Ayano Imai, Songe dans la forêt

Ayano Imai, Songe dans la forêt

« Je vis un lièvre passer en courant. Il semblait porter entre les lèvres un sac dont le contenu me parut bien lourd. […] Je le suivis, très intrigué. Quelque chose tomba de son sac. Je me précipitai pour le ramasser : c’était un gland. Un gland ? Où l’emportait-il, et pourquoi ? »
Pour aller, en compagnie d’une foule d’animaux, le planter dans une lande désolée. Au réveil du narrateur, une forêt aura poussé, redonnant vie au désert. Cette fable écologique n’est pas sans rappeler « L’Homme qui plantait des arbres » de Jean Giono. La présence active des animaux donne au récit un dynamisme qui convaincra les petits. Revenue au Japon après des études aux Etats‐Unis, Ayano Imai s’inspire ici avec bonheur des traditions picturales japonaises et européennes : son lièvre est un hommage à Dürer, tandis que de nombreux animaux sortent tout droit d’un paravent nippon.

Dès 4 ans

Ayano Imai, Songe dans la forêt, Minedition, 2018, 14,20 € — Traduit du japonais par Julie Duteil. Imprimé en Chine.

Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres

Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres

Une bergerie isolée « sur des hauteurs absolument inconnues des touristes, dans cette très vieille région des Alpes qui pénètre en Provence ». Le narrateur rencontre un berger solitaire et bienveillant. Qui, après avoir passé la soirée à trier un cent de glands, va, le lendemain, les semer dans une terre dont il ne se soucie pas de connaître les propriétaires. Un cent de glands ? Ce sont cent mille glands qu’il avait planté, dont dix mille avaient pris. D’année en année, malgré les guerres, chênes, hêtres, bouleaux reconquièrent vallons et collines. Les villages abandonnés reprennent vie où « garçons et filles […] savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes ».
Il est rare qu’un des grands textes de notre littérature soit si souvent illustré pour la jeunesse – et de manière si diverse -, signe qu’il est vraiment porteur de sens. Olivier Desvaux a parcouru la Haute Provence, chevalet sur le dos. Ses couleurs vibrent sous le soleil provençal avec une extraordinaire justesse de ton, on entend souffler le vent et le parfum des lavandes n’est pas loin… Jean Giono précisait aussi que c’était le texte dont il était le plus fier. Au‐delà du discours écologique, une réflexion profonde et un style incomparable.

Dès 8 ans

Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres, illustrations d’Olivier Desvaux, Gallimard Jeunesse, 2018, 60 p., 14,50 € — Imprimé en Italie.

Sébastien Pelon, Caché dans la forêt

Sébastien Pelon, Caché dans la forêt

« Rien ne bouge. La forêt paraît endormie. Et pourtant… Toc toc toc ! Entends‐tu ce bruit ?» Qui se cache sous ce rabat découpé ? Le pic‐vert, grand amateur de fourmis « qu’il attrape en enfilant sans langue longue et collante dans les galeries » — Beurk ! Mais il est si joli avec son « bonnet » rouge et sa livrée mi‐partie verte et jaune ! Après le pic vert, découvrons un écureuil, un cloporte, un pince‐oreille, un mille‐pattes, un faon et un hérisson. Une belle manière d’initier les petits aux secrets de la forêt et à l’observation silencieuse de ses habitants.

Dès 2 ans

Sébastien Pelon, Caché dans la forêt, Editions Amaterra, coll. « La nature cachée », 2018, 24 p., 14,90 € — Du même auteur, dans la même collection : Caché dans la prairie.

Yuval Zommer, Nos incroyables bêtes sauvages autocollantes

Yuval Zommer, Nos incroyables bêtes sauvages autocollantes

« Place des bébés phacochères en file indienne devant la maman pour aller récupérer leur petit frère perdu. » « Les tatous ont une langue longue et collante pour vite attraper les fourmis et autres insectes. Colle des fourmis sur les langues de ces tatous affamés. » Collages, labyrinthes, jeu des différences… Autant d’activités sur le thème des animaux sauvages. Quelques crayons de couleur, les autocollants fournis et « une imagination indomptable », voilà de belles heures de jeu en perspective.

Dès 5 ans

Yuval Zommer, Nos incroyables bêtes sauvages autocollantes, Glénat Jeunesse, coll. « Coloriages et activités », 2018, 56 p., 9,99 €. Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine. Avec plus de 500 stickers repositionnables.

Smitri Prasadam‐Halls, le Loup

Smitri Prasadam‐Halls, le Loup

« Majestueux et féroce, fier et fort, le loup a toujours été une source de fascination, mais aussi de peur. Véloce, intelligent et doté d’une force impressionnante, il est réputé pour ses talents de chasseur et son hurlement terrifiant. » Fascinant, le loup le sera encore plus après la lecture de cet album : vie en meute, « codes secrets », appels obsédants, techniques de chasse, territoires… Jonathan Woodward, spécialiste de la vie sauvage, a illustré cet album avec beaucoup de raffinement. Ses collages de papiers colorés ajoutent de la poésie à l’aspect documentaire des dessins.

Dès 5 ans

Smitri Prasadam‐Halls, Le Loup, illustrations de Jonathan Woodward, Glénat Jeunesse, Coll. « Histoire naturelle », 2017, 48 p., 16, 95 €. Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Amélie Biggs Laffaiteur, Sauter dans les flaques et autres petits bonheurs des quatre saisons

Amélie Biggs Laffaiteur, Sauter dans les flaques et autres petits bonheurs des quatre saisons

« Un petit escargot tout rond s’échappe d’une laitue. C’est rigolo de suivre du doigt la trace qu’il laisse derrière lui. Même si… pouah, ça colle un peu ! » Viendra bientôt la joie de sauter dans les flaques et de cueillir les mûres pour en faire tartes et confitures. Quant à la neige, n’en parlons pas trop vite aux petits impatients ! Pour Amélie Biggs Laffaiteur, chaque saison a ses petits bonheurs, à partager avec ses parents : sous son pinceau, douceur, poésie et naïveté nous rappellent ces moments très simples et chaleureux.

Dès 4 ans

Amélie Biggs Laffaiteur, Sauter dans les flaques et autres petits bonheurs des quatre saisons, Larousse, 2017, 96 p., 13,95 €