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Un coup d’œil aux dernières publications
Michel Laporte, 12 récits de l’Enéide
De la part d’Hélène Toulhoat — Après le désastre qui met fin à guerre de Troie, Enée, prince troyen, parvient à s’enfuir avec son père et son fils. Accompagnés par une poignée d’autres rescapés, ils prennent la mer en direction du Latium. Or les Dieux, à la fois guides et mauvais génies, vont un peu s’amuser avec ces Troyens en déroute !
Racontés sous forme de courtes histoires qui peuvent être lues indépendamment les unes des autres, ces douze récits, parmi les plus susceptibles de frapper l’imagination des enfants, ont été, non pas vulgairement « caviardés », mais élégamment dépoussiérés. L‘écriture, quoique modernisée, en restitue l’attrait et la vivacité qui, depuis plus de deux mille ans, savent si bien nourrir l’esprit des petits et des grands.
Dès 7 ans
Michel Laporte, 12 récits de l’Enéide d’après Virgile, Flammarion Jeunesse, 2019, 203 p., 5,50 € — Illustrations de Fred Sochard. Imprimé en France
Louis Pergaud, La Guerre des boutons
Chic alors ! J’ai trouvé l’édition originale de 1977 illustrée par Claude Lapointe pour quelques euros chez Emmaüs !
« Tout était désert et silencieux. Le chef resta seul pendant que les quatre autres revenaient en arrière pour faire le guet. Alors prenant son bout de craie au fond de sa profonde, haussé sur ses orteils aussi haut que possible, Lebrac inscrivit sur le lourd panneau de chêne culotté et noirci qui fermait le saint lieu, cette inscription lapidaire qui devait faire scandale le lendemain, à l’heure de la messe, beaucoup plus par sa crudité héroïque et provocante que par son orthographe fantaisiste :
Tou lé Velrant çon dé paigne ku !
Et quand il se fut, pour ainsi dire, collé les quinquets sur le bois pour voir “si ça avait bien marqué”, il revint près des quatre complices aux écoutes et, à voix basse et joyeusement, leur dit :
– Filons !
[…] ils regagnèrent Longeverne et leur domicile respectif en attendant avec confiance l’effet de leur déclaration de guerre. »
Mes petits-fils avaient écouté le podcast, histoire d’enrichir leur vocabulaire avec la bénédiction de leurs parents. Verdict : « Ils ressemblent bien à ça, Lebrac et Grangibus ! » Crayons machouillés, casquettes pelées, godillots éculés et zizis à l’air : en effet, il fallait bien toute l’impertinence de Claude Lapointe (1938–2024) pour illustrer cette Guerre des boutons. « Qu’est-ce que c’est t’y que ça, des couilles molles ? »
Dès 12 ans
Louis Pergaud, La Guerre des boutons, illustrations de Claude Lapointe, Gallimard, 1977. Quelques euros en brocante, avec de la chance.
La réédition avec une autre couverture : Gallimard Jeunesse 2011, 256 p., 14,90 €
Nombreuses éditions de poche (attention, il y a des versions abrégées).
Guirec Soudée, À l’abordage !
Votre enfant rêve d’aventure, de liberté, de grands espaces ?
Et vous, vous cherchez un livre qui lui montre que croire en ses rêves, c’est possible ?
Ce roman pourrait bien faire naître des vocations.
Il s’agit de À l’abordage !, écrit par Guirec Soudée, et publié chez Michel Lafon Jeunesse.
Je le recommande à partir de 10 ans, à lire avec une mappemonde à ses côtés, pour suivre les trajets extraordinaires.
C’est l’histoire vraie d’un jeune Breton, Guirec, qui décide de partir seul autour du monde en bateau.
Enfin… presque seul, puisqu’il embarque avec lui une passagère inattendue : une poule, qui deviendra sa mascotte.
Ainsi, au fil du voyage, il affronte les tempêtes, la solitude, le doute…
Et il vit même plusieurs mois dans le Grand Nord, son bateau prisonnier de la glace, lors d’une retraite volontaire hors du temps.
Ce que j’aime particulièrement dans ce livre, c’est que c’est une histoire vraie, accessible aux jeunes lecteurs.
On y découvre un aventurier contemporain, dans la grande lignée de ceux qui osent sortir des sentiers battus.
Enfin, c’est un récit qui transmet un message fort aux enfants :
Avoir des rêves, y croire, et persévérer, même quand cela semble impossible !
Idéal pour les enfants qui aiment les histoires vraies, les grands voyages ou la mer.
Parfait aussi pour les jeunes lecteurs qui ont besoin de s’évader.
Bref, un livre qui donne envie d’oser, d’explorer… et de croire en ses rêves, même les plus fous.
Marjorie Lebourg