Thème

Aventures et découvertes

Marie Bertiaux, Le secret du château – Camino, tome 3

Pour Martin, Alice, Agathe et Benjamin, il est temps de chausser leurs bonnes chaussures de randonnée et de bâter Gribouille, leur ânesse grise. D’autant plus que Filou, le labrador, sera aussi de la partie. « Cette année nous atteindrons Compostelle » a dit Papa, mais c’est sans compter… la course-poursuite d’un voleur, une châtelaine au lévrier mystérieusement disparue, une chasse au trésor dans un vieux château au cœur de la nuit… Et sans compter aussi avec une Maman enceinte, un peu fatiguée au fil des étapes. Décidément le Camino réserve bien des surprises !
Marie Bertiaux, mère de famille et jeune auteur, part chaque année en famille avec un âne sur les chemins de Compostelle. S’inspire-t-elle d’anecdotes vécues, ou laisse-t-elle son imagination vagabonder sur le chemin ? Sans doute un peu les deux, ce qui donne un roman d’aventures bien ancré dans la vie réelle d’une famille de pèlerins. Où les mèneront les prochaines étapes ?

Dès 8ans

Marie Bertiaux, Le secret du château – Camino, tome 3, illustrations de Céline Guinement, Editions Plein Vent, 2021, 152 p., 9,90 € — Imprimé en France

Delphine Perret, Le plus bel été du monde

«  — Les jaunes ?
— Trop petites.
— Et les grandes, celles de Fanette ? Esssaie-les.
— Les vertes, ça va, elles sont un peu trouées mais c’est pas grave. »
Scène de la vie quotidienne dans la grande maison de cette grand-mère quand il s’agit de trouver bottes à son pied ! Du grenier, où à défaut de squelettes on trouve « tous les Mickey », aux escaliers sur lesquels il ne faut pas « laisser traîner tes petites voitures », autant de petits riens croqués d’un pinceau léger, léger…
Et celle-ci encore :
« — Allez jouer, on vous appellera pour le dessert.
— Est-ce que c’est le dessert ?
— Pas encore.
Et sur la page suivante :
« Hé ho ! C’est le dessert ! Vous êtes où ? »
Delphine Perret raconte un été qu’un enfant passe avec sa mère, dans la maison de ses grands-parents. Un été parmi d’autres, qui n’a rien d’exceptionnel mais qui, grâce à cette éternelle capacité d’émerveillement de l’enfance, devient « le plus bel été du monde ».
Mère et fils, complices, partagent des moments fugaces, drôles ou tendres, d’une infinie simplicité et beauté : la découverte des oiseaux et des insectes, la cueillette des mûres, l’araignée dans la salle de bains et bien d’autres encore. Des instants dans lesquels tous les enfants se reconnaîtront — même ceux qui n’ont pas de grands-parents à la campagne. Et puis, « On peut manger une glace même quand il pleut ? Oui on peut. » Chez notre Bonne Maman, oui, nous aussi, on peut ! Idéal pour cultiver les souvenirs des vacances et prolonger l’été dans les cœurs.

Dès 5 ans

Delphine Perret, Le plus bel été du monde, Les Fourmis rouges, 2021, 128 p., 18,50 € — Imprimé au Portugal

Marie Chartres, Un caillou dans la poche

Sur cette île, 216 habitants, 6 élèves dont Tino, beaucoup de vieux… et soudain, 24 enfants qui déboulent du bateau en classe verte. Parmi eux, une fillette en salopette violette, Antonia, « une fille super-énervante et super-mystérieuse, qui connaît presque tout à l’exception des crottes de lapin », explique Tino, 10 ans, le héros de cette belle histoire d’amitié. Un petit garçon aventureux, qui connaît son île comme sa poche, et qui se pose aussi beaucoup de questions sur le monde. Selon lui, même si « les mots sont trop petits ou trop grands pour raconter ce que l’on ressent vraiment » « le monde est minuscule et la nature grandiose ». Et puis, Sein, malgré les tempêtes, la pêche aux bigorneaux et les cache-cache dans les fougères, c’est bien petit, et « la question de l’infini l’inquiète ». Enfin, pas tant que la marée haute, que les enfants n’ont pas vu venir et qui les isole sur une « île dans l’île ». Une aventure qui se terminera autour de piles de crêpes ! L’écriture de Marie Chartres est pleine de surprises, joyeuse et profonde à la fois, gourmande et drôle. Quel plaisir de lire des romans écrits dans un français généreux et pétri d’humour, et non pas conçus industriellement avec 200 mots pour être traduits dans le monde entier. Les aquarelles de Jean-Luc Englebert, lumineuses et sobres, font un clin d’œil au style d’un Sempé d’aujourd’hui. Un roman bien sympathique pour garder sur la peau le goût des embruns !

Dès 9 ans

Marie Chartres, Un caillou dans la poche, illustrations de Jean-Luc Englebert, L’Ecole des Loisirs, 2021, 128 p., 12,50 €

Jules Verne, Deux ans de vacances

Jules Verne, Deux ans de vacances

« Un peu avant minuit, un tel paquet de mer s’abattit sur le flanc du yacht que ce fut miracle s’il ne fut pas démonté de son gouvernail.
Les enfants, qui avaient été renversés du coup, purent se relever presque aussitôt.
« Gouverne-t-il, Briant ? demanda l’un d’eux.
— Oui, Gordon, » répondit Briant. […]
À ce moment, la porte du capot d’escalier fut vivement ouverte. Deux petites têtes apparurent en même temps que la bonne face d’un chien.
« Briant ?… Briant ?… s’écria un enfant de neuf ans. Qu’est-ce qu’il y a donc ?
— Rien, Iverson, rien ! répliqua Briant. Veux-tu bien redescendre avec Dole,… et plus vite que ça !
— C’est que nous avons grand-peur ! ajouta le second enfant, qui était un peu plus jeune.
— Et les autres ?… demanda Doniphan.
— Les autres aussi ! répliqua Dole.
— Voyons, rentrez tous ! répondit Briant. Enfermez-vous, cachez-vous sous vos draps, fermez les yeux, et vous n’aurez plus peur ! Il n’y a pas de danger !
— Attention !… Encore une lame ! » s’écria Moko.

Malgré leur courage et leur énergie, les 14 jeunes pensionnaires anglais, américains et français, ainsi que le mousse Moko vont faire naufrage sur une île déserte du Pacifique. Comment vont-ils s’organiser pour survivre ? Cette célèbre robinsonnade a inspiré bien des grands jeux scouts et fait rêver des générations de galopins. Deux ans de vacances, qui n’en aurait pas rêvé ?

« Ni adaptation ni résumé, ce livre propose une version abrégée du texte original : les coupures y sont effectuées de manière à laisser intacts le ton et le style de l’auteur », précise un avertissement de l’éditeur.

Dès 10 ans

Jules Verne, Deux ans de vacances, Hachette Romans, 2018, 192 p., 10 €

Paul Beaupère, Les folles aventures de la famille Saint-Arthur — On va gagner, on vous le jure (t 9)

« — C’était peut-être pas une bonne idée de se porter volontaires pour organiser ce truc… » Ce truc, c’est la kermesse de l’école, et les parents Saint-Arthur, épuisés, font le point après une réunion aussi houleuse qu’hilarante (au moins pour les lecteurs). Mais le vrai souci, c’est celui du gros lot de la tombola ! Et papa doit trouver « une idée forte une idée nouvelle, une idée… » La solution se trouvera-t-elle dans le colis envoyé par papy ? Mais un collier en cuir avec une petite plaque dorée et une cloche en cuivre, est-ce vraiment un gros lot ? Que nenni, « le reste sera livré le jour de la kermesse, tout est prévu ». Les prévisions de papy se conjuguant parfaitement avec l’imprévu, voilà que cette histoire de gros lot occupe les nuits de papa, les cauchemars de la directrice et les fantasmes de toute l’école…
En mineure, les lecteurs apprécieront les efforts de Brune et de ses camarades pour aider Pénélope à avoir des bonnes notes et à retrouver l’estime d’elle-même – même si certaines méthodes ne sont pas des plus honnêtes !
Comme toujours – nous en sommes au 9e tome – la famille Saint-Arthur vit à 100 à l’heure, et comme toujours, qui lâcherait le roman en route ? Même pour une course en sac ou une barbe à papa !

Dès 8 ans

Paul Beaupère, Les folles aventures de la famille Saint-Arthur — On va gagner, on vous le jure (t 9), Mame, 2020, 160 p., 10 € — Imprimé en Italie

Marcel Aymé, Le Problème

« Penchées sur leurs cahiers de brouillons, Delphine et Marinette sanglotaient. Le chien vint se planter entre leurs deux chaises et, posant ses deux pattes de devant sur la table, leur passa plusieurs fois sa langue sur les joues.
— Est-ce qu’il est vraiment si difficile, ce problème ?
— S’il est difficile ! Soupira Marinette. C’est bien simple. On n’y comprend rien.
— Si je savais de quoi il s’agit, dit le chien, j’aurais peut-être une idée. […]
— Ne vous découragez pas. Le problème a beau être difficile, on en viendra à bout. Je vais réunir toutes les bêtes de la maison. A nous tous, on finira bien par trouver la solution. »
Entre les chênes, les hêtres, les bouleaux, les bois de la commune, les ares et les hectares, comment s’y retrouver ? Voilà que la petite poule blanche a une idée…
May Angeli illustre de ses bois gravés un nouveau conte de Marcel Aymé, toujours aussi malicieux et imprévisible. Qui a donc eu la chance d’inviter dans sa classe le cheval, le cochon et le sanglier ?

Dès 8 ans

Marcel Aymé, Le Problème, illustrations de May Angeli, Les Editions des Eléphants, 2020, 44 p., 16,50 € — Imprimé au Portugal

Marcel Aymé, L’Eléphant, illustrations de May Angeli, Editions des Eléphants, 2019, 48 p., 16,50 €
Marcel Aymé, Les Boîtes de peinture, bois gravés de May Angeli, Les Editions des Elephants, 2018, 48 p., 15 €.

Rudyard Kipling, Le Livre de la jungle

Mowgli « se fatiguait beaucoup d’avoir à répéter cent fois la même chose. Mais, comme Baloo le disait à Bagheera, un jour que Mowgli avait reçu la correction d’un coup de patte et s’en était allé bouder :
— Un petit d’homme est un petit d’homme, et il doit apprendre toute… tu entends bien, toute la Loi de la Jungle.
— Oui, mais il est tout petit, songes‑y, dit la panthère noire, qui aurait gâté Mowgli si elle avait fait à sa guise. Comment sa petite tête peut-elle garder tous tes longs discours ?
— Y a‑t-il quelque chose dans la Jungle de trop petit pour être tué ? Non. C’est pourquoi je lui enseigne tout cela, et c’est pourquoi je le corrige, oh ! très doucement, lorsqu’il oublie.
— Doucement ! Tu t’y connais, en douceur, vieux Pied de Fer, grogna Bagheera. Elle lui a joliment meurtri le visage, aujourd’hui, ta… douceur. Fi !
— J’aime mieux le voir meurtri de la tête aux pieds par moi qui l’aime, que de lui voir arriver du mal à cause de son ignorance, répondit Baloo avec beaucoup de chaleur. Je suis en train de lui apprendre les Maîtres Mots de la jungle appelés à le protéger auprès des oiseaux, du Peuple Serpent, et de tout ce qui chasse sur quatre pieds, sauf de son propre clan. Il peut maintenant, s’il veut seulement se rappeler les mots, réclamer protection à toute la jungle. »
Une nouvelle édition du célèbre Livre de la Jungle est toujours un pari – celui-ci est réussi, grâce aux illustrations, frises et divers objets animés interactifs créés par le studio MinaLima, connu pour avoir créé l’univers graphique de la série Harry Potter. Des illustrations qui viendront bien à propos au fil du texte, avec leurs couleurs chaudes et leur inspiration indienne. Dans la traduction historique de Louis Fabulet et Robert d’Humières (1899).

Dès 10 ans

Rudyard Kipling, Le Livre de la jungle, illustrations et animations de MinaLima, Flammarion Jeunesse, 2020, 320 p., 28,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

René Goscinny, Le petit Nicolas

René Goscinny, Le petit Nicolas

De la part de Sixtine R. — Depuis plus de soixante ans, le Petit Nicolas est bien connu de tous les écoliers pour ses multiples talents, allant de ses pires bêtises à des choses « drôlement chouettes ». Il mérite d’être à nouveau mis à l’honneur.
Avec ce jeune garçon turbulent, le lecteur apprend l’amitié, l’amour des parents même quand on ne les comprend pas, la joie d’aller à l’école malgré le surveillant, la force de la bande de copains et surtout, le bonheur de jouer. A tout cela se joint ce regard de l’enfant sur le monde des adultes, qui permet aux jeunes lecteurs de porter un autre regard sur le monde. La vie est plus facile quand on rit de bon cœur !
En plus de tout cela, les aventures du Petit Nicolas, ce sont aussi de belles illustrations, et une langue française délicieuse portée par ce ton humoristique qui signe la série. Un régal à partager entre générations : les grands-parents expliqueront en effet à leurs petits-enfants certains détails venus des années 1960 et aujourd’hui un peu bien oubliés. Et les parents se souviendront du temps béni où ils bénéficiaient d’une grande liberté – dont il ne fallait pas abuser non plus.

A partir de 12 ans

René Goscinny, Le Petit Nicolas, illustrations de Jean-Jacques Sempé, Gallimard Jeunesse, coll. Folio Junior – dernière édition disponible : 2007, 176 p., 7 € — Ce premier tome est suivi de nombreux autres, tout aussi drôles.

Alain Serge Dzotap, Capitaine bébé !

Alain Serge Dzotap, Capitaine bébé !

« Capitaine Bébé enfile sa combinaison, met ses bottes et son casque, et il démarre son gros camion de pompiers. C’est l’heure de sa tournée. Il doit s’assurer que tout va bien. » Mais si tout allait bien, il n’y aurait pas d’histoire à raconter ! Justement, « il y a le feu dans la boutique de madame Girafe ! ». Pin-pon, pin-pon… Le camion rouge de Capitaine Bébé traverse la page, toutes sirènes hurlantes ! Oh, oh, comment dire ? Est-ce vraiment la lance à incendie qui a mis de l’eau partout ? Capitaine Bébé aurait-il… fait pipi au lit ? Une approche originale et vraiment amusante de ces petits malheurs, sous la plume d’Alain Serge Dzotap, auteur camerounais. Les dessins de Brice Postma Uzel s’inspirent avec succès des pochoirs de l’école russe – on pense à Natalie Parain ou à Hélène Guertik.

Dès 3 ans

Alain Serge Dzotap, Capitaine bébé !, illustrations de Brice Postma Uzel, Sarbacane, 2021, 32 p., 13,90 € — Imprimé en Italie

Davide Morosinotto, La fleur perdue du chaman de K

Davide Morosinotto, La fleur perdue du chaman de K

Laila a douze ans. Bientôt, elle aura des amis, et un walkman. Elle fera un très long voyage, semé d’embûches, de nuits à la belle étoile, de navigations sur l’Amazone. Mais elle ne le sait pas encore. Elle ne sait pas non plus qu’elle présente tous les symptômes d’une maladie incurable, la maladie de Batten. Et que même la fleur perdue du chaman ne pourra rien pour elle. Pour le moment, elle va subir des examens de la vue dans un hôpital de Lima, où son père est diplomate. Et nous tremblons avec elle parce que le chauffeur a verrouillé les portières, que le quartier n’est pas sûr, mais surtout parce que ces examens vont l’obliger à passer plusieurs jours dans un service de pédiatrie. A moins… à moins qu’elle ne décide de prendre son destin en main. A la fin de ce roman de formation, mené tambour (de chaman) battant, Laila aura ces mots extraordinaires : « Je vais mourir. Mais ça va aller. Parce que j’ai vécu. » Après Le célèbre catalogue Walker & Dawn, Davide Morosinotto embarque ses lecteurs à la recherche non seulement de la fameuse fleur mais à ce qui fait le sel de la vie : des aventures partagées avec des amis, de vrais amis.

Dès 12 ans

Davide Morosinotto, La fleur perdue du chaman de K, Illustrations de Paolo Domeniconi, Ecole des Loisirs, coll. Médium, 2021, 486 p., 18 € — Traduit de l’italien

Amélie Javaux, Le jour où je suis devenue plus méchante que le loup

« J’ai toujours eu peur du loup. Il est si impressionnant avec ses grandes dents et ses yeux méchants. » Même si des loups, on n’en voit pas si souvent… En fait, « il y en a un dans mon école. Mon loup s’appelle Agnès, elle se déplace toujours avec sa meute ». Et sa proie favorite n’est autre que notre narratrice… Jusqu’au jour où, nous dit-elle, lasse d’être l’éternelle victime, « je suis devenue plus méchante que le loup », ce qui bien sûr la mène droit à la catastrophe. Car, bien honnête et bien bonne, notre héroïne sera tout autant, si ce n’est encore plus malheureuse que le bambin victime de sa méchanceté… La présence d’un adulte compatissant aidera la fillette à reprendre confiance en elle. Une histoire très morale sur le harcèlement, qui en montre toutes les facettes, de la violence physique à la très insidieuse emprise morale que peut avoir un enfant sur un autre.

Dès 6 ans

Amélie Javaux, Le jour où je suis devenue plus méchante que le loup, illustrations d’Annick Masson, Mijade, 2021, 12 € — Imprimé en Belgique

Diane Malvezin, Greco au marché

Dans ce nouvel album, nous suivons Greco le petit Mexicain au marché. Pendant que sa maman vend les chapeaux fabriqués par son papa, Greco va faire les courses : il passe chez le marchand de légumes, et son panier se remplit de carottes, de poivrons et d’un piment ; puis chez son oncle Pedro, le fruitier – chic, un melon d’eau ; enfin, chez Madame Rosa qui vend de jolis ponchos et lui fait un petit cadeau. Les aquarelles d’Apolline Dussart rivalisent de jaunes, de rouges, d’orangés, de bleus et de verts éclatants, pour une belle promenade « le cœur joyeux ».

Dès 3 ans

Diane Malvezin, Greco au marché, illustrations d’Apolline Dussart, Les Editions des Petits Chouans, 2021, 12 p., 5 € — Imprimé en France.
Dans la même série, est récemment paru : Greco en Suisse.