Thème

De 6 à 7 ans

Edmond Rostand, La Brouette

De la part de Mathilde H. Un beau jour d’hiver, Jésus et Saint Pierre descendent du ciel, comme ils en ont régulièrement l’habitude pour réparer certaines injustices. Dans une forêt, ils aperçoivent une vieille femme qui pousse une brouette vide. Saint Pierre s’esclaffe : mais que fait cette femme sans doute un peu folle, qui pousse inlassablement sa charrette ? Jésus ne dit rien…
Ce petit conte en vers d’Edmond Rostand, est à lire pendant l’Avent, au coin du feu !
Une magnifique histoire sur la confiance et la persévérance.
Les vers de Rostand sont sublimés par les magnifiques illustrations d’Astrid Valence dans cet album grand format. Le poème est suivi d’une courte biographie de l’auteur, d’une présentation de son œuvre et d’un lexique.

A lire seul dès 6 ans, et en famille à haute voix.

Edmond Rostand, La Brouette, illustrations d’Astrid Valence, Téqui, 2020, 32 p., 16€

 

Fabrice Colin, Le Roi et l’Enfant

« Gaspard s’était toujours imaginé chevalier. Mais c’était un rêve qu’il gardait enfoui au plus profond de lui. Il n’était qu’un modeste palefrenier, un orphelin sauvé par les bontés du Roi. » Gaspard, 10 ans, a tout de même la chance de vivre dans un Moyen-Age légendaire, auprès de chevaux somptueusement dessinés — portraiturés, disons le mot – par le crayon d’Eloïse Scherrer.
Un matin, le Roi lui-même entra dans les écuries.
« Mon garçon.
Gaspard sursauta. Le Roi ! Le vieux Roi en personne se tenait là, avec ses sourcils en broussaille et son épée plus lourde que la pierre.
— Sire…, murmura l’enfant en posant un genou à terre.
Le monarque lui fit signe de se relever.
— Nous partons en voyage. »
Nous voilà (discrètement ?) montés en croupe derrière Gaspard pour un extraordinaire voyage ! Pourvu qu’Henry, son ami crapaud, et Odile, sa cigogne tutélaire, nous tolèrent tout au long de cette chevauchée initiatique ! Le conte parlera aussi aux plus grands avec ses évocations des paradis perdus et retrouvés, par son approche de la mort et de la transmission des valeurs. Une réussite à saluer, servie par les superbes illustrations d’Eloïse Scherrer – qui, d’un grand sourire, vous dédicace son album d’un délicieux petit cheval ! N’hésitez pas à la rencontrer au gré de ses signatures

Dès 6 ans

Fabrice Colin, Le Roi et l’Enfant, illustrations d’Eloïse Scherrer, Sarbacane, 2021, 48 p., 16,90 € — Imprimé en France

Lionel Tarchala, Là-haut sur la montagne…

Lionel Tarchala, Là-haut sur la montagne…

« Petit Homme Poilu aime se balader dans la montagne, il trouve ça au poil !
Grosse Bête Velue aime le regarder allumer le feu pour se réchauffer, et aussi faire bouillir l’eau pour le thé. Il aimerait bien goûter à cette boisson à l’odeur délicate. » Car Grosse Bête Velue a le nez fin ! Bien cachée, elle observe ce vieil homme dont on devine le bon sourire sous la barbe blanche… et va lui jouer des tours à sa façon, histoire de savoir si nos deux comparses peuvent être « amis pour la vie ». Jouant des bleus, des orangés et d’un trait malicieux, Lionel Tarchala invite le jeune lecteur à partager des aventures dignes d’un western – mais sans pistolet ni « vrais » méchants. Il ne reste qu’à réviser une comptine toute simple et à accepter quelques chatouilles avant de se blottir sous la couette… ou de s’allonger sous les étoiles.

Dès 5 ans

Lionel Tarchala, Là-haut sur la montagne…, Sarbacane, 2021, 40 p., 14,90 € — Imprimé en France

Katerina Gorelik, Regarde par la fenêtre

Katerina Gorelik, Regarde par la fenêtre

« Quelle jolie maison avec un jardin ! Et quelle adorable vieille dame à la fenêtre. » Mais la page tournée, voilà qu’elle apparaît sous son vrai visage : « une affreuse sorcière qui concocte des potions pour transformer ses invités en souris et cafards ». Brr… La maison brûle-t-elle ? Le loup a‑t-il déjà avalé le Petit Chaperon rouge ? Les œufs sont-ils à l’abri dans le poulailler ? Y a‑t-il vraiment un dinosaure dans la maison ? La réponse se trouve derrière chaque fenêtre ouverte… à l’imagination !
Dans cet album, en effet, il ne s’agit pas de regarder au dehors depuis sa fenêtre, mais d’essayer de savoir ce qui se passe derrière la fenêtre de certaines maisons… et de jouer à se faire peur, entre fantômes, sorcières et bestioles peu ragoûtantes souvent sortis des contes les plus connus des enfants… Au passage, on se souviendra aussi que les apparences sont parfois trompeuses, et cela aussi dans la vraie vie.

Dès 5 ans

Katerina Gorelik, Regarde par la fenêtre, Saltimbanque Editions, 2021, 60 p., 15,90

Gudrun Guillaume, Hadès et Perséphone, la ronde des saisons

Gudrun Guillaume, Hadès et Perséphone, la ronde des saisons

« Toute à sa cueillette, Perséphone s’éloigne de ses amies. Voilà de magnifiques narcisses, rayonnants comme des soleils d’or. Mais un éclat plus brillant encore attire son attention. Relevant la tête, elle a juste le temps de voir passer un char doré, tiré par deux chevaux d’un noir d’encre. » Qui donc mène ce char dans le ciel de Sicile ?
Après le beau succès d’Athéna, la déesse aux mille facettes, Gudrun Guillaume raconte aux enfants l’étonnante légende de la ravissante Perséphone, la déesse du printemps.
Quelle est cette jeune fille, si gracieuse avec sa couronne de fleurs ? Hadès ne le sait pas encore, mais celle qui vient d’enflammer son coeur n’est autre que Perséphone, fille de Zeus, dieu du ciel, et de Déméter, déesse de l’agriculture et des moissons. Pour le dieu des enfers, rien ne sera plus comme avant… Sans hésiter, il capture la belle enfant. Mais que deviendra la Terre, si Déméter, dans sa détresse, refuse son aide aux hommes ? Toute la patience d’Iris, la ruse d’Hermès et la sagesse de Rhéa suffiront-elles à adoucir Hadès et Déméter ? Pour les Grecs, la ronde des saisons est donc affaire de dieux et de déesses.
Passant des mondes souterrains, sombres et venteux, aux doux paysages printaniers, Willy rend un vibrant hommage à l’Art nouveau en dessinant un univers étonnant de contrastes et de vitalité. Hadès et Perséphone, la ronde des saisons, est son deuxième album, après Les Douze Travaux d’Hercule.

À partir de 5 ans

Gudrun Guillaume, Hadès et Perséphone, la ronde des saisons, illustrations de Willy, Ed de la Nouvelle Librairie, 24 p., 9,50 € — Imprimé en France

Nicolas Lubin, Alexandre le Grand, l’enfance d’un conquérant

Nicolas Lubin, Alexandre le Grand, l’enfance d’un conquérant

Alexandre le Grand (356 — 323 av. J.-C.) reste, par-delà les siècles, un héros comme l’Histoire en a peu vu. Mais quelle fut sa jeunesse ? Son père, le roi Philippe de Macédoine, lui a donné les meilleurs maîtres. Au gymnase, Alexandre s’entraîne au javelot et à la lutte. A la chasse, son oncle le confronte à un loup. Quand il faut étudier l’Iliade et l’Odyssée, c’est au grand philosophe Aristote que son père le confie.
Mais cela suffit-il pour avoir le courage de dompter un cheval aussi fougueux que Bucéphale ou pour se faire aimer de ses soldats ?
En 338 av. J.-C, la bataille de Chéronée marque, pour Alexandre, le début de quinze années d’aventures et de conquêtes qui le mèneront au bout de la terre, en des lieux encore inconnus des Grecs. C’est ainsi que, malgré son jeune âge, Alexandre de Macédoine bâtira l’un des plus grands empires qui aient jamais existé. Lui qui craignait de ne pas avoir un destin suffisamment glorieux deviendra l’un des personnages les plus connus et les plus admirés de toute l’histoire de l’Europe.
En fin de volume, pour en savoir plus : un glossaire, une frise chronologique et une carte.

Dès 6 ans

Nicolas Lubin, Alexandre le Grand, l’enfance d’un conquérant, illustrations de Maureen Minervois, Éditions de la Nouvelle Librairie, 2021, 28 p., 9,90 € — Imprimé en France

Phoebe Wahl, La Maison bleue

Phoebe Wahl, La Maison bleue

« Léo et son papa vivaient dans une vieille maison bleue à côté d’un grand sapin. » Une bien vieille maison, « mais ils étaient chez eux ». Autour de la maison bleue, les immeubles neufs poussaient comme des champignons… Et puis un jour, Papa expliqua que le propriétaire avait vendu, que la maison allait être démolie, qu’ils devaient déménager… Une fois la colère de Léo calmée, une fois le chagrin ravalé, père et fils prirent leurs pinceaux et laissèrent leur imagination courir sur les murs — « et ils furent un peu moins tristes ». Après ces adieux à la vieille maison, restait à apprivoiser leur nouveau logis. La magie des couleurs allait-elle aussi opérer ? Celles de Phoebe Wahl, expressives et dynamiques, nous font parcourir avec Léo ce moment difficile entre tous, quand il s’agit de quitter une maison que l’on aime pour aller habiter un ailleurs inconnu. L’auteur fit vivre ce duo père-fils dans un joyeux capharnaüm, on les devine plutôt fauchés mais plein de ressources et mille détails de la leur vie quotidienne nous permettent de mieux les connaître. Et s’ils étaient nos voisins ?

Dès 5 ans

Phoebe Wahl, La Maison bleue, Editions des Eléphants, 2021, 40 p., 14 € — Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Ilona Meyer et Caroline Drouault– Imprimé au Portugal

Françoise Laurent, Le Raisin

En ce bel automne, le raisin est sur toutes les tables ! Savez-vous que les chasseurs-cueilleurs de la préhistoire se régalaient déjà de jus de raisin ? « Ils écrasaient les grappes et conservaient le jus dans des jarres de terre. Or un jour, ils en ont oublié une. Le jus a fermenté… Oh ! Il s’est transformé en vin ! » Du vin que nos jeunes lecteurs apprendront à déguster dans quelques années. D’ici là, blanc ou noir, dégustons le raisin au dessert ou au goûter ! « En France, c’est François Ier qui a lancé la mode du raisin de table… son dessert préféré ! Il le faisait venir du Midi de la France, à dos de cheval ou de mulet. » L’auteur insiste aussi sur les méthodes de culture du raisin, opposant les traitements chimiques lourds contre les maladies et les parasites aux méthodes plus naturelles des producteurs écolos ; de même, elle ne fait pas l’impasse sur les traitements après récolte qui visent à conserver et à transporter le raisin, et incite à consommer plus local. Tout en donnant un « truc » si le raisin bio est un peu cher : « On peut ôter une grande partie des produits chimiques en trempant les grappes dans de l’eau contenant du bicarbonate, du vinaigre blanc ou du gros sel ! Des recettes valables pour tous les fruits et légumes ! » Les dessins de Nicolas Gouny pétillent d’humour et d’énergie, un cocktail bien revigorant pour cet automne.

Dès 5 ans

Françoise Laurent, Le Raisin, illustrations de Nicolas Gouny, Editions du Ricochet, coll. « je sais ce que je mange », 2021, 40 p., 12,50 € — Imprimé en Pologne

Miguel Tanco, Toutes petites histoires

De toutes petites histoires, en effet, et sans autre texte qu’un titre… pour deux ! Dans un généreux format à l’italienne, Miguel Tanco propose, face à face, des planches sans paroles qui se répondent sur le même thème – donné par le double titre. « C’est magique ! » : magique de sortir un lapin de son chapeau – enfin, pas vraiment puisque l’artiste pose juste le lapin sur l’épaule de l’apprenti magicien. Magique aussi, d’emporter avec soi un ruban d’herbes hautes après avoir traversé le pré, une bien jolie trouvaille poétique parmi celles qui traversent cet album. Parfois, le sens de l’histoire saute aux yeux, parfois il faut scruter la suite des planches pour trouver ce qui a changé. Un trésor de délicatesse et d’humour sur le thème de l’enfance, un humour léger, de la fantaisie en bouquet, un émerveillement renouvelé à chaque page… sans oublier un bon zeste d’impertinence. A raconter, à se raconter, ou à se laisser raconter, car les petits sauront faire éclore bien des rêves à la lecture de cet album original.

Dès 4 ans

Miguel Tanco, Toutes petites histoires, textes français de Christian Demilly, Grasset Jeunesse, 2021, 80 p., 15,90 € — Imprimé en Espagne

Béatrice Alemagna, Les choses qui s’en vont

« Dans la vie, beaucoup de choses s’en vont. Elles se transforment, elles passent. » Que ce soit le petit bobo, les poux, les larmes, toutes ces petites misères finissent par passer – et même quand les cheveux tombent comme les feuilles mortes, ce n’est pas si grave – et ça, on le voit bien avec ce jeu de calques qui modifient « juste un peu » les images et retiennent l’attention. Car le plus important vient à la fin : « Une seule chose ne s’en va pas. Et ne s’en ira jamais. Jamais. » mais qui n’est jamais dite non plus – c’est, vous l’avez deviné, immuable, solide et perpétuel, l’amour d’un parent pour son enfant. Ce livre d’artiste plein de trouvailles graphiques a obtenu en 2020 le Prix Sorcières.

Dès 4 ans

Béatrice Alemagna, Les choses qui s’en vont, Hélium, 2019, 70 p., 15,90 € — Imprimé en Belgique

Bruno Gibert, Le ver vert

Un « ver vert aux yeux vairons partit de Nevers pour Versailles afin d’y rencontrer le roi. » Pas très fort en histoire, il appelle le Roi Soleil… Vercingétorix ? Le ver vert sera-t-il mis sous les verrous ? A peine sorti d’affaire, « perdu dans ses rêveries, le ver vert ne vit pas le pivert », et ce qui devait arriver arriva… Une histoire désopilante où les mots sont les matériaux d’un jeu littéraire. Si le premier effet du livre est de nous faire rire aux dépends d’un ver idiot, il incite par ailleurs l’enfant à tenter lui-même des acrobaties sémantiques et lexicales. Et comme presque toutes les occurrences de la syllabe « ver » sont… en vert, les jeunes lecteurs apprendront à la reconnaître, parfois bien cachée dans l’herbe.

Dès 4 ans

Bruno Gibert, Le ver vert, Ed La Partie, 2021, 40 p., 13,90 € — imprimé en Italie

Delphine Perret, Le plus bel été du monde

«  — Les jaunes ?
— Trop petites.
— Et les grandes, celles de Fanette ? Esssaie-les.
— Les vertes, ça va, elles sont un peu trouées mais c’est pas grave. »
Scène de la vie quotidienne dans la grande maison de cette grand-mère quand il s’agit de trouver bottes à son pied ! Du grenier, où à défaut de squelettes on trouve « tous les Mickey », aux escaliers sur lesquels il ne faut pas « laisser traîner tes petites voitures », autant de petits riens croqués d’un pinceau léger, léger…
Et celle-ci encore :
« — Allez jouer, on vous appellera pour le dessert.
— Est-ce que c’est le dessert ?
— Pas encore.
Et sur la page suivante :
« Hé ho ! C’est le dessert ! Vous êtes où ? »
Delphine Perret raconte un été qu’un enfant passe avec sa mère, dans la maison de ses grands-parents. Un été parmi d’autres, qui n’a rien d’exceptionnel mais qui, grâce à cette éternelle capacité d’émerveillement de l’enfance, devient « le plus bel été du monde ».
Mère et fils, complices, partagent des moments fugaces, drôles ou tendres, d’une infinie simplicité et beauté : la découverte des oiseaux et des insectes, la cueillette des mûres, l’araignée dans la salle de bains et bien d’autres encore. Des instants dans lesquels tous les enfants se reconnaîtront — même ceux qui n’ont pas de grands-parents à la campagne. Et puis, « On peut manger une glace même quand il pleut ? Oui on peut. » Chez notre Bonne Maman, oui, nous aussi, on peut ! Idéal pour cultiver les souvenirs des vacances et prolonger l’été dans les cœurs.

Dès 5 ans

Delphine Perret, Le plus bel été du monde, Les Fourmis rouges, 2021, 128 p., 18,50 € — Imprimé au Portugal