Thème

Romans historiques

Phil Earle, Quand le ciel gronde

De la part de Mme H. G., documentaliste : « Un roman d’apprentissage au texte très juste avec des personnages attachants, un garçon de 11 ans et une vieille dame de 70 ans, qui évoluent au cours du roman. »
Pour vous en dire plus, voici la présentation de l’éditeur :
« Angleterre, 1941. Joseph est envoyé à Londres pour vivre chez Mme F., une amie de sa grand-mère. Mais entre l’école, le rationnement, les dures conditions de logement et les bombardements, la vie dans la capitale est encore plus difficile que celle dans le nord de l’Angleterre… D’autant que Mme F. est propriétaire d’un zoo, et que Joseph est obligé de nettoyer les cages et de s’occuper des animaux… Tout change quand il rencontre Adonis, un magnifique gorille argenté. D’abord effrayé, il finit par se lier d’amitié avec l’animal, malgré une sombre découverte : en temps de guerre, la vie des animaux ne vaut pas cher par rapport à celle des humains… Alors que le ciel s’enflamme et que les sirènes retentissent, Joseph va devoir faire un choix déterminant pour lui et pour l’animal… »

Pour les jeunes gens entre 11 et 13 ans

Phil Earle, Quand le ciel gronde, illustrations d’Antoine Doré, Auzou, 2022, 250 p., 14,95 € — Traduit de l’anglais par Peggy Roland.

Anne Riolet, Juliette et la Grande Guerre – Un ruban dans les tranchées

Sur les rives de la Meuse, en ce début d’été 1914, jeunes filles et jeunes gens de bonne famille, insouciants, canotent, jouent au tennis, se font gentiment la cour… Mais le tocsin fait vibrer la campagne. La guerre… La jeune Juliette Marsay, qui a appris à conduire en cachette de ses parents, ne va pas passer l’hiver à tricoter des mitaines dans un ouvroir – la voilà au volant, tournant la manivelle entre deux taxis parisiens partis vers la Marne. Quand son ami Émile est porté disparu, elle ne se résigne pas et sa vie prend un nouveau tournant : elle rejoint Marie Curie au volant d’une ambulance.
Je vous présentais récemment Disparu sur le front de Peggy Boudeville, dont le héros est un jeune adolescent. Les deux romans ont pris le même angle narratif : la recherche d’un disparu sert de fil conducteur, et permet de s’approcher du conflit en gardant un mince espoir. Ils montrent tous les deux le courage des civils autant que celui des soldats, mais insistent plus sur leur vie quotidienne faite de souffrance et d’abnégation que sur la vaillance au combat. Une belle réflexion sur ce conflit fratricide qui a « fait grandir trop vite nos enfants », comme doit bien l’admettre le père de Juliette.

Dès 12 ans

Anne Riolet, Juliette et la Grande Guerre – Un ruban dans les tranchées, Plein Vent, 2022, 226 p., 12,90 € — Imprimé en France

Peggy Boudeville, Disparu sur le front

Jules et Armand « tentèrent de déchiffrer l’affiche malgré la bousculade. Au sommet, les mentions Armée de terre, armée de mer, ordre de mobilisation générale en lettres capitales, suivies de deux drapeaux français entrecroisés saisissaient le cœur d’emblée, comme un mauvais présage. […]
— Ça veut dire que…
— Oui, Jules, ça veut dire que nos pères en font partie, déclara Armand, tel un automate.
— Mais pourtant il m’avait dit que…
— Je sais, il m’avait dit la même chose. »
Jules et Armand, 13 ans, ont bien du ma à admettre que leurs pères ont cherché à les protéger en ne leur parlant pas de cet ordre de mobilisation du 3 août 1914. Alors, quand Armand voit partir son père, sa vie bascule. Passé la révolte et la sidération, il faut trouver du travail, survivre. Février 1916 : Léopold, le père d’Armand est porté disparu. Armand, trichant sur son âge, rejoint alors le front…
Surveillé de près par les soldats, après avoir vécu la vie des tranchées, il va être dirigé vers un hôpital où il rendra mille services. Et comme l’auteur préfère nous faire verses des larmes d’émotion plutôt que des larmes de deuil, je vais vous dévoiler un peu la fin – disparu ne veut pas dire mort… mais silence, ne dérangeons pas les grands blessés…
Peggy Boudeville mêle avec une grande finesse les révoltes des adolescents, les incompréhensions légitimes devant ce conflit, les grands moments de courage et de volonté, la bienveillance des adultes et l’éveil des sentiments amoureux : même si Armand a dû renoncer à sa sortie à Luna Park, nous, nous sommes bel et bien embarqués dans des montagnes russes émotionnelles.

Dès 12 ans

Peggy Boudeville, Disparu sur le front, Fleurus, 2022, 208 p., 14,95 € — Imprimé en Italie

Paule du Bouchet, J’ai rencontré l’enfant sauvage

« 21 juin 1800
Ce matin, dès mon arrivée, la comtesse m’a reparlé de l’enfant sauvage. On voyait bien qu’elle n’avait pas cessé d’y penser Elle m’a dit : “Vois-tu, Julie, cet enfant, c’est peut-être une occasion unique de faire avancer la science. A‑t-on affaire à un humain qui ressemble à un animal ou à un animal qui ressemble à un humain ? Personne ne peut le dire, mai si vraiment c’est là un enfant d’homme, on ne peut évidemment pas l’abandonner aux bêtes sauvages !” »
A Paris, on ne parle en effet que de la capture de cet enfant sale et nu, qui pousse des grognements, mange des racines, grimpe aux arbres et ne cherche qu’à s’échapper des mains de ceux qui lui veulent du bien. Confié aux bons soins du docteur Itard, il est d’abord hébergé dans l’Institution des sourds-muets dirigée par l’abbé Sicard. « L’enfant sauvage », prénommé Victor, ne réussira jamais ni à parler ni à comprendre la plupart des codes sociaux – il supportera à peine ses vêtements et réagira de manière très souvent impulsive aux contraintes des adultes. Victor de l’Aveyron sera, bien malgré lui, au centre non seulement de la vie des salons parisiens, mais surtout de nombreuses controverses philosophiques depuis le siècle des Lumières jusqu’à aujourd’hui.
Présenté comme le journal (fictif) de la jeune Julie, fille de Madame Guérin, qui a réellement veillé sur Victor, ce roman historique pose des questions fondamentales sur la « nature humaine », sur les conceptions philosophiques de ce début du XIXe siècle, entre rousseauisme et scientisme. Il le fait avec une finesse qu’il convient de saluer : si elle sait se montrer enthousiaste, Julie, en grandissant, se trouve parfois désemparée, voire troublée, par les réactions de Victor – elle finira, romance oblige, par épouser le beau Raoul de Miossens, le fils de la comtesse dont elle est la lectrice.
En appendice, on trouvera les dernières thèses évoquées à la lumière de la psychiatrie et de la pédagogie contemporaines.

Dès 10 ans

Paule du Bouchet, J’ai rencontré l’enfant sauvage, Gallimard Jeunesse, 2022, 160 p., 10,90 € — Imprimé en Italie

Vanessa Marin, Golet, un petit fou au grand cœur

« Ce soir, tous les serviteurs s’agitent dans les cuisines : un grand banquet se prépare. Crépin appelle Golet :
‒ Voilà ton rôle : au dernier moment, tu te mets dans cet énorme gâteau posé là sur des tréteaux, je referme sur toi un couvercle de pâte. Tu vas te sentir balancé pendant quelques minutes : ce sont les valets qui apportent le gâteau sur la table au son des trompettes. Dès que la musique s’arrête, tu soulèves le couvercle et tu apparais… Ensuite, tu sautes par terre et tu commences ton numéro de jonglage.
‒ À vos ordres ! répond le jeune garçon. »
Quel drôle de métier que celui de fou ! Golet, qui n’a jamais grandi, a appris à jongler et à faire des cabrioles au château de Guillaume de Normandie.
Après avoir fait le pitre pour animer un banquet, après être sorti d’un énorme gâteau, il est parti se coucher. Mais soudain, en pleine nuit, il entend cliqueter des armes et parler à voix basse. Derrière les réjouissances, un complot se prépare…
Dans la tête de Golet, une voix s’impose, plus forte que tout : « Je n’ai qu’une heure pour sauver le duc Guillaume. » Y parviendra-t-il ? S’il n’est pas bien grand, notre Golet est intrépide, inventif et courageux !
Guillaume de Normandie a 19 ans en 1046, et il a bien du mal à imposer son autorité autour de lui. Prévenu par son fou, il échappe à un complot et, quittant Valognes, va se réfugier à Falaise.
L’épisode raconté dans cet album a bien eu lieu ! Ce récit aux nombreux rebondissements est suivi d’une brève chronologie et de quatre silhouettes de Golet (et de son chat !) à reproduire et à colorier.

Dès 5 ans

Vanessa Marin, Golet, un petit fou au grand cœur, illustrations d’Emma La Maôve, Editions de la Nouvelle Librairie Jeunesse, 2022, 34 p., 9,90 € — Imprimé en France

Catherine de Lasa, Peintre de Marie-Antoinette – Journal d’Elisabeth Vigée Le Brun – 1766–1770

Issue de la petite bourgeoisie parisienne, Elisabeth, après avoir été en nourrice, passe quelques années au couvent – c’est là qu’elle commence ce « journal », ou plutôt, c’est à cette époque, en 1766, que Catherine de Lasa lui prête sa plume pour débuter un journal apocryphe, qui nous mène jusqu’en 1770, date à laquelle Elisabeth a ses entrées à Versailles. Cette enfant prodige, encouragée par son père, lui-même peintre, et par ses amis, va en effet devenir la peintre officielle de Marie-Antoinette. Mais cela n’ira pas sans embûches, ni sans larmes. Quand son père meurt subitement, Elisabeth n’a que douze ans… Et c’est la peinture qui l’aide à reprendre pied, d’autant plus que les ressources de la famille sont des plus minces.
S’inspirant des Souvenirs de la célèbre portraitiste, Catherine de Lasa fait entrer la jeune lectrice de plain-pied dans le XVIIIe siècle. Si Elisabeth prend part avec piété aux processions, si elle défend la reine face aux idées prérévolutionnaires de son frère, elle sait aussi que le mari de la jeune duchesse de Chartres fréquente les prostituées et qu’elle-même doit de méfier des messieurs trop entreprenants… Un dossier historique rédigé par Sophie Humann permet d’« aller plus loin » en complétant la biographie d’Elisabeth Vigée Le Brun. Ayant survécu à la Révolution, elle s’éteint en 1842, après une longue vie d’artiste et de nombreux voyages dans l’Europe entière.

Dès 12 ans

Catherine de Lasa, Peintre de Marie-Antoinette – Journal d’Elisabeth Vigée Le Brun – 1766–1770, Gallimard Jeunesse, coll. « Mon histoire », 2022, 144 p., 12,50 € — Imprimé en Italie.

Sophie de Mullenheim, Jules et Louise – Sous la flèche de Notre-Dame

« Un pas devant l’autre, il avance sur l’étroit balcon de pierre. Il est sûr de lui. Il joue les équilibristes au sommet de la tour Sud de Notre-Dame. C’est sa promenade préférée, celle qui offre la meilleure vue sur Paris. » Non, il ne s’agit pas de Sylvain Tesson ! Nous sommes en 1859, et ce mystérieux promeneur, qui répond au drôle de nom de Suif, est le chat de Louise, la fille du gardien de Notre-Dame.
De sa fenêtre, Jules, 12 ans bientôt, « ne le quitte pas des yeux. Malgré le danger, il donnerait cher pour être à sa place. » La cathédrale est chantier. L’architecte Viollet-le-Duc et ses artisans entreprennent de lui redonner sa splendeur d’antan. Jules assiste, fasciné, à l’avancée des travaux.
Jules, ayant sauvé Suif de la malveillance des ouvriers, fait la connaissance de Louise. A eux deux, les enfants vont mener une enquête, qui permettra d’innocenter le père de Louise, soupçonné de vol de matériaux.
Cette trame romanesque permet d’entrer sans effraction sur le chantier de Notre-Dame, qui fait écho, bien sûr, au chantier mené depuis l’incendie du 15 avril 2019.

Dès 10 ans

Sophie de Mullenheim, Jules et Louise – Sous la flèche de Notre-Dame, Fleurus, 2022, 224 p., 14,90 € — Imprimé en Italie

Paul-Jacques Bonzon, Le Viking au bracelet d’argent

« — La trompe vient d’annoncer le départ pour la “moisson d’été”.
Olaf se leva prestement.
— Le grand départ ?
— Le jour après demain, les drakkars fendront les eaux du fjord vers la mer ouverte pour aller rejoindre ceux des autres fjords. Ainsi l’a annoncé l’envoyé du Jarl.
— Le jour après demain, répéta Olaf.
Ce départ lui paraissait merveilleux et terrible, merveilleux pour les mondes nouveaux qu’il allait découvrir, terrible pour les dangers qu’il affronterait. »
En effet, en matière d’aventures, Olaf, le jeune Viking, va être servi ! Il va faire partie d’une expédition menée par Ragnar et qui va remonter la Seine jusqu’à Paris, à l’affut de tout ce qui peut être pillé. Donc, dans les années 845. Courageux, le jeune homme est néanmoins compatissant et prend souvent des risques pour secourir ses compagnons, dont le vieil Erik. Chargé par la charmante Syd de retrouver Knut, il subira moult attaques, d’hommes comme de loups, sera parfois battu et laissé pour mort – mais s’en sortira toujours. Tout est bien qui finit bien : converti, Olaf épousera Syd, avec qui il défrichera quelques bons arpents de terre normande.
D’origine cotentinoise, Paul-Jacques Bonzon (1908–1978), célèbre auteur de jeunesse et instituteur, utilise à bon escient les connaissances historiques de son temps sur les Vikings. Il s’amuse même à pasticher un langage « médiéval », mais sans lourdeur. S’il ne fait pas dans la dentelle quand il s’agit de décrire batailles et blessures, il excelle aussi à multiplier les péripéties, relançant ainsi l’intérêt des jeunes lecteurs dont il connaissait les caractères parfois turbulents.

Dès 12 ans

Paul-Jacques Bonzon, Le Viking au bracelet d’argent, illustrations d’Henri Dimpre, Rouge et Or, 1957, 184 p. – Quelques euros dans les vide-greniers ou brocantes. Disponible aussi en téléchargement.

Sophie de Mullenheim, Léon et Gustave, au cœur de la mine

Juin 1888. Pendant que Gustave (Eiffel) voit sa tour s’élever dans le ciel de Paris, le jeune Léon (Sabourin), 12 ans, fils de mineur, passe le certificat d’études. Au bout de ses efforts : une descente dans la mine, pour y travailler et ramener sa paie à la maison. Au bout de ses rêves : devenir apprenti dans les ateliers de Gustave Eiffel, dont il suit les travaux avec passion.
Multipliant les péripéties, Sophie de Mullenheim tient le lecteur en haleine jusqu’au dernier chapitre. Qui gagnera ? Le destin, la volonté paternelle, l’affection de Léon pour sa jument Cachou (qu’il refuse de vendre pour payer ses études) ? Ou la volonté du jeune garçon, l’énergie de son instituteur, et les idées originales d’un jeune journaliste qui sait comment flatter l’idéalisme de Gustave Eiffel ?
Ajoutez à cela une foule d’informations très documentée sur la vie quotidienne des mineurs dans le nord de la France : voilà un roman bien mené au cœur de la révolution industrielle.

Dès 10 ans

Sophie de Mullenheim, Léon et Gustave, au cœur de la mine, Fleurus, 2021, 224 p., 14,90 € — Imprimé en Italie

Véronique Duchâteau, Le Sable et la Croix, tome 1 : Le Krak des chevaliers

« J’ai soif. […] Pourquoi suis-je ici ? Comment moi, fils d’un comte du royaume de France, je me retrouve à des milliers de kilomètres dans la plus grande forteresse de la chrétienté, à l’extrémité de cette Terre Sainte ? » Le récit, qui se déroule en l’an de grâce 1188, est encore un peu incohérent, car Benoît de Saint-Loup, le narrateur, a pris un mauvais coup et se réveille à peine. Dans la nuit, les hommes de Saladin ont réussi à s’introduire, par ruse, dans l’immense forteresse qui se dresse aux avant-postes de la chrétienté : le Krak des chevaliers.
Véronique Duchâteau mène ce roman d’aventure à plein galop. De l’enfance du jeune Benoît à son retour de la croisade, elle dresse un portrait dynamique d’un jeune chevalier que le destin amène à devenir moine hospitalier. Animé d’une forte composante religieuse, le roman s’articule autour d’une immense aventure humaine, celle des Croisades face aux visées expansionnistes de Saladin, « rassembleur des croyants ».

Dès 10 ans

Véronique Duchâteau, Le Sable et la Croix, tome 1 : Le Krak des chevaliers, Plein Vent, 2021, 198 p., 9,90 € — Imprimé en France

Pascale Bouchié, L’incroyable destin de Charles Darwin et la théorie de l’évolution

« — Dis, Charles, tu me montres encore ta collection de cailloux ?
Le garçon soupire.
— Pas des cailloux, Catty, des fossiles !
il saute du lit, allume une bougie et entraîne sa petite sœur devant un grand tiroir en bois.
— Ces pierres contiennent des restes d’animaux ou de plantes qui ont vécu il y a très longtemps. Je me demande quel âge elles ont. »
Après une adolescence où sa vocation de naturaliste se dessine envers et contre tout, le jeune Charles Darwin obtient enfin la permission d’embarquer, en décembre 1831, sur le Beagle : son tour du monde va révolutionner les sciences naturelles !
Ce roman historique accessible dès 7 ans est complété par des pages documentaires qui replacent cette aventure intellectuelle dans un XIXe siècle en plein ébullition. Il faudra sans doute aider les jeunes lecteurs à lire les mots anglais – une bonne initiation aussi.

Dès 7 ans

Pascale Bouchié, L’incroyable destin de Charles Darwin et la théorie de l’évolution, illustrations de Simon Bailly, Bayard Jeunesse, coll. « Les romans doc », 2018, 48 p., 6,50 € — Imprimé en France

Sophie Humann, Infirmière pendant la Première Guerre mondiale, journal de Geneviève Darfeuil, Houlgate-Paris, 1914–1918

Sophie Humann, Infirmière pendant la Première Guerre mondiale, journal de Geneviève Darfeuil, Houlgate-Paris, 1914–1918

« Mercredi 25 novembre 1914 – Maman m’apprend à tricoter. J’ai commencé un cache-nez pour André. Le froid arrive : il faut penser à équiper nos soldats. Les journaux disent qu’ils ont creusé des tranchées et s’enterrent pour se protéger de l’ennemi. » Il y a déjà plusieurs mois que la jeune Geneviève se confie à son journal intime, commencé un jour d’ennui de juillet 1914. Elle vient d’avoir quatorze ans et va vivre son adolescence au rythme de la Grande Guerre. Papa, chirurgien, se dépense sans compter ; de ses trois frères, André est officier, Henri brancardier, le plus jeune, Jules, encore collégien. Henri meurt d’une balle perdue en juin 1915 ; André, gazé, s’éteint au printemps 1919.
Avec sa mère, Geneviève s’efforce d’aider les soldats, puis obtient la permission de devenir infirmière. Dignité, compassion, engagement, discrétion, abnégation, vocation : il en fallait pour vivre « à l’arrière » quand chaque journée apportait son lot de deuils et de chagrins.
Enfin, un beau « lundi 11 novembre 1918 – Les cloches de Paris se sont envolées. Les habitants se sont embrassés. La guerre est terminée. Aujourd’hui, j’ai dix-huit ans. »
Un roman dans lequel chaque détail révèle ce qu’était la vie quotidienne d’une adolescente au début du XIXe siècle – de la chaise longue en rotin au porte-plume, et jusqu’à la « petite croix rouge » brodée sur la première blouse blanche.

Dès 12 ans

Sophie Humann, Infirmière pendant la Première Guerre mondiale, journal de Geneviève Darfeuil, Houlgate-Paris, 1914–1918, Gallimard Jeunesse, coll. « Mon histoire », 2012, 160 p., 9,95 € — au format Kindle : 7,49 €