Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Dernières mises en ligne

Madame la Chouette change de rythme

Chères amies lectrices, chers amis lecteurs,

Comme je vous le disais dès le 20 mars, il devient de plus en plus délicat de vous proposer des nouveautés. J’ai donc choisi de passer en mode « été » avec trois chroniques par semaine. Il reste donc de la place, beaucoup de place pour VOS coups de cœur ! N’hésitez pas à partager vos meilleures lectures – et surtout celles des jeunes lecteurs qui vous entourent ! — en m’envoyant vos chroniques sur contact@chouetteunlivre.fr
Prenez soin de vous, lisez au chaud sous la couette, sur le canapé, au fond du jardin (le vôtre !) et laissez passer le temps au fil des pages !

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Adeline Ruel, Les oiseaux de mon jardin

« La mésange mange des insectes en été et des graines en hiver. Elle aime faire son nid dans les nichoirs des jardins. » Voici le portrait de la mésange charbonnière, avec sa tête et son poitrail noirs, et celui de la mésange bleue, chapeautée de ce joli bleu, avec son masque noir. Cet album présente, avec des dessins très précis, le moineau, la mésange, la tourterelle, la pie et l’hirondelle. Sont-ils tous venus dans votre jardin ? L’hirondelle aussi ? Alors, c’est le printemps ! Cessez de les nourrir mais n’oubliez pas de les abreuver par temps sec.

Dès 3 ans

Adeline Ruel, Les oiseaux de mon jardin, Flammarion, Père Castor, 2020, 12 p., 9,50 €

Agnès Domergue et Cécile Hudrisier, L’Herbier philosophe

« La pensée – Si je te demande de ne penser à rien, à quoi penses-tu ? » — «  L’amour en cage – L’amour est un oiseau. Si tu enfermes l’amour en cage, chantera-t-il encore demain ? » Ces courtes phrases, anecdotes ou énigmes, sont une forme poétique japonaise ancestrale : le koan. Jouant avec les immortelles et le cosmos, le bouton d’or et le perce-neige, Agnès Domergue nous invite à méditer et à nous émerveiller. Cette musicienne – elle est altiste dans une autre vie – a demandé à Cécile Hudrisier de « faire le portrait » non d’un oiseau, mais de ces fleurs aux noms évocateurs. Ses aquarelles, légères, légères, tracent sur le blanc de la feuille, telles des calligraphies, juste ce qu’il faut pour nous emporter sur un petit nuage de poésie. Et parce que ces fleurs existent en vrai – et c’est justement pour cela qu’elles sont admirables – leur nom savant, en latin, et leur silhouette accompagnent leur nom courant en pied de page. Une typographie, une mise en page et une fabrication des plus soignées font de cet album une rare réussite.

Dès 8 ans, pour toute la famille

Agnès Domergue, L’Herbier philosophe, illustrations de Cécile Hudrisier, Grasset Jeunesse, 2020, 64 p., 18,50 € — Imprimé en Espagne
Des mêmes auteurs : La balade de Koïshi, Grasset Jeunesse, 2019, 68 p., 20 €

Thomas Lavachery, Tor et le cow-boy

« — T’as vu ça, Einar ! dit papa. Buffalo Bill est à Borgisvik.
— Faudrait peut-être lui dire qu’il n’y a pas de bisons dans nos parages.
— Et pas d’Indiens non plus. »
Après quelques joutes oratoires entre le père, l’oncle d’Einar et le « cow-boy », place à la bagarre, puis aux explications autour de boissons d’hommes. On est comme ça, dans le Grand Nord, on fonce d’abord, on picole ensuite ! Mais foin de bisons ou d’Indiens. Ce que Bob Koufax vient chasser, ce n’est rien moins que le troll. Oui, « le troll géant des forêts profondes » ! Comment le jeune Einar va-t-il s’y prendre pour prévenir son ami Borigh-Borigh, « un troll authentique, haut comme une maison » ? D’autant plus que Gulliver, le chien de Bob, a un flair redoutable et que le troll – je ne vous fais pas de dessin – ça pue, ça pue… Ce nouvel épisode des aventures de Tor est aussi désopilant que les précédents, les péripéties s’enchaînent, pas toujours dans une extrême finesse mais dans un français riche en sons, en couleurs et en… parfums !

Dès 7 ans

Thomas Lavachery, Tor et le cow-boy, L’Ecole des Loisirs, coll. « Mouche », 2020, 88 p., 8 €

Irène Adler, Sherlock, Lupin et moi

Voici le premier message reçu ! Un immense merci à Mado, qui partage avec plaisir les lectures de ses enfants. Je vous le transmets, en complétant des données techniques.

Chère Madame la Chouette,
C’est avec grand plaisir  que j’ai découvert votre site il y a un peu plus d’un an et que je pioche de temps en temps de bonnes idées de livres pour mes rats de bibliothèque.
Je viens de lire ” Sherlock Lupin et moi” d’Irène Adler. Age : à partir de 10–12 ans. Genre Enquête policière. Plusieurs tomes parus.
Description : avant d’être un personnage des aventures de Sherlock Holmes, Irène a été une jeune fille malicieuse et rebelle. Dans cette série, elle raconte sa rencontre avec Sherlock et Lupin, leur amitié et leurs premières enquêtes.
Ce que j’ai aimé : le style ! Traduit de l’italien, un vrai régal ! Les personnages sont bien croqués, vraisemblables, l’intrigue est prenante mais pas effrayante.  Pour l’instant, un taux de sentiment amoureux qui n’est pas trop prononcé à mon goût. Ce qui est assez rare dans les livres de cette tranche d’âge. La “narratrice” est Irène Adler, mais l’histoire n’est pas mièvre, il y a même assez de rebondissements pour que mes deux gars de 8 et 10 ans adhèrent bien. »
Traduit de l’italien ? En effet, Irène Adler est un pseudonyme, celui du duo de Pierdomenico Baccalario (La Fille qui dévorait les livres, Typos) et de son compère Allessandro Gatti.

Dès 9 ans

Irène Adler, Sherlock Lupin et moi, Albin Michel Jeunesse – série.

Tome 1 : Le mystère de la dame en noir, 2017, 288 p., 12,50 €
Tome 2 : Dernier acte à l’Opéra, 2017, 304 p., 12,50 €
Tome 3 : L’Enigme de la rose écarlate, 2017, 272 p., 12,50 €
Tome 4 : La cathédrale de la peur, 2018, 288 p., 13,50 €
Tome 5 : Le château de glace, 2018, 256 p., 13,50 €

3 Histoires de Pâques

Ce printemps, le Père Castor réédite trois contes de Pâques en un seul et bel album. « Le premier œuf de Pâques » (2010), sous la plume de Zemanel et le pinceau d’Amélie Dufour, raconte pourquoi les œufs de Pâques sont décorés. Et si cela était dû à la maladresse – et à la ténacité — de Poulette, qui tient absolument à montrer son premier œuf à la reine des poules ? Le même duo raconte les mésaventures de « Trois Petits Lapins » (2019) qui, à force d’explorer des lieux interdits, se trouvent enfermés dans un clapier. Anne Fronsaq, elle, a repris la fable de « la Petite Poule rouge » (que je connaissais rousse…). Le chat, le canard, l’oie et le dindon, croqués avec humour par Madeleine Brunelet, lui refusent leur aide pour cultiver son blé ? À leur aise. Mais quand il s’agit de déguster la brioche sortie du four, les paresseux se trouvèrent bien punis !

Dès 3 ans

3 Histoires de Pâques, Père Castor, Flammarion, 2020, 80 p., 8 € — Imprimé en Chine

Lisez, lisez, lisez encore, lisez toujours !

Chères amies lectrices, chers amis lecteurs,

Il va devenir de plus en plus délicat de vous proposer des nouveautés : mes libraires favoris ont fermé, les éditeurs retardent la sortie des nouveautés et suspendent leurs envois gracieux, la Poste n’a plus grand-chose dans ses camions… Or, Mais Madame la Chouette a pour habitude de lire chaque ouvrage de A à Z, pas question de se limiter à la seule présentation officielle !
Mais elle ne va pas trop vite baisser… les ailes ! Quelques parutions restent programmées, mais il y a surtout beaucoup, beaucoup de livres en stock sur le site ! Plus de 1500 !
Même si la lecture sur tablette ou sur écran n’est pas la panacée, il est très souvent possible d’acheter la version e‑book des ouvrages. Une petite récompense par-ci par-là, cela fera bien plaisir !
Et chez vous ? Si vous demandiez aux enfants et aux adolescents de m’envoyer la présentation de leur livre préféré ? Pas seulement pour me dire « c’est génial », ou « j’ai adoré », mais en parodiant mes notices : une courte citation et une invitation à découvrir la suite. Chiche ?

Daniel Frost, La mystérieuse baleine

« Loin, très loin dans le Grand Nord, Nils et Anna s’installent autour du feu pour écouter leur père leur raconter une histoire. Celle d’une baleine gigantesque qui errait jadis dans les eaux environnantes… » Et si cette baleine, Nils allait à sa recherche ? Tout seul. Le voilà qui met son kayak à l’eau. Quand soudain, Anna jaillit du kayak comme un diable de sa boîte. Joueuse, bavarde, impatiente, la fillette ne facilite pas la navigation. Jusqu’à ce qu’elle se retrouve isolée sur un tout petit morceau de banquise… Qui viendra à son secours ? « Un grand cœur généreux, aussi gros qu’un bateau », la fameuse baleine, bien sûr ! Bien emmitouflés, Nils en rouge et Anna en jaune, les enfants naviguent dans une superbe palette de bleus, d’orangés et de blancs qui donneraient presque envie de prolonger l’hiver.

Dès 4 ans

Daniel Frost, La mystérieuse baleine, 2020, L’École des Loisirs, 36 p., 13 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Italie.

Jean-Marc Rochette, Le Loup

Une haute vallée des Écrins. Un berger. Son troupeau. Une louve et son petit. Une nuit de pleine lune. Soudain, un coup de feu. Quelques jours plus tard, au village, Gaspard avoue. Cette louve, cette bête magnifique, « reine ou pas, je lui ai mis une cartouche ». Parce que voir « des brebis et des agneaux les tripes à l’air. Du sang de partout », entendre des hurlements, supporter la puanteur des charognes, il n’en peut plus. De mois en mois, d’hivers en étés, le louveteau va devenir un superbe loup blanc. Une étrange relation se noue alors entre l’animal sauvage et l’homme – ensauvagé, mais armé. Les estives, les vallons, la haute montagne, les bergers comme les gardes du parc, Jean-Marc Rochette, qui vit dans la vallée du Vénéon, les connaît, les aime et les dépeint avec une rare justesse. Mais il connaît aussi le conflit qui empoisonne la vie locale : peut-on, ou non, vivre avec le loup ? « Un problème métaphysique », qui justifie la fiction par laquelle se termine son récit en images. Quelle forme doivent prendre nos relations avec le monde sauvage ? C’est le thème d’une longue postface signée Baptiste Morizot, auteur de l’ouvrage Les diplomates. Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant, où le philosophe explore la possibilité de relations pacifiées entre les hommes et les autres vivants.

Adolescents

Jean-Marc Rochette, Le Loup, Casterman, 2019, 112 p., 18 € — Mise en couleur par Isabelle Merlet. Postface de Baptiste Morizot

Carol Drinkwater, Pendant la famine en Irlande, Journal de Phyllis McCormack, 1845–1847

Au printemps 1845, la jeune Irlandaise Phyllis, 14 ans, se confie à son journal : elle se fait bien un peu de mauvais sang pour son frère Patrick, lequel tient des discours révolutionnaires indépendantistes, mais elle mène la vie de toutes les jeunes campagnardes irlandaises, courageuses et travailleuses. A l’automne, une catastrophe s’abat sur le pays : « Une mystérieuse maladie s’attaque à la récolte de pommes de terre », annonce la presse. Le journal de Phyllis prend un tournant dramatique : les lecteurs vont suivre, presque au jour le jour, cet épisode dramatique de l’histoire irlandaise que fut la Grande Famine. Non seulement les pommes de terre sont pourries, mais le gouvernement ne fait pas grand-chose pour tenter de juguler la famine qui s’abat sur l’île. La jeune fille, confrontée à la faim, à la maladie, au deuil et à l’extrême pauvreté, garde la tête haute. Et le miracle, comme pour tant d’Irlandais, aura pour nom l’Amérique. Le texte français a su conserver toute la saveur de l’anglais populaire, avec ses approximations et ses raccourcis : si Carol Drinkwater se définit comme « anglo-irlandaise », elle écrit en anglais. Clin d’œil à son ascendance irlandaise : Phyllis McCormack est le nom de sa mère.

Dès 10 ans

Carol Drinkwater, Pendant la famine en Irlande, Journal de Phyllis McCormack, 1845–1847, Gallimard Jeunesse, coll. « Mon histoire », 2006, 224 p., 9,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Italie.

Elodie Balandras, Un nouveau printemps pour Pépé Ours

« Comme chaque printemps, Petite Ourse se rend chez son Pépé Ours. » Elle rêve d’escalade, de courses de brouette, de saute-fourmis… Mais ce qu’elle préfère, c’est aller tremper le bout de sa patte dans le miel. En effet, Pépé n’a pas son pareil pour décrocher les ruches sauvages ! Enfin, il l’avait, car, ce printemps, Pépé Ours se traîne… Mais Petite Ourse a grandi, et leur duo va se révéler tout aussi efficace. Un joli conte sur la relation entre deux âges complices, délicieusement mis en couleurs par Elodie Balandras.

Dès 4 ans

Elodie Balandras, Un nouveau printemps pour Pépé Ours, Didier Jeunesse, 2020, 36 p., 13, 90 € — Imprimé en France

Roald Dahl, Danny, champion du monde

Danny, le narrateur, 9 ans, partage avec son père une vie assez originale : ils habitent une roulotte, et gagnent leur vie en réparant les tacots du village et en tenant une modeste station-service, dans une Angleterre rurale qui voit encore s’opposer petites gens et gros propriétaire terrien. Une nuit, Danny se réveille, seul… Quand son père émerge de l’obscurité, il se confie :
«  — J’ai décidé quelque chose, m’a‑t‑il dit. Je vais te révéler le plus grand secret et le plus sombre secret de toute ma vie […] La vérité, c’est que j’étais dans les bois de Hazell. […] Tu sais ce que veux dire braconner ? […] Ça veut dire aller dans les bois en pleine nuit et revenir avec quelque chose à mettre dans la marmite. »
Est-ce du vol ? s’inquiète le bambin. Non, « c’est un art », lui révèle son père. Et voilà que Danny va pouvoir accompagner son père dans ce « sport si fabuleux, si palpitant » du braconnage. Vont en effet s’enchaîner les trouvailles les plus farfelues pour attraper ces faisans que Monsieur Hazell élève pour frimer lors de chasses mondaines. Mais comment échapper aux gardes-chasses ? Roald Dahl multiplie les astuces et nous suivons avec entrain (mais en silence !) les silhouettes dessinées par Quentin Blake. Une belle histoire de connivence et d’amour entre un père et son fils. Un régal.

Dès 9 ans

Roald Dahl, Danny, champion du monde, illustré par Quentin Blake, Gallimard Jeunesse, 2020, 272 p., 14,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Italie. Nouvelle édition