Dernières mises en ligne

Oona Seguin, Badger le trappeur

Badger, le trappeur, vit au fin fond du Montana. Mais il « n’est pas un trappeur comme les autres, les animaux sont ses amis. Et quand ils sont en difficulté, Badger est là pour les aider. » Elan, ours, castors, aigle, lynx… ils ont tous eu besoin de lui au long de la journée. A chaque fois, Badger invente une solution assez originale pour les tirer d’embarras. Alors, le soir venu, quand Badger « glisse maladroitement sur sa chaussette » (éclat de rire assuré !) et se retrouve plâtré (oh, le pauvre !), ses amis animaux viennent gaiement lui rendre service. Un conte randonnée plein d’imprévus et de gags, et une belle leçon de vie.

Dès 4 ans

Oona Seguin, Badger le trappeur, Editions l’Agrume, 2021, 36 p., 14,50 € — Imprimé en Italie

Gottfried Keller, L’habit fait l’homme

Sur la route, « par une triste journée de novembre », un pauvre compagnon tailleur se demande où il pourra dîner. Mais, très élégant, il portait « son habit noir du dimanche, le seul qu’il possédât, et un manteau très ample, tout d’une pièce, doublé et orné de velours, qui lui donnait un air chevaleresque. » Il suffit d’un malentendu, et, à la porte d’une auberge, Wenzel Strapinski, est pris pour un riche comte polonais. Les péripéties les plus loufoques vont s’enchaîner. Astucieux, sachant se concilier les bonnes volontés tout en bernant les sots, notre tailleur va jusqu’à se fiancer avec Nanette, la fille du président de la ville. Jusqu’où le secret de sa fausse identité sera-t-il gardé ?
La traduction française (1873) de cette nouvelle venue de Suisse a été exhumée pour notre plus grand bonheur. Elle fait partie du cycle « Les gens de Seldwyla », signé de Gottfried Keller (1819–1890) poète et homme politique suisse.

Dès 10 ans

Gottfried Keller, L’habit fait l’homme, Les amis de la culture européenne, 2021, 60 p., 8 € — Traduit de l’allemand — Imprimé en Allemagne

Marianne Dubuc, Ours et le murmure du vent

« Ours avait la vie douce. » Une jolie maison, des amis avec qui partager de la tarte aux fraises… Mais ça, « c’était avant. Avant le grand chamboulement ». Parce qu’un matin, le vent lui a chanté une drôle de chanson. Il a fait son baluchon, et en route. Cela dit, « Ours ne sait pas où il va… Il sait seulement qu’il doit y aller ». De grands instants de solitude en chaleureux partages, Ours va son chemin… Sous la forme d’une randonnée et d’un jeu, cet album pose quelques questions plus profondes. Partir de chez soi, aller découvrir le monde, créer de nouveaux liens… parfois c’est un choix, parfois une contrainte. Ici, notre ami Ours suit une feuille d’arbre portée par le vent. Les dessins très, très doux, dégagent une rare bienveillance. Notre Ours croque des bleuets ? Normal, il nous vient du Québec !

Dès 3 ans

Marianne Dubuc, Ours et le murmure du vent, Saltimbanque Editions, 2021, 72 p., 14 € — Imprimé en Italie

Anne Cortey, La très grande aventure

« Le soleil se lève à peine. Marcello le petit pois et Nanni le haricot sont fatigués de leur longue marche et entrent dans la cour d’une ferme pour se reposer.
Mais… « Cocorico ! » Dans cette ferme, il y a un poulailler ! Et les volailles adorent les légumes verts (surtout les petits pois et les haricots) ! » Nos deux compères de se trouver croqués séance tenante… Fin de l’histoire ? Bien sûr que non ! Ce n’est que le début d’un road movie assez original. Car, à peine sortis du ventre du coq (non, non, pas de celui de la baleine de Pinocchio !), Marcello (le petit pois) et Nanni (le haricot), en parfaits Italiens, vont enfourcher une Vespa et continuer leur voyage… Cet album frais, coloré, fourmillant de détails et de bonne humeur, est un grand bol d’air qui nous montre que l’endroit où l’on va est aussi important que les personnes qui nous accompagnent.

Dès 3 ans

Anne Cortey, La très grande aventure, illustrations d’Olivier Latyk, Grasset Jeunesse, 2021, 32 p., 14,50 €

Lucie de la Héronnière, Mon cahier Montagne

Inès, Simon et leur chien Névé passent leurs vacances à la montagne. Ils se font donc très naturellement le fil conducteur de ce cahier d’activités qui regroupe 60 jeux. Des jeux ? oui, mais qui demandent de bien lire les textes et de réfléchir avant de prendre son crayon. Géologie, nivologie, biologie, études des écosystèmes… Ces domaines qui semblent complexes s’éclairent au fil des pages : de labyrinthes en rébus, de mots croisés en charades et en recettes, le vocabulaire s’enrichit sans peine. Les textes sont clairs et les illustrations de la Savoyarde Elodie Balandras, précises et colorées.Idéal pour compléter ou remplacer un cahier de vacances standard.

Dès 8 ans

Lucie de la Héronnière, Mon cahier Montagne, illustrations d’Elodie Balandras, Glénat Jeunesse, 2021, 52 p., 10 € — Imprimé en  Pologne.

Alain Damasio, Scarlett et Novak

« — Novak, tu viens de battre ton record de fractionné. Veux-tu tweeter la nouvelle à tes amis ? le prévient son appareil.
— Derrière, ils sont à combien ?
Tes concurrents sont à 160 mètres derrière toi. Souhaites-tu définir une ligne d’arrivée virtuelle ? Je te propose le Pont Vinci.
— C’est pas… des concurrents… Scarlett.
Il est 23 h 50. Il est seul. Et il a deux hommes en chasse derrière lui. »
Boris Bershov et Davor Suker. Nationalité inconnue. Leur projet ? Se saisir du brightphone de Novak. Quand ils y parviennent, après un tabassage en règle, Scarlett, l’Intelligence Artificielle qui « anime » son smartphone, ne répond plus qu’à son nouveau propriétaire. Novak sera-t-il définitivement hors-jeu ? Ce très court roman d’Alain Damasio – une nouvelle plutôt – se lit d’une traite et éclaire d’un jour très cru les réalités de demain… presque celles d’aujourd’hui pour ceux qui ne savent déjà plus trouver leur chemin en ville ou écouter chanter les oiseaux. « T’as 50 fenêtres ouvertes mais ton cœur se referme / une vie passée à caresser une vitre / gavé d’images qui ne te prendront jamais dans leurs bras » : en fin d’ouvrage, une postface sous forme de slam met de nouveau en garde contre cette addiction que peut être le smartphone. Quelques termes argotiques ne choqueront pas les adolescents, qui en entendent de bien pires…

Adolescents

Alain Damasio, Scarlett et Novak, Rageot, 2021, 64 p., 4,90 € — Imprimé en Espagne

Géraldine Elschner, Le coq de Notre-Dame

« Ce soir-là, à peine visible dans un recoin du toit, une fine colonne de fumée blanche retint mon attention. Or qui dit fumée dit danger, chaque girouette le sait ! » Et quand cette girouette n’est autre que le coq qui coiffait Notre-Dame de Paris, l’histoire qu’elle raconte a fait le tour du monde, en ce 15 avril 2019. Cette « pauvre carcasse meurtrie » tombée du toit, miraculeusement retrouvée, contenait de précieuses reliques. Restaurée, elle reprendra sa place lorsque le chantier de restauration sera terminé. Dans ce superbe album, c’est le coq lui-même qui raconte – et Géraldine Elschner a su trouver le ton juste pour qu’un peu d’humour fasse sourire entre les larmes et l’inquiétude. Dessins et photos permettent de pénétrer au cœur de ce patrimoine extraordinaire : ciel de feu, chimères et dentelle de pierre, forêt sombre et habitée de la charpente, vue plongeante des toits de la cathédrale sur ceux de la capitale…

Dès 6 ans

Géraldine Elschner, Le coq de Notre-Dame, illustrations de Rémi Saillard, Eds Elan Vert, 2021, 36 p.,  15,90 €. Imprimé en Chine.

Viviane Koenig, Anubis et les pilleurs de tombe

« Au voleur ! Au voleur ! hurle Mérêt, une grand-mère toujours prête à raconter de jolies histoires aux enfants.
— Pendant que j’écoutais l’envoyé du Palais, dit-elle, on m’a dérobé le bracelet qui venait de ma mère. Je l’avais laissé à la maison et il a disparu ! »Il faut dire que l’envoyé du Palais avait une nouvelle tout à fait extraordinaire à annoncer au village : la mort du pharaon Toutankhamon ! Une nouvelle qui bouleverse la vie animée de Set-Maât ! Pour les jumeaux Satis et Néfer, dix ans, une nouvelle aventure commence… D’autant plus qu’un chacal noir rôde aux alentours. Un chacal, ou le dieu Anubis, protecteur des tombes et des cimetières ? Brr… Voilà un roman qui va faire frémir les jeunes égyptologues : auront-ils le courage de suivre Satis et Néfer au fin fond des tombes royales ? Viviane Koenig signe ici une enquête policière qui invite à voyager dans l’histoire. En supplément, jeux et quiz.

Dès 8 ans

Viviane Koenig, Anubis et les pilleurs de tombe, coll. « Les petits détectives de l’Antiquité », Plein Vent, 2021, 120 p., 8,50 € — Imprimé en France

Rhiannon Findla, A l’attaque du virus !

« Voici un virus. C’est un microbe. Il peut nous rendre malade. » ET en plus, il n’est pas bien beau, tout vert, avec ses antennes et ses grandes dents… Quand il entre « discrètement dans une cellule du corps », alors, branle-bas de combat ! Car « la cellule repère l’ennemi. » Protéines, enzymes, anticorps… tout le monde sur le pont ! « Adieu virus ! » Quand l’organisme fait bien son travail, « la cellule est de nouveau en bonne santé ». Les mécanismes de « fenêtres vénitiennes » animent les images, pour la grande joie des petits yeux qui verront le virus très fâché !
Cette introduction simple et ludique au système immunitaire montre bien qu’un virus, finalement, ce n’est pas toujours bien grave !

Tout-petits, jusqu’à 4 ans

Rhiannon Findla, A l’attaque du virus !, illustrations de Susanna Rumiz, Kimane, 2021, 14 pages cartonnées, 12,95 € — Traduit et adapté de l’anglais. Imprimé en Chine.

Sophie Bénastre, Les sept citadelles

Sept petites princesses aux cheveux de feu, sitôt nées, sitôt orphelines de leur maman et élevées par un charmant papa. Mais voici qu’une « intrigante » conquière le cœur du roi veuf. Et, comme dans tous les contes, cela signifie de terribles manigances afin d’éloigner les fillettes. Lesquelles, unies comme jamais, lancent une cruelle malédiction sur le palais… Seule Modchane a laissé une chance à son père, mais en cachette de ses six sœurs. C’est d’elle que viendra le pardon, au bout de sept fois sept ans. Des années de conte de fées, ça ne compte pas tout à fait pareil, rassurez-vous, et seule la méchante reine a vieilli. Assez pour savoir ouvrir son cœur à l’amour des enfants : le palais deviendra un havre de paix pour les orphelins qui viendront s’y abriter. Le grand format de cet album permet de magnifier les superbes illustrations de Sophie Lebot : minois de porcelaine, paysages oniriques, pastels des fleurs géantes, textiles colorés et soyeux, aux reflets de moire et de brocart, tout incite au rêve.

Dès 7 ans

Sophie Bénastre, Les sept citadelles, illustrations de Sophie Lebot, Saltimbanque éditions, 2021, 40 p., 16,90 € — Imprimé en Italie.

Wendy Meddour, Hugo, un banal gecko ?

« “Tu me vois, là ? Et là ? Et là ? Je me camoufle si merveilleusement bien que je mériterais une médaille !” Quelque chose volette autour d’Hugo et disparaît. Mais Hugo ne sent rien. “On devrait me surnommer Hugo, le roi du camouflage de la jungle. Ou même… le roi du monde ! ” Quelque chose remue ses antennes, mais Hugo ne voit rien. » Pour tout vous dire, Hugo le gecko est un tantinet prétentieux et ne s’intéresse qu’à lui, au grand dam des autres animaux de la jungle. Mais être banal, c’est trop difficile. Car, pense Hugo, être banal, c’est risquer de n’être aimé de personne. Coralie, la jolie gecko violette, saura-t-elle lui prouver le contraire ? Cet album raconte donc deux histoires en une : une histoire naturelle autour du camouflage, et une histoire qui met en jeu les affections et les relations sociales : que faut-il faire pour être aimé ? Carmen Saldaña a illustré cet album avec beaucoup d’humour – une troisième lecture permet aussi un « cherche et trouve » réjouissant et très coloré.

Dès 3 ans

Wendy Meddour, Hugo, un banal gecko ?, illustrations de Carmen Saldaña, Kimane, 2021, 32 p., 13,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Brigitte Kernel, Le monde selon Albert Einstein

« J’aimerais bien comprendre pourquoi.
oui, je sais, je ne cesse de prononcer ces deux syllabes : pour-quoi.
Je voudrais bien comprendre… pourquoi… je ne cesse de vouloir savoir pourquoi.
C’est comme une obsession, tous ces points d’interrogation dans ma tête.
Et une obsession, on le sait bien, ça colle au cerveau comme des fils de caramel chaud. »
Ce garçonnet avide de savoir est décidément un enfant « pas comme les autres » : s’il a parlé fort tard, s’il est colérique et maladroit, il est aussi très, très doué en calcul et en géométrie. Brigitte Kernel a choisi de donner la parole au jeune Albert Einstein (1879–1955) qui nous met dans la confidence et nous fait partager ses joies et ses craintes. Joie de jongler avec les chiffres, de se voir offrir une boussole ou d’adopter un chien. Craintes de décevoir ses parents, de se faire rabrouer par des maîtres trop stricts (et parfois bornés !)…
Brigitte Kernel use de termes tels dyslexie ou autisme, qui parleront au jeune lecteur d’aujourd’hui même s’ils n’étaient pas couramment utilisés du temps d’Einstein. De même, elle évoque très rapidement la carrière du savant et ne mentionne donc pas le contexte dans lequel il a élaboré ses théories, qui ont emprunté notamment au mathématicien français Henri Poincaré. Cela dit, le roman se lit avec plaisir : entrer dans l’intimité d’une telle personnalité est une chance qui ne se refuse pas.

Dès 12 ans

Brigitte Kernel, Le monde selon Albert Einstein, Flammarion Jeunesse, 2021, 248 p., 10,90 €. Imprimé en Espagne.