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Romans historiques

Sophie Humann, Infirmière pendant la Première Guerre mondiale, journal de Geneviève Darfeuil, Houlgate-Paris, 1914–1918

Sophie Humann, Infirmière pendant la Première Guerre mondiale, journal de Geneviève Darfeuil, Houlgate-Paris, 1914–1918

« Mercredi 25 novembre 1914 – Maman m’apprend à tricoter. J’ai commencé un cache-nez pour André. Le froid arrive : il faut penser à équiper nos soldats. Les journaux disent qu’ils ont creusé des tranchées et s’enterrent pour se protéger de l’ennemi. » Il y a déjà plusieurs mois que la jeune Geneviève se confie à son journal intime, commencé un jour d’ennui de juillet 1914. Elle vient d’avoir quatorze ans et va vivre son adolescence au rythme de la Grande Guerre. Papa, chirurgien, se dépense sans compter ; de ses trois frères, André est officier, Henri brancardier, le plus jeune, Jules, encore collégien. Henri meurt d’une balle perdue en juin 1915 ; André, gazé, s’éteint au printemps 1919.
Avec sa mère, Geneviève s’efforce d’aider les soldats, puis obtient la permission de devenir infirmière. Dignité, compassion, engagement, discrétion, abnégation, vocation : il en fallait pour vivre « à l’arrière » quand chaque journée apportait son lot de deuils et de chagrins.
Enfin, un beau « lundi 11 novembre 1918 – Les cloches de Paris se sont envolées. Les habitants se sont embrassés. La guerre est terminée. Aujourd’hui, j’ai dix-huit ans. »
Un roman dans lequel chaque détail révèle ce qu’était la vie quotidienne d’une adolescente au début du XIXe siècle – de la chaise longue en rotin au porte-plume, et jusqu’à la « petite croix rouge » brodée sur la première blouse blanche.

Dès 12 ans

Sophie Humann, Infirmière pendant la Première Guerre mondiale, journal de Geneviève Darfeuil, Houlgate-Paris, 1914–1918, Gallimard Jeunesse, coll. « Mon histoire », 2012, 160 p., 9,95 € — au format Kindle : 7,49 €

Marie Malcurat, Félicité et le télégraphe

« “Que faites-vous là, mademoiselle ? ” demanda une voix grave.
Félicité se retourna vivement. L’homme qui se tenait devant elle ne devait pas avoir plus de trente ans. […] Félicité se ressaisit et déclara :
“Je souhaiterais m’entretenir avec monsieur Chappe. J’ai une information de la plus haute importance à lu aire parvenir.
L’homme changea d’attitude et la dévisagea avec une plus grande attention.
“Je suis Claude Chappe. Que voulez-vous ?
— Permettez-moi, monsieur, de vous dire combien j’admire votre travail. Malheureusement, il n’en est pas de même pour bon nombre de nos compatriotes qui voient en vos une menace plus qu’une aide. »
Car Claude Chappe (1763 – 1805), avec l’invention du télégraphe, va révolutionner la manière dont circule l’information : en quelques heures, un message codé peut traverser la France ! Après Guillemette et la montgolfière, Marie Malcurat plonge ses lecteurs dans la période oh combien dangereuse de la Révolution. A 17 ans, Félicité, la cadette de la famille d’Angely, est une des proches de Madame Elisabeth, la sœur du Roi, autant dire qu’elle vit des instants critiques. D’autant plus que Madame Elisabeth lui a confié une mission : retrouver Claude Chappe et l’aider à mettre en œuvre son invention, pour le bien de la nation. Le télégraphe sera-t-il royaliste ou révolutionnaire ? Car Félicité croise aussi la route de Martin, un jeune révolutionnaire qui fait vibrer son cœur… A quelles fins politiques peuvent servir les inventions scientifiques ou les avancées technologiques ?

Dès 12 ans

Marie Malcurat, Félicité et le télégraphe, illustrations de Johanna Springer, coll. « La famille d’Angely », Mame, 2021, 230 p., 11,90 € — Imprimé en Espagne

Léone Mahler, L’imagier de la Reine

« Être page et nous suivre en Terre sainte. Y songes-tu sérieusement, Jehan Picou ?
— Oh ! Dame oui, j’y songe, autant qu’à me croiser pour battre les Sarrazins. »
Jehan Picou, notre héros, trouve bien long son apprentissage d’enlumineur dans l’atelier paternel, à l’ombre de Notre-Dame de Paris. Or, une croisade se prépare, menée par le bon roi Louis IX et ses vassaux, dont le sire de Joinville, sénéchal de Champagne. Après les rues encombrées du vieux Paris, voilà la Champagne puis une longue route jusqu’à Aigues-Mortes, où il embarque pour Chypre et, enfin, l’Égypte et la Syrie. Nicolas l’escholier, Benoit le contemplatif, Bertrand le chevalier et Tou Mia la petite Égyptienne, sans oublier notre bonne reine Marguerite, accompagnent le jeune adolescent au fil des étapes – puis lors d’émouvantes retrouvailles, car Jehan, au retour de ce voyage initiatique, aura la chance de retrouver ses couleurs et ses pinceaux. Le roman est d’ailleurs plus axé sur les souffrances, maladies, blessures et famines supportées, et sur la nostalgie dont souffre le héros, que sur le récit d’actions belliqueuses tonitruantes.
Dans un très astucieux jeu de miroir, Léone Mahler s’est inspirée de la Vie de Saint Louis de Joinville, et surtout du récit qu’il fit de la septième croisade (1248–1254). Les manuscrits les plus précieux en furent bien sûr enluminés – par de dignes compagnons de notre Jehan Picou. Voyez la couverture du livre ! Le texte de ce roman (publié en 1947) est parfois un peu vieilli mais l’enthousiasme ne faiblit pas à la lecture de tant d’aventures.

Dès 10 ans

Léone Mahler, L’imagier de la Reine, avec une préface de Brigitte Lundi, Editions Bulle d’Or, 2021, 146 p., 11 € — Imprimé en Navarre (Espagne).

Carl Norac, La Harpe de la Reine ou le journal intime de Marie-Antoinette

« Je vais vous raconter des secrets que mes amies, princesse de Lamballe ou duchesse de Polignac, ne devinent même pas. Mais pas d’impatience, jouons, je veux écouter votre musique. Notre musique.
Il suffit qu’une harpe soit dans la pièce pour qu’un sourire me vienne et que je devienne, plus que Reine ou femme, une rêveuse de jour. »
Avec ce « journal intime de Marie-Antoinette », Carl Norac nous offre une merveilleuse plongée dans la vie musicale de Versailles au XVIIIe siècle. Marie-Antoinette se confie à sa chère harpe : savez-vous qu’elle en jouait plus d’une heure par jour avec son professeur ? Carl Norac raconte avec beaucoup de pudeur la vie de cette jeune reine si mal aimée, qui reprend vie avec la voix de la comédienne Marina Hands. Après l’évocation des heures heureuses, l’album se termine par un cauchemar où le « carrosse devient un chariot » — non, en fait, il se termine par le rondo du Concerto pour harpe et orchestre n°5 de Jean-Baptiste Krumpholtz, magnifiquement interprété par le harpiste Xavier de Maistre et les Arts Florissants de William Christie – excusez du peu ! L’album grand format est illustré par Eric Puybaret, qui n’a pas son pareil pour peindre les rêves, fussent-ils ceux d’une reine de France. Plaisir des yeux, plaisirs des oreilles – à déguster avec quelques jolis macarons !

Dès 8 ans

Carl Norac, La Harpe de la Reine ou le journal intime de Marie-Antoinette, illustrations d’Eric Puybaret. Un livre CD raconté par Marina Hands, avec Xavier de Maistre à la harpe et Les Arts Florissants de William Christie, Editions Little Village et Harmonia Mundi, 2019, 60 p., 22 € — Imprimé en Europe.

Jean Diwo, La Calèche

De la part de Marjorie – la 4e de couverture de ce roman apprécié par son fils Gustave.
« Le petit écoutait avec ferveur et n’oubliait pas le jour où il avait réussi à coudre lui-même une bonne longueur de trait et en avait été félicité par ces paroles du maître : “Tu seras un homme du cuir, mon fils !” » Un talentueux sellier s’installe à Paris au début du XIXe siècle. À une époque où tout s’accélère, le nombre croissant de calèches, de voitures et de cavaliers provoque des embouteillages dans la capitale ! C’est une aubaine pour le jeune Thierry, bien décidé à produire des selles de qualité et à se faire un nom : Hermès, la célèbre marque devenue le symbole du luxe à la française. C’est le grand roman d’une dynastie du savoir-faire qui traverse les tourments et les progrès d’une époque où tout s’accélère, tout en gardant à l’esprit son rêve d’excellence. Des campagnes de Napoléon jusqu’à l’aube du XXe siècle en passant par les Trois Glorieuses et la Commune, voici l’histoire d’une dynastie du savoir-faire, d’une famille de chair et de cuir.

Dès 12 ans

Jean Diwo, La Calèche, J’ai lu Roman historique, 2021, 288 p., 7,20 € — Chez Flammarion, en grand format, 2010, 280 p., 21,40 €

Philippe Nessmann, Une fille en or

Parce qu’elle a, un soir de 1928, couru pour sauter dans le train de 18 h 17 qui, de son lycée la ramène à Riverdale, la jeune Betty Robinson est devenue, à 16 ans… la première femme médaille d’or du 100 m aux Jeux olympiques. Six mois séparent le moment où l’un de ses professeurs remarque ses capacités, du jour où elle monte sur ce podium d’Amsterdam. Six mois où sa vie bascule… mais elle bascule une seconde fois, quand elle réchappe à la mort, en 1931 : le biplan piloté par son cousin s’écrase, elle est sauvée de justesse. A peine remise, elle reprend l’entraînement. Dans le viseur : les Jeux olympiques de Berlin, en 1936, où son équipe remporte le relais 4 x 100 m. C’est ce destin exceptionnel que raconte Philippe Nessmann, dans un roman historique palpitant, dont il fait découvrir les coulisses en images ici, avec notamment des films de JO de Berlin. Une magnifique histoire de courage et de volonté.

Adolescents

Philippe Nessmann, Une fille en or, Flammarion Jeunesse, 2021, 320 p., 13,90 € — Imprimé en Espagne

Annie Pietri, Scoop à Versailles, L’affaire des treize pièces d’or

« Elle vivait à la cour du Roi-Soleil. Lui sortait tout droit du ruisseau.
— Comment t’appelles-tu ? reprit-elle d’un ton autoritaire.
— Gaspard. Gaspard Janvier. Je viens juste d’avoir douze ans.
Il posa un regard courageux sur celle qui venait de le surprendre… Un regard de petit chat sauvage prêt à se défendre.
— Et toi ? dit-il.
— Louise-Françoise.
— Tu es vraiment duchesse ? »
C’est en effet sous la table d’un banquet que se fait cette rencontre insolite entre Louise-Françoise de Bourbon, fille de Louis XIV et de Mme de Montespan, et le jeune Gaspard, inventé pour les besoins du roman. Apprenti journaliste, ce dernier cherche quelques anecdotes sur le prochain mariage d’Anne-Marie d’Orléans et du duc de Savoie. Et justement, la bague de fiançailles et les treize pièces d’or qui accompagnent ce présent ont disparu… Le début d’une enquête palpitante au cœur du château de Versailles ! Un domaine que connaît très bien Annie Pietri, auteur des Orangers de Versailles et de L’espionne du Roi-Soleil. Le premier tome d’une nouvelle série, dans laquelle l’enquête policière ne fait pas d’ombre à la rigueur historique, le tout à la hauteur des jeunes lecteurs d’aujourd’hui.

Dès 9 ans

Annie Pietri, Scoop à Versailles, L’affaire des treize pièces d’or, illustrations de Mégane Lepage, Gallimard Jeunesse, 2021, 128 p., 9,90 € — Imprimé en Italie.

Brigitte Kernel, Le monde selon Albert Einstein

« J’aimerais bien comprendre pourquoi.
oui, je sais, je ne cesse de prononcer ces deux syllabes : pour-quoi.
Je voudrais bien comprendre… pourquoi… je ne cesse de vouloir savoir pourquoi.
C’est comme une obsession, tous ces points d’interrogation dans ma tête.
Et une obsession, on le sait bien, ça colle au cerveau comme des fils de caramel chaud. »
Ce garçonnet avide de savoir est décidément un enfant « pas comme les autres » : s’il a parlé fort tard, s’il est colérique et maladroit, il est aussi très, très doué en calcul et en géométrie. Brigitte Kernel a choisi de donner la parole au jeune Albert Einstein (1879–1955) qui nous met dans la confidence et nous fait partager ses joies et ses craintes. Joie de jongler avec les chiffres, de se voir offrir une boussole ou d’adopter un chien. Craintes de décevoir ses parents, de se faire rabrouer par des maîtres trop stricts (et parfois bornés !)…
Brigitte Kernel use de termes tels dyslexie ou autisme, qui parleront au jeune lecteur d’aujourd’hui même s’ils n’étaient pas couramment utilisés du temps d’Einstein. De même, elle évoque très rapidement la carrière du savant et ne mentionne donc pas le contexte dans lequel il a élaboré ses théories, qui ont emprunté notamment au mathématicien français Henri Poincaré. Cela dit, le roman se lit avec plaisir : entrer dans l’intimité d’une telle personnalité est une chance qui ne se refuse pas.

Dès 12 ans

Brigitte Kernel, Le monde selon Albert Einstein, Flammarion Jeunesse, 2021, 248 p., 10,90 €. Imprimé en Espagne.

Pierre Gemme, La colère des dieux

« Un géant jaillit d’un porche. Il tient un immense sac en toile épaisse.
— Ton chemin s’arrête ici ! gronde-t-il.
Le cœur d’Aouni bat si fort qu’il lui fait mal. Finou hérisse ses poils… »
Prisonniers ! Que vont devenir Aouni, jeune Egyptienne d’Abou Simbel, et son chat Finou ? Que veulent obtenir d’elle les brigands qui l’ont enlevée ? Aouni est la fille d’une célèbre magicienne, elle sait parler aux animaux et faire apparaître les dieux en cas de danger… Dans le temple désert d’Abou Simbel, un prêtre ricane déjà. Pourquoi a‑t-il manigancé cet enlèvement et pourquoi veut-il obtenir de l’or ? Un roman très illustré, à lire tout seul, qui fait la part belle à l’Egypte ancienne dans laquelle se déroule cette aventure très morale : le prêtre menteur sera victime de sa cupidité. En fin d’ouvrage, deux pages documentaires.

Dès 7 ans

Pierre Gemme, La colère des dieux, coll. « Les petits mystères d’Egypte », illustrations de Mary Gribouille, Flammarion Jeunesse, Castor romans, 2021, 48 p., 5,95 € — Imprimé en Espagne
Du même auteur, dans la même collection : La momie maléfique, coll. « Les petits mystères d’Egypte », illustrations de Mary Gribouille, Flammarion Jeunesse, Castor romans, 2021, 48 p., 5,95 €. Les deux romans peuvent être lu indépendamment.

Gwenaële Barussaud, Le Palace de Rose et Suzon, Un air de fête

« ‑Je peux vous être utile, Madame ? demande Suzon en se plantant devant l’Américaine.
La vieille dame la dévisage en plissant les yeux. Elle ne semble pas la reconnaître.
— Je suis Suzon. Vous vous souvenez ? C’est moi qui ai défait vos malles ce matin. »
En cet été 1926, Madame Chiffoneau est revenue d’Amérique avec son fils, et n’a qu’une idée : trotter dans le Paris de sa jeunesse. Quitte à donner des sueurs froides au personnel du Ritz, car cette délicieuse vieille dame perd la mémoire. Suzon, la petite femme de chambre, et son amie Rose, la fille du sous-directeur, vont se relayer à ses côtés. En parcourant Paris, elles découvrent le quartier Montparnasse, haut-lieu du jazz. Or l’orchestre démodé de l’hôte déclare forfait pour la prochaine soirée dansante. Vite, un pianiste, un clarinettiste, un contrebassiste ! Ce dernier volume conclut en musique une trilogie consacrée au plus célèbre palace de Paris, le Ritz, vu par deux fillettes que tout aurait dû séparer, et qui sont les meilleures amies du monde. Surtout quand l’aventure est au coin de la rue !

Dès 8 ans

Gwenaële Barussaud, Le Palace de Rose et Suzon, Un air de fête, illustrations de Lucie Durbiano, Rageot, 2021, 160 p., 12 € — Imprimé en France
Gwenaële Barussaud, Le palace de Rose et Suzon, le plus bel hôtel du monde, illustrations de Lucie Durbiano, Rageot, 2019, 160 p., 11,90 € — Imprimé en France
Gwenaële Barussaud, Le palace de Rose et Suzon – Un mariage extraordinaire, illustrations de Lucie Durbiano, Rageot, 2020, 160 p., 11,90 €

Clotilde Jannin, Bertrand Du Guesclin, hardi chevalier

1332, quelque part en Bretagne. Une petite troupe de garnements se lance dans un grand jeu : prendre d’assaut un fortin bricolé avec de vieilles planches. À sa tête, le jeune Bertrand du Guesclin se sent déjà l’âme d’un chef ! Au fil des années, celui qui n’était qu’un écuyer mal dégrossi s’est révélé un chef de guerre infatigable et un meneur apprécié de ses hommes, que ce soit en Bretagne, en France ou en Espagne. Bertrand du Guesclin (env. 1320 — 1380) remporta de nombreux combats lors de ce que nous appellerons « la guerre de Cent Ans ». Fait prisonnier par les Anglais, il fixa à cent mille écus d’or le prix de sa rançon. Le roi le nomma à la tête de ses armées, avec le titre de connétable de France. Clotilde Jannin, mère de famille passionnée par l’Histoire, conte ici les aventures captivantes d’un jeune garçon courageux et déterminé devenu un chevalier estimé de tous. Les illustrations épurées de Fabien Le Clech font entrer le jeune lecteur de plain-pied dans un Moyen Âge coloré et dynamique.

Dès 5 ans

Clotilde Jannin, Bertrand Du Guesclin, hardi chevalier, illustrations de Fabien Le Clech, Ed de la Nouvelle Librairie Jeunesse, 2021, 24 p., 9,90 € — Imprimé en France.

Stefan Zweig, Magellan

« Une voile ! Un navire ! Béni sois-tu, ô mon Dieu ! Un des deux bâtiments est sauvé. Mais non ce sont les deux navires, le San Antonio et le Conception, qui reviennent sains et saufs. Mais qu’arrive-t-il ? A peine sont-ils en vue que là-bas, à bâbord, un éclair a lui, une fois, deux fois, trois fois, et l’écho renvoie en grondant le bruit du canon. Que s’est-il passé ? […] Magellan le premier l’a compris : c’est le langage de la victoire ! » Ce 21 octobre 1520, Fernand de Magellan (1480–1521) a gagné : il a réussi à passer de l’océan Atlantique à l’océan qu’il nommera Pacifique en contournant l’Amérique du Sud. Son expédition, après plus de trois ans de navigation, reviendra victorieuse, mais sans lui, en Espagne : il était bien possible de faire le tour de la terre d’est en ouest.
Ce récit historique, paru pour la première fois à Vienne en 1938, retrace la vie de Magellan, un destin héroïque qui fera vibrer les adolescents. Loin de se contenter de chiffres, de dates et de tonnages, Stefan Zweig brosse un portrait psychologique magistral de ce gentilhomme au caractère sévère et à la volonté de fer.

Adolescents

Stefan Zweig, Magellan, Le Livre de Poche, 2012, 288 p., 7,30 € — traduit de l’allemand par Alzir Hella. Imprimé en France