Thème

Science-fiction, uchronies, dystopies

George Orwell, La Ferme des animaux

« Quelle est donc, camarades, la nature de notre existence ? Regardons les choses en face : nous avons une vie de labeur, une vie de misère, une vie trop brève ! […] tout le produit de notre travail, ou presque, est volé par les humains. Camarades, là se trouve la réponse à nos problèmes. Tout tient en un mot : l’Homme. » La révolte gronde à la ferme. La révolte ? Non, la révolution ! Les cochons chassent le fermier, mais les ennuis vont vite commencer… Ce court roman, tenant de l’apologue, de la fable et de la dystopie, est paru en 1945, à une époque où régnait en Angleterre une sorte d’autocensure à l’égard de tout discours un tant soit peu antisoviétique. Il ne s’agit donc pas là d’un roman antispéciste ou vegan mais bel et bien d’une critique acerbe du stalinisme et des régimes totalitaires. Démodé ? Que non !
Si le roman existe en de nombreuses éditions de poche, cet album illustré par Quentin Gréban donne encore plus de vigueur à ce texte lucide et toujours actuel.

Dès 10 ans

George Orwell, La Ferme des animaux, illustrations de Quentin Gréban, Mijade, 2021, 30 € — Traduit de l’anglais par Jean Quéval. Imprimé en Belgique

Odile Haumonté, Le Miroir du Roi

Deux adolescents, dans un royaume imaginaire d’une Europe troublée par la guerre de Cent Ans. L’un, François, dans son pourpoint bleu azur, s’apprête à être couronné. L’autre, Philippe, vêtu d’une simple chemise blanche, l’encourage d’un franc sourire de connivence, comme seuls deux frères peuvent en échanger. Et pourtant… Rien ne peut distinguer les deux frères jumeaux, et c’est là une terrible malédiction (un peu tirée par les cheveux, mais sinon, pas de roman !). Officiellement, il n’existe qu’un seul prince, Philippe-François ! Chaque garçon vivra à tour de rôle sur le devant de la scène, son jumeau restant caché – du mieux possible. Au-delà de toutes les confusions imaginables, cocasses ou plus complexes, Odile Haumonté fait revivre dans ce roman les belles valeurs de la chevalerie : amitié, courage, loyauté, sens des responsabilités, seront mis à rude épreuve dans ce jeu de cache-cache princier. Rassurez-vous, la malédiction initiale sera levée !

Dès 12 ans

Odile Haumonté, Le Miroir du Roi, Pierre Téqui éditeur, 2020 (1ère édition en 2005), 244 p., 14,90 € — Imprimé en France

Delphine Gosset, Robules

Delphine Gosset, Robules

Hator et sa sœur Suma sont en vacances chez leur oncle Niels, programmeur de son métier. Ce dernier leur offre un chien – mais un chien pas ordinaire, un chien robot, vite baptisé Zip. Avec leurs voisins Phocus et Marnus, les deux filles vont s’amuser à dresser ce robot… A part leurs prénoms farfelus, le quatuor évolue dans notre monde bien actuel – jusqu’à ce que les deux plus jeunes, Hator et Phocus disparaissent sans laisser de traces. Dans un recoin de la cave, Zip transforme « l’une des fissures en un rideau transparent légèrement entrouvert »… derrière lequel Suma et Marnus découvrent un monde étrange. Des « robules », minuscules entités robotisées, au monstre dont l’intelligence se construit de page en page, ils auront fort à faire avant de retrouver Hator et Phocus. Qu’est-ce qui sauvera les enfants de la pure logique de l’intelligence artificielle ? Delphine Gosset, primatologue de formation, fait le pari de l’humour, du rire et de l’imprévisibilité de nos affections – mais sans rien chercher à démontrer, tout en finesse.
Être ainsi plongés dans un jeu vidéo, « pour de vrai », c’est nettement moins drôle que d’y jouer de l’extérieur ! Mais Delphine Gosset s’amuse bien dans ce roman dont elle a pris les manettes : elle y joue, non sans ruse et humour, avec les jeunes lecteurs qui ne regretteront pas d’avoir, pour une fois, quitté leurs écrans pour découvrir un univers parallèle, dans un roman d’aventures façon « Club des Cinq ».

Dès 10 ans

Delphine Gosset, Robules, Alice Editions, coll. « Deuzio », 2021, 262 p., 12 €

Erik L’Homme, Nouvelle Sparte

Nouvelle Sparte sort en format poche ! L’occasion de republier ma chronique sur ce roman fascinant ! « Alexia prononça les paroles rituelles qu’elle n’avait pas le droit de prononcer – il n’y avait aucun serment et aucun vol avant la troisième année académienne. “Belle squaline… Je te confie ma vie… Emporte-moi dans le ciel…“La porte devant elle s’ouvrit automatiquement quand le caisson fut plein. Alexia enclencha l’aqua-mode, actionna le levier de commande. La squaline se faufila-glissa dans l’obscurité froide des profondeurs du Baïkal. Le cœur d’Alexia vibrait d’une excitance totale. » Car la jeune fille a enfreint les lois de la Nouvelle-Sparte, cette cité recréée sur les rives du Baïkal après les Grands Bouleversements qui avaient, deux siècles plus tôt, « renversé les pays du Monde‑d’avant ». Aux commandes de son engin, Alexia n’a qu’un seul but : aller sauver son ami Valère, aux prises avec de dangereux personnages qui perturbent sa mission dans la sombre Occidie.
Avec leurs jeunes compagnons, Valère et Alexia sont parvenus, quelques semaines auparavant, au terme de leur formation et ont vécu les épreuves de la terrible kryptie. Ils ont entendu le discours de la grande-prêtresse d’Hestia : « La force de la Fédération ne réside ni dans ses satellites-tueurs ni dans ses féroces squalines, mais dans le caractère de ses citoyens ! Leurs vertus – courage, ruse, tempérance – sont le vent qui nous porte vers tous les rivages ! La clef de tous les trésors, le marteau qui forge les patries vivantes, le bouclier sans lequel aucune civilisation ne saurait durer ! » Il était donc temps de passer à l’action !
Erik L’Homme signe ici un roman ambitieux, où la science-fiction se nourrit de l’héritage homérique, que ce soit dans le rythme du récit, dans la création de néologismes (« ils se sourire-lumière ») ou dans les discours du philosophe Goas. Empruntant à la fois à l’Iliade – comment réagir aux attentats qui sèment le chaos dans la cité ? – et à l’Odyssée – Valère est prisonnier en Occidie des charmes d’une sulfureuse Circé -, ce trépidant roman d’aventures futuristes est aussi une belle leçon de vie pour ceux qui ont « l’âge-de-toutes-les-folies ». Rassurez-vous, inutile d’avoir planché son grec ancien au lycée pour entrer dans la Nouvelle-Sparte – mais les hellénistes y trouveront un charme supplémentaire. Les lecteurs de Sylvain Tesson ne seront pas déçus non plus, pour des raisons plus… baïkaliennes.

Adolescents, jeunes adultes

Erik L’Homme, Nouvelle Sparte, Gallimard Jeunesse, coll. « Pôle fiction », 2020, 320 p., 6,90 €

Alain Damasio, Scarlett et Novak

« — Novak, tu viens de battre ton record de fractionné. Veux-tu tweeter la nouvelle à tes amis ? le prévient son appareil.
— Derrière, ils sont à combien ?
Tes concurrents sont à 160 mètres derrière toi. Souhaites-tu définir une ligne d’arrivée virtuelle ? Je te propose le Pont Vinci.
— C’est pas… des concurrents… Scarlett.
Il est 23 h 50. Il est seul. Et il a deux hommes en chasse derrière lui. »
Boris Bershov et Davor Suker. Nationalité inconnue. Leur projet ? Se saisir du brightphone de Novak. Quand ils y parviennent, après un tabassage en règle, Scarlett, l’Intelligence Artificielle qui « anime » son smartphone, ne répond plus qu’à son nouveau propriétaire. Novak sera-t-il définitivement hors-jeu ? Ce très court roman d’Alain Damasio – une nouvelle plutôt – se lit d’une traite et éclaire d’un jour très cru les réalités de demain… presque celles d’aujourd’hui pour ceux qui ne savent déjà plus trouver leur chemin en ville ou écouter chanter les oiseaux. « T’as 50 fenêtres ouvertes mais ton cœur se referme / une vie passée à caresser une vitre / gavé d’images qui ne te prendront jamais dans leurs bras » : en fin d’ouvrage, une postface sous forme de slam met de nouveau en garde contre cette addiction que peut être le smartphone. Quelques termes argotiques ne choqueront pas les adolescents, qui en entendent de bien pires…

Adolescents

Alain Damasio, Scarlett et Novak, Rageot, 2021, 64 p., 4,90 € — Imprimé en Espagne

Howard Phillips Lovecraft, Les Montagnes hallucinées (tome 1)

1930 — Une expédition en Antarctique, quatre sommités scientifiques, seize étudiants. Des conditions climatiques extrêmes. Des découvertes étonnantes : des grottes, des fossiles étranges et puis, soudain, un énorme fossile, ne ressemblant à rien de connu, suivi de cinq comparses. Sont-ce vraiment des fossiles ? Une terrible tempête interrompt les liaisons entre les membres de l’équipe. Quand le narrateur, le professeur Dyer, arrive sur les lieux, il est trop tard : les hommes, comme les chiens, ont été victimes de violences effroyables. A tel point que le narrateur attend deux années pour raconter les événements tragiques et terrifiants vécus par son expédition – car ces créatures… à vous de découvrir ce que Dyer ose enfin raconter, afin de dissuader tout autre projet scientifique. La première partie de ce roman de Lovecraft paru en 1931, chef‑d’œuvre de roman fantastique, est ici illustré de main de maître par François Baranger. Grands espaces gelés, personnages en prise avec des mondes surdimensionnés, vues aériennes et aurores boréales, ruines tourmentées, toute cette inventivité est remarquablement servie par le généreux format du livre (27cm x 35cm). Pour savoir quelle était cette cité labyrinthique, il faudra attendre le tome 2 – sauf à satisfaire à sa curiosité avec un simple livre de poche, ce qui serait dommage.

Grands adolescents et adultes

Howard Phillips Lovecraft, Les Montagnes hallucinées (tome 1), illustrations de François Baranger, Editions Bragelonne, coll. « Les Grands Anciens », 2019, 64 p., 29,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Lettonie.

George Orwell, 1984

George Orwell, 1984

« Derrière Winston, la voix du télécran continuait à débiter des renseignements sur la fonte et le dépassement des prévisions pour le neuvième plan triennal. Le télécran recevait et transmettait simultanément. Il captait tous les sons émis par Winston au-dessus d’un chuchotement très bas. De plus, tant que Winston restait dans le champ de vision de la plaque de métal, il pouvait être vu autant qu’entendu. Naturellement, il n’y avait pas moyen de savoir si, à un moment donné, on était surveillé. Combien de fois, et suivant quel plan, la Police de la Pensée se branchait-elle sur une ligne individuelle quelconque, personne ne pouvait le savoir. » Police de la Pensée, ministère de la Vérité, ministère de l’Amour, « contrôle de la Réalité »… en 1984, « Big Brother vous regarde ».
Aujourd’hui, la Police de la Pensée et la novlangue sont-elles encore de la science-fiction ? Vient de paraître, chez Gallimard, une nouvelle traduction, qui a subi une réécriture très dégradée et… orwellienne : la « novlangue » devient le « néoparler » et la « police de la pensée », la « Mentopolice ». Il est grand temps de se procurer la traduction de 1950, qui, si elle a quelques défauts, a fait passer dans le langage commun quelques termes critiques bien utiles face à notre société de surveillance médiatique.

Adolescents

George Orwell, 1984 — Traduit de l’anglais par Amélie Audiberti (1950). Éditions de poche, dont Folio, 1972, 438 p., 8,90 €, toujours disponible.

Yvon Bertorello et Boris Talijancic, Ad Romam, Le trophée d’Auguste

Antoine, Agathe, Blaise et Julia : quand ces quatre lycéens, par une belle nuit d’été, font le mur pour explorer le trophée d’Auguste, à La Turbie, ils ne se doutent pas des aventures extraordinaires qui les attendent. Par la vertu d’une pièce frappée à l’effigie de l’empereur, Antoine, le premier, va se retrouver en 16 avant J.-C., vêtu d’une cuirasse et armé d’une épée courte pour faire face à l’ennemi. Des allers et retours entre notre époque et les temps anciens permettent de scénariser astucieusement l’histoire de La Turbie et des environs. Car Antoine finira par persuader ses amis de le suivre dans ces sauts de temps. Ses amis et même son professeur d’histoire, intrigué par les fulgurants progrès de son élève.

Adolescents

Yvon Bertorello et Boris Talijancic, Ad Romam, Le trophée d’Auguste, Editions du Rocher, 2020, 60 p., 15,90 € — Imprimé en France

Maylis Daufresne, La Voie des loups

« Ils sont là. L’enfant n’a pas besoin d’étoiles au firmament pour les deviner, les sentir, les entendre presque. Les loups, tapis aux portes du village, rôdent sous les remparts. » Cet enfant, c’est Lodoïs, 8 ans. Il va tenter l’impossible : savoir pourquoi les loups emportent, chaque nuit du Nouvel An, « un enfant aux yeux gris » vers un destin dont personne ne sait rien. Ils ont pris Aénor, Corentin, Awen, Malo, Yann, Alis, Léna, Maé et tant d’autres. Il part avec son baluchon, ses rêves, ses peurs et sept objets magiques que lui confient ces disparus. Pris en chasse par les loups, Lodoïs s’engage dans une longue course-poursuite au cœur de la forêt. Quels mystères lui seront-ils révélés ? Maylis Daufresne tisse un récit fantastique dans lequel s’entremêlent forces et faiblesses, peurs et énergies, et bien peu de certitudes. Son récit polyphonique laisse à chacun le soin de se demander d’où peut venir le mal et comment il convient de passer outre. Sans se laisser impressionner, ni par les loups ni par la noirceur de la nuit. Surtout quand on a des amis fidèles, de ceux avec qui on saute au-dessus de feux que l’on imagine être ceux de la Saint-Jean. La langue poétique, simple et soutenue de Maylis Daufresne crée à elle seule un climat qui nous entraîne au pays des contes. Alors, comme il y a en plus des loups…

Dès 9 ans

Maylis Daufresne, La Voie des loups, Magellan et Cie, coll. « Les P’tits Magellan », 2020, 120 p., 12 € — Imprimé en France

Benjamin Lesage, Les étoiles qui meurent dans le ciel

« “- Je souhaite démontrer que si nous pouvions parvenir à compenser le mouvement astronomique, nous pourrions enrayer la fuite du temps.
— Mmm, je vois… je vois. En gros, tu veux, hum…
— Arrêter le temps.”
Monsieur Troupon éclate d’un rire tonitruant. […]
“Et comment comptes-tu y arriver ?”
En commençant son exposé, l’attitude de Jacques change. Il prend de l’assurance, se redresse, et braque ses yeux sur son hôte. »
Le but secret de Jacques ? Essayer de comprendre pourquoi les étoiles meurent dans le ciel. Tout enfant, il en a vu une s’éteindre et la question le taraude. Aidé par Monsieur Troupon, un milliardaire philanthrope, et par Tom, un ingénieur fou, il entreprend, en Sibérie, la construction d’une incroyable machine. Face à eux, les obstacles sont nombreux. Cela donne l’occasion de voir à l’oeuvre des militants écologistes soutenus par les médias. Et permet aussi de réfléchir à la place de l’éthique dans la recherche scientifique. Des thèmes très sérieux pour ce roman d’anticipation inspiré par Jules Verne. Un roman où la poésie trouve toute sa place : une fois embarqués dans cette curieuse machine, les six voyageurs sauront-ils partager leur expérience ? Qu’est-ce exactement que le temps qui passe ? Rédigé au présent, dans une langue précise et dynamique, le roman se lit d’une traite – vous ne verrez pas le temps passer !

Dès 10 ans

Benjamin Lesage, Les étoiles qui meurent dans le ciel, Editions Courtes et Longues, 2020, 224 p., 16,90 € — Imprimé en France

Yasutaka Tsutsui, La Traversée du temps

« Kazuko Akiyama, élève de troisième, achevait le ménage de la salle de sciences naturelles avec deux garçons de sa classe, Masaru Fukamachi et Goro Asakura. »  Mais au moment d’aller ranger quelques objets dans la salle de travaux pratiques, il lui semble que quelqu’un s’y cache, puis lui échappe. Elle respire alors le parfum d’une éprouvette laissée ouverte, et voilà qu’elle s’évanouit. Les trois jours suivants, rien ne se passe comme d’habitude, jusqu’à ce que la lycéenne s’aperçoive qu’elle vit dans un temps décalé d’une journée. Avant d’en revenir. Puis de repartir. D’où lui vient ce mystérieux pouvoir ? Est-elle devenue folle ? M. Fukushima, le professeur de sciences naturelles, trouvera-t-il une explication logique ? Que pourront ses deux amis, Masaru et Goro ? Le lecteur, lui, plonge dans un espace-temps qui lui est connu par les mangas : celui des lycéens japonais, introvertis, raisonnables et soucieux de ne pas se faire remarquer… ce qui ne marche pas à tous les coups ! Ce roman paru en épisodes en 1965 au Japon, a inspiré le film d’animation japonais La traversée du temps réalisé par Mamoru Hosoda. Romantisme et science-fiction dans les sixties, un grand classique au charme fou.

Dès 12 ans

Yasutaka Tsutsui, La Traversée du temps, L’École des Loisirs, 2020 (réédition), 103 p., 8,20 € — Traduit du japonais

Bertrand Puard, Clepsydre sur Saône

Comment et pourquoi Alicia et Ewan, jeunes aventuriers d’un futur orwellien, parcourent-ils le temps et l’espace, de la Gaule romaine à la Judée, de la Grèce de Pythagore au Yucatan ? Leur mission ? « Remettre le temps en ordre ». Tout a commencé en Normandie – voir Clepsydre sur Seine. Maintenant, Ewan doit solliciter Chronos, le dieu du temps, mais surtout sa jugeotte et son énergie, pour éviter le pire : la main mise sur le monde de Mickey Vermogen, ex majordome de la famille d’Alicia devenu président des Etats-Unis. A chacune de ses étapes (sauf chez les dinosaures du Yucatan !), il trouvera pour l’aider une mystérieuse communauté, celle de la Clepsydre, cet instrument à eau qui permet de compter le temps. Un temps distordu, hallucinant, où les heures valent des minutes, ou inversement… « Heureusement, les Compagnons de la Clepsydre, gardiens millénaires des cristaux du temps, veillent. » Et conservent l’espoir que la mission d’Alicia et d’Ewan réussira.

Dès 12 ans

Bertrand Puard, Clepsydre sur Saône, Editions du Rocher, 2020, 260 p., 12,90 € — Imprimé en France