Thème

Découverte de la nature

Natalie Marshall, Sous l’océan

Natalie Marshall, Sous l’océan

« Qui nage au-dessus des coraux ? » Tirons sur la tirette ! « Un adorable hippocampe. » Et qui se cache derrière les algues ? Combien de goélands volent dans le ciel ? Et hop, une tirette, un dessin, une explication. Mais quand il s’agit de la baleine, la tirette entraîne à elle seule deux images emboitées – jusqu’au grand jet d’eau qui traverse la page. Des couleurs très vives, un carton solide et une foule d’animaux cachés au fond de la mer. Idéal pour les petites mains curieuses.

Avant 3 ans

Natalie Marshall, Sous l’océan, mon joli livre cache-cache, Kimane, 2021, 12 p. cartonnées avec tirettes, 7,95 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Indonésie

Fleur Daugey, Mystères et toiles d’araignée !

« Les araignées étaient déjà sur Terre il y a 240 millions d’années, quand sont nés les dinosaures. » Et pourtant, qui a vraiment envie de jouer avec des araignées… en plastique ? « Elles vivent partout, dans les champs, sur les falaises et même dans nos maisons », rendent beaucoup de services sont néanmoins malaimées. Cet album fait le pari d’apprendre aux enfants et aux adultes à adopter un regard curieux et bienveillant sur ces créatures passionnantes. Saviez-vous que l’argyronète vivait sous l’eau ? Que la misumène changeait de couleur pour se fondre dans le décor et ainsi chasser tranquillement ? Que la femelle Toxeus magnus allaite ses petits avec un liquide qu’elle produit ? À la maison, elles nous évitent bien des piqûres avec leurs toiles qui emprisonnent moustiques et mouches ! Alors, promis, on ne les écrase plus, on ne les aspire plus, on ne grimpe pas sur une chaise en hurlant… et on regarde avec émerveillement les superbes araignées dessinées par Emilie Vanvolsen !

Dès 8 ans

Fleur Daugey, Mystères et toiles d’araignée !, illustrations d’Emilie Vanvolsen, Ricochet, coll. « Ohé la science », 2021, 40 p.,  13,50 € — Imprimé en Pologne

Isabel Thomas, Renarde

Chaudement habillés, nous entrons sous le couvert des bois…  Sur le sol gelé se devinent les traces d’un renard. D’une renarde, plutôt, en chasse pour nourrir ses renardeaux. Les voici, le printemps venu, qui sortent du terrier et jouent à croquer des papillons. Une nuit, ils suivent enfin leur mère à la chasse. Et là, c’est le drame. « La renarde est aveuglée par les phares. La voiture freine… Trop tard. La renarde est projetée… dans un méli-mélo d’herbes écrasées. La renarde se roule en boule, le rythme de son cœur ralentit, son dernier souffle est suspendu dans l’air. » Et nos trois orphelins de regagner leur tanière. Pourtant, le récit ne fait que commencer. Au fil des jours, très naturellement, « la renarde commence à s’estomper » — et même si le mot est poétique, la réalité décrite est strictement biologique. Parce que, « si la mort est la fin d’une vie », « la fin d’une histoire », elle est aussi « un renouveau, le début d’une vie pleine d’espoir », car la dépouille de la renarde va nourrir d’autres animaux, explique l’auteur. L’album se termine par une double page documentaire qui aborde la disparition comme un phénomène naturel avec des mots simples et sensibles. Je ne suis pas assez férue de philo pour faire un rapprochement avec les écoles bouddhistes ou avec les atomistes grecs, mais il y a de cela dans cet album, servi par de superbes illustrations. A conseiller après la disparition d’un animal de compagnie, pas forcément pour aider au deuil d’un proche.

Dès 7 ans

Isabel Thomas, Renarde, illustrations de Daniel Egnéus, Editions Quatre Fleuves, 2021, 48 p., 12,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine.

Olivia Cosneau, Sitelles belles belles

Une sitelle ? C’est un très joli passereau, qui vit dans les arbres, se nourrit d’insectes et de graines, et chante sur plusieurs tons et mélodies. Le dos gris, le ventre orangé, l’œil marqué d’un long trait noir, voici notre vedette du jour. Ou plutôt nos six vedettes, qui d’apprêtent à s’envoler. Ce très beau pop-up se déroule sur une année et rend hommage à la nature et au cycle de la vie, à travers sept scènes animées hautes en couleur, pour suivre l’envol – et l’aventure – des sittelles d’une seule nichée. L’histoire et les illustrations d’Olivia Cosneau permettront aux enfants de découvrir les charmes et les dangers de la vie en forêt… et de s’amuser à reconnaître, planant au-dessus des sittelles ou cachés dans les buissons en pop-up, une quinzaine d’espèces d’oiseaux, mésanges, hirondelles, rapaces, rouges-gorges… mais saurez-vous tous les reconnaître ? Les effets de pop-up, dus à l’ingénieur papier talentueux qu’est Bernard Duisit, sont très réussis : ils donnent l’impression que les oiseaux vont s’envoler « pour de vrai ».

Dès 5 ans

Olivia Cosneau, Sitelles belles belles, ingénieur papier Bernard Duisit, Hélium, 2019, 14 pages cartonnées avec des pop-up et des flaps, 18,90 € — Imprimé en Chine

Lauren Wolk, La montagne qui m’a sauvée

La famille d’Ellie, 12 ans, la narratrice de ce roman, a quitté la ville lors de la Grande Dépression qui a contraint nombre d’Américains à repenser leur vie du tout au tout. La voilà donc installée, vaille que vaille, au pied de la montagne aux Echos, à vivre, ou survivre, de chasse, de pêche, d’un potager et de troc avec les familles voisines. Quand son père se retrouve dans le coma, Ellie va tout faire pour le guérir. Jusqu’à se risquer au sommet de la montagne, où vit une femme réputée un peu « sorcière »… Au fil des pages, elle se lie d’une belle amitié avec Larkin, qui a sculpté pour elle de minuscules objets en bois, et s’avère être le petit-fils de Cate, la « sorcière », autrefois infirmière, mais immobilisée par une grave blessure. Cate, qui pourrait aider à guérir son père, si elle-même s’en sort. Il entre un peu de naïveté dans une série de « coïncidences » romanesques mais l’essentiel n’est pas là : il est dans le courage, la patience, l’abnégation, la débrouillardise, l’empathie dont fait preuve Ellie, dans son amour de la nature, pourvoyeuse de trésors à ceux qui ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Plus qu’un manuel de survie ou qu’une expérience de survivalisme, le roman met en valeur des adolescents positifs, qui ne rechignent ni à couper du bois, ni à récolter du miel sauvage, ni à se priver de nourriture pourvu que la chienne puisse allaiter ses petits. Ellie, libre comme l’air, choisit de faire face, d’être responsable de la santé des autres, et voit s’affirmer sa vocation d’infirmière, ou de médecin. Cate guérit, le père d’Ellie se réveille de son coma, Larkin deviendra luthier, tout est bien qui finit bien. Ecologie, féminisme et valeurs traditionnelles font bon ménage dans ce roman d’apprentissage aux multiples rebondissements.

Dès 11 ans

Lauren Wolk, La montagne qui m’a sauvée, L’Ecole des loisirs, coll. « Medium », 2021, 416 p., 18 € — Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marie-Anne de Béru.

Marie Lescroart, Mon grand voyage

« Dans mon vaisseau imaginaire, je pars faire le tour de la Terre. Décollage dans le jardin : Compte à rebours : 4, 3, 2, 1 ! »
Après une escale dans la forêt tempérée et un passage sur les rives du ruisseau, notre naturaliste en herbe nous conduit sous les tropiques, au bord de l’eau ou dans la forêt. Puis elle gagne la savane. « En Afrique, elle héberge les stars du monde animal : lions, guépards et hyènes, rhinocéros et zèbres, immenses troupeaux de gazelles, girafes qui tutoient le ciel… et des colosses à grandes oreilles. » Son tour du monde des écosystèmes se poursuit dans le désert saharien, puis sur la banquise. Jusqu’à son retour chez elle, où le hérisson se régale de limaces. Et de conclure, la coquine : « Sans tous mes gentils microbes, je ne serais pas la même, je suis leur écosystème. » Un bien beau voyage, où l’on rencontre aussi des mots très savants, tels canopée, épiphytes et broméliacées.
Chacun de ces écosystèmes est illustré à base de collages et de pochoirs, par Emmanuelle Houssais, qui sait allier précision documentaire et poésie.

Dès 5 ans

Marie Lescroart, Mon grand voyage, illustrations d’Emmanuelle Houssais, Ed du Ricochet, 2021, 36 p., 16 € — Imprimé en Pologne

Libby Burns, La Météo

Chez vous, est-ce jour de pluie, jour de neige ou jour de soleil ? Cette pluie, d’où vient-elle ? Des nuages gris… Tire la tirette, et regarde : chic, la petite fille peut sauter dans une flaque ! Quand le vent souffle, gare à ta caquette, elle s’envole si vite ! Et cette goutte d’eau ? Est-ce elle qui va former un si joli flocon de neige ? Quant à l’arc-en-ciel, à toi de voir comment il se forme. Un album cartonné aux couleurs vives, avec des « fenêtres surprises » qui feront la joie des petites menottes.

Dès 2 ans

Libby Burns, La Météo, Kimane, 2021, 10 p. cartonnées, 9, 95 € — Fabriqué en Chine
Dans la même collection : Libby Burns, Mon corps, Kimane, 2021, 10 p. cartonnées, 9, 95 € — Fabriqué en Chine

Michael Bright, Darwin, l’origine des espèces

Michael Bright, Darwin, l’origine des espèces

« Les scandentiens sont des animaux petits et minces, avec une longue queue. De tous les mammifères, ce sont eux qui ont le cerveau le plus grand par rapport à leur taille. Ils n’appartiennent pas au groupe des rongeurs et ne mangent pas d’insectes. Ils sont liés aux primates, le groupe dont font partie les humains. » Et pourtant, si tu vois leur silhouette dans cet album, ce n’est pas si évident que cela ; on dirait un écureuil – mais avec un museau pointu et une queue moins touffue. Mais sais-tu quel est le plus grand être vivant au monde ? C’est un champignon, dont les filaments s’étendent sur près de 3,8 km. 157 millions d’années ? C’est l’âge du plus ancien fossile de tortue de mer retrouvé par les savants. Suis les différentes branches de « l’arbre de la vie » de Charles Darwin (1809–1882), à la découverte des incroyables évolutions des plantes et des animaux. Que de surprises !

Dès 7 ans

Michael Bright, Darwin, l’origine des espèces, illustrations de Margaux Carpentier, Circonflexe, coll. « Aux couleurs du monde », 2020, 48 p., 16,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Carmen Saldaña, Bonne nuit, la ferme

Carmen Saldaña, Bonne nuit, la ferme

« Les vaches dorment dans l’herbe tendre des prés ou se blottissent dans le foin de l’étable. Les vaches dorment environ 4 heures par jour. » Et les canards ? Les poules ? Les chevaux ? Les cochons ? Un album aux pages cartonnées et découpées, aux couleurs joyeuses, pour souhaiter bonne nuit aux animaux de la ferme – mais aussi au fermier, qui se lève tôt le matin. Un album sans prétention, idéal pour l’heure du coucher.

Tout-petits

Carmen Saldaña, Bonne nuit, la ferme, textes de Becky Davies, Kimane, 2021, 12 p. cartonnées, 12,95 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Orith Kolodny, Au dodo les animaux !

Orith Kolodny, Au dodo les animaux !

« Savez-vous, Maman, comment le marabout s’endort ?
Vous l’ignorez encor…
Le marabout s’endort, maman, debout sur une patte,
Comme les acrobates… »
Inspiré sans doute de la comptine amusante, cet album explique très scientifiquement aux tout-petits que la girafe reste debout pour faire de toutes petites siestes et qu’elle se couche pour dormir en prenant… son derrière comme oreiller. Les dauphins, eux, « éteignent seulement la moitié de leur cerveau, en fermant l’œil opposé, tout en nageant en rond ». Les canards ? « Ils dorment en file indienne mais le premier et le dernier gardent un œil ouvert, chacun du côté opposé, pour surveiller les alentours ». Car le risque est grand de se faire croquer par le renard… Et les enfants ? Il est bien connu que certains ne vont pas volontiers sous la couette ! Cet album aux couleurs de la nuit – dans une gamme de gris foncé, de violet et de jaune — les conduira sereinement au pays des rêves, en compagnie de leurs animaux préférés. Une alliance réussie entre documentaire et poésie.

Dès 3 ans

Orith Kolodny, Au dodo les animaux !, Actes Sud Junior, 2020, 48 p., 13,90 € — Traduit de l’italien. Imprimé en France

Christine Flament, Z’oiseaux de proie

Christine Flament, Z’oiseaux de proie

« Dans la montagne, quelques marmottes cherchent un endroit où établir leur terrier. Mais sur cette plateforme, ce n’est pas une bonne idée. La place est déjà prise. » Par qui ? Tournons la page… « ici, chaque année, les aigles viennent refaire leur nid. Ils planent au-dessus des montagnes avant de fondre sur les marmottes, lapins ou renards qu’ils saisissent de leurs puissantes serres. » Christine Flament a choisi de ne colorier que les oiseaux, qui se détachent ainsi du paysage en noir et blanc. De plus, certaines pages sont découpées, ce qui donne l’impression que milan, aigle, chouette ou vautour sont saisis en plein vol ! Le « Z’ » du titre est une simple coquetterie, pour un album qui allie informations sérieuses et coup d’œil artistique.

Dès 5 ans

Christine Flament, Z’oiseaux de proie, Editions La Poule qui pond (Clermont-Ferrand), 2020, 16,50 € — Imprimé en Chine

Philippe Jalbert, Bambi, une vie dans les bois

Philippe Jalbert, Bambi, une vie dans les bois

« Il ouvre les yeux pour la première fois, elle lui sourit tendrement et murmure :
— Bonjour Bambi.
Bambi déplie une patte, pose maladroitement son sabot sur le sol. Il fait de même avec l’autre, soulève ses épaules, son cou et dans un dernier effort, sa tête. Il vacille, respire profondément puis c’est au tour de son arrière-train. Mais à peine l’a‑t-il levé qu’il s’écroule. »
La vie est tout sauf simple dans la forêt – elle n’est ni douce ni tendre, mais rude, et parfois violente, même – et surtout – pour les petits faons sans défense.
Philippe Jalbert rend hommage au texte du romancier autrichien Felix Salten (1923) qu’il a épuré à l’usage des enfants. Ses illustrations au fusain et à la mine de plomb, avec une mise en couleur numérique, sont d’une précision et d’une finesse qui incitent au rêve. Un très bel album, plus profond et moins puéril que le dessin animé de Walt Disney.

Dès 4 ans

Philippe Jalbert, Bambi, une vie dans les bois, Gautier-Languereau, 2020, 40 p., 15,90 €