antique :              après un panorama du forum, une visite du Sénat s’impose, suivie d’un combat de gladiateurs au Colisée. Comment était organisée l’armée romaine ? Quels dieux honoraient les Romains ? Quels spectacles étaient donnés au théâtre de Pompée ? Après un bref repos dans l’atrium d’une villa, filons au Circus Maximus ! Les pop-ups sont accompagnés de textes courts, faciles à lire. Une initiation bienvenue à l’Antiquité romaine.

Dès 7 ans

David Hawcock, Rome antique – Pop-up, Nui-Nui jeunesse, 2021, 12,90 € ‑traduit de l’anglais par Baptiste Levy-Gastaud, Imprimé en Chine

Bernard Villiot, Le souffleur de rêves

« “Quel rêve aimerais-tu faire ?” demanda-t-il.
Giacomo n’avait pas rêvé depuis si longtemps qu’il ne sut répondre.
“Un rêve bleu, comme le fond de tes yeux ?”
L’enfant acquiesça sans savoir ce que cela signifiait.
Zorzi choisit un pain de verre couleur outremer et le déposa dans e foyer ardent. Quand il eut l’aspect d’une pâte rougeoyante, il y planta sa sarbacane et souffla. Une bulle perla, aussi fragile et insaisissable qu’un rêve d’enfant. »
Si vous avez eu la chance de voir des souffleurs de verre, et la plus grande chance d’avoir pu les voir à Murano, vous ne serez pas surpris qu’on puisse ainsi « souffler des rêves extraordinaires ». Ce conte laisse une grande part à l’imaginaire et à la poésie ; les illustrations de Thibault Prugne, parfois douces mais parfois aussi violentes, accompagnent ce texte original et font découvrir quelques secrets que peu de gens savent voir à Venise.

Dès 5 ans

Bernard Villiot, Le souffleur de rêves, illustrations de Thibault Prugne, Gautier-Languereau, 2020, 40 p, 9,95 € — Imprimé en Europe

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers

Des « Feuilles mortes » de Pernette Chaponnière qui annonce si bien l’automne, à l’« Hymne au soleil » d’Edmond Rostand, cette anthologie de poésies françaises rassemble quelques pépites de notre patrimoine culturel. Charmantes comptines pour les plus jeunes, fables optimistes pour les 7/9 ans, tirades et alexandrins sonnants pour les plus grands – autant de textes que chacun découvrira avec un bonheur sans pareil.
Comme le précise dans sa préface Anne Coffinier, à qui l’on doit cette sélection, « pas d’académisme, mais la défense et l’illustration joyeuses d’un art aux mille vocations, dans une langue simple et restituée dans son originalité la plus pure ». Les illustrations, gaies et lumineuses, ouvrent toutes grandes les portes du rêve. A apprendre avec le cœur !

Dès 5 ans et pour toute la famille

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers, illustrations d’A. Bureau, de V. Cognet, C. Cordasco, E. Lapeyre et V. Liang, Editions Critérion et la Fondation pour l’école, 2018, 96 p., 16,90 €. Imprimé en Slovénie.

Pierre Coran, Siegfried et le Dragon

« Il y a très longtemps, dans une grotte des bords du Rhin, vivaient Mime, un forgeron nain, et Siegfried, un jeune géant.
Un jour, Siegfried dit à Mime :
— Depuis des années, tu promets de me forger un glaive pour combattre les dragons.
— Je sais, s’écrie Mime. Ton glaive est prêt… Vois, jamais je n’ai réussi une aussi belle arme. »
Mais l’épée se brise, ce qui éveille la colère de Siegfried. Mime s’est moqué de lui. Le jeune géant exige de lui de savoir qui il est et d’où il vient. De révélation en révélation, Siegfried, armé de l’épée de son père, va affronter le dragon, se débarrasser de Mime et découvrir la belle Brunehilde qui « dort à jamais dans un cercle de feu ». Pierre Coran s’est inspiré de l’opéra de Wagner et de la Chanson des Niebelungen pour tracer à grands traits le portrait de ce héros, un « jeune géant » auquel les enfants sauront s’identifier. Charlotte Gastaut s’est surpassée pour nous offrir un Siegfried blond comme les blés, un Mime empêtré dans une barbe et des cheveux bleus, un dragon aux anneaux dorés et une Brunehilde en cavalière diaphane mais déterminée. L’éditeur et l’imprimeur ont fait un travail d’une précision remarquable : l’Or du Rhin demandait bien des teintes dorées aussi rutilantes. Une adaptation particulièrement réussie !

Dès 6 ans

Pierre Coran, Siegfried et le Dragon, illustrations de Charlotte Gastaut, Père Castor Flammarion Jeunesse, 2021, 32 p., 14 € — Imprimé au Portugal