Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Dernières mises en ligne

David Moitet, Alice

« Pourcentage de la population sujet au somnambulisme : un à quatre pour cent.
Nombre d’élèves atteints à cet étage : cent pour cent moins Samantha O’Donnel.
Conclusion : il se passe un truc très étrange… »
Et Samantha, Sam pour ses amis, de suivre dans les dédales de la tour Alice ces zombies qui, le matin encore, étaient les meilleurs geeks de leur génération, fiers d’avoir intégré le prestigieux institut Alice. Si cette ado surdouée a osé passer le concours d’entrée, ce n’est pas tant pour coder des algorithmes complexes que pour retrouver Arnaud, son seul ami, dont elle n’a plus de nouvelles… La recherche de ce « truc très étrange » va la mener, avec Alex et Arnaud, des tours de la Défense aux Alpes Mancelles, sous le patronage singulier de Lewis Carroll. Sous la forme d’un polar, l’auteur mêle enquête « policière » et récit d’aventure tout en faisant réfléchir sur les dangers de l’intelligence artificielle. Des automates fabriqués par Héphaïstos au célèbre HAL 9000 de L’Odyssée de l’espace, en passant par Pinocchio et Frankenstein, il n’est pas toujours bon que les créatures échappent à leur maître… Car enfin, qui est exactement Alice, richissime et trop parfaite businesswoman ?

Dès 10 ans

David Moitet, Alice, Editions du Rocher, 2019, 164 p., 12,90 € — Imprimé en Bulgarie.

Gee Eun Yi, Un fruit rouge

« Ce matin, le jeune ourson s’est réveillé tout seul, très tôt. » Et il a faim, notre ourson ! Et justement, ploc, un petit fruit rouge tombe de l’arbre… Mais là-haut, quel est cet énorme fruit rouge perché si haut ? Voilà qui, de page en page, va lui faire vivre de belles aventures ! Fidèle à la tradition de la calligraphie, Gee Eun Yi use ici d’un trait simple et chaleureux : du noir, un peu de rouge et le papier blanc invite à rêver dans les bras de maman ourse – ou de papa ours.

Avant 3 ans

Gee Eun Yi, Un fruit rouge, Rue du Monde, 2019, 64 p., 16,50 € — Adapté du coréen par Laurana Serres-Giardi – Imprimé en France

Lewis Carroll, De l’autre côté du miroir et ce qu’Alice y trouva

« Maintenant, Kitty, si tu veux bien m’écouter, au lieu de jacasser sans arrêt, je vais te dire tout ce que j’imagine à propos de la Maison du Miroir. D’abord, il y a la pièce que tu peux voir dans la glace… Elle est exactement semblable à notre salon, mais les objets y sont inversés », explique Alice à Kitty, la minette noire. Mais était-ce vraiment de la faute de la minette si Alice a décidé de passer de l’autre côté de ce miroir ? Un autre côté intrigant, magique, déstabilisant… Elle va y croiser la route de Fleurs qui parlent, d’un Scarabée et d’un Bouc voyageant en train, de Twideuldeume et Twideldie, d’un Lion, d’une Licorne, d’Hempty Deumty et de tant d’autres ! Autant d’épisodes qui se jouent sur un échiquier dont les Rois et les Reines, tant blancs que rouges, sont prêts à tout pour faire perdre Alice !
Dans ce roman paru en 1871, Lewis Carroll joue en maître avec les mots : non-sens et humour anglais sont au rendez-vous ! N’oublions pas qu’il était mathématicien et professeur de… logique, une logique dont il prend ici le contrepied avec un talent des plus surréalistes. Ce texte étonnant sera d’autant plus apprécié des enfants qu’il leur sera lu par un adulte, qui saura prendre le temps de commenter les épisodes les plus complexes. Les joueurs d’échecs seront ravis de lire la préface de Noël 1896, avec l’explication de la partie imaginée par Lewis Carroll ! La qualité des illustrations et de la fabrication justifie le prix de cet album, grand classique s’il en est de la littérature de jeunesse anglo-saxonne.

Dès 7 ans en lecture accompagnée – Dès 10 ans en lecture indépendante

Lewis Carroll, De l’autre côté du miroir et ce qu’Alice y trouva, illustrations de Nicole Claveloux, Grasset Jeunesse, 2019, 98 p., 25 € — Traduit de l’anglais par Henri Parisot. Couverture reliée. Imprimé en Espagne. Réédition du texte paru en 1969 chez Flammarion.

Pierre Bottero, Les aigles de Vishan Lour

Pierre Bottero, Les aigles de Vishan Lour

« Estéblan avait à peine senti Tempête se poser sur son épaule. Une vague de colère teintée de désespoir était en train de déferler sur lui. Il saisit la poignée de son épée, prit une profonde inspiration et…
— Si j’étais toi, je ne ferai pas ça.
Estéblan sursauta. La fille qui se tenait près de lui n’avait fait strictement aucun bruit en s’approchant. »
Amie ou ennemie ? Dans le palais du roi d’AnÓcour, la délégation des Chevaliers du Vent vient d’être massacrée – et Estéblan, jeune écuyer, a survécu. Quant à Plume, cette jeune acrobate, qu’est-elle venue y voler ? S’allieront-ils pour échapper à leurs poursuivants ? Du côté des héros à plume, Tempête, autour des forêts, Sillage, la chouette effraie et les grands aigles de la Confrérie ont fort à faire aussi, surtout face au banshee puant… Ce court roman de Pierre Bottero est réédité cet automne pour le plus grand plaisir de ses fans. Il offre aussi une belle porte d’entrée dans l’univers si attachant de ce grand maître de la fantasy française.

Dès 9 ans

Pierre Bottero, Les aigles de Vishan Lour, couverture de François Roca, Rageot, 2019, 96 p., 11,90 € — Imprimé en France. Réédition d’un texte paru dans le mensuel « Je Bouquine » 377 de juillet 2015.

Géraldine Cosneau, Qui a mangé les carottes du potager ?

L’inspecteur Loulou est chargé de découvrir qui a grignoté les carottes du potager. « Hum, hum ! Premier indice : des petites crottes rondes. Et il y en a d’autres par là. » Les indices s’accumulent, page après page, jusqu’à la découverte du coupable… un coupable à longues oreilles. Une idée originale pour solliciter le sens de l’observation et l’humour des tout-petits, confrontés à leur premier roman policier !

Dès 2 ans

Géraldine Cosneau, Qui a mangé les carottes du potager ?, Editions Amaterra, 2019, 18 p., 12,90 € — Imprimé en Chine

Francesco Frangioja, Léonard de Vinci, construis ses inventions en briques Lego

Les occasions de célébrer les 500 ans de la mort de Léonard de Vinci ont été nombreuses, comme en témoigne ce livre. Adultes passionnés de Lego®, l’italien Francesco Frangioja et ses comparses se sont amusés à construire quelques-uns des plus célèbres engins du génial inventeur : bateau à aubes et bateau dragueur, marteau hydraulique, char d’assaut, machine volante… Une excellente façon de s’initier aux rouages, axes et pistons ! Les modèles de mosaïques permettant de « reproduire » la Joconde ou la Belle Ferronnière sont moins convaincants, mais à l’impossible nul n’est tenu.
A vos stocks de briques, de tenons, de plaques, d’équerres et de toutes des petites pièces magiques qui mettront votre imagination d’ingénieur au défi !

Dès 8 ans et sans limite d’âge

Francesco Frangioja, Léonard de Vinci, construis ses inventions en briques LEGO, NuiNui Jeunesse, 2019, 162 p., 18,90 € — Traduit de l’italien. Imprimé en Pologne

Philippe Jalbert, Le Dico de la vie sans écran

« Pour les enfants et pas que… », précise le sous-titre. Parce que « les écrans, c’est super et quand on les range »… Eh bien, quand on les range, on peut en faire des choses ! Par exemple, « on invite des copains à la maison », « on invente ses propres jeux », « on fait encore plus de câlins à ceux qu’on aime », et même, « on lit pendant des heures », proposition qui n’arrive tout de même pas trop tôt ! Les illustrations de Philippe Jalbert mettent en scène un rhinocéros et quelques-uns de ses camarades, avec un humour suffisamment décalé pour que chacun s’interroge sans trop de culpabilité sur l’usage plus ou moins raisonnable qu’il fait des écrans. A laisser traîner sur la table basse du salon…

Dès 6 ans

Philippe Jalbert, Le Dico de la vie sans écran, Larousse Jeunesse, 2019, 90 p., 13,50 € — Imprimé en France

Erik L’Homme, Le Maître des brisants, l’intégrale

«  — Service des détections, mon commandant, lui dit une voix féminine dans le combiné. Nous vous signalons qu’une flotte entière approche de Planète Morte ! Nous comptons déjà plus de deux cents vaisseaux.
— Par la corne du Gôndül, s’exclama Brînx Vobranx. Pouvez-vous… pouvez-vous les identifier ?
— Oui, commandant : ils arborent tous l’oiseau rouge du khan de Muspell. Et…
— Et ? »
C’est alors une lutte sans merci qui va s’engager pour la survie de l’empire. Aux premiers rangs, Xâvier le stratège, Mörgane la devineresse et leur ami Mârk.
Les trois tomes des Maîtres des Brisants sont ici réunis : Chien-de-la-lune, Le Secret des abîmes et Seigneurs de guerre. Quelques heures de lecture en vue dans une étonnante galaxie !

Dès 9 ans

Erik L’Homme, Le Maître des brisants, l’intégrale, Gallimard, coll. Folio Junior, 2019, 656 p., 9,90 €

Gwenaële Barussaud, Le palace de Rose et Suzon, le plus bel hôtel du monde

« — Il ne faut pas seulement servir le client. Il faut devancer ses désirs. Le client de la 252 est américain ? Zou ! Tu lui apportes de la limonade avec de la glace – les Américains en sont fous. Lady Rochester occupe la 234 ? Hop ! Un thé à cinq heures, avec des biscuits à la cannelle… elle en raffole !
— Mais comment savoir ? demande Suzon en ouvrant ses mains dans un geste d’impuissance. »
Car Suzon, 11 ans, toute ouïe aux conseils de Mme Lebrac, la gouvernante, a été embauchée il y a à peine deux mois comme femme de chambre dans « le plus bel hôtel du monde », le légendaire Ritz de la place Vendôme. En cette année 1926, ce palace parisien reçoit princesses, ladies, riches Américaines… mais aussi un bien mystérieux client. Qui, sur le coup de minuit, demande des crêpes ! Et voilà notre Suzon de courir aux cuisines, un lieu interdit aux demoiselles. Et pourtant, quelqu’un s’affaire déjà à la lueur d’une bougie ! Rose, la fille du sous-directeur, bien décidée à devenir… pâtissière.
Gwenaële Barussaud met ici à l’honneur les années folles qui voient l’émancipation des jeunes filles, qu’elles soient venues de la campagne ou qu’elles soient nées avec une cuillère d’argent. Son écriture fluide, son sens des anecdotes et de la répartie sont mis en valeur par les illustrations très « ligne claire » de Lucie Durbiano, qui donne un visage très expressif à nos deux héroïnes.

Dès 9 ans

Gwenaële Barussaud, Le palace de Rose et Suzon, le plus bel hôtel du monde, illustrations de Lucie Durbiano, Rageot, 2019, 160 p., 11,90 € — Imprimé en France

Zhihong He, La rentrée de Pinpin

« Pour Pinpin, ce n’est pas un matin comme les autres : c’est son premier jour d’école. Sa maman l’accompagne en serrant fort sa main dans la sienne. » Il n’empêche, en ce jour de rentrée, Pinpin le pingouin est un peu inquiet… mais ses nouveaux amis partagent avec lui leurs « trucs » pour se sentir mieux. Pour le tigreau, se blottir contre le ventre de sa maman. Pour l’ânon, se souvenir du moment où elle frotte sa joue contre la sienne. Pour le girafeau, le moment où sa maman lui caresse les oreilles… Pinpin, à son tour, va imaginer la douce chaleur du plumage de sa maman. Les aquarelles si douces de Zhihong He sont des câlins à elles toutes seules ! Mais ce qui fait le charme incomparable de cet album, c’est l’idée de « décentrer » les soucis du personnage titre et de faire prendre conscience de la force des secrets partagés et des amitiés à venir.

Dès 3 ans

Zhihong He, La rentrée de Pinpin, Seuil Jeunesse, 2018, 32 p., 13,90 € — Imprimé en Italie

D’après les frères Grimm, Le loup et les sept chevreaux

« Il était une fois une maman chèvre qui avait sept petits. Un jour, elle voulut aller faire des provisions.
Elle rassembla ses chevreaux et leur dit :
— Pendant mon absence, méfiez-vous du loup ! C’est un coquin qui pourrait se déguiser pour vous tromper. »
Si Maman chèvre est une maman moderne, en pantalon (petit détail qui ne change rien à l’histoire !), les ruses du loup sont toujours les mêmes : de la craie pour adoucir sa voix (beurk !), de la farine pour blanchir sa patte… Quant au petit dernier, il se cache toujours dans le ventre de l’horloge et aide sa maman à délivrer frères et soeurs. Une adaptation fidèle du conte, facile à lire à haute voix, des dessins simples (mais pas simplistes) d’Olivier Latyk, une couverture cartonnée et du papier épais et résistant : longue vie à maman chèvre et à ses chevreaux, qui, les émotions passées, profiteront du jardin pour gambader et lire – d’autres contes de Grimm ?

Dès 2 ans

D’après les frères Grimm, Le loup et les sept chevreaux, illustrations d’Olivier Latyk, adaptation d’Anne Kalicky, Père Castor, coll. « Les petits contes du Père Castor », 2019, 24 p., 5,95 €.

Peter Wohlleben, Le réseau secret de la nature

Loups et scolytes, saumons et grues cendrées, écureuils et nécrophores, fourmis et chevreuils, sans oublier les vers de terre et les pucerons… que de secrets nous cachent-ils donc, petits et grands, sous le couvert de nos forêts ? Quels liens complexes, et souvent étonnants, unissent animaux, plantes, forêts et rivières ? Et quand l’homme s’en mêle, fût-il inspiré des meilleures intentions possibles, ce n’est pas toujours dans le « bon sens », celui qui permettrait à la nature de vivre selon ses propres règles et de maintenir un équilibre précaire mais, ô combien !, nécessaire. Peter Wohlleben, en tant qu’ingénieur forestier, a longtemps veillé sur les forêts allemandes de l’Eifel avant de connaître un succès mondial avec La Vie secrète des arbres et La Vie secrète des animaux. Ses théories « iconoclastes » tentent de modifier le regard utilitariste, à court terme, porté sur les forêts et ont ouvert la voie à une autre façon de gérer ce patrimoine : chênes, hêtres, épicéas, bouleaux, vous ne les verrez plus de la même façon après avoir écouté ce conteur hors-pair, servi par une traduction pleine d’humour.

Adolescents, adultes

Peter Wohlleben, Le réseau secret de la nature, Les Arènes, 2019, 256 p., 20,90 € — Traduit de l’allemand par Lise Deschamps. Imprimé en France