Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Dernières mises en ligne

Peter Wohlleben, La Vie secrète des animaux

« Quand notre chienne Maxi engloutissait un plat entier de knödels dans la cuisine, son petit air innocent me disait qu’elle n’était pas juste instinctivement poussée à dévorer : elle avait pris un malin plaisir à chaparder. » Chaque automne, depuis plus de quarante ans, les sangliers jurassiens traversent le Rhône à la nage pour se réfugier dans le canton de Genève, où la chasse est interdite : une tradition bien établie, qui demande mémoire et stratégie de défense. Abeilles, cerfs, mulots, hérissons, écureuils, chevaux, chiens et chats : ressentent-ils des émotions ? Comment apprennent-ils ? Font-ils des cauchemars ?
Après La Vie secrète des arbres, Peter Wohlleben, forestier de son état, nous fait partager son expérience et son sens de l’observation pour aller à la rencontre des animaux – que ceux-ci vivent dans nos forêts ou plus près de nous, à la ferme ou à la maison.
Nous avions lu, adolescents, les récits de Konrad Lorenz. Ceux-ci se situent dans la même lignée et nous font réfléchir sur la place de l’homme dans la nature, sur les limites de notre savoir et sur les devoirs que nous avons envers le vivant.

Adolescents

Peter Wohlleben, La Vie secrète des animaux, Les Arènes, 2018, 280 p., 20,90 €. Traduit de l’allemand par Lise Deschamps. Imprimé en France

Ylla, Deux petits ours

« Deux oursons sont nés dans la tanière cette année. Bien à l’abri sous la neige et sous la terre, le frère et la sœur attendent le printemps. A présent, ils voudraient découvrir le monde et courir dans les champs. »
Pour photographier les deux héros de ce livre illustré, Ylla n’avait pas hésité à acheter deux oursons et à les nourrir au biberon. Bien cachée derrière son objectif, elle raconte… Les deux oursons à peine sortis de leur tanière courent dans les champs, se disputent, grimpent aux arbres pour dénicher des oiseaux – quitte à se retrouver nez à nez avec… un raton laveur ! Ils en perdent leur maman, partie chercher du miel. Des photos craquantes de ces petites boules de poils au regard perçant et si expressif !
Née à Vienne de parents roumain et hongrois, Ylla (1911–1955), de son vrai nom Camilla Koffler, se fait connaître à Paris, puis à New York, en tant que photographe animalière. En 1954, elle publie Two Little Bears chez Harper & Brothers à New York. En plein « âge d’or » du livre illustré de photographies, cet ouvrage connaît un succès mondial et sera tiré à plus de 100 000 exemplaires. Une réédition bienvenue !

Dès 4 ans

Ylla, Deux petits ours, MeMo, 2018, 40 p., 16 €

Mechthild Gläser, Les Passeurs d’histoires

« Les lettres s’enchevêtrent, se déforment. Les mots se tordent et se détachent les uns des autres pour former des broussailles et des feuillages. Puis ils se mettent à ruisseler le long de mon visage. Une pluie de mots s’abat sur moi.
L’instant d’après, je me retrouve au milieu des racines d’un arbre immense, en pleine forêt vierge. Tout autour de moi, les nuances de vert explosent, de la plus claire à la plus foncée. […] Je me trouve au début du Livre de la jungle ! La famille de loups vient juste de découvrir Mowgli, seul dans la jungle. »
Quand Amy, jeune adolescente allemande, débarque à Stormsay, une île battue par les vents au large de l’Ecosse, elle est loin de savoir ce qui l’attend… De sa famille écossaise, elle a hérité un don : celui d’entrer dans les livres – un don qu’elle partage avec d’autres adolescents de l’île. Or, un grand danger menace les chefs-d’œuvre les plus célèbres, du Petit Prince en passant par Peter Pan. Ce roman policier et fantastique très original donnera aussi envie d’en savoir plus sur Werther, Le Songe d’une nuit d’été, ou Orgueil et Préjugés, dont les personnages participent à l’intrigue – à leur façon.

Dès 12 ans

Mechthild Gläser, Les Passeurs d’histoires, Fleurus, 2016, 432 p., 16,90 € — Traduit de l’allemand. Imprimé en France.

Nicolas Michel, L’Abécémer

« J’ai donné le K au pauvre Krill
Sans conteste, le déjeuner préféré des baleines à fanons. Une petite crevette qui, par millions, participe à l’équilibre des grands fonds : après avoir digéré une bonne dose de phytoplancton, la voilà projetée en bande dans le ventre des cétacés… Faute de pouvoir tout compter, les Terriens estiment cette vaste population au poids : 379 millions de tonnes au bas mot ! De petits corps transparents riches en luciférine, qui les rend bioluminescents, et en astaxanthine, qui colore de rose orangé la chair des saumons qui les dévorent. Et peut-être aussi celle des Japonais qui les dégustent sous le nom d’okiami ! »
Mais avant de donner le K au krill, Nicolas Michel a « donné » A, B, C, D, E, F, G, H, I et J à d’autres animaux marins, « des oiseaux qui passaient, à des poissons qui nageaient, à des habitués des grandes baies, à tout ce que la mer contient d’étranges beautés », – et il a continué jusqu’au Z de la jolie Zée. Ces textes courts, aussi poétiques que scientifiques, sont illustrés de superbes figures blanches sur fond bleu, inspiré du procédé photochimique du cyanotype. Une superbe façon de nous alerter sur l’avenir de nos océans !

Dès 10 ans

Nicolas Michel, L’Abécémer, Magellan et Cie, 2018, 56 p., 18 € — Imprimé en France

 

Pascale Perrier, Et derrière les nuages

« Putain. Mon meilleur copain. Mon seul ami, à bien réfléchir. Celui avec qui je partageais tout, et pas seulement les cours. Les projets, les espoirs, les envies. L’alpinisme, c’est aussi une histoire d’amitié. On choisit les gens avec qui on va s’encorder, on leur accorde notre confiance, on se prépare avec eux, nos yeux brillent du même éclat. Et normalement, on vit les mêmes émotions au même moment, on revient avec les mêmes souvenirs.
Normalement. »
Un beau jour d’été à Chamonix, les deux garçons se faisaient une fête de gagner l’Aiguille d’Argentière. Mais, au somment, ils se sont désencordés, et Antoine, ce « meilleur copain » du narrateur, a basculé dans le vide — une chute fatale pour ce garçon plein d’avenir. Comment survivre avec un tel poids sur la conscience, quand on a 18 ans et que l’on veut devenir guide ? Perdu de chagrin, le jeune homme va se terrer dans un squat lyonnais –d’où il reste en contact avec ses parents et où il rencontre Leila. Leila qui refuse le poids du voile, un avenir de comptable et autres décisions familiales, qui veut suivre Rimbaud et s’inscrire en classes préparatoires.
Les deux étudiants vont s’épauler et tenter de se reconstruire, dans un très grand respect de l’autre – et c’est aussi une des surprises de ce roman d’initiation très pudique : chacun des deux repart vers un destin à reconstruire, le narrateur vers ses montagnes – il devient guide et s’installe à la Réunion, où il se marie – et Leila vers la littérature en devenant éditrice. Pascale Perrier parle de la montagne, de Chamonix et de l’alpinisme avec justesse – sans erreur de topo ni de psychologie – et dans une langue proche des adolescents, aussi capables de jurer que de se réciter « Le Bateau ivre ».

Adolescents

Pascale Perrier, Et derrière les nuages, La Joie de lire, coll. « Encrage », 2018, 195 p., 14,50 €

Frauke Scheunemann, Winston, tome 1 : Un chat en mission secrète

British Shorthair raffiné, Winston vit sa vie de chat de luxe sur le canapé du professeur Hagedorn, dans un quartier cossu de Hambourg. Cette vie va être bouleversée par l’arrivée de la jeune Kira et de sa maman, Anna, venue remplacer la gouvernante du professeur. Mais encore plus bouleversée quand, un jour d’orage – nom d’une sardine à l’huile ! – nos deux héros, Kira et Winston, se retrouvent l’un dans le corps de l’autre. S’ensuivent toute une série de péripéties, de quiproquos et d’aventures, qui nous mènent du collège de Kira – maltraitée par d’odieuses condisciples — à la cour de l’immeuble – où les autres chats snobent Winston. Plus grave, Anna, poursuivie par le méchant Vadim (son ex-compagnon, qui n’est pas le papa de Kira), doit prouver son innocence. Chat et adolescents vont courir tous les risques pour l’aider.
Venu d’Allemagne, ce roman d’aventures fera aussi connaître la vie des collégiens allemands, et les difficultés rencontrées par une adolescente russe et sa mère, en proie à un personnage mafieux mais protégées par la figure « paternelle » du professeur Hagedorn ainsi que par les autorités scolaires.

De 9 à 12 ans

Frauke Scheunemann, Winston, tome 1 : Un chat en mission secrète, Fleurus, 2016, 365 p., 15,90 € — Traduit de l’allemand. Imprimé en France.
Dans la même série – mais que Mme la Chouette n’a pas lus :
Frauke Scheunemann, Winston, tome 2 : L’agent secret aux pattes de velours, Fleurus, 2017, 368 p., 15,90 €
Frauke Scheunemann, Winston, tome 3 : L’espion qui miaulait, Fleurus, 2018, 350 p., 15,90 €

Maurice Leblanc, Fortune – magazine Tétras Lire

« Lupin se posta au milieu du massif. Je m’approchai et, ainsi que lui, j’écartai les branches d’un arbuste. Le spectacle qui s’offrit à mes yeux était si imprévu, que je ne pus retenir une exclamation, tandis que, de son côté, Lupin jurait entre ses dents :
“Crebleu, celle-là est drôle !”
Nous avions devant nous, dans l’espace restreint qui s’étendait entre les deux maisons sans fenêtres, le même décor que représentait le vieux tableau acheté par moi chez un brocanteur. »
Trois tableaux identiques, une date mystérieuse, un secret de famille… Comment Arsène Lupin parviendra-t-il à résoudre l’énigme du Signe de l’ombre ?
Mystère, enquêtes, chasse au trésor… Tel est le thème du numéro d’été du magazine Tétras Lire. Le jeu proposé, « Cambriolage sur La Provence », occupera les détectives en herbe pendant quelques heures (prévoir de photocopier les pages du jeu). Au goûter, ils ne se régaleront de biscuits tutti frutti avant de choisir lectures ou sorties sur le thème des trésors cachés.

De 8 à 12 ans

Tétras Lire, le magazine qui donne des ailes à la lecture. Disponible au numéro ou sur abonnement. Editions Alba Verba

Béatrice Egémar, La Guerre des pantoufles

« — Qu’est-ce que je vois ? Tu as les pieds nus ? Va vite mettre tes pantoufles !
Et pourtant… On est si bien, les orteils à l’air, vautré sur un canapé ! […] Mais curieusement, Maman n’est pas du tout de cet avis. » Et un beau soir, Maxence décide de se débarrasser de ses pantoufles, « pour de bon ». S’en suivra une série de gags et de catastrophes, car à rusé, rusé et demi… Que fera Maxence le soir de Noël, quand il n’aura plus de pantoufle à mettre devant la cheminée ? Un court roman parfait pour ne pas oublier les fondamentaux pendant les vacances : savoir lire, et s’amuser !

Dès 6 ans, fin de CP

Béatrice Egémar, La Guerre des pantoufles, illustrations de Julien Plat, Editions Ex Aequo, coll. « Saute-Mouton », 2018, 32 p., 5 €

George Orwell, 1984

« Derrière Winston, la voix du télécran continuait à débiter des renseignements sur la fonte et le dépassement des prévisions pour le neuvième plan triennal. Le télécran recevait et transmettait simultanément. Il captait tous les sons émis par Winston au-dessus d’un chuchotement très bas. De plus, tant que Winston restait dans le champ de vision de la plaque de métal, il pouvait être vu autant qu’entendu. Naturellement, il n’y avait pas moyen de savoir si, à un moment donné, on était surveillé. Combien de fois, et suivant quel plan, la Police de la Pensée se branchait-elle sur une ligne individuelle quelconque, personne ne pouvait le savoir. » Police de la Pensée, ministère de la Vérité, ministère de l’Amour, « contrôle de la Réalité »… en 1984, « Big Brother vous regarde ».
Aujourd’hui, la Police de la Pensée et la novlangue sont-elles encore de la science-fiction ? Vient de paraître, chez Gallimard, une nouvelle traduction, qui a subi une réécriture très dégradée et… orwellienne : la « novlangue » devient le « néoparler » et la « police de la pensée », la « Mentopolice ». Il est grand temps de se procurer la traduction de 1950, qui, si elle a quelques défauts, a fait passer dans le langage commun quelques termes critiques bien utiles face à notre société de surveillance médiatique.

Adolescents

George Orwell, 1984 — Traduit de l’anglais par Amélie Audiberti (1950). Éditions de poche, dont Folio, 1972, 438 p., 8,90 €, toujours disponible.

Roselyne Lesueur, Les métiers d’antan des villages de France

Le boulanger, chacun le connaît ; le meunier, par la chanson ; le potier, il se rencontre encore à son tour dans certains villages… mais le rempailleur, la fileuse ou le rémouleur ? Parfois, des artisans, des comédiens ou des musées font revivre ces vieux métiers et ces traditions populaires, pour la grande joie des familles. Ce cahier de jeux propose 10 jeux d’observation et de mémoire pour découvrir ces beaux métiers : Coloriages, points à relier, 7 différences, anomalies, labyrinthe…

Dès 4 ans

Roselyne Lesueur, Les métiers d’antan des villages de France — mon cahier de jeux, Editions Saint-Jude, 32 p., 4 €

Fabienne Blanchut, Dune et Flam, La Belle Etoile

Dun et Flam, les renardeaux jumeaux, ont décidé d’aller « dormir à la belle étoile près de leur cabane avec leurs amis. Leur chariot déborde d’affaires pour la nuit. » En effet, quel chargement ! Tire et pousse, pousse et tire ! Après un pique-nique en compagnie de leurs amis, le grand défi est lancé : passeront-ils vraiment toute la nuit dehors. ? Pas sûr, car des bruits étranges, voire inquiétants, remettent leur plan en question…

Dès 3 ans

Fabienne Blanchut, Dune et Flam, La Belle Etoile, illustrations de Camille Dubois, Les Deux Coqs d’or, 2018, 24 p., 5,90 € — Imprimé en Roumanie. La collection comporte d’autres titres.

Sabine de la Moissonière, Eduquer par le cinéma

« Le Discours d’un Roi », « Les Chariots de feu », « Fahrenheit 451 » : de grands classiques du cinéma, s’il en est, dignes de la filmothèque de tout « honnête homme » d’aujourd’hui. Mais vous souvenez-vous de « Ciel d’Octobre », du « Club des Empereurs », de « Looking for Eric » ou de « Miracle en Alabama » ? Si vous souhaitez présenter ces films dans votre ciné-club ou les regarder en famille, cette « filmothèque idéale » vous sera d’un précieux secours.
Sabine de la Moissonnière, professeur de lettres et formatrice en analyse filmique, a repéré plus de 300 films parus des années 1920 à aujourd’hui, qui proposent un échantillon représentatif de tous les genres cinématographiques (animation, aventure, comédie, drame, historique, western, film d’auteur…), et les a classés par grands thèmes : enfance et adolescence, relation au père, devenir soi-même, amour et couple, justice, communauté et histoire, humour.
Plus qu’un simple catalogue, c’est un véritable manuel, qui offre au lecteur une méthodologie d’éducation au cinéma et par le cinéma et des analyses détaillées de films. Il permettra d’apporter aux collégiens et aux lycéens une culture cinématographique, des outils critiques et des pistes de réflexion. L’ouvrage propose en outre un regard chrétien sur les films étudiés, faisant de ce livre un ouvrage de référence pour les animateurs d’aumôneries.
Pour les familles, cette filmothèque permettra de choisir de bons films classiques, parfois oubliés, à destination des 10–15 ans et de passer de bons moments devant un écran ! Il n’est pas interdit aux parents de frimer un peu en évoquant la construction du film ou la symbolique de la bande-son.

Adultes, parents, animateurs de ciné-clubs, enseignants

Sabine de la Moissonnière, Eduquer par le cinéma, préface de Xavier Darcos, Le Centurion, 2018, 292 p., 19,90 €