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Aurora Cacciapuoti, La petite fille qui avait peur de tout

De gros nuages noirs stagnent en permanence au-dessus d’Amélie. Tout moches, tout gribouillés… Jouer à la balançoire, faire un tour au parc, adopter un chien… Non merci, car « on ne sait jamais ce qui peut arriver ! » Sur son canapé favori, s’assied un jour « un petit machin gris et qui semblait tout triste ». Triste, parce qu’Amélie l’empêche de réaliser ses rêves… Cette créature saura, page après page, redonner de l’assurance et de la joie de vivre à la fillette. Courage, courage, petite Amélie !
Cet album aurait pu s’appeler « la petite fille à qui on a fait peur de tout », notamment par une surexposition à l’actualité, mais il pose tout de même de bonnes questions. Combien d’adultes brisent-ils les rêves des enfants en leur transmettant leurs inquiétudes – ou celles qui sont véhiculées par les médias ? Quand un enfant développe angoisses ou phobies, un album comme celui-ci sera bienvenu, mais pas suffisant tout de même… Comment faire pour redonner confiance aux enfants ? Inviter cette drôle de créature à aller jouer au square, quelle bonne idée ! Et ça marche mieux que de grignoter des cookies à la cuisine !

Dès 3 ans

Aurora Cacciapuoti, La petite fille qui avait peur de tout, Grasset Jeunesse, 2022, 40 p., 15 € — Traduit de l’anglais par Christian Demilly. Imprimé en Espagne

Pascale Bouchié, L’incroyable destin de Charles Darwin et la théorie de l’évolution

« — Dis, Charles, tu me montres encore ta collection de cailloux ?
Le garçon soupire.
— Pas des cailloux, Catty, des fossiles !
il saute du lit, allume une bougie et entraîne sa petite sœur devant un grand tiroir en bois.
— Ces pierres contiennent des restes d’animaux ou de plantes qui ont vécu il y a très longtemps. Je me demande quel âge elles ont. »
Après une adolescence où sa vocation de naturaliste se dessine envers et contre tout, le jeune Charles Darwin obtient enfin la permission d’embarquer, en décembre 1831, sur le Beagle : son tour du monde va révolutionner les sciences naturelles !
Ce roman historique accessible dès 7 ans est complété par des pages documentaires qui replacent cette aventure intellectuelle dans un XIXe siècle en plein ébullition. Il faudra sans doute aider les jeunes lecteurs à lire les mots anglais – une bonne initiation aussi.

Dès 7 ans

Pascale Bouchié, L’incroyable destin de Charles Darwin et la théorie de l’évolution, illustrations de Simon Bailly, Bayard Jeunesse, coll. « Les romans doc », 2018, 48 p., 6,50 € — Imprimé en France

Anne Jankeliowitch, Royaumes minuscules

« Chez les insectes qui vivent en colonies, certains sont simplement grégaires, comme les blattes. Mais les insectes eusociaux, comme les fourmis, les termites et certaines espèces de guêpes et d’abeilles, vivent en colonies très nombreuses, extrêmement organisées, et si complexes qu’elles gardent encore une grande partie de mystère. » Ce sont ces « mystères » que le lecteur est invité à admirer et à étudier avant que de savoir les élucider, peut-être, un jour. Le trait subtil et précis d’Isabelle Simler se prête parfaitement à l’exploration fascinante de ces « royaumes minuscules », dont certains se cachent au fond du jardin ou au détour de la forêt. En bonus, des volets et des éléments dépliants.

Dès 8 ans

Anne Jankeliowitch, Royaumes minuscules, illustrations d’Isabelle Simler, La Martinière Jeunesse, 2021, 64 p., 21,90 € — Imprimé en Chine

Timothée Le Véel, Le renard blanc

Un petit renard quitte la steppe, curieux d’explorer le monde. La neige venue, au fin fond de la forêt, il croise un ours sur le chemin de sa tanière, tout étonné de rencontrer un renard au pelage blanc. De roux, il est devenu blanc ? Où donc est passée sa couleur ? Voilà notre renard tout désemparé ! Les animaux de la forêt auront chacun une réponse à lui apporter. Ce conte randonnée est illustré par des aquarelles très fines et pleines de surprises et de vire-voltes de Timothée Le Véel, un petit prince dont le dessin a su apprivoiser ce beau renard blanc.

Dès 4 ans

Timothée Le Véel, Le renard blanc, École des Loisirs, 2020, broché, 5 € — 2018, cartonné, 14 €

Isabelle Stock, Hermine part en camp

« – Koala… On y va !
– Mouette unie dans la… tempête !
– Toujours un oeil de… Lynx !
– Guides toujours… appela la cheftaine.
– Prêtes ! répondirent toutes les guides d’une voix claire.
Hermine observa la scène bouche bée. Tout s’était passé très vite et les filles étaient maintenant immobiles, détaillant la nouvelle venue.
– Je vous présente Hermine, déclara Sophie dans un grand silence. Je vous avais annoncé son arrivée dans notre compagnie, elle va découvrir le scoutisme avec nous toutes. Je compte sur vous pour bien l’accueillir et l’entourer pour son premier camp. »
Suivons donc Hermine pendant ces deux semaines riches en découvertes et en aventures ! Isabelle Stock présente avec talent la réalité d’un camp scout et, grâce au thème du Grand Jeu, retrace la création du scoutisme par Baden-Powell. Pas d’aventures « magiques », pas d’énigmes abracadabrantes, juste les petits soucis – entorse, lessive croquée par les vaches, pluies diluviennes, agaceries entre filles – que connaissent tous les scouts et qui sont narrés ici avec un humour bienveillant. La présence religieuse est très discrète mais conclut en beauté le roman, avec la cérémonie de la promesse de deux guides. Si, selon la formule de Baden–Powell « le bonheur ne vient pas à ceux qui l’attendent assis », après avoir lu ce roman, gageons qu’il y aura des inscriptions dans les nombreuses troupes scoutes de France et de Navarre.

Dès 8 ans

Isabelle Stock, Hermine part en camp, illustrations de Juliette Vizzaccaro,Emmanuel Jeunesse, 276 p., 14,90 € — Disponible notamment chez Livres en famille.

Beatrix Potter, Pierre Lapin, ma première petite bibliothèque

Mots, chiffres, couleurs et formes : soit quatre tout petits livres en carton glissés dans leur étui. On y retrouve nos amis lapins, un hérisson, des rouges-gorges, quelques carottes, un arrosoir, une veste bleue et un béret vert… Les petits personnages so british de Beatrix Potter ne se démodent pas ! C’est tout frais et cela ravira les parents autant que les bébés à qui ces quatre mini-livres sont destinés.

Tout-petits

Beatrix Potter, Pierre Lapin, ma première petite bibliothèque, Gallimard Jeunesse, 2011, 8 €

Hermann Lönz, Périllou et Périllette

Ce conte venu d’Allemagne est une variation sur le thème bien connu des Poucets et des Poucettes, ces lutins qui vivent en grande amitié avec les petits animaux des prés et des bois. Le lutin Périllou est parvenu à l’âge de raison, celui où l’on porte barbe, où l’on sait tirer à l’arc et où l’on ne pleure plus quand on quitte sa petite maman. Le voilà donc parti à la recherche d’une épouse « mince à la taille, bleue des yeux et blonde sur la tête ». Laquelle est prisonnière de la Souffleuse, une affreuse sorcière. Que d’aventures en perspective ! Ce conte initiatique est aussi un magnifique support pour les enfants qui jouent avec des coquilles de noix, des brindilles, des fleurs et des plumes – bref, avec les trésors de la nature. Périllou et Périllette, en allemand Lüttjemann et Püttjerinchen, vivent dans un monde imaginé par Blanche Holtz, monde naïf et coloré qui évolue au gré des saisons. Beau papier et couverture cartonnée font de cet album un joli cadeau appelé à durer.

Dès 4 ans

Hermann Lönz, Périllou et Périllette, illustrations de Blanche Holtz, Ed des Mondes et des Livres, 26 p., 15 € — Traduit de l’allemand. Imprimé en Allemagne.

Mirella Tenderini, Ernest Shackleton, le boss

« Hommes requis pour voyage périlleux, bas salaire, froid intense, longs mois de ténèbres, dangers constants, retour incertain. Honneur et célébrité en cas de succès. » Même si cette annonce, contrairement à la légende, n’a jamais été publiée par le Times, elle « est cependant caractéristique de l’atmosphère de l’époque et de la fascination qu’exerçait l’exploration polaire ». Parmi ces explorateurs, Mirella Tenderini dresse ici un portrait de l’homme exceptionnel que fut le britannique Ernest Shackleton (1874 — 1922).
À 16 ans, il s’ennuie sur les bancs de l’école et s’engage dans la marine marchande. Enjoué et cultivé, il prend très vite du grade. Mais déjà cette vie de marin ne lui convient plus. Il faut toujours plus d’aventures à Ernest Shackleton.
C’est avec Robert Falcon Scott qu’il rencontre pour la première fois l’Antarctique. Dès lors, une passion est née : il organisera ses propres expéditions vers le Continent Blanc. Hélas, il ne sera pas le premier au pôle. Il s’en est pourtant approché en 1909, mais a renoncé à moins de 200 kilomètres du but. Ravalant sa déception, il imagine une traversée de l’Antarctique et, en 1914, alors que l’Europe entre en guerre, il quitte Plymouth à bord de l’Endurance. Tout ne se passera pas comme prévu et l’exploration tournera au cauchemar. Mais jamais celui que ses hommes appelaient affectueusement « Le Boss » ne lâchera son équipage. Car c’est bien ce qui fit sa popularité : plus encore que ses succès – relatifs -, c’est bien la manière dont il su choisir ses coéquipiers, leur faire partager des épreuves hors du commun et les ramener à bon port.

Grands adolescents

Mirella Tenderini, Ernest Shackleton, le boss, Paulsen, 2022, 212 p., 22 € — Traduit de l’italien par Gérard Guerrier. Avec une préface de Jean-Louis Etienne.

Timothée Le Véel, Le renard blanc

Un petit renard quitte la steppe, curieux d’explorer le monde. La neige venue, au fin fond de la forêt, il croise un ours sur le chemin de sa tanière, tout étonné de rencontrer un renard au pelage blanc. De roux, il est devenu blanc ? Où donc est passée sa couleur ? Voilà notre renard tout désemparé ! Les animaux de la forêt auront chacun une réponse à lui apporter. Ce conte randonnée est illustré par des aquarelles très fines et pleines de surprises et de vire-voltes de Timothée Le Véel, un petit prince dont le dessin a su apprivoiser ce beau renard blanc.

Dès 4 ans

Timothée Le Véel, Le renard blanc, Ecole des Loisirs, 2020, broché, 5 € — 2018, cartonné, 14 €

Sabine de La Moissonnière, Eduquer par le cinéma – Films récents (t. 2)

Après le succès d’un premier tome centré sur les grands classiques à voir dès 10 ans, Sabine de La Moissonnière récidive avec un second tome, consacré aux films plus récents, des années 1990 à aujourd’hui, pour des spectateurs plus âgés, grands collégiens et lycéens.
De « Arrête-moi si tu peux » au « Sens de la fête », ce ne sont pas moins de 29 films qui sont analysés en profondeur. Il faut y ajouter plus de 120 notices critiques portant sur des films tels que « Grand Budapest Hotel », « Into the Wild » ou « Mustang ». Animation, action, aventure, comédie, drame, fantastique, guerre, historique, policier, western, film d’auteur… tous les grands genres cinématographiques sont représentés, ce qui en fait une filmothèque « idéale », qui assume clairement son regard chrétien.
On trouvera donc en début d’ouvrage, une méthodologie d’éducation au cinéma et par le cinéma, puis une présentation des films par grands thèmes : adolescence et famille, construction personnelle et relation à Dieu, amour et affectivité, société, dépassement de soi, travail et réjouissances…
Analyses détaillées, questionnaires pédagogiques, glossaire des notions cinématographiques et termes d’analyse filmique, sans oublier un index pour trouver ces films en ligne et en DVD, en font un outil très bien conçu à l’usage des éducateurs, des parents et des enseignants. L’ouvrage est préfacé par Mgr Pascal Ide, docteur en philosophie et en théologie, critique de cinéma. Les esquimos, les caramels et les pop-corn ne sont pas fournis.

Adultes, parents, animateurs de ciné-clubs, enseignants

Sabine de La Moissonnière, Eduquer par le cinéma – films récents (t. 2), Le Centurion, 2020, 320 p., 19,90 € — Imprimé en Europe

Claire Saxby, Iceberg

Cela vous dit, un petit voyage en Antarctique ? Voilà justement l’été, aux antipodes. Il n’y a rien à voir ? Détrompez-vous ! Si vous suiviez cet iceberg, qui vient de se détacher et de partir au gré des courants ? « Si ce monde te paraît vide, regarde-le de plus près. Tu verras des empreintes de manchots et des orques sillonnant sous la glace. » Mais aussi des léopards de mer, des pingouins, des phoques, et même, peut-être, des baleines à bosse… Cet album aux illustrations très douces invite au voyage et incite au rêve, tout en appelant à protéger et à respecter la nature.

Dès 6 ans

Claire Saxby, Iceberg, illustrations de Jess Racklyeft, Circonflexe, 2021, 16 €, 32 p. — Traduit de l’anglais. Imprimé en Pologne

Philippe Cenci et Patrick de Gmeline, Notre-Dame, des flammes à la renaissance

Paris, 15 avril 2019, 18 h 18, une alarme retentit dans la cathédrale. Personne n’imagine encore que, quelques heures plus tard, la flèche va s’effondrer. Le monde entier est sous le choc. Après l’incendie, vient le temps de l’enquête, puis celui des premiers travaux de consolidation. A la grande question qui suit, restauration à l’identique ou « geste d’architecture » sera répondu, in extremis, restauration à l’identique, au moins pour l’aspect extérieur, toitures et flèche. Cette bande dessinée conçue par Philippe Cenci et dont le scénario est signé Patrick de Gmeline, historien militaire, revient sur la chronologie des événements, mais rend aussi hommage tant aux pompiers de Paris qu’aux compagnons, tout en traçant les portraits, pas toujours flatteurs, de la classe politique française. L’ouvrage, documentaire, se veut aussi une fenêtre ouverte sur l’espérance de revoir battre, comme avant, le cœur de Paris.

Dès 12 ans

Philippe Cenci et Patrick de Gmeline, Notre-Dame, des flammes à la renaissance, Editions du Triomphe, coll. Le vent de l’histoire, 2021, 40 p., 15,90 €