Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Dernières mises en ligne

Sophie Lamoureux, La Grande Epopée des chevaliers de la Table ronde, tome 1 : Arthur et Merlin

« Une fois dehors, Arthur courut jusqu’à la forêt. Il s’engouffra dans la végétation et disparut. Qu’allait-il donc faire, seul au milieu des bois avant le lever du jour ? Il s’entraînait à devenir un grand chevalier. » Car, « le jour de ses sept ans, Arthur s’était fait une promesse : il accomplirait  de grands faits et gestes. Et même si ses origines étaient modestes, les troubadours célèbreraient son nom et ses exploits ». Promesse tenue !
Après avoir conté l’enfance d’Arthur et les divers prodiges et exploits qui accompagnent son adolescence, Sophie Lamoureux nous fait assister au couronnement du roi et à la rencontre avec Guenièvre. Merlin n’est jamais loin, les fées non plus… L’auteur a compilé les textes les plus célèbres, dont l’anonyme et charmant Chevalier au Papegau.
Ces 50 épisodes se lisent avec facilité, éventuellement à haute voix ; ils sont illustrés pleine page par Olivier Charpentier, qui, tout en reprenant les grands thèmes des enluminures médiévales, les teinte de juste assez d’horreur pour faire frémir à la vue des monstres et des géants.
Au vu des complications matrimoniales et extra‐matrimoniales de ces légendes, il semble délicat d’en conseiller la lecture avant 12 ans.

Dès 12 ans

Sophie Lamoureux, La Grande Epopée des chevaliers de la Table ronde, tome 1 : Arthur et Merlin, illustrations d’Olivier Charpentier, Actes Sud Junior, 2016, 208 p., 16,50 € — Imprimé en France
Du même auteur, La Grande Epopée des chevaliers de la Table ronde, tome 3 : Perceval et Galaad, illustrations d’Anne-Lise Boutin, Actes Sud Junior, 2018, 216 p., 17,50 € — Imprimé en France

Alex Cousseau, Par la forêt, Par le lac

« Par le lac – La glace est épaisse, je pourrais traverser le lac en une heure à peine. Le plus vite sera le mieux. » Mais… « Par la forêt – Le chemin par la forêt est long et dangereux mais je connais par cœur le labyrinthe des sentiers. » En ce premier jour du printemps, un jeune Indien hésite : par quel chemin rejoindre le sommet de la colline aux Lézards ? Sur quel sentier l’accompagner dans ses aventures ? Un livre, mais deux histoires, une au recto, une au verso, tel est le pari de cette collection, qui permet au tout jeune lecteur de s’aventurer seul dans de courts romans. Petit format, typographie aérée, langue simple sans être simpliste, scénarios bien ficelés : suivez le coyote – ou un petit rapace aux plumes jaunes… mais sans lâcher votre arc !

Dès 8 ans

Alex Cousseau, Par la forêt, Par le lac, Rouergue, coll. « Boomerang », 2019, 48 p., 6,50 €

Laurent Bègue, Napoléon à Austerlitz, La bataille des trois empereurs

« Ce matin du lundi 2 décembre 1805, non loin du petit village d’Austerlitz, l’empereur Napoléon Ier se tient immobile sur son cheval blanc, vêtu de son uniforme préféré de colonel‐chasseur et de son célèbre chapeau bicorne.
Il observe l’épais brouillard qui a envahi les terres glacées du plateau de Pratzen, où l’ennemi a pris position.
Tandis que le brouillard se dissipe, d’un geste vif de sa main gantée, il donne l’ordre à ses maréchaux d’engager le combat. C’est alors qu’un soleil rouge‐sang vient illuminer le ciel.
Ainsi débute la bataille d’Austerlitz, celle des «  Trois empereurs », qui oppose Napoléon Ier à François II d’Autriche et Alexandre Ier de Russie. »
Dans ce documentaire illustré, Laurent Bègue fait revivre, heure par heure, cette célèbre bataille, considérée comme le chef-d’œuvre tactique et la plus belle victoire de l’empereur : une manière intelligente de faire découvrir le génie militaire de fin stratège.

Dès 12 ans

Laurent Bègue, Napoléon à Austerlitz, La bataille des trois empereurs, illustrations de Sandrine Rotil‐Tiefenbach, Editions Belize, 2019, 32 p., 9,50 € — Imprimé en France

Emilie Vast, Plantes vagabondes

Vagabondes, les plantes ? Mais oui ! Que de stratégies pour aller voir plus loin si la terre est plus grasse ! Il y a celles dont les graines s’envolent, comme le pissenlit ou le séneçon. Celles qui rampent, comme le fraisier qui lance ses stolons. Celles dont les fruits tombent, tournoient et rebondissent, comme les marrons ou les ailes légères des samares de l’érable. Celles dont les fruits s’agrippent comme du Velcro. Il y a aussi celles qui se laissent manger… parce que leurs graines seront disséminées « après un petit voyage dans l’appareil digestif d’un oiseau ». Il y a même des graines qui sautent d’une capsule, comme celles de la violette. Les chélidoines préfèrent être plantées par les fourmis. Quant au nénuphar, il laisse voguer des fruits‐bouées au fil de l’eau. Le muguet, lui, a choisi de voyager sous terre, en allongeant ses rhizomes. D’autres plantes seront cultivées par les hommes, qui leur font parcourir le monde – ce qui n’est pas toujours très malin. Entre album documentaire et livre d’art, Plantes Vagabondes d’Emilie Vast met en scène plantes et animaux stylisés mais cependant fidèles à la réalité. Du grand art.

Dès 6 ans et pour tous les amoureux de la nature

Emilie Vast, Plantes vagabondes, Editions MeMo, 2018, 64 p., 18 € — Imprimé en Europe.
Du même auteur, à retrouver sur le blog :
Moi, j’ai peur du loup, MeMo, 2018, 52 p., 13 €
Abeille et Épeire, MeMo, 2017, 32 p., 13 €
Le secret, Editions MeMo, 2015, 24 p., 12 €
Couac, d’après le spectacle d’Angélique Friant, MeMo, 2015, 32 p., 13 €
Le Chant de Colombine, MeMo, 2014, 40 p., 14 €

Alex T. Smith, Monsieur Pingouin, Tome 1 : Le Trésor perdu

Coiffé, tel Indiana Jones, d’un « chapeau transpercé d’une flèche », sa chemise ornée d’un nœud papillon coloré que n’aurait pas dédaigné Sherlock Holmes, Monsieur Pingouin, en digne émule de Nestor Burma, attendait… un premier client. Le téléphone sonne enfin au 0111‐PIN‐GOUIN. Voilà notre palmipède, dès le chapitre 2, engagé pour retrouver un trésor perdu. Aidé de Colin, son fidèle acolyte (une « grosse araignée mâle en chapeau melon »), il va explorer les souterrains du Musée des Objets Extraordinaires : carte au trésor, leviers secrets, souterrains glissants, jungle impénétrable, alligators, cascades, voleurs déguisés, conservatrice enfermée dans un placard… Les épisodes s’enchaînent dans une « logique » toute britannique, improbable et loufoque. Parfait pour se lancer dans une lecture autonome.

Dès 8 ans

Alex T. Smith, Monsieur Pingouin, Tome 1 : Le Trésor perdu, Flammarion, coll. « Castor Romans », 2019, 208 p., 12 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Espagne. Couverture cartonnée

 

David Lichtfield, L’Ours et son orchestre

« Depuis quelques temps, tout va de travers.
— Qu’allons-nous devenir ? se demande Hector. Plus personne ne vient à mes concerts. Ils vont tous écouter l’Ours qui joue du piano !
Hugo n’est pas d’accord. Il veut y croire encore !
— Je ne jouerai plus jamais… conclut Hector. Il est temps pour moi de ranger mon violon. »
Hector prend donc sa retraite, s’enferme chez lui, pendant que son petit chien Hugo, lui… Que va‐t‐il faire, ce compagnon des bons et des mauvais jours ? Tout faire pour redonner de l’espoir à Hector, quitte à lui faire subir les affres du doute et de la jalousie. « Parce que l’amitié véritable, comme la belle musique, dure toujours », conclut cet album aux couleurs chaudes et au dessin très expressif. Une belle manière de parler sentiments sans avoir l’air de trop insister.

Dès 4 ans

David Lichtfield, L’Ours et son orchestre, Belin Jeunesse, 2018, 40 p., 12,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Didier Lévy, Sylvain de Sylvanie, chevalier

Sommé de ranger sa chambre, « Sylvain porte Charlemagne dans ses bras. Il est lourd, encombrant. Sylvain manque souvent de tomber avec. Dans le grenier, il lui cherche une place parmi les meubles poussiéreux quand soudain le cheval tourne la tête : “On part une dernière fois à l’aventure, Chevalier Sylvain ?” » Oh que oui ! Et, « d’un seul coup, le cheval décolle, traverse la fenêtre du grenier et file dans le ciel ! » Direction, la Sylvanie, ce royaume secret dont Sylvain est le meilleur des chevaliers. Ennemis farouches, dragons « toutes flammes dehors », terribles chutes d’eau, que d’aventures… La fin du conte est d’une rare poésie : alors que le cheval Charlemagne décide de rester en Sylvanie, Sylvain rencontre un vieil écrivain, qui lui confie un « vélo‐scarabée » pour rentrer à la maison… y faire ses devoirs et, qui sait, revenir en Sylvanie ? Le duo auteur‐illustratrice a fonctionné à merveille pour nous offrir, comme nous y invite Eloïse Scherrer, une « cure de jouvence en imaginaire ».

Dès 4 ans

Didier Lévy, Sylvain de Sylvanie, chevalier, illustrations d’Eloïse Scherrer, Sarbacane, 2018, 40 p., 17,50 € — Imprimé en France.

Stéphanie Corinna Bille, Légendes et mystères des montagnes

« Tschäggättä ! Tschäggättä !
Ils surgissent avec leur masque de bois. Et leur peau de bouc ou de chèvre, ou de mouton, qu’ils ceinturent d’un collier de vache avec la cloche.
Ils courent, ils sautent, ils dansent et la cloche sonne. […]
Tschäggättä ! crient les enfants.
Les enfants les regardent, les suivent, les aiment. Les enfants ont peur des masques. Les enfants aiment avoir peur. »
Ces masques, dans les hautes vallées du Valais suisse, font leur apparition entre la Chandeleur et le mardi Gras, qui précède le mercredi des Cendres. Dans ce récit, l’un des masques est si grand, si grand, qu’il domine les plus hauts sapins. Brr… Qui donc cache‐t‐il ?
Dans Le Mystère du Monstre, Corinna Bille (1912–1979) évoque la traque du dernier loup — ils sont revenus depuis, mais elle ne l’aura pas su… Le troisième récit, La Balade en traîneau, nous fait découvrir un bien curieux village, perdu dans la montagne, mais surtout perdu dans un temps légendaire… La Joie de Lire a l’excellente idée de publier, avec des illustrations contemporaines très colorées, ces trois contes enracinés dans le Valais natal de la romancière Corinna Bille. De plus, le livre est d’une belle facture : reliure en carton et signet orangé.

Dès 8 ans

Stéphanie Corinna Bille, Légendes et mystères des montagnes, illustrations d’Adrienne Barman, La Joie de Lire, Genève, 2018, 80 p., 14,90 € — Imprimé en Lettonie. Couverture cartonnée, avec un signet

Auro Roselli et Laurent de Brunhoff, Les Chats de la tour Eiffel

« Oh, regardez, s’exclama-t-il, un chat !
— Ne sois pas stupide, Arthur, répliqua sa mère. Il n’y a pas de chats sur la tour Eiffel.
— N’empêche, insista Arthur, il y a un animal avec quatre pattes et une queue au milieu de toutes ces poutres, tous ces boulons et tous ces écrous ! »
Un chat ? Non, une chatte, qui a échappé à la petite Adalgise, 8 ans aux cerises. Une chatte ? Bientôt accompagnée d’un papa chat, puis de chatons, puis de petits‐chatons… Des chats qui font une concurrence tout à fait illégale aux guides touristiques. Pas de quoi fouetter un chat ? Que si… L’affaire remonte jusqu’aux plus hautes autorités, ce qui nous vaut une mise en boîte réjouissante des rouages de l’Etat, président, ministres, agent secret et conseiller tout aussi secret. Une mise en boîte, mais aussi une histoire douce, pleine de tendresse – où les grandes personnes elles‐mêmes sont invitées à réfléchir avant d’appeler leur mère.
Ce roman illustré par Laurent de Brunhoff était connu des petits Américains depuis 1967 ; il était resté inédit en France, allez savoir pourquoi… Aucun de nos présidents n’a pourtant « un grand nez et un caractère abominable », foi de matou. Mais au fait, avez‐vous vu des chats sur la tour Eiffel ?

Dès 5 ans

Auro Roselli, Les Chats de la tour Eiffel, illustrations de Laurent de Brunhoff, Hélium, 2018, 56 p., 14,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé au Portugal.

Marie‐Aude Murail, Le Visiteur de minuit

Londres, hiver 1854. Chez Dickens ? Pas tout à fait, mais… Si le vieux jardinier MacNeil a « quinze enfants, tous en vie », son patron, Jason Anderson, riche à millions, se morfond de savoir que sa fille unique, Beatrix, « s’affaiblissait d’heure en heure ». Non seulement il se morfond, mais il éprouve une méchante jalousie à l’égard de Fergus, le dernier fils du jardinier.
Mais qui frappe à la porte ? Quel est cet homme « drapé dans une cape noire dont la capuche dissimulait à demi son visage écarlate » ? Le diable ? Le diable ! Qui propose un horrible marché à M Anderson : s’il invite le petit Fergus à partager les jeux de Beatrix, lui, le diable, se charge de guérir la fillette en faisant passer la santé du garçon dans le corps de la fillette. « Au printemps, l’un des deux enfants mourra ! », tel est l’abominable marché… Rassurez‐vous, les enfants, innocents et courageux, déjoueront le piège diabolique et les deux pères ne pourront que s’en réjouir. Le conte est d’autant plus émouvant que les enfants sont orphelins et les papas veufs ; aucune présence féminine adulte ne vient adoucir ces longues journées d’hiver.
Christel Espié donne ici la mesure de son talent : les illustrations pleine page de ce grand album (29,3 x 36,4 cm) créent une atmosphère aux couleurs très contrastées, aussi contrastées que les sentiments des protagonistes du conte.

Dès 6 ans

Marie‐Aude Murail, Le Visiteur de minuit, illustrations de Christel Espié, Albin Michel Jeunesse, 2018, 32 p., 18 € — Imprimé en Italie. Une première version du conte a été publiée en 1988 dans la revue J’aime lire.

Milisava Petkovic, Blanche, la panthère des cimes

Blanche est une jeune panthère des cimes, aussi vive que curieuse du monde qui l’entoure, elle et sa famille. Un monde paisible au cœur de l’Himalaya, jusqu’au jour où « un étrange bruit retentit, comme un grondement de tonnerre. Un orage ? Une avalanche ? Des cris d’homme les font tressaillir. » Des trappeurs, des fusils… Vite, vite, il faut fuir. Blanche va rencontrer de nouveaux amis et vivre des aventures passionnantes avant de retrouver son « rocher en forme d’ours » et ses parents, heureusement indemnes. Les planches de Xuan Loc Xuan, une jeune illustratrice vietnamienne, sont empreintes d’une douce poésie qui font tout le charme de cet album : que les scènes soient tristes ou gaies, agitées ou tranquilles, elle a su capter l’essentiel de la nature sauvage et le faire partager aux enfants.

Dès 5 ans

Milisava Petkovic, Blanche, la panthère des cimes, illustrations de Xuan Loc Xuan, Editions NuiNui Jeunesse, coll. « Animaux en danger », 2019, 40 p., 14,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Pologne

Marion Dane Bauer, La Danse d’hiver

« L’hiver arrive, se dit le renard. Qu’est-ce que je dois faire ? » Et de s’en aller poser la question aux animaux de sa connaissance. Les oies, par exemple, lui conseille de s’envoler « vers les nuits douces et les jours chauds ». L’ours, lui, l’invite à hiberner. Bref, rien qui ne convienne à notre goupil. Jusqu’à ce qu’il rencontre un autre renard – ou une renarde, allez savoir – qui lui propose de danser sous la neige. Richard Jones a su saisir le charme de la nature hivernale, ses couleurs rousses sur le blanc de la neige, et ses animaux enchanteront les petits.

Dès 4 ans

Marion Dane Bauer, La Danse d’hiver, illustrations de Richard Jones, Albin Michel Jeunesse, 2019, 32 p., 10,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en France