Thème

De 9 à 10 ans

Marie Bertiaux, Le secret du château – Camino, tome 3

Pour Martin, Alice, Agathe et Benjamin, il est temps de chausser leurs bonnes chaussures de randonnée et de bâter Gribouille, leur ânesse grise. D’autant plus que Filou, le labrador, sera aussi de la partie. « Cette année nous atteindrons Compostelle » a dit Papa, mais c’est sans compter… la course-poursuite d’un voleur, une châtelaine au lévrier mystérieusement disparue, une chasse au trésor dans un vieux château au cœur de la nuit… Et sans compter aussi avec une Maman enceinte, un peu fatiguée au fil des étapes. Décidément le Camino réserve bien des surprises !
Marie Bertiaux, mère de famille et jeune auteur, part chaque année en famille avec un âne sur les chemins de Compostelle. S’inspire-t-elle d’anecdotes vécues, ou laisse-t-elle son imagination vagabonder sur le chemin ? Sans doute un peu les deux, ce qui donne un roman d’aventures bien ancré dans la vie réelle d’une famille de pèlerins. Où les mèneront les prochaines étapes ?

Dès 8ans

Marie Bertiaux, Le secret du château – Camino, tome 3, illustrations de Céline Guinement, Editions Plein Vent, 2021, 152 p., 9,90 € — Imprimé en France

Louise Guillemot, Parménide et la fille du Soleil

« Il était une fois…
Il était une fois quoi ?
Il était une fois un roi qui mangeait des petits pois sur un sofa de soie. »
Rien de tel qu’une comptine absurde pour captiver son auditoire ! Louise Guillemot, jeune normalienne agrégée de lettres classiques, a sorti de son sac à malices tous les ingrédients nécessaires pour faire entrer ses lecteurs à pas menus dans un univers franchement complexe : celui du philosophe grec Parménide d’Elée, qui vécut au tournant du VIe et du Ve siècle avant notre ère. La fille du Soleil, c’est la jeune Phoebé, Phoebé la Lumineuse, qui va nous conduire à la recherche de la Justice et de la Vérité, en passant par la fiction et le réel, sans oublier le principe de non-contradiction. Quel chemin emprunter ? Celui qui s’appelle « EST », ou celui qui s’appelle « N’EST PAS » ? Celui qui va très loin, ou celui qui est d’emblée impraticable ? Fidèles à leur ligne éditoriale, les Petits Platons font rimer poésie et philosophie, dans un conte finement illustré. Les papiers de soie découpés, tout légers de Lauranne Quentric nous font retrouver toute la luminosité grecque – et il en faut pour ne pas se perdre dans la nuit !

De 9 à 99 ans (selon l’éditeur !)

Louise Guillemot, Parménide et la fille du Soleil, illustrations de Lauranne Quentric, Les Petits Platons, 2021, 64 p., 14 € — Imprimé en Union Européenne.

David Hawcock, Rome antique – Pop-up

En huit doubles pages animées de superbes pop-up, les enfants voyageront avec émerveillement dans la Rome antique :              après un panorama du forum, une visite du Sénat s’impose, suivie d’un combat de gladiateurs au Colisée. Comment était organisée l’armée romaine ? Quels dieux honoraient les Romains ? Quels spectacles étaient donnés au théâtre de Pompée ? Après un bref repos dans l’atrium d’une villa, filons au Circus Maximus ! Les pop-ups sont accompagnés de textes courts, faciles à lire. Une initiation bienvenue à l’Antiquité romaine.

Dès 7 ans

David Hawcock, Rome antique – Pop-up, Nui-Nui jeunesse, 2021, 12,90 € ‑traduit de l’anglais par Baptiste Levy-Gastaud, Imprimé en Chine

Marie Chartres, Un caillou dans la poche

Sur cette île, 216 habitants, 6 élèves dont Tino, beaucoup de vieux… et soudain, 24 enfants qui déboulent du bateau en classe verte. Parmi eux, une fillette en salopette violette, Antonia, « une fille super-énervante et super-mystérieuse, qui connaît presque tout à l’exception des crottes de lapin », explique Tino, 10 ans, le héros de cette belle histoire d’amitié. Un petit garçon aventureux, qui connaît son île comme sa poche, et qui se pose aussi beaucoup de questions sur le monde. Selon lui, même si « les mots sont trop petits ou trop grands pour raconter ce que l’on ressent vraiment » « le monde est minuscule et la nature grandiose ». Et puis, Sein, malgré les tempêtes, la pêche aux bigorneaux et les cache-cache dans les fougères, c’est bien petit, et « la question de l’infini l’inquiète ». Enfin, pas tant que la marée haute, que les enfants n’ont pas vu venir et qui les isole sur une « île dans l’île ». Une aventure qui se terminera autour de piles de crêpes ! L’écriture de Marie Chartres est pleine de surprises, joyeuse et profonde à la fois, gourmande et drôle. Quel plaisir de lire des romans écrits dans un français généreux et pétri d’humour, et non pas conçus industriellement avec 200 mots pour être traduits dans le monde entier. Les aquarelles de Jean-Luc Englebert, lumineuses et sobres, font un clin d’œil au style d’un Sempé d’aujourd’hui. Un roman bien sympathique pour garder sur la peau le goût des embruns !

Dès 9 ans

Marie Chartres, Un caillou dans la poche, illustrations de Jean-Luc Englebert, L’Ecole des Loisirs, 2021, 128 p., 12,50 €

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers

Des « Feuilles mortes » de Pernette Chaponnière qui annonce si bien l’automne, à l’« Hymne au soleil » d’Edmond Rostand, cette anthologie de poésies françaises rassemble quelques pépites de notre patrimoine culturel. Charmantes comptines pour les plus jeunes, fables optimistes pour les 7/9 ans, tirades et alexandrins sonnants pour les plus grands – autant de textes que chacun découvrira avec un bonheur sans pareil.
Comme le précise dans sa préface Anne Coffinier, à qui l’on doit cette sélection, « pas d’académisme, mais la défense et l’illustration joyeuses d’un art aux mille vocations, dans une langue simple et restituée dans son originalité la plus pure ». Les illustrations, gaies et lumineuses, ouvrent toutes grandes les portes du rêve. A apprendre avec le cœur !

Dès 5 ans et pour toute la famille

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers, illustrations d’A. Bureau, de V. Cognet, C. Cordasco, E. Lapeyre et V. Liang, Editions Critérion et la Fondation pour l’école, 2018, 96 p., 16,90 €. Imprimé en Slovénie.

Paul Beaupère, Les folles aventures de la famille Saint-Arthur — On va gagner, on vous le jure (t 9)

« — C’était peut-être pas une bonne idée de se porter volontaires pour organiser ce truc… » Ce truc, c’est la kermesse de l’école, et les parents Saint-Arthur, épuisés, font le point après une réunion aussi houleuse qu’hilarante (au moins pour les lecteurs). Mais le vrai souci, c’est celui du gros lot de la tombola ! Et papa doit trouver « une idée forte une idée nouvelle, une idée… » La solution se trouvera-t-elle dans le colis envoyé par papy ? Mais un collier en cuir avec une petite plaque dorée et une cloche en cuivre, est-ce vraiment un gros lot ? Que nenni, « le reste sera livré le jour de la kermesse, tout est prévu ». Les prévisions de papy se conjuguant parfaitement avec l’imprévu, voilà que cette histoire de gros lot occupe les nuits de papa, les cauchemars de la directrice et les fantasmes de toute l’école…
En mineure, les lecteurs apprécieront les efforts de Brune et de ses camarades pour aider Pénélope à avoir des bonnes notes et à retrouver l’estime d’elle-même – même si certaines méthodes ne sont pas des plus honnêtes !
Comme toujours – nous en sommes au 9e tome – la famille Saint-Arthur vit à 100 à l’heure, et comme toujours, qui lâcherait le roman en route ? Même pour une course en sac ou une barbe à papa !

Dès 8 ans

Paul Beaupère, Les folles aventures de la famille Saint-Arthur — On va gagner, on vous le jure (t 9), Mame, 2020, 160 p., 10 € — Imprimé en Italie

Marcel Aymé, Le Problème

« Penchées sur leurs cahiers de brouillons, Delphine et Marinette sanglotaient. Le chien vint se planter entre leurs deux chaises et, posant ses deux pattes de devant sur la table, leur passa plusieurs fois sa langue sur les joues.
— Est-ce qu’il est vraiment si difficile, ce problème ?
— S’il est difficile ! Soupira Marinette. C’est bien simple. On n’y comprend rien.
— Si je savais de quoi il s’agit, dit le chien, j’aurais peut-être une idée. […]
— Ne vous découragez pas. Le problème a beau être difficile, on en viendra à bout. Je vais réunir toutes les bêtes de la maison. A nous tous, on finira bien par trouver la solution. »
Entre les chênes, les hêtres, les bouleaux, les bois de la commune, les ares et les hectares, comment s’y retrouver ? Voilà que la petite poule blanche a une idée…
May Angeli illustre de ses bois gravés un nouveau conte de Marcel Aymé, toujours aussi malicieux et imprévisible. Qui a donc eu la chance d’inviter dans sa classe le cheval, le cochon et le sanglier ?

Dès 8 ans

Marcel Aymé, Le Problème, illustrations de May Angeli, Les Editions des Eléphants, 2020, 44 p., 16,50 € — Imprimé au Portugal

Marcel Aymé, L’Eléphant, illustrations de May Angeli, Editions des Eléphants, 2019, 48 p., 16,50 €
Marcel Aymé, Les Boîtes de peinture, bois gravés de May Angeli, Les Editions des Elephants, 2018, 48 p., 15 €.

Carl Norac, La Harpe de la Reine ou le journal intime de Marie-Antoinette

« Je vais vous raconter des secrets que mes amies, princesse de Lamballe ou duchesse de Polignac, ne devinent même pas. Mais pas d’impatience, jouons, je veux écouter votre musique. Notre musique.
Il suffit qu’une harpe soit dans la pièce pour qu’un sourire me vienne et que je devienne, plus que Reine ou femme, une rêveuse de jour. »
Avec ce « journal intime de Marie-Antoinette », Carl Norac nous offre une merveilleuse plongée dans la vie musicale de Versailles au XVIIIe siècle. Marie-Antoinette se confie à sa chère harpe : savez-vous qu’elle en jouait plus d’une heure par jour avec son professeur ? Carl Norac raconte avec beaucoup de pudeur la vie de cette jeune reine si mal aimée, qui reprend vie avec la voix de la comédienne Marina Hands. Après l’évocation des heures heureuses, l’album se termine par un cauchemar où le « carrosse devient un chariot » — non, en fait, il se termine par le rondo du Concerto pour harpe et orchestre n°5 de Jean-Baptiste Krumpholtz, magnifiquement interprété par le harpiste Xavier de Maistre et les Arts Florissants de William Christie – excusez du peu ! L’album grand format est illustré par Eric Puybaret, qui n’a pas son pareil pour peindre les rêves, fussent-ils ceux d’une reine de France. Plaisir des yeux, plaisirs des oreilles – à déguster avec quelques jolis macarons !

Dès 8 ans

Carl Norac, La Harpe de la Reine ou le journal intime de Marie-Antoinette, illustrations d’Eric Puybaret. Un livre CD raconté par Marina Hands, avec Xavier de Maistre à la harpe et Les Arts Florissants de William Christie, Editions Little Village et Harmonia Mundi, 2019, 60 p., 22 € — Imprimé en Europe.

Jean de la Fontaine, Fables choisies et illustrées par Henri Galeron

Le 8 juillet 2021 a vu le 400e anniversaire de Jean de la Fontaine – madame la Chouette aurait-elle choisi le parti du Lièvre, pour arriver un peu tard au but ? Henri Galeron a fait le choix très judicieux de 42 fables, mêlant fables connues, telles Le Lièvre et la Tortue, Le Corbeau et le Renard, ou Le Chêne et le Roseau, et d’autres qu’il serait dommage d’oublier, comme Le Singe ou La Tortue et les deux canards. Ses illustrations sont un régal pour l’œil : ses animaux, peints avec la minutie d’un zoologue, nous ressemblent tellement…

Pour toute la famille

Jean de la Fontaine, Fables choisies et illustrées par Henri Galeron, Editions des Grandes Personnes, 2021, 56 p., 17,50 €

Annie Pietri, Scoop à Versailles, L’affaire des treize pièces d’or

« Elle vivait à la cour du Roi-Soleil. Lui sortait tout droit du ruisseau.
— Comment t’appelles-tu ? reprit-elle d’un ton autoritaire.
— Gaspard. Gaspard Janvier. Je viens juste d’avoir douze ans.
Il posa un regard courageux sur celle qui venait de le surprendre… Un regard de petit chat sauvage prêt à se défendre.
— Et toi ? dit-il.
— Louise-Françoise.
— Tu es vraiment duchesse ? »
C’est en effet sous la table d’un banquet que se fait cette rencontre insolite entre Louise-Françoise de Bourbon, fille de Louis XIV et de Mme de Montespan, et le jeune Gaspard, inventé pour les besoins du roman. Apprenti journaliste, ce dernier cherche quelques anecdotes sur le prochain mariage d’Anne-Marie d’Orléans et du duc de Savoie. Et justement, la bague de fiançailles et les treize pièces d’or qui accompagnent ce présent ont disparu… Le début d’une enquête palpitante au cœur du château de Versailles ! Un domaine que connaît très bien Annie Pietri, auteur des Orangers de Versailles et de L’espionne du Roi-Soleil. Le premier tome d’une nouvelle série, dans laquelle l’enquête policière ne fait pas d’ombre à la rigueur historique, le tout à la hauteur des jeunes lecteurs d’aujourd’hui.

Dès 9 ans

Annie Pietri, Scoop à Versailles, L’affaire des treize pièces d’or, illustrations de Mégane Lepage, Gallimard Jeunesse, 2021, 128 p., 9,90 € — Imprimé en Italie.

Timothée de Fombelle, Esther Andersen

« C’était les vacances. Le premier jour, je prenais le train tout seul avec ma valise. C’était chaque fois le plus beau jour de ma vie. Je regardais les gens. Le contrôleur m’appelait “jeune homme”. » Et depuis quelques pages déjà, nous aussi, nous sommes assis dans ce compartiment, dans ce train qui traverse une campagne gorgée de soleil… Qui arrivera chez l’oncle Angelo ? Qui aura la chance de vivre dans son capharnaüm, de partir sur un vélo trop grand entre les maïs et les pruniers ?
« Avec le temps, le vélo avait fini par devenir presque à ma taille. [….] Les vacances avaient la forme d’un escargot avec la maison au centre, et je faisais des cercles de plus en plus grands pour tenter d’arriver au bord. Et puis un jour, un été, j’y suis arrivé. C’était là et je ne l’avais jamais su. » C’était là… la mer, l’immensité. Et puis, sur la dune, une « petite Anglaise », celle qui donne son nom à l’album. Les dessins et les aquarelles d’Irène Bonacina répondent au texte si épuré de Timothée de Fombelle. Le clin d’œil au Petit Nicolas dessiné par Sempé donne à l’album un léger flou qui enchantera les adultes, de même que le savant emploi de l’imparfait. Quant aux enfants, ils n’auront qu’une envie : aller à la recherche de tous les chiens perdus ; enfin, si peu qu’ils aient été perdus par une charmante fillette…
Le grand format de l’album, la qualité de la fabrication et le talent du duo Fombelle – Bonacina valent bien un petit effort financier. D’autant plus que le livre plaira aussi aux plus grands.

Dès 7 ans

Timothée de Fombelle, Esther Andersen, illustrations d’Irène Bonacina, Gallimard Jeunesse, 2021, 72 p., 24,90 € — Imprimé en Italie

Emilie Vast, L’herbier d’Emilie Vast, Arbres feuillus d’Europe

Savez-vous que « dans la mythologie germanique, l’alisier est dédié à Thor, dieu du Tonnerre » ? Que Zeus a créé le châtaignier « en mémoire de la chaste nymphe Nea » ? Et que l’arbre que nous nommons acacia est en fait un robinier, du nom de Jean Robin, botaniste du XVIIe siècle ?
À la fois petit traité de botanique et livre d’images, cet herbier met en regard la branche de l’arbre munie de ses feuilles, fleurs et fruits, avec la découpe très épurée de la feuille. Mythologie, anecdotes et fonctions de ces dix-huit Feuillus d’Europe sont également évoquées dans cet objet poétique à usage pratique. Il ne reste plus qu’à aller ramasser une feuille de chacun de ses arbres, de la dessiner ou de la faire sécher.
Ce livre a reçu une mention au Bologna Ragazzi Award en 2010.

Dès 8 ans

Emilie Vast, L’herbier d’Emilie Vast, Arbres feuillus d’Europe, Editions MeMo, 2009, 40 p., 16 €
Du même auteur, dans la même collection :
Emilie Vast, L’herbier, plantes sauvages des villes, 2011, 40 p., 16 €
Emilie Vast, L’herbier, petite flore des bois d’Europe, 2010, 40 p., 16 €