Thème

Pour rire

Bruno Gibert, Le ver vert

Un « ver vert aux yeux vairons partit de Nevers pour Versailles afin d’y rencontrer le roi. » Pas très fort en histoire, il appelle le Roi Soleil… Vercingétorix ? Le ver vert sera-t-il mis sous les verrous ? A peine sorti d’affaire, « perdu dans ses rêveries, le ver vert ne vit pas le pivert », et ce qui devait arriver arriva… Une histoire désopilante où les mots sont les matériaux d’un jeu littéraire. Si le premier effet du livre est de nous faire rire aux dépends d’un ver idiot, il incite par ailleurs l’enfant à tenter lui-même des acrobaties sémantiques et lexicales. Et comme presque toutes les occurrences de la syllabe « ver » sont… en vert, les jeunes lecteurs apprendront à la reconnaître, parfois bien cachée dans l’herbe.

Dès 4 ans

Bruno Gibert, Le ver vert, Ed La Partie, 2021, 40 p., 13,90 € — imprimé en Italie

Delphine Perret, Le plus bel été du monde

«  — Les jaunes ?
— Trop petites.
— Et les grandes, celles de Fanette ? Esssaie-les.
— Les vertes, ça va, elles sont un peu trouées mais c’est pas grave. »
Scène de la vie quotidienne dans la grande maison de cette grand-mère quand il s’agit de trouver bottes à son pied ! Du grenier, où à défaut de squelettes on trouve « tous les Mickey », aux escaliers sur lesquels il ne faut pas « laisser traîner tes petites voitures », autant de petits riens croqués d’un pinceau léger, léger…
Et celle-ci encore :
« — Allez jouer, on vous appellera pour le dessert.
— Est-ce que c’est le dessert ?
— Pas encore.
Et sur la page suivante :
« Hé ho ! C’est le dessert ! Vous êtes où ? »
Delphine Perret raconte un été qu’un enfant passe avec sa mère, dans la maison de ses grands-parents. Un été parmi d’autres, qui n’a rien d’exceptionnel mais qui, grâce à cette éternelle capacité d’émerveillement de l’enfance, devient « le plus bel été du monde ».
Mère et fils, complices, partagent des moments fugaces, drôles ou tendres, d’une infinie simplicité et beauté : la découverte des oiseaux et des insectes, la cueillette des mûres, l’araignée dans la salle de bains et bien d’autres encore. Des instants dans lesquels tous les enfants se reconnaîtront — même ceux qui n’ont pas de grands-parents à la campagne. Et puis, « On peut manger une glace même quand il pleut ? Oui on peut. » Chez notre Bonne Maman, oui, nous aussi, on peut ! Idéal pour cultiver les souvenirs des vacances et prolonger l’été dans les cœurs.

Dès 5 ans

Delphine Perret, Le plus bel été du monde, Les Fourmis rouges, 2021, 128 p., 18,50 € — Imprimé au Portugal

Paul Beaupère, Les folles aventures de la famille Saint-Arthur — On va gagner, on vous le jure (t 9)

« — C’était peut-être pas une bonne idée de se porter volontaires pour organiser ce truc… » Ce truc, c’est la kermesse de l’école, et les parents Saint-Arthur, épuisés, font le point après une réunion aussi houleuse qu’hilarante (au moins pour les lecteurs). Mais le vrai souci, c’est celui du gros lot de la tombola ! Et papa doit trouver « une idée forte une idée nouvelle, une idée… » La solution se trouvera-t-elle dans le colis envoyé par papy ? Mais un collier en cuir avec une petite plaque dorée et une cloche en cuivre, est-ce vraiment un gros lot ? Que nenni, « le reste sera livré le jour de la kermesse, tout est prévu ». Les prévisions de papy se conjuguant parfaitement avec l’imprévu, voilà que cette histoire de gros lot occupe les nuits de papa, les cauchemars de la directrice et les fantasmes de toute l’école…
En mineure, les lecteurs apprécieront les efforts de Brune et de ses camarades pour aider Pénélope à avoir des bonnes notes et à retrouver l’estime d’elle-même – même si certaines méthodes ne sont pas des plus honnêtes !
Comme toujours – nous en sommes au 9e tome – la famille Saint-Arthur vit à 100 à l’heure, et comme toujours, qui lâcherait le roman en route ? Même pour une course en sac ou une barbe à papa !

Dès 8 ans

Paul Beaupère, Les folles aventures de la famille Saint-Arthur — On va gagner, on vous le jure (t 9), Mame, 2020, 160 p., 10 € — Imprimé en Italie

Marcel Aymé, Le Problème

« Penchées sur leurs cahiers de brouillons, Delphine et Marinette sanglotaient. Le chien vint se planter entre leurs deux chaises et, posant ses deux pattes de devant sur la table, leur passa plusieurs fois sa langue sur les joues.
— Est-ce qu’il est vraiment si difficile, ce problème ?
— S’il est difficile ! Soupira Marinette. C’est bien simple. On n’y comprend rien.
— Si je savais de quoi il s’agit, dit le chien, j’aurais peut-être une idée. […]
— Ne vous découragez pas. Le problème a beau être difficile, on en viendra à bout. Je vais réunir toutes les bêtes de la maison. A nous tous, on finira bien par trouver la solution. »
Entre les chênes, les hêtres, les bouleaux, les bois de la commune, les ares et les hectares, comment s’y retrouver ? Voilà que la petite poule blanche a une idée…
May Angeli illustre de ses bois gravés un nouveau conte de Marcel Aymé, toujours aussi malicieux et imprévisible. Qui a donc eu la chance d’inviter dans sa classe le cheval, le cochon et le sanglier ?

Dès 8 ans

Marcel Aymé, Le Problème, illustrations de May Angeli, Les Editions des Eléphants, 2020, 44 p., 16,50 € — Imprimé au Portugal

Marcel Aymé, L’Eléphant, illustrations de May Angeli, Editions des Eléphants, 2019, 48 p., 16,50 €
Marcel Aymé, Les Boîtes de peinture, bois gravés de May Angeli, Les Editions des Elephants, 2018, 48 p., 15 €.

René Goscinny, Le petit Nicolas

René Goscinny, Le petit Nicolas

De la part de Sixtine R. — Depuis plus de soixante ans, le Petit Nicolas est bien connu de tous les écoliers pour ses multiples talents, allant de ses pires bêtises à des choses « drôlement chouettes ». Il mérite d’être à nouveau mis à l’honneur.
Avec ce jeune garçon turbulent, le lecteur apprend l’amitié, l’amour des parents même quand on ne les comprend pas, la joie d’aller à l’école malgré le surveillant, la force de la bande de copains et surtout, le bonheur de jouer. A tout cela se joint ce regard de l’enfant sur le monde des adultes, qui permet aux jeunes lecteurs de porter un autre regard sur le monde. La vie est plus facile quand on rit de bon cœur !
En plus de tout cela, les aventures du Petit Nicolas, ce sont aussi de belles illustrations, et une langue française délicieuse portée par ce ton humoristique qui signe la série. Un régal à partager entre générations : les grands-parents expliqueront en effet à leurs petits-enfants certains détails venus des années 1960 et aujourd’hui un peu bien oubliés. Et les parents se souviendront du temps béni où ils bénéficiaient d’une grande liberté – dont il ne fallait pas abuser non plus.

A partir de 12 ans

René Goscinny, Le Petit Nicolas, illustrations de Jean-Jacques Sempé, Gallimard Jeunesse, coll. Folio Junior – dernière édition disponible : 2007, 176 p., 7 € — Ce premier tome est suivi de nombreux autres, tout aussi drôles.

Alain Serge Dzotap, Capitaine bébé !

Alain Serge Dzotap, Capitaine bébé !

« Capitaine Bébé enfile sa combinaison, met ses bottes et son casque, et il démarre son gros camion de pompiers. C’est l’heure de sa tournée. Il doit s’assurer que tout va bien. » Mais si tout allait bien, il n’y aurait pas d’histoire à raconter ! Justement, « il y a le feu dans la boutique de madame Girafe ! ». Pin-pon, pin-pon… Le camion rouge de Capitaine Bébé traverse la page, toutes sirènes hurlantes ! Oh, oh, comment dire ? Est-ce vraiment la lance à incendie qui a mis de l’eau partout ? Capitaine Bébé aurait-il… fait pipi au lit ? Une approche originale et vraiment amusante de ces petits malheurs, sous la plume d’Alain Serge Dzotap, auteur camerounais. Les dessins de Brice Postma Uzel s’inspirent avec succès des pochoirs de l’école russe – on pense à Natalie Parain ou à Hélène Guertik.

Dès 3 ans

Alain Serge Dzotap, Capitaine bébé !, illustrations de Brice Postma Uzel, Sarbacane, 2021, 32 p., 13,90 € — Imprimé en Italie

Hors-série TétrasLire n°1 – Été 2021

Ceux qui ont toujours le nez sur la pelouse, à regarder courir les petites bêtes, satisferont leur curiosité en découvrant le monde fascinant du ver à soie avec un texte de Jean-Henri Fabre. Pour mener l’enquête, direction Venise, avec Un vol de diamant de Georges Rouvray. La nuit, tous les chats sont gris ? Pas forcément, si vous aimez avoir peur, La Tour des hiboux, de Gustave Aimard, se passe dans une Espagne infestée de brigands – mais que cela ne vous empêche pas de regarder les étoiles ! Quant au Moulin qui ne tourne plus de René Bazin, il évoque un monde rural disparu, mais pour ce qui est des caractères, ont-ils vraiment beaucoup changé ?
Chacun de ces textes ouvrent sur des jeux, des recettes, de bricolages… Autant d’occasion de rire, de grandir et de créer, une brassée généreuse d’activités pour prendre conscience de ses talents ! Jour après jour, votre enfant complètera le journal de bord d’un été fabuleux. Invitations à l’écriture créative, jeux d’observation, tests et quiz, bricolages et recettes font pétiller la créativité
Un cahier de vacances pas comme les autres pour donner à la lecture le bon goût de l’été, et faire pousser des graines de lecteurs sous le soleil des vacances. 100% conçu & fabriqué en France.

Dès 10 ans

Hors-série TétrasLire n°1 – Été 2021, illustrations d’Elly MacKay, de Nicolas Duffaut, Quitterie de Castelbajac, Sylvie Pélissier et Cyril Farudja, 2021, 128 p., 15 € — à commander ici.

Emma Lidia Squillari, La Baignade

Si Charlot, le chat, n’a pas envie de se mouiller, Odile, d’un coup de fil, convainc ses amies Coco et Pattie d’aller se baigner. Mais si l’oie aime nager, ce n’est le cas ni de la petite truie, ni de la pie… La journée n’est donc pas aussi « parfaite » qu’Odile l’avait imaginée. Jusqu’à ce qu’elle découvre, au fond de l’étang, « une bête horrible et effrayant qui la dévisage de ses yeux maléfiques »… Brr ! Les trois amies vont braver leur peur et résoudre ce mystère — je ne vous raconte pas la fin !
Italo-américaine, Emma Lidia Squillari a grandi dans la campagne piémontaise, entourée d’une grande fratrie et de nombreux animaux, dont elle croque les menues aventures avec un humour bienveillant.

Dès 3 ans

Emma Lidia Squillari, La Baignade, Grasset Jeunesse, 2021, 40 p., 15 € — Texte français de Christian Demilly. Imprimé en Espagne

Lida, Poule Rousse

Grand événement littéraire de la saison : Flammarion réédite en grand format (26 x 30 cm !) relié, la célébrissime Poule Rousse de Lida, dans une version restaurée à partir des gouaches originales de la première édition parue en 1956.
Or donc, « près du bois, il y a un jardin. Dans ce jardin, il y a une maison : c’est la maison de Poulerousse [oui, en un seul mot !]. Dans la cuisine et dans la chambre, tout est propre et bien rangé. » Eh oui, en 1956, c’est très important, d’être « une bonne ménagère » ! Frappe du bec à la porte son amie la tourterelle… Et tout irait pour le mieux si le renard n’avait pas entendu les autres animaux vanter la gentillesse de Poulerousse – qui est aussi, « grassouillette, toute grassouillette » ! Allez, qui ne connaît pas par cœur ce « vieux conte nouvellement raconté par Lida » ?
Lida, c’est Lida Durdikova (1899–1955), écrivain tchécoslovaque et épouse de Paul Faucher, le créateur de la mythique collection du Père Castor. Quant à Etienne Morel (1924–1969), il a su capter – ou créer ? – ce trait et ces couleurs si typiques des années 1950, qui nous plongent dans une nostalgie bon enfant. Si vous ne voulez pas que ce superbe album s’abîme trop vite – ou le garder pour vous -, vous pouvez en acheter aussi la version de base, moins chère.

Dès 3 ans

Lida, Poule Rousse, illustrations d’Etienne Morel, Flammarion, « les albums du Père Castor », 2021, 32 p., 13,50 € — Imprimé au Portugal

Oona Seguin, Badger le trappeur

Badger, le trappeur, vit au fin fond du Montana. Mais il « n’est pas un trappeur comme les autres, les animaux sont ses amis. Et quand ils sont en difficulté, Badger est là pour les aider. » Elan, ours, castors, aigle, lynx… ils ont tous eu besoin de lui au long de la journée. A chaque fois, Badger invente une solution assez originale pour les tirer d’embarras. Alors, le soir venu, quand Badger « glisse maladroitement sur sa chaussette » (éclat de rire assuré !) et se retrouve plâtré (oh, le pauvre !), ses amis animaux viennent gaiement lui rendre service. Un conte randonnée plein d’imprévus et de gags, et une belle leçon de vie.

Dès 4 ans

Oona Seguin, Badger le trappeur, Editions l’Agrume, 2021, 36 p., 14,50 € — Imprimé en Italie

Gottfried Keller, L’habit fait l’homme

Sur la route, « par une triste journée de novembre », un pauvre compagnon tailleur se demande où il pourra dîner. Mais, très élégant, il portait « son habit noir du dimanche, le seul qu’il possédât, et un manteau très ample, tout d’une pièce, doublé et orné de velours, qui lui donnait un air chevaleresque. » Il suffit d’un malentendu, et, à la porte d’une auberge, Wenzel Strapinski, est pris pour un riche comte polonais. Les péripéties les plus loufoques vont s’enchaîner. Astucieux, sachant se concilier les bonnes volontés tout en bernant les sots, notre tailleur va jusqu’à se fiancer avec Nanette, la fille du président de la ville. Jusqu’où le secret de sa fausse identité sera-t-il gardé ?
La traduction française (1873) de cette nouvelle venue de Suisse a été exhumée pour notre plus grand bonheur. Elle fait partie du cycle « Les gens de Seldwyla », signé de Gottfried Keller (1819–1890) poète et homme politique suisse.

Dès 10 ans

Gottfried Keller, L’habit fait l’homme, Les amis de la culture européenne, 2021, 60 p., 8 € — Traduit de l’allemand — Imprimé en Allemagne

Anne Cortey, La très grande aventure

« Le soleil se lève à peine. Marcello le petit pois et Nanni le haricot sont fatigués de leur longue marche et entrent dans la cour d’une ferme pour se reposer.
Mais… « Cocorico ! » Dans cette ferme, il y a un poulailler ! Et les volailles adorent les légumes verts (surtout les petits pois et les haricots) ! » Nos deux compères de se trouver croqués séance tenante… Fin de l’histoire ? Bien sûr que non ! Ce n’est que le début d’un road movie assez original. Car, à peine sortis du ventre du coq (non, non, pas de celui de la baleine de Pinocchio !), Marcello (le petit pois) et Nanni (le haricot), en parfaits Italiens, vont enfourcher une Vespa et continuer leur voyage… Cet album frais, coloré, fourmillant de détails et de bonne humeur, est un grand bol d’air qui nous montre que l’endroit où l’on va est aussi important que les personnes qui nous accompagnent.

Dès 3 ans

Anne Cortey, La très grande aventure, illustrations d’Olivier Latyk, Grasset Jeunesse, 2021, 32 p., 14,50 €