Thème

Science-fiction, uchronies, dystopies

Howard Phillips Lovecraft, Les Montagnes hallucinées (tome 1)

1930 — Une expédition en Antarctique, quatre sommités scientifiques, seize étudiants. Des conditions climatiques extrêmes. Des découvertes étonnantes : des grottes, des fossiles étranges et puis, soudain, un énorme fossile, ne ressemblant à rien de connu, suivi de cinq comparses. Sont-ce vraiment des fossiles ? Une terrible tempête interrompt les liaisons entre les membres de l’équipe. Quand le narrateur, le professeur Dyer, arrive sur les lieux, il est trop tard : les hommes, comme les chiens, ont été victimes de violences effroyables. A tel point que le narrateur attend deux années pour raconter les événements tragiques et terrifiants vécus par son expédition – car ces créatures… à vous de découvrir ce que Dyer ose enfin raconter, afin de dissuader tout autre projet scientifique. La première partie de ce roman de Lovecraft paru en 1931, chef‑d’œuvre de roman fantastique, est ici illustré de main de maître par François Baranger. Grands espaces gelés, personnages en prise avec des mondes surdimensionnés, vues aériennes et aurores boréales, ruines tourmentées, toute cette inventivité est remarquablement servie par le généreux format du livre (27cm x 35cm). Pour savoir quelle était cette cité labyrinthique, il faudra attendre le tome 2 – sauf à satisfaire à sa curiosité avec un simple livre de poche, ce qui serait dommage.

Grands adolescents et adultes

Howard Phillips Lovecraft, Les Montagnes hallucinées (tome 1), illustrations de François Baranger, Editions Bragelonne, coll. « Les Grands Anciens », 2019, 64 p., 29,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Lettonie.

Erik L’Homme, Nouvelle Sparte

Nouvelle Sparte sort en format poche ! L’occasion de republier ma chronique sur ce roman fascinant ! « Alexia prononça les paroles rituelles qu’elle n’avait pas le droit de prononcer – il n’y avait aucun serment et aucun vol avant la troisième année académienne. “Belle squaline… Je te confie ma vie… Emporte-moi dans le ciel…“La porte devant elle s’ouvrit automatiquement quand le caisson fut plein. Alexia enclencha l’aqua-mode, actionna le levier de commande. La squaline se faufila-glissa dans l’obscurité froide des profondeurs du Baïkal. Le cœur d’Alexia vibrait d’une excitance totale. » Car la jeune fille a enfreint les lois de la Nouvelle-Sparte, cette cité recréée sur les rives du Baïkal après les Grands Bouleversements qui avaient, deux siècles plus tôt, « renversé les pays du Monde‑d’avant ». Aux commandes de son engin, Alexia n’a qu’un seul but : aller sauver son ami Valère, aux prises avec de dangereux personnages qui perturbent sa mission dans la sombre Occidie.
Avec leurs jeunes compagnons, Valère et Alexia sont parvenus, quelques semaines auparavant, au terme de leur formation et ont vécu les épreuves de la terrible kryptie. Ils ont entendu le discours de la grande-prêtresse d’Hestia : « La force de la Fédération ne réside ni dans ses satellites-tueurs ni dans ses féroces squalines, mais dans le caractère de ses citoyens ! Leurs vertus – courage, ruse, tempérance – sont le vent qui nous porte vers tous les rivages ! La clef de tous les trésors, le marteau qui forge les patries vivantes, le bouclier sans lequel aucune civilisation ne saurait durer ! » Il était donc temps de passer à l’action !
Erik L’Homme signe ici un roman ambitieux, où la science-fiction se nourrit de l’héritage homérique, que ce soit dans le rythme du récit, dans la création de néologismes (« ils se sourire-lumière ») ou dans les discours du philosophe Goas. Empruntant à la fois à l’Iliade – comment réagir aux attentats qui sèment le chaos dans la cité ? – et à l’Odyssée – Valère est prisonnier en Occidie des charmes d’une sulfureuse Circé -, ce trépidant roman d’aventures futuristes est aussi une belle leçon de vie pour ceux qui ont « l’âge-de-toutes-les-folies ». Rassurez-vous, inutile d’avoir planché son grec ancien au lycée pour entrer dans la Nouvelle-Sparte – mais les hellénistes y trouveront un charme supplémentaire. Les lecteurs de Sylvain Tesson ne seront pas déçus non plus, pour des raisons plus… baïkaliennes.

Adolescents, jeunes adultes

Erik L’Homme, Nouvelle Sparte, Gallimard Jeunesse, coll. « Pôle fiction », 2020, 320 p., 6,90 €

George Orwell, 1984

George Orwell, 1984

« Derrière Winston, la voix du télécran continuait à débiter des renseignements sur la fonte et le dépassement des prévisions pour le neuvième plan triennal. Le télécran recevait et transmettait simultanément. Il captait tous les sons émis par Winston au-dessus d’un chuchotement très bas. De plus, tant que Winston restait dans le champ de vision de la plaque de métal, il pouvait être vu autant qu’entendu. Naturellement, il n’y avait pas moyen de savoir si, à un moment donné, on était surveillé. Combien de fois, et suivant quel plan, la Police de la Pensée se branchait-elle sur une ligne individuelle quelconque, personne ne pouvait le savoir. » Police de la Pensée, ministère de la Vérité, ministère de l’Amour, « contrôle de la Réalité »… en 1984, « Big Brother vous regarde ».
Aujourd’hui, la Police de la Pensée et la novlangue sont-elles encore de la science-fiction ? Vient de paraître, chez Gallimard, une nouvelle traduction, qui a subi une réécriture très dégradée et… orwellienne : la « novlangue » devient le « néoparler » et la « police de la pensée », la « Mentopolice ». Il est grand temps de se procurer la traduction de 1950, qui, si elle a quelques défauts, a fait passer dans le langage commun quelques termes critiques bien utiles face à notre société de surveillance médiatique.

Adolescents

George Orwell, 1984 — Traduit de l’anglais par Amélie Audiberti (1950). Éditions de poche, dont Folio, 1972, 438 p., 8,90 €, toujours disponible.

Yvon Bertorello et Boris Talijancic, Ad Romam, Le trophée d’Auguste

Antoine, Agathe, Blaise et Julia : quand ces quatre lycéens, par une belle nuit d’été, font le mur pour explorer le trophée d’Auguste, à La Turbie, ils ne se doutent pas des aventures extraordinaires qui les attendent. Par la vertu d’une pièce frappée à l’effigie de l’empereur, Antoine, le premier, va se retrouver en 16 avant J.-C., vêtu d’une cuirasse et armé d’une épée courte pour faire face à l’ennemi. Des allers et retours entre notre époque et les temps anciens permettent de scénariser astucieusement l’histoire de La Turbie et des environs. Car Antoine finira par persuader ses amis de le suivre dans ces sauts de temps. Ses amis et même son professeur d’histoire, intrigué par les fulgurants progrès de son élève.

Adolescents

Yvon Bertorello et Boris Talijancic, Ad Romam, Le trophée d’Auguste, Editions du Rocher, 2020, 60 p., 15,90 € — Imprimé en France

Maylis Daufresne, La Voie des loups

« Ils sont là. L’enfant n’a pas besoin d’étoiles au firmament pour les deviner, les sentir, les entendre presque. Les loups, tapis aux portes du village, rôdent sous les remparts. » Cet enfant, c’est Lodoïs, 8 ans. Il va tenter l’impossible : savoir pourquoi les loups emportent, chaque nuit du Nouvel An, « un enfant aux yeux gris » vers un destin dont personne ne sait rien. Ils ont pris Aénor, Corentin, Awen, Malo, Yann, Alis, Léna, Maé et tant d’autres. Il part avec son baluchon, ses rêves, ses peurs et sept objets magiques que lui confient ces disparus. Pris en chasse par les loups, Lodoïs s’engage dans une longue course-poursuite au cœur de la forêt. Quels mystères lui seront-ils révélés ? Maylis Daufresne tisse un récit fantastique dans lequel s’entremêlent forces et faiblesses, peurs et énergies, et bien peu de certitudes. Son récit polyphonique laisse à chacun le soin de se demander d’où peut venir le mal et comment il convient de passer outre. Sans se laisser impressionner, ni par les loups ni par la noirceur de la nuit. Surtout quand on a des amis fidèles, de ceux avec qui on saute au-dessus de feux que l’on imagine être ceux de la Saint-Jean. La langue poétique, simple et soutenue de Maylis Daufresne crée à elle seule un climat qui nous entraîne au pays des contes. Alors, comme il y a en plus des loups…

Dès 9 ans

Maylis Daufresne, La Voie des loups, Magellan et Cie, coll. « Les P’tits Magellan », 2020, 120 p., 12 € — Imprimé en France

Benjamin Lesage, Les étoiles qui meurent dans le ciel

« “- Je souhaite démontrer que si nous pouvions parvenir à compenser le mouvement astronomique, nous pourrions enrayer la fuite du temps.
— Mmm, je vois… je vois. En gros, tu veux, hum…
— Arrêter le temps.”
Monsieur Troupon éclate d’un rire tonitruant. […]
“Et comment comptes-tu y arriver ?”
En commençant son exposé, l’attitude de Jacques change. Il prend de l’assurance, se redresse, et braque ses yeux sur son hôte. »
Le but secret de Jacques ? Essayer de comprendre pourquoi les étoiles meurent dans le ciel. Tout enfant, il en a vu une s’éteindre et la question le taraude. Aidé par Monsieur Troupon, un milliardaire philanthrope, et par Tom, un ingénieur fou, il entreprend, en Sibérie, la construction d’une incroyable machine. Face à eux, les obstacles sont nombreux. Cela donne l’occasion de voir à l’oeuvre des militants écologistes soutenus par les médias. Et permet aussi de réfléchir à la place de l’éthique dans la recherche scientifique. Des thèmes très sérieux pour ce roman d’anticipation inspiré par Jules Verne. Un roman où la poésie trouve toute sa place : une fois embarqués dans cette curieuse machine, les six voyageurs sauront-ils partager leur expérience ? Qu’est-ce exactement que le temps qui passe ? Rédigé au présent, dans une langue précise et dynamique, le roman se lit d’une traite – vous ne verrez pas le temps passer !

Dès 10 ans

Benjamin Lesage, Les étoiles qui meurent dans le ciel, Editions Courtes et Longues, 2020, 224 p., 16,90 € — Imprimé en France

Yasutaka Tsutsui, La Traversée du temps

« Kazuko Akiyama, élève de troisième, achevait le ménage de la salle de sciences naturelles avec deux garçons de sa classe, Masaru Fukamachi et Goro Asakura. »  Mais au moment d’aller ranger quelques objets dans la salle de travaux pratiques, il lui semble que quelqu’un s’y cache, puis lui échappe. Elle respire alors le parfum d’une éprouvette laissée ouverte, et voilà qu’elle s’évanouit. Les trois jours suivants, rien ne se passe comme d’habitude, jusqu’à ce que la lycéenne s’aperçoive qu’elle vit dans un temps décalé d’une journée. Avant d’en revenir. Puis de repartir. D’où lui vient ce mystérieux pouvoir ? Est-elle devenue folle ? M. Fukushima, le professeur de sciences naturelles, trouvera-t-il une explication logique ? Que pourront ses deux amis, Masaru et Goro ? Le lecteur, lui, plonge dans un espace-temps qui lui est connu par les mangas : celui des lycéens japonais, introvertis, raisonnables et soucieux de ne pas se faire remarquer… ce qui ne marche pas à tous les coups ! Ce roman paru en épisodes en 1965 au Japon, a inspiré le film d’animation japonais La traversée du temps réalisé par Mamoru Hosoda. Romantisme et science-fiction dans les sixties, un grand classique au charme fou.

Dès 12 ans

Yasutaka Tsutsui, La Traversée du temps, L’École des Loisirs, 2020 (réédition), 103 p., 8,20 € — Traduit du japonais

Bertrand Puard, Clepsydre sur Saône

Comment et pourquoi Alicia et Ewan, jeunes aventuriers d’un futur orwellien, parcourent-ils le temps et l’espace, de la Gaule romaine à la Judée, de la Grèce de Pythagore au Yucatan ? Leur mission ? « Remettre le temps en ordre ». Tout a commencé en Normandie – voir Clepsydre sur Seine. Maintenant, Ewan doit solliciter Chronos, le dieu du temps, mais surtout sa jugeotte et son énergie, pour éviter le pire : la main mise sur le monde de Mickey Vermogen, ex majordome de la famille d’Alicia devenu président des Etats-Unis. A chacune de ses étapes (sauf chez les dinosaures du Yucatan !), il trouvera pour l’aider une mystérieuse communauté, celle de la Clepsydre, cet instrument à eau qui permet de compter le temps. Un temps distordu, hallucinant, où les heures valent des minutes, ou inversement… « Heureusement, les Compagnons de la Clepsydre, gardiens millénaires des cristaux du temps, veillent. » Et conservent l’espoir que la mission d’Alicia et d’Ewan réussira.

Dès 12 ans

Bertrand Puard, Clepsydre sur Saône, Editions du Rocher, 2020, 260 p., 12,90 € — Imprimé en France

Jules Verne (d’après), Voyage au centre de la Terre

« Le professeur Otto Lidenbrock et son neveu Axel ont trouvé un message secret très ancien caché dans un vieux livre. » Si ancien qu’il est écrit en runes ! Il y aurait un passage menant au centre de la Terre ! Et les voilà partis ! En 20 pages cartonnées, il ne manque ni les ichtyosaures, ni les plésiosaures, ni les champignons géants, ni le troupeau de mammouths ! De l’Islande au Stromboli, que d’aventures ! L’histoire est décomposée pour être accessible aux plus jeunes : des phrases très courtes, des objets simples, le tout en suivant la trame du livre et en respectant l’imaginaire de l’auteur. Mais l’essentiel, ce sera la voix de Papa pour raconter ce voyage extraordinaire.

Avant 3 ans

Jules Verne (d’après), Voyage au centre de la Terre, illustrations de Marjorie Béal, Editions Balivernes, 2019, 20 p. cartonnées, 9 € — Imprimé en Pologne.

Raphaël Frémont, Le Groupe clandestin

Adrien a retrouvé Astair et Adèle lors d’un intercours. Ils se connaissent à peine mais viennent de vivre une « aventure forestière ». Et sont tous les trois punis.
« — Pas le droit de sortir sans déclarer où je vais et quand je rentre, pendant trois mois.
— Elle n’y est pas allée de main morte, ta directrice, souffle Astair.
— Oui, elle n’a pas apprécié cette idée d’aller voir des arbres millénaires. J’ai eu droit à un sermon interminable sur la loyauté aux Oligarques et le respect des règles sociales. Elle ne veut plus que je vous fréquente, il va falloir rapidement nous séparer. »
Mais cette forêt, Adrien, 16 ans, en rêve et n’a qu’une envie : y retourner ! Comme ses condisciples Astair et Adèle, il vivote dans le pensionnat d’un régime totalitaire, « l’Ordre ». Dix oligarques dirigent d’une main de fer cette société ultra technologique où les libertés individuelles sont restreintes. Dès sa deuxième « fugue » en forêt, il est repéré par une troupe de scouts clandestins. En rejoignant leurs rangs, c’est une vie d’aventure et d’amitié qu’il découvre, avec ses nuits en forêt, ses jeux passionnants, sa saine émulation et ses rires. Mais ces jeunes sont un défi à l’Ordre. Des résistants à l’esprit libre qu’il faut supprimer… L’aventure devient de plus en plus dangereuse.
Après deux romans scouts classiques, Trois foulards dans la tempête (2016) et Le Raid sauvage (2017), Raphaël Frémont plonge les lecteurs dans une dystopie qui devait en faire réfléchir plus d’un : surveillance exacerbée, interdits, protection permanente, dénonciations… Et si nous n’en étions pas si loin ? Les scouts retrouveront avec plaisir grands jeux et aventures diverses, et même des idées pour animer leurs camps. Une petite critique tout de même : le roman est un peu longuet… et dans les cent dernières pages, les « à » et les « a » se mélangent un peu les foulards. Mais cela ne freine en rien ce bon coup de vent frais qui décoiffe autant les héros que les lecteurs !

Dès 12 ans

Raphaël Frémont, Le Groupe clandestin, Editions du Triomphe, 2019, 420 p., 19,90 € — Imprimé en France

Eric Senabre, La seizième clé

« Ici, nous ne sommes nulle part, je vous l’ai dit. Hemyock n’existe pas dans l’espace-temps que vous avez appris à connaître à travers vos livres. Hemyock est hors du temps et de l’espace. Hemyock s’est détaché de la réalité comme une météorite. » Et pourtant, cet immense manoir isolé offre une vie plutôt confortable au jeune Oswald, poète prodige qui fêtera bientôt ses seize ans. Seize ans, et en cadeau, une « seizième clé ». Quelle porte ouvrira-t-elle ? Et que découvrira-t-il derrière cette porte ? Alors qu’il se croyait le seul adolescent vivant à Hemyock, surgit un beau jour Zelah, une bien jolie jeune fille… Avec un seul but : fuir, fuir Hemyock ! Eric Senabre développe avec une belle virtuosité une intrigue à la fois scientifique et philosophique, entre anneaux de Moebius, relativité d’Einstein et effet papillon, sans oublier quelques savants fous à la Edgar P. Jacobs. Vertigineux !

Dès 12 ans

Eric Senabre, La seizième clé, Didier Jeunesse, 2019, 224 p., 15 € — Imprimé en France

David Moitet, Alice

« Pourcentage de la population sujet au somnambulisme : un à quatre pour cent.
Nombre d’élèves atteints à cet étage : cent pour cent moins Samantha O’Donnel.
Conclusion : il se passe un truc très étrange… »
Et Samantha, Sam pour ses amis, de suivre dans les dédales de la tour Alice ces zombies qui, le matin encore, étaient les meilleurs geeks de leur génération, fiers d’avoir intégré le prestigieux institut Alice. Si cette ado surdouée a osé passer le concours d’entrée, ce n’est pas tant pour coder des algorithmes complexes que pour retrouver Arnaud, son seul ami, dont elle n’a plus de nouvelles… La recherche de ce « truc très étrange » va la mener, avec Alex et Arnaud, des tours de la Défense aux Alpes Mancelles, sous le patronage singulier de Lewis Carroll. Sous la forme d’un polar, l’auteur mêle enquête « policière » et récit d’aventure tout en faisant réfléchir sur les dangers de l’intelligence artificielle. Des automates fabriqués par Héphaïstos au célèbre HAL 9000 de L’Odyssée de l’espace, en passant par Pinocchio et Frankenstein, il n’est pas toujours bon que les créatures échappent à leur maître… Car enfin, qui est exactement Alice, richissime et trop parfaite businesswoman ?

Dès 10 ans

David Moitet, Alice, Editions du Rocher, 2019, 164 p., 12,90 € — Imprimé en Bulgarie.