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Constanze von Kitzing, Aïe ! Ça fait mal !

Constanze von Kitzing, Aïe ! Ça fait mal !

Petit Blaireau a essayé de grimper dans le pommier – mais, badaboum, le voilà par terre… Aïe ! Ça fait mal ! Le hibou lui fait une caresse – et l’enfant est invité à en faire autant. L’écureuil souffle sur son bobo, allez, on souffle aussi ! Mais quand le putois cherche à détourner l’attention du blaireau en… faisant un pet, « vite, bouche-toi le nez » et n’en fais pas autant ! Quand papa arrive enfin, Petit Blaireau n’a plus aussi mal. Il sera même tout fier de son joli pansement. Une histoire interactive pleine d’émotions et d’empathie, pour guérir par le rire et la douceur les petits et les grands bobos.

Tout-petits

Constanze von Kitzing, Aïe ! Ça fait mal !, Minedition, 2021, 18 p. cartonnées. 11 € — Traduit de l’allemand par Julie Dutell. Imprimé en Espagne

Eric Senabre, Megumi et le fantôme

Eric Senabre, Megumi et le fantôme

A l’occasion de la sortie en poche de ce délicieux roman, voici une réédition de ma chronique. Quel monument de Dublin va donc visiter Megumi Fujita, en ce mois de mai 1985 ? Rien de moins que la maison où vécut son arrière-arrière-arrière-grand-père, un médecin irlandais. Une maison pas comme les autres… en effet, elle est hantée ! Mais, en bonne écolière japonaise habituée aux esprits, kami, yurei et autres yôkai, Megumi ne s’enfuit pas aux premiers grincements de porte. Et voilà qu’elle va tout faire pour ramener le fantôme de son ancêtre à Tokyo. Commence alors une enquête riche en rebondissements. Megumi saura-t-elle délivrer Horatio Hearn de l’injuste malédiction qui l’a frappée ? Le roman débute donc sur les traces du Fantôme de Canterville pour continuer dans le voisinage de Mon voisin Totoro. Le tout sous la plume inspirée d’Eric Senabre qui, entre deux canulars hilarants (avis aux écoliers : un squelette peut aider à tricher), offre une belle réflexion sur l’identité, la transmission et l’amitié. Les adultes reliront en parallèle les Lettres japonaises et les Fantômes japonais de Lafcadio Hearn (1850 – 1904) à qui Eric Senabre rend ici un bel hommage.

Dès 9 ans

Eric Senabre, Megumi et le fantôme, illustrations de Gloria Pizzilli, Didier Jeunesse, 2017, 224 p., 12 € — et en poche, Le Livre de Poche, 2021, 224 p., 5,90 €

Nicolas Lubin, Alexandre le Grand, l’enfance d’un conquérant

Nicolas Lubin, Alexandre le Grand, l’enfance d’un conquérant

Alexandre le Grand (356 — 323 av. J.-C.) reste, par-delà les siècles, un héros comme l’Histoire en a peu vu. Mais quelle fut sa jeunesse ? Son père, le roi Philippe de Macédoine, lui a donné les meilleurs maîtres. Au gymnase, Alexandre s’entraîne au javelot et à la lutte. A la chasse, son oncle le confronte à un loup. Quand il faut étudier l’Iliade et l’Odyssée, c’est au grand philosophe Aristote que son père le confie.
Mais cela suffit-il pour avoir le courage de dompter un cheval aussi fougueux que Bucéphale ou pour se faire aimer de ses soldats ?
En 338 av. J.-C, la bataille de Chéronée marque, pour Alexandre, le début de quinze années d’aventures et de conquêtes qui le mèneront au bout de la terre, en des lieux encore inconnus des Grecs. C’est ainsi que, malgré son jeune âge, Alexandre de Macédoine bâtira l’un des plus grands empires qui aient jamais existé. Lui qui craignait de ne pas avoir un destin suffisamment glorieux deviendra l’un des personnages les plus connus et les plus admirés de toute l’histoire de l’Europe.
En fin de volume, pour en savoir plus : un glossaire, une frise chronologique et une carte.

Dès 6 ans

Nicolas Lubin, Alexandre le Grand, l’enfance d’un conquérant, illustrations de Maureen Minervois, Éditions de la Nouvelle Librairie, 2021, 28 p., 9,90 € — Imprimé en France

Inga Moore, Le bibliobus

Inga Moore, Le bibliobus

Quand Elan eut raconté toutes les histoires qu’il connaissait, il alla emprunter des livres à la bibliothèque. Son talent de conteur fit si vite le tour de la forêt que les animaux vinrent de plus en plus nombreux écouter ses lectures. Nouvelle idée de génie : notre Elan trouva, à la casse, un vieux bus (rouge à deux étages, of course) qu’il bricola pour le transformer en bibliobus et distribuer des livres à toute la forêt. Mais voilà…  « On ne sait pas lire, s’exclama Ourse. Alors, Elan lui apprit à lire. Et elle apprit à Blairelle. Qui apprit à Renard. » Et chacun de découvrir le plaisir de lire, chez soi ou entre amis. Quant à Elan, il continua de lire des contes à ses amis, grands et petits, car son talent était inimitable. Cet album est une ode à la lecture, aux livres, à l’amitié, au partage, dans une ambiance douce et feutrée, canapés confortables, scones et mugs fumants, avec cette inimitable touche d’humour 100 % british qui ravira toute la famille à l’heure d’aller au lit – ou au bibliobus.

Dès 4 ans

Inga Moore, Le bibliobus, L’Ecole des Loisirs, coll. « Pastel », 2021, 56 p., 14,50 € — Traduit de l’anglais par Aude Gwendoline.

Paul Beaupère, Les Chroniques de Follebreuil – Le jour de l’ours

Paul Beaupère, Les Chroniques de Follebreuil – Le jour de l’ours

Au paisible royaume de Follebreuil, les cuisiniers préparent un festin : la princesse Colysne va fêter ses 13 ans ! Mais la jouvencelle a d’autres projets : aller tranquillement croquer des crevettes sur la plage, accompagnée d’Armoise, son fidèle destrier – enfin sa bonne vieille jument. Tranquillement, c’est vite dit car, vue par les Vikings qui viennent de débarquer, la crevette, c’est plutôt elle, notre Colysne. Bien évidemment, pour qui connaît la malice et les jeux de mots de Paul Beaupère, Colysne ne se laissera pas faire et entraînera le lecteur dans des péripéties garanties farfelues. Et puis, des Vikings, « en 1301, ou 1302, ou 4 ou peut-être 6 », vous y croyez vraiment ?

Dès 9 ans

Paul Beaupère, Les Chroniques de Follebreuil – Le jour de l’ours, Mame, 2021, 224 p., 10,90 € — Imprimé en Italie

Abigail Wheatley, Explore… la Rome antique

Abigail Wheatley, Explore… la Rome antique

Du forum au Colisée, d’une rue marchande au port d’Ostie, des bains publics au chantier d’un aqueduc et d’une voie romaine : voilà la belle exploration proposée par cet album aux pages cartonnées, animées de nombreux rabats et de fenêtres derrière lesquels se découvrent petites et grands événements de la Rome antique. Les dessins fourmillent de personnages, ce qui permet de raconter de nombreuses anecdotes. Le texte est composé de phrases courtes (la traduction, sans être fautive, est parfois un peu lourde), les personnages s’interpellent dans une police… italique, les couleurs vives retiendront l’œil des plus petits. Idéal pour préparer une visite sur le terrain.

Dès 4 ans

Abigail Wheatley, Explore… la Rome antique, illustrations de Rachael Saunders, Usborne, 2021, 14 p. cartonnées avec rabats, 9,95 € — Traduit de l’anglais par Lorraine Beurton-Sharp. Imprimé en Chine

Carole Trébor, Maroussia, celle qui sauva la forêt

Carole Trébor, Maroussia, celle qui sauva la forêt

Maroussia et sa grand-mère vivent dans une modeste isba, « entre la plaine infinie et la forêt dense », protégées par les esprits de la forêt à qui elles ne manquent pas de déposer des offrandes « dans la clairière sacrée, au pied du grand chêne », car les traditions païennes restent bien ancrées dans ce village perdu. Jusqu’au jour où, sur ordre du tsar Nicolas II, le village se voit destiné à être détruit pour laisser passer la ligne du Transsibérien. Si les sujets du tsar ne peuvent rien contre une telle décision, le petit peuple magique de la forêt, lui, n’a pas dit son dernier mot ! Qui donc va faire en sorte que le jeune Alexeï, le fils du gouverneur, se perde dans la forêt, se cache dans l’arbre qui pleure et soit sauvé par Maroussia ? Et qu’obtiendra-t-elle en récompense ? Carole Trébor, qui a vécu plusieurs années en Russie, s’est inspirée de la culture russe traditionnelle et de la mythologie slave pour inventer ce conte dont les personnages croisent aussi la grande Histoire. Le grand format de l’album permet à Daniel Egneus de déployer tout son talent : les couleurs traditionnelles si vives et si dansantes des costumes slaves ont fort à faire face au grand loup noir et au tout aussi noir monstre Bouka !

Dès 7 ans, mais aussi pour les plus grands

Carole Trébor, Maroussia, celle qui sauva la forêt, illustrations de Daniel Egneus, Little Urban, 2021, 40 p., 19,90 € — Imprimé en Belgique

Phoebe Wahl, La Maison bleue

Phoebe Wahl, La Maison bleue

« Léo et son papa vivaient dans une vieille maison bleue à côté d’un grand sapin. » Une bien vieille maison, « mais ils étaient chez eux ». Autour de la maison bleue, les immeubles neufs poussaient comme des champignons… Et puis un jour, Papa expliqua que le propriétaire avait vendu, que la maison allait être démolie, qu’ils devaient déménager… Une fois la colère de Léo calmée, une fois le chagrin ravalé, père et fils prirent leurs pinceaux et laissèrent leur imagination courir sur les murs — « et ils furent un peu moins tristes ». Après ces adieux à la vieille maison, restait à apprivoiser leur nouveau logis. La magie des couleurs allait-elle aussi opérer ? Celles de Phoebe Wahl, expressives et dynamiques, nous font parcourir avec Léo ce moment difficile entre tous, quand il s’agit de quitter une maison que l’on aime pour aller habiter un ailleurs inconnu. L’auteur fit vivre ce duo père-fils dans un joyeux capharnaüm, on les devine plutôt fauchés mais plein de ressources et mille détails de la leur vie quotidienne nous permettent de mieux les connaître. Et s’ils étaient nos voisins ?

Dès 5 ans

Phoebe Wahl, La Maison bleue, Editions des Eléphants, 2021, 40 p., 14 € — Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Ilona Meyer et Caroline Drouault– Imprimé au Portugal

Marie Malcurat, Félicité et le télégraphe

« “Que faites-vous là, mademoiselle ? ” demanda une voix grave.
Félicité se retourna vivement. L’homme qui se tenait devant elle ne devait pas avoir plus de trente ans. […] Félicité se ressaisit et déclara :
“Je souhaiterais m’entretenir avec monsieur Chappe. J’ai une information de la plus haute importance à lu aire parvenir.
L’homme changea d’attitude et la dévisagea avec une plus grande attention.
“Je suis Claude Chappe. Que voulez-vous ?
— Permettez-moi, monsieur, de vous dire combien j’admire votre travail. Malheureusement, il n’en est pas de même pour bon nombre de nos compatriotes qui voient en vos une menace plus qu’une aide. »
Car Claude Chappe (1763 – 1805), avec l’invention du télégraphe, va révolutionner la manière dont circule l’information : en quelques heures, un message codé peut traverser la France ! Après Guillemette et la montgolfière, Marie Malcurat plonge ses lecteurs dans la période oh combien dangereuse de la Révolution. A 17 ans, Félicité, la cadette de la famille d’Angely, est une des proches de Madame Elisabeth, la sœur du Roi, autant dire qu’elle vit des instants critiques. D’autant plus que Madame Elisabeth lui a confié une mission : retrouver Claude Chappe et l’aider à mettre en œuvre son invention, pour le bien de la nation. Le télégraphe sera-t-il royaliste ou révolutionnaire ? Car Félicité croise aussi la route de Martin, un jeune révolutionnaire qui fait vibrer son cœur… A quelles fins politiques peuvent servir les inventions scientifiques ou les avancées technologiques ?

Dès 12 ans

Marie Malcurat, Félicité et le télégraphe, illustrations de Johanna Springer, coll. « La famille d’Angely », Mame, 2021, 230 p., 11,90 € — Imprimé en Espagne

Dick Bruna, Le nouveau bébé

« Youpi ! s’écrie Miffy en dansant.
youpi, youpi, quelle joie !
Car voilà le secret : très bientôt,
un petit bébé arrivera. »
Et Miffy, en grande sœur très impliquée, de préparer avec ardeur l’arrivée de ce délicieux petit lapin !
Miffy ? vous avez dit Miffy ? Pour moi, dans les années 1980, le héros de mes petits garçons était « Petit Lapin » (chez Fernand Nathan), et voilà que Miffy est une demoiselle lapine ? Bon… Toujours est-il que le trait de Dick Bruna (1927–2017) n’a pas vieilli d’un iota. Ses couleurs vives cernées de noir, ses formes simples et le format carré des albums rencontrent toujours le même succès. Vive Miffy, sa famille et ses amis !

Tout-petits

Dick Bruna, Le nouveau bébé, La Martinière Jeunesse, 2021, 32 p., 6,50 € — Traduit du néerlandais. Imprimé en Allemagne

Françoise Laurent, Le Raisin

En ce bel automne, le raisin est sur toutes les tables ! Savez-vous que les chasseurs-cueilleurs de la préhistoire se régalaient déjà de jus de raisin ? « Ils écrasaient les grappes et conservaient le jus dans des jarres de terre. Or un jour, ils en ont oublié une. Le jus a fermenté… Oh ! Il s’est transformé en vin ! » Du vin que nos jeunes lecteurs apprendront à déguster dans quelques années. D’ici là, blanc ou noir, dégustons le raisin au dessert ou au goûter ! « En France, c’est François Ier qui a lancé la mode du raisin de table… son dessert préféré ! Il le faisait venir du Midi de la France, à dos de cheval ou de mulet. » L’auteur insiste aussi sur les méthodes de culture du raisin, opposant les traitements chimiques lourds contre les maladies et les parasites aux méthodes plus naturelles des producteurs écolos ; de même, elle ne fait pas l’impasse sur les traitements après récolte qui visent à conserver et à transporter le raisin, et incite à consommer plus local. Tout en donnant un « truc » si le raisin bio est un peu cher : « On peut ôter une grande partie des produits chimiques en trempant les grappes dans de l’eau contenant du bicarbonate, du vinaigre blanc ou du gros sel ! Des recettes valables pour tous les fruits et légumes ! » Les dessins de Nicolas Gouny pétillent d’humour et d’énergie, un cocktail bien revigorant pour cet automne.

Dès 5 ans

Françoise Laurent, Le Raisin, illustrations de Nicolas Gouny, Editions du Ricochet, coll. « je sais ce que je mange », 2021, 40 p., 12,50 € — Imprimé en Pologne

Paul Beaupère, Les folles aventures de la famille Saint-Arthur, Retour à la nature (t. 10)

Saint-Arthur, ça rime avec Nature ! Et ça tombe bien, car ce dixième épisode est placé sous le signe du jardinage, des radis et des épinards et, pour le dire dans le langage de la maîtresse, sous le signe de la « transition écologique » et de l’autosuffisance. Bien sûr, quand Papy et son copain Georges viennent à la rescousse de Brune, notre narratrice, en 5e cette année, rien ne se passe comme prévu. A vue de nez, il s’en passe de drôles avec leur engrais… Quel est l’ingrédient magique qui transforme rangs de laitue et de haricots en une jungle inextricable ? Avec son talent habituel, Paul Beaupère entraîne les jeunes lecteurs dans une sarabande déjantée, à la suite de Brune, de son frère Alex (qui préfère la malbouffe chimique au moindre radis), de sa sœur Charlotte (l’intello de la famille) et des jumeaux de cinq ans au vocabulaire survitaminé. Et si cela ne vous donne pas envie de faire pousser des épinards au printemps prochain, vous aurez au moins appris le B.A BA du parfait jardinier – même si l’engrais magique a pour première vertu d’éclipser la nécessaire vertu de patience, au profit des jeux de mots approximatifs et des fous rires.

Dès 10 ans

Paul Beaupère, Les folles aventures de la famille Saint-Arthur, Retour à la nature (t. 10), illustrations d’Ariane Delrieu, Mame, 2021, 160 p., 10 € — Imprimé en Italie