Thème

De 5 à 6 ans

Béatrice Alemagna, Les choses qui s’en vont

« Dans la vie, beaucoup de choses s’en vont. Elles se transforment, elles passent. » Que ce soit le petit bobo, les poux, les larmes, toutes ces petites misères finissent par passer – et même quand les cheveux tombent comme les feuilles mortes, ce n’est pas si grave – et ça, on le voit bien avec ce jeu de calques qui modifient « juste un peu » les images et retiennent l’attention. Car le plus important vient à la fin : « Une seule chose ne s’en va pas. Et ne s’en ira jamais. Jamais. » mais qui n’est jamais dite non plus – c’est, vous l’avez deviné, immuable, solide et perpétuel, l’amour d’un parent pour son enfant. Ce livre d’artiste plein de trouvailles graphiques a obtenu en 2020 le Prix Sorcières.

Dès 4 ans

Béatrice Alemagna, Les choses qui s’en vont, Hélium, 2019, 70 p., 15,90 € — Imprimé en Belgique

Bruno Gibert, Le ver vert

Un « ver vert aux yeux vairons partit de Nevers pour Versailles afin d’y rencontrer le roi. » Pas très fort en histoire, il appelle le Roi Soleil… Vercingétorix ? Le ver vert sera-t-il mis sous les verrous ? A peine sorti d’affaire, « perdu dans ses rêveries, le ver vert ne vit pas le pivert », et ce qui devait arriver arriva… Une histoire désopilante où les mots sont les matériaux d’un jeu littéraire. Si le premier effet du livre est de nous faire rire aux dépends d’un ver idiot, il incite par ailleurs l’enfant à tenter lui-même des acrobaties sémantiques et lexicales. Et comme presque toutes les occurrences de la syllabe « ver » sont… en vert, les jeunes lecteurs apprendront à la reconnaître, parfois bien cachée dans l’herbe.

Dès 4 ans

Bruno Gibert, Le ver vert, Ed La Partie, 2021, 40 p., 13,90 € — imprimé en Italie

Delphine Perret, Le plus bel été du monde

«  — Les jaunes ?
— Trop petites.
— Et les grandes, celles de Fanette ? Esssaie-les.
— Les vertes, ça va, elles sont un peu trouées mais c’est pas grave. »
Scène de la vie quotidienne dans la grande maison de cette grand-mère quand il s’agit de trouver bottes à son pied ! Du grenier, où à défaut de squelettes on trouve « tous les Mickey », aux escaliers sur lesquels il ne faut pas « laisser traîner tes petites voitures », autant de petits riens croqués d’un pinceau léger, léger…
Et celle-ci encore :
« — Allez jouer, on vous appellera pour le dessert.
— Est-ce que c’est le dessert ?
— Pas encore.
Et sur la page suivante :
« Hé ho ! C’est le dessert ! Vous êtes où ? »
Delphine Perret raconte un été qu’un enfant passe avec sa mère, dans la maison de ses grands-parents. Un été parmi d’autres, qui n’a rien d’exceptionnel mais qui, grâce à cette éternelle capacité d’émerveillement de l’enfance, devient « le plus bel été du monde ».
Mère et fils, complices, partagent des moments fugaces, drôles ou tendres, d’une infinie simplicité et beauté : la découverte des oiseaux et des insectes, la cueillette des mûres, l’araignée dans la salle de bains et bien d’autres encore. Des instants dans lesquels tous les enfants se reconnaîtront — même ceux qui n’ont pas de grands-parents à la campagne. Et puis, « On peut manger une glace même quand il pleut ? Oui on peut. » Chez notre Bonne Maman, oui, nous aussi, on peut ! Idéal pour cultiver les souvenirs des vacances et prolonger l’été dans les cœurs.

Dès 5 ans

Delphine Perret, Le plus bel été du monde, Les Fourmis rouges, 2021, 128 p., 18,50 € — Imprimé au Portugal

Bernard Villiot, Le souffleur de rêves

« “Quel rêve aimerais-tu faire ?” demanda-t-il.
Giacomo n’avait pas rêvé depuis si longtemps qu’il ne sut répondre.
“Un rêve bleu, comme le fond de tes yeux ?”
L’enfant acquiesça sans savoir ce que cela signifiait.
Zorzi choisit un pain de verre couleur outremer et le déposa dans e foyer ardent. Quand il eut l’aspect d’une pâte rougeoyante, il y planta sa sarbacane et souffla. Une bulle perla, aussi fragile et insaisissable qu’un rêve d’enfant. »
Si vous avez eu la chance de voir des souffleurs de verre, et la plus grande chance d’avoir pu les voir à Murano, vous ne serez pas surpris qu’on puisse ainsi « souffler des rêves extraordinaires ». Ce conte laisse une grande part à l’imaginaire et à la poésie ; les illustrations de Thibault Prugne, parfois douces mais parfois aussi violentes, accompagnent ce texte original et font découvrir quelques secrets que peu de gens savent voir à Venise.

Dès 5 ans

Bernard Villiot, Le souffleur de rêves, illustrations de Thibault Prugne, Gautier-Languereau, 2020, 40 p, 9,95 € — Imprimé en Europe

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers

Des « Feuilles mortes » de Pernette Chaponnière qui annonce si bien l’automne, à l’« Hymne au soleil » d’Edmond Rostand, cette anthologie de poésies françaises rassemble quelques pépites de notre patrimoine culturel. Charmantes comptines pour les plus jeunes, fables optimistes pour les 7/9 ans, tirades et alexandrins sonnants pour les plus grands – autant de textes que chacun découvrira avec un bonheur sans pareil.
Comme le précise dans sa préface Anne Coffinier, à qui l’on doit cette sélection, « pas d’académisme, mais la défense et l’illustration joyeuses d’un art aux mille vocations, dans une langue simple et restituée dans son originalité la plus pure ». Les illustrations, gaies et lumineuses, ouvrent toutes grandes les portes du rêve. A apprendre avec le cœur !

Dès 5 ans et pour toute la famille

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers, illustrations d’A. Bureau, de V. Cognet, C. Cordasco, E. Lapeyre et V. Liang, Editions Critérion et la Fondation pour l’école, 2018, 96 p., 16,90 €. Imprimé en Slovénie.

Diane Malvezin, Greco au marché

Dans ce nouvel album, nous suivons Greco le petit Mexicain au marché. Pendant que sa maman vend les chapeaux fabriqués par son papa, Greco va faire les courses : il passe chez le marchand de légumes, et son panier se remplit de carottes, de poivrons et d’un piment ; puis chez son oncle Pedro, le fruitier – chic, un melon d’eau ; enfin, chez Madame Rosa qui vend de jolis ponchos et lui fait un petit cadeau. Les aquarelles d’Apolline Dussart rivalisent de jaunes, de rouges, d’orangés, de bleus et de verts éclatants, pour une belle promenade « le cœur joyeux ».

Dès 3 ans

Diane Malvezin, Greco au marché, illustrations d’Apolline Dussart, Les Editions des Petits Chouans, 2021, 12 p., 5 € — Imprimé en France.
Dans la même série, est récemment paru : Greco en Suisse.

Linda Sarah, Les copains de la colline

« Ensemble, ils aimaient naviguer, courir, sauter, s’envoler. Se raconter des histoires, éclater de rire. […] Ben adorait quand ils étaient tous les deux. Parce que c’était Théo et lui. » Et voilà qu’un autre garçon cherche à jouer avec eux. Il a même apporté une boîte en carton – comme celles avec lesquelles jouent Ben et Théo. Sam parviendra-t-il à avoir « le courage de les aborder » ? Théo et Ben accepteront-ils de partager leurs jeux ? Un album aux illustrations un peu rétro pour aborder le thème de l’amitié : « Est-on toujours aussi copains quand on est trois ? » Et s’il suffisait d’avoir des idées encore plus farfelues et grandioses ?

Dès 4 ans

Linda Sarah, Les copains de la colline, illustrations de Benji Davies, Ed Milan, 2021, 30 p., 9,90 € ‑Adapté de l’anglais. Imprimé en Chine

Jean de la Fontaine, Fables choisies et illustrées par Henri Galeron

Le 8 juillet 2021 a vu le 400e anniversaire de Jean de la Fontaine – madame la Chouette aurait-elle choisi le parti du Lièvre, pour arriver un peu tard au but ? Henri Galeron a fait le choix très judicieux de 42 fables, mêlant fables connues, telles Le Lièvre et la Tortue, Le Corbeau et le Renard, ou Le Chêne et le Roseau, et d’autres qu’il serait dommage d’oublier, comme Le Singe ou La Tortue et les deux canards. Ses illustrations sont un régal pour l’œil : ses animaux, peints avec la minutie d’un zoologue, nous ressemblent tellement…

Pour toute la famille

Jean de la Fontaine, Fables choisies et illustrées par Henri Galeron, Editions des Grandes Personnes, 2021, 56 p., 17,50 €

Kristie Pickersgill, En voyage

A la gare, à l’aéroport, au port, sur la route ou en ville, aujourd’hui ou hier… il s’agit de trouver le moyen de transport le plus confortable, le plus rapide ou le plus original. Plus de 150 autocollants trouveront leur place sur le tarmac, sur les rails, sur l’eau ou dans le ciel. Les pages étant plastifiées, il reste possible de repositionner un vélo tombé à l’eau ou une pelleteuse égarée sur un quai de gare.

Dès 4 ans

Kristie Pickersgill, En voyage, illustrations de SR Sanchez, Usborne, coll. « Mes petits autocollants », 2021, 15 p., 5,95 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Apolline Dussart, Petit Cyr visite un château fort

Accompagné de son papa, de sa maman, de sa sœur Victoire et du petit Alban, notre Petit Cyr visite un château fort. Il a bien de la chance, car il peut se costumer, participer à la quintaine des chevaliers sur un cheval de bois, soulever la lourde épée d’un chevalier à la croix de Malte, tirer à l’arbalète et assister à un tournoi. Les dessins d’Apolline Dussart sont toujours aussi frais et colorés, les enfants ont de bonnes bouilles et pleins de vie. Artisan au Puy du Fou, Apolline Dussart a su capter toute la magie de cette ambiance médiévale.

Dès 3 ans

Apolline Dussart, Petit Cyr visite un château fort, Editions des Petits Chouans, 2021, 12 p., 4,50 € — Imprimé en France
De nombreux volumes dans la même collection. Le dernier paru : Petit Cyr chez ses grands-parents.

Ruth Brown, Dix petites graines

« Dix graines… une fourmi. Neuf graines, un pigeon. » Quelques pages et quelques bestioles plus loin, « trois grandes plantes, un petit chien ». Oh, non ! Que va-t-il faire, ce coquin ? Mais voilà une fleur, et une abeille, et bientôt dix graines, ou plus encore ! Ce simple tournesol a plus d’un tour dans son sac : il enseigne la soustraction, la patience, l’observation, la multiplication (enfin, pas celle des tables, celle des graines !), avec des dessins somptueux. En hiver, ce sont les traces des animaux, aussi infimes soient-elles, que cet album invite à observer. Deux belles histoires naturelles réunies dans un format poche.

Dès 4 ans

Ruth Brown, Dix petites graines, suivi de Mon jardin en hiver, Gallimard Jeunesse, 2017, 48 p., 5,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en France.

Lida, Poule Rousse

Grand événement littéraire de la saison : Flammarion réédite en grand format (26 x 30 cm !) relié, la célébrissime Poule Rousse de Lida, dans une version restaurée à partir des gouaches originales de la première édition parue en 1956.
Or donc, « près du bois, il y a un jardin. Dans ce jardin, il y a une maison : c’est la maison de Poulerousse [oui, en un seul mot !]. Dans la cuisine et dans la chambre, tout est propre et bien rangé. » Eh oui, en 1956, c’est très important, d’être « une bonne ménagère » ! Frappe du bec à la porte son amie la tourterelle… Et tout irait pour le mieux si le renard n’avait pas entendu les autres animaux vanter la gentillesse de Poulerousse – qui est aussi, « grassouillette, toute grassouillette » ! Allez, qui ne connaît pas par cœur ce « vieux conte nouvellement raconté par Lida » ?
Lida, c’est Lida Durdikova (1899–1955), écrivain tchécoslovaque et épouse de Paul Faucher, le créateur de la mythique collection du Père Castor. Quant à Etienne Morel (1924–1969), il a su capter – ou créer ? – ce trait et ces couleurs si typiques des années 1950, qui nous plongent dans une nostalgie bon enfant. Si vous ne voulez pas que ce superbe album s’abîme trop vite – ou le garder pour vous -, vous pouvez en acheter aussi la version de base, moins chère.

Dès 3 ans

Lida, Poule Rousse, illustrations d’Etienne Morel, Flammarion, « les albums du Père Castor », 2021, 32 p., 13,50 € — Imprimé au Portugal