Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Dernières mises en ligne

Emilie Vast, Moi, j’ai peur du loup

Deux lapins discutent dans la nuit.
« Je peux te dire un secret ? Moi, j’ai peur du Loup.
– Ah oui ! Pourquoi ?
– Parce qu’il a de grandes dents !
– Mais non, c’est le… morse qui a de grandes dents ! »
Au fil des pages, l’un des lapins – oreilles baissées, yeux effarouchés — égrène les éléments qui font du loup un animal effrayant. Son compagnon – oreilles dressées et stature rassurante — attribue ces terribles yeux, dents, oreilles, queue… à un animal différent et surtout inoffensif – foi de lapin. Quand apparaît le dessin de l’animal imaginé, le collage est si drôle que la peur s’envole et laisse la place au rire. Faut‐il avoir encore peur du loup ?
Cette fable aidera les petits non seulement à surmonter leurs peurs, mais aussi à passer outre les atermoiements et autres autocensures souvent inconscientes. Les illustrations stylisées, douces et poétiques d’Emilie Vast — lignes pures, couleurs en aplat et contrastes — sont toujours aussi subtiles, comme le montre cet extrait.

Dès 3 ans

Emilie Vast, Moi, j’ai peur du loup, MeMo, 2018, 52 p., 13 €

Marc Pouyet, Land Art d’hiver

Ephémères, la glace, la neige et l’eau ? En hiver, le froid se fait notre complice pour créer des œuvres avec ce que la nature nous offre : feuilles mortes et baies rouges prises sous un voile de glace, tiges de fougères, galets, écume de mer… Dans la forêt, mousses, écorces, feuilles, pommes sauvages permettent de créer de véritables tableaux sur fond de neige. Au potager comme en ville, fruits et légumes sont aussi les meilleurs alliés de l’imagination et… de la géométrie – car l’une des grandes constantes du Land Art réside dans la mise en ordre esthétique d’objets et de formes sauvages. Marc Pouyet livre ici conseils et astuces pour se lancer dans ces jeux graphiques. Avant de laisser le vent effacer ces créations toutes de fantaisie et de légèreté, n’oubliez pas de les prendre en photos. Celles de Marc Pouyet invitent vraiment à de belles promenades !

Dès 4 ans et pour toute la famille

Marc Pouyet, Land Art d’hiver, Editions Plume de Carotte, 2014, 144 p., 16,50 € — Imprimé en France.

Isabelle Simler, Noms d’oiseaux !

« Calao à casque plat ! Piprite chaperonné ! Pione givrée ! », en voilà des injures inconnues du capitaine Haddock. Et pour cause, ce sont des noms d’oiseaux ! Quant à « Mon serin d’Abyssinie !, Ma frégate superbe !, Ma Pénélope siffleuse ! », ce ne sont pas des mots doux sortis de l’imagination d’un amoureux, ce sont aussi des… noms d’oiseaux. « Faire le portrait d’un oiseau » : Isabelle Simler a pris Prévert au mot, elle a ouvert et la cage et les yeux pour nous régaler de dessins naturalistes d’une rare poésie. Et parce que les oiseaux aiment avoir la tête en bas, le livre a deux entrées, une sur chaque couverture.

Dès 6 ans et pour tous les amoureux des oiseaux

Isabelle Simler, Noms d’oiseaux !, Editions Courtes et Longues, 2018, 142 p., 23 €

E. T. A. Hoffmann, Casse‐Noisette

« Il faut que tu penses de toutes tes forces à ton dernier Noël, tout entouré d’une multitude de cadeaux. Alors peut‐être seulement seras‐tu capable de te représenter la scène : les enfants, debout en silence, les yeux brillants d’excitation, et Marie qui, au bout d’un moment, pousse un soupir et s’exclame :
— Oh ! que c’est beau ! Oh ! que c’est beau ! »
Splendides cadeaux, immense arbre de Noël décoré de sucreries et de bougies, pas de doute, Marie et Fritz sont nés avec une cuiller d’argent en bouche. Mais ne boudons pas notre plaisir et émerveillons‐nous avec eux. Parmi les cadeaux, un de ces pantins de bois à la mâchoire casse‐noisette. Et quand, à minuit, les jouets s’animent et qu’arrivent les armées du Roi des Rats, le conte nous entraîne dans une nouvelle féerie. Roberto Innocenti n’a pas son pareil pour rendre l’atmosphère des contes ; cela fourmille de détails, les angles de vue sont parfois spectaculaires, avec un mélange de réalisme et d’imaginaire, d’humour et de tendresse qui font la magie de Noël.

Dès 10 ans

E. T. A. Hoffmann, Casse‐Noisette, illustrations de Roberto Innocenti, Gallimard Jeunesse, 2018, 144 p., 30 €. Traduit de l’allemand depuis l’anglais semble‐t‐il. Première édition en 1985. Imprimé en Italie.

Mathilde Brosset, Le bout de la ligne

Aujourd’hui « p’tit mousse » va à la pêche, tout fier de porter le seau d’asticots. « On pêche quoi aujourd’hui ? Une daurade, un turbot ? » lui demande son papa (ou l’oncle Alfred, ou le cousin Benjamin). Pêcher un turbot pour le servir au dîner, cela n’emballe guère notre bonhomme. D’autant plus qu’on a le temps de rêver, assis au bout de la jetée. Alors ? Une baleine ? Deux dragons ? Trois pieuvres ? Quatre sirènes ? Oh, ça mord ! Mais quoi ? « Un bout de pneu, peut‐être ? » La force de l’imagination aidant, que deviendra‐t‐il, ce bout de caoutchouc ? Un album cartonné qui raconte une « vraie » histoire, qui apprend à compter et qui se termine par la victoire de l’imagination – à offrir à tous les pêcheurs à venir !

Dès 2 ans

Mathilde Brosset, Le bout de la ligne, L’Atelier du poisson soluble, 2018, 32 p. cartonnées, 15 €

Les contes d’Andersen illustrés par les plus grands artistes

Et quels artistes ! Le célèbre conte de la « Reine des neiges », par exemple, est ici illustré par Renoir, Goya, Rembrandt, Hoppner et bien d’autres. « La Bergère et le Ramoneur », par Helen Stratton, Alfred Bayes et, plus proche de nous, Français, par Gustave Caillebotte. En effet, les grands moments de chaque conte sont éclairés soit par les peintures ou les dessins de grands artistes soit par des illustrateurs moins connus aujourd’hui, mais de grand talent. Douze contes, douze chefs-d’œuvre intemporels, des correspondances inédites avec notre patrimoine artistique. Pour la veillée de Noël, pourquoi ne pas relire « La Petite Fille aux allumettes » ?

Dès 5 ans et pour toute la famille

Les contes d’Andersen illustrés par les plus grands artistes, Circonflexe, 2018, 192 p., 39 € — Imprimé en Slovénie

Je décore mes fenêtres pour Noël

Village illuminé, traîneau du Père Noël, étoiles, maisons de pain d’épice… cet album propose les motifs traditionnels de Noël, à colorier sur du papier calque.
Sur la page de gauche, l’image est en couleurs, sur la page de droite, les contours de la même image sont imprimés sur une feuille de papier‐calque à colorier en s’inspirant de la page de gauche ou au gré de son imagination. Au crayon de couleur pour un effet plus doux ; au feutre pour un effet plus marqué. Chaque image devient un vitrail grâce aux pages de papier‐calque détachables. Une bonne idée pour décorer les fenêtres de la maison, d’autant plus festive qu’on s’y mettra à plusieurs.

Dès 5 ans

Je décore mes fenêtres pour Noël, Usborne, 30 p. + 28 p. de papier calque, 7,95 €

Loïc Le Borgne, Les Loups – La Promesse du roi

Parcourir la forêt de Brocéliande, camper sous ses grands arbres, visiter ses sites emblématiques, quoi de mieux pour des scouts ? Mais quand la patrouille des Loups apprend que l’épée du roi Arthur, la célèbre Excalibur, existe bel et bien, l’aventure du « grand jeu » devient une quête parsemée d’embûches… Il s’agira tout bonnement de la retrouver, cette épée, avant que la Guilde du chevalier noir ne mette la main dessus. Edouard, son ami Ange et Titouan font la connaissance d’Yvain, jeune garçon employé au château où résident les guides, Clémence et ses compagnes. Ami ? Ennemi ? De roman d’aventure, La Promesse du roi tourne vite au roman fantastique : car Brocéliande est un monde magique, avec ses étangs, ses pierres levées, ses cavernes… Après « Le Secret des murmureurs », Loïc Le Borgne signe un nouvel épisode des aventures de la patrouille des Loups : sera‐t‐elle à la hauteur du noble idéal qui animait les chevaliers de la Table Ronde ? Et cet idéal, aujourd’hui, comment le vivre au quotidien ?

Dès 12 ans

Loïc Le Borgne, Les Loups – La Promesse du roi, Mame, 2018, 224 p., 14,90 €

Marion Kadi et Abram Kaplan, Newton et la confrérie des astronomes

Ce beau matin de 1682, Isaac Newton s’émerveille : son voisin a sept chats ! « Un chat rouge, un chat orange, un autre jaune, un vert, un bleu, un indigo et un violet. » Ou bien, n’en a‐t‐il qu’un, couleur de chat ? Car notre savant a chaussé de curieuses lunettes, faites de « prismes en verre à cinq faces », lesquels décomposent la lumière blanche. Passionné d’optique, Newton a aussi construit une longue‐vue, dont la perte va déclencher une série d’aventures et de rencontres plus loufoques les unes que les autres : on y croisera quelques pingouins mais surtout la « confrérie des astronomes », à laquelle appartiennent Ptolémée (curieusement féminisé), Copernic, Galilée, Kepler, Descartes, Leibnitz et Halley. Le temps d’un voyage spatial, à la découverte des grandes théories de la science moderne.

Dès 10 ans

Marion Kadi et Abram Kaplan, Newton et la confrérie des astronomes, illustrations de Tatiana Boyko, Les Petits Platons, 2018, 64 p., 14 € — Imprimé en Europe

Les Petits Platons, c’est aussi une librairie qui organise des ateliers philo pour les enfants et les adolescents.

Jean‐Louis Etienne et Florence Thinard, L’enfant qui marche

« Dans la douceur de cette enfance, un désir profond bat des ailes comme un oiseau en cage : Jean‐Louis voudrait partir. Quitter son village, sa famille, ses amis. Partir ailleurs. Si possible vers un pays lointain et bien pourvu en montagnes. Dans sa chambre, il a accroché au mur une carte du massif du Mont‐Blanc. Il apprend par cœur les noms des sommets et ceux des glaciers, l’emplacement des refuges. » Et il en fera, des kilomètres, Jean‐Louis Etienne ! De Vielmur‐sur‐Agout, dans le Tarn, au pôle Nord, de Toulouse à Chamonix, de l’Everest au pôle Sud, le minot est devenu ajusteur, puis médecin et explorateur ; aujourd’hui, « Papy » se fait le défenseur des si fragiles richesses de notre belle Terre. Et on a peine à croire qu’il a passé 70 ans, ce héros de nos jeunes années, toujours aussi fringant et déterminé. Marc N’Guessan, venu de la bande dessinée, a usé de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel pour conduire le jeune lecteur tout autour du monde. Parce que « l’Aventure, c’est inventer sa vie. Que l’Aventure, c’est s’ouvrir au monde, prendre des risques, assumer ses responsabilités. Et qu’il y a un secret pour être heureux : il faut s’accrocher pour faire ce qu’on aime. Tout ce qu’on aime. Et, même si le chemin est difficile, aller au bout de ses rêves, » conclut Jean‐Louis Etienne.

Dès 10 ans

Jean‐Louis Etienne et Florence Thinard, L’enfant qui marche, illustrations de Marc N’Guessan, Plume de Carotte, 2018, 115 p., 18 €  — Imprimé en France

Anne‐Marie Pol, Le Baladin de la Reine

21 janvier 1793. « Jusqu’au bout, irai ! » se répète Sébastien, 17 ans et aussi roux que l’écureuil, l’esquirol dont il tire son surnom. « Jusqu’au bout, irai ! » C’est la devise de sa famille, les Rocadour. Et jusqu’au bout, Sébastien ira. Autrement dit, jusqu’au but ! Le sien ? Délivrer le Roi des bourreaux qui, aujourd’hui, le conduisent à la guillotine. Ceux‐ci ignorent que deux mille conjurés ont décidé de lui sauver la vie – parmi eux, il y a le jeune Rocadour… » Las, le premier complot est un échec, comme le sera le second, qui aurait permis à la Reine d’échapper, elle aussi, à ses bourreaux… Ce roman historique fait revivre avec finesse les terribles mois de 1793, et brosse une vie parisienne des plus agitées. D’autant plus agitée pour notre Sébastien, qu’il rencontre Saphire, une bien jolie saltimbanque, qui a plus d’un tour dans sa poche.

Dès 10 ans

Anne‐Marie Pol, Le Baladin de la Reine, Le destin de l’Esquirol, tome 1, Mame, 2018, 254 p., 14,90 € — Imprimé en Italie.

Dashka Slater, Le Fabuleux Voyage du bateau‐cerf

« Pourquoi est‐ce que certaines chansons nous rendent tristes ? Où va le soleil lorsqu’il disparaît dans l’océan ? Comment naît une amitié ? » Que de questions difficiles pour Marco le Renard ! D’autant plus que la seule réponse des autres renards tient en une phrase : « Y a‐t‐il un rapport avec la blanquette de poulet ? » Une phrase qui risque de devenir un refrain … Alors, pour y échapper, une seule solution : embarquer sur le bateau‐cerf. Un bateau magique, qui tient de la goélette et du snakkar, dont on se demande si l’équipage est sorti de l’arche de Noé – mais une arche sans Noé ni sa tribu – ou d’un bateau corsaire. Un bateau magique, donc, et un voyage onirique, conté avec fantaisie par Dashka Slater et guidé par le pinceau des Fan Brothers, Eric et Terry Fan. Le Fabuleux Voyage du bateau‐cerf, c’est aussi un conte philosophique, à la recherche de l’essentiel.

Dès 5 ans

Dashka Slater, Le Fabuleux Voyage du bateau‐cerf, illustrations de The Fan Brothers, Little Urban, coll. « Fabuleux voyage », 2018, 13,50 € — traduit de l’anglais par Véronique Mercier‐Gallay. Imprimé en Chine.