Thème

De 3 à 5 ans

Julia Donaldson, Sous ton aile

« Cette chauve-souris a… [lève le rabat et regarde sous son aile !] 1 bébé qui s’accroche bien à elle pendant qu’elle vole à tire d’aile. » Qui a encore plus de petits ? La brebis, avec ses deux agneaux ; la maman léopard avec ses trois léopardeaux ; suivent le lycaon, la chouette, la renarde, la cane, la truie, la grenouille… A chaque fois, les petits se cachent derrière un rabat, une page en dentelle, un écran de papier. Jusqu’à l’araignée qui a tant de petits qu’ils se sont disséminés dans tout l’album : une manière vraiment drôle de recommencer depuis le début ! Les illustrations nous font passer du jour à la nuit, de la forêt à la savane, de la prairie à la mare, avec beaucoup de fleurs et de joie de vivre.

Dès 3 ans

Julia Donaldson, Sous ton aile, illustrations de Sharon King-Chai, Gründ, 2021, 48 p., 14,95 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine.

Marie Colmont, Michka

Un beau papier, un format généreux (26 X 30 cm), des couleurs restaurées : voilà notre Michka prêt à émouvoir les enfants d’aujourd’hui ! Ce conte de Noël est paru pour la première fois en 1941 – combien de générations se sont émues du destin de ce petit ours en peluche ? Car « sa jeune maîtresse », Elisabeth, « n’était pas gentille », et « il n’était pas rare qu’elle vous secouât et vous jetât d’un bout à l’autre de la pièce ». Oui, à l’imparfait du subjonctif ! Alors « Michka s’était sauvé en passant par la chatière ». Le début d’un conte de Noël sous forme de road movie, avec l’heureuse conclusion de rigueur.

Dès 3 ans

Marie Colmont, Michka, illustrations de Feodor Rojankovski, Flammarion Jeunesse, Albums du Père Castor, édition restaurée, 2021, 32 p., 13,50 € — Imprimé au Portugal

David Litchfield, L’Ours qui jouait du piano

David Litchfield, L’Ours qui jouait du piano

Un conseil de Mathilde H — L’Ours découvre quelque chose d’étrange dans sa forêt… C’est grand, marron, il y a des touches qui produisent des sons étranges quand on les enfonce. Au fil des saisons, l’Ours apprivoise le curieux objet et à force de travail et de passion, régale toute la forêt avec des sons enchanteurs. Mais un jour, son talent est révélé, et Ours va pouvoir voyager jusqu’à la ville pour y donner des concerts, et se couvrir de succès sans aucun doute. Quelle belle aventure en perspective ! Mais pour cela, il va lui falloir quitter sa chère forêt. Deviendra-t-il un grand pianiste ? Va-t-il oublier ses amis ?
Les illustrations simples réussissent à être riches de détails en même temps, et se succèdent à un rythme presque… musical ? L’histoire est simple, mais l’émouvante morale qui éclate après un léger rebondissement ravira les plus jeunes comme leurs parents. Elle peut conduire à de belles réflexions sur l’importance de l’amitié, et des choses simples en opposition au monde moderne de paillettes éphémères.

De 3 à 5 ans

David Litchfield, L’Ours qui jouait du piano, Belin Jeunesse, 2016, 36 p., 12, 90€ — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Elsa Devernois, A trois on a moins froid

Elsa Devernois, A trois on a moins froid

Merci à Mathilde H. — Kipic le hérisson, a froid, très froid. C’est l’hiver et la neige a recouvert la forêt. Son ami Casse-Noisette l’écureuil n’a plus de chauffage non plus. Ils vont se serrer l’un contre l’autre pour se réchauffer. Mais un hérisson, ça pique !
Une lecture pleine de tendresse, classique des lectures d’hiver, à savourer en se blottissant contre maman. Les illustrations à l’aquarelle sont remplies de douceur et nous présentent trois animaux charmants comme des peluches. L’histoire courte et simple fait la part belle à l’amitié et la solidarité, et explique qu’il y a toujours une solution aux problèmes que l’on peut rencontrer.

De 3 à 5 ans

Elsa Devernois, A trois on a moins froid, illustrations de Michel Gay, L’Ecole des Loisirs, 1993, 30 p., 12 € — Imprimé en France

Katie Daynes, La mort, c’est quoi ?

Katie Daynes, La mort, c’est quoi ?

Pourquoi meurt-on ? Peut-on parler de la mort ? Qu’arrive-t-il quand quelqu’un meurt ? Puis-je crier, pleurer, m’isoler ? Comment chasser la tristesse ? D’heureux souvenirs. Tels sont les thèmes des six doubles pages de cet album cartonné. Ces grandes questions se divisent en de multiples autres, et chaque réponse se cacher derrière un rabat. Les auteurs ont choisi de donner la parole à des animaux humanisés – habillés et évoluant dans « notre » monde. Néanmoins, la différence est bien faite entre « ce qui ne meurt pas » (les pierres, mon nounours) et les êtres vivants – dont nous sommes. Les questions métaphysiques restant ouvertes, les adultes auront tout loisir de commenter à leur manière. « Où est papi maintenant » ? s’inquiète le petit blaireau sous un parapluie noir. « Son corps est dans le cercueil, mais l’endroit où est parti le papi que tu connais et que tu aimes est un des grands mystères de la vie. On ne sait pas ce qui arrive après la mort. » Pour petit blaireau, « je crois que papi est devenu une étoile », et pour sa sœur « je crois qu’il a rejoint son propre papa ».  Un album à garder à portée de main en cas de coup dur dans son entourage, ou après un passage rituel au cimetière, comme c’est encore l’usage le lendemain de la Toussaint.

Dès 3 ans

Katie Daynes, La mort, c’est quoi ?, illustrations de Christine Pym, Usborne, coll « Mes premières questions », 021, 12 p. cartonnées avec des rabats, 9,95 € — Traduit de l’anglais par Virginie Clauzel et Caroline Slama. Imprimé en Chine.

Inga Moore, Le bibliobus

Inga Moore, Le bibliobus

Quand Elan eut raconté toutes les histoires qu’il connaissait, il alla emprunter des livres à la bibliothèque. Son talent de conteur fit si vite le tour de la forêt que les animaux vinrent de plus en plus nombreux écouter ses lectures. Nouvelle idée de génie : notre Elan trouva, à la casse, un vieux bus (rouge à deux étages, of course) qu’il bricola pour le transformer en bibliobus et distribuer des livres à toute la forêt. Mais voilà…  « On ne sait pas lire, s’exclama Ourse. Alors, Elan lui apprit à lire. Et elle apprit à Blairelle. Qui apprit à Renard. » Et chacun de découvrir le plaisir de lire, chez soi ou entre amis. Quant à Elan, il continua de lire des contes à ses amis, grands et petits, car son talent était inimitable. Cet album est une ode à la lecture, aux livres, à l’amitié, au partage, dans une ambiance douce et feutrée, canapés confortables, scones et mugs fumants, avec cette inimitable touche d’humour 100 % british qui ravira toute la famille à l’heure d’aller au lit – ou au bibliobus.

Dès 4 ans

Inga Moore, Le bibliobus, L’Ecole des Loisirs, coll. « Pastel », 2021, 56 p., 14,50 € — Traduit de l’anglais par Aude Gwendoline.

Abigail Wheatley, Explore… la Rome antique

Abigail Wheatley, Explore… la Rome antique

Du forum au Colisée, d’une rue marchande au port d’Ostie, des bains publics au chantier d’un aqueduc et d’une voie romaine : voilà la belle exploration proposée par cet album aux pages cartonnées, animées de nombreux rabats et de fenêtres derrière lesquels se découvrent petites et grands événements de la Rome antique. Les dessins fourmillent de personnages, ce qui permet de raconter de nombreuses anecdotes. Le texte est composé de phrases courtes (la traduction, sans être fautive, est parfois un peu lourde), les personnages s’interpellent dans une police… italique, les couleurs vives retiendront l’œil des plus petits. Idéal pour préparer une visite sur le terrain.

Dès 4 ans

Abigail Wheatley, Explore… la Rome antique, illustrations de Rachael Saunders, Usborne, 2021, 14 p. cartonnées avec rabats, 9,95 € — Traduit de l’anglais par Lorraine Beurton-Sharp. Imprimé en Chine

Katie Daynes, Pourquoi je dois m’habiller ?

« Tu as dormi toute la nuit dans ce pyjama », maintenant, il faut t’habiller. Oui, mais… puis-je mettre mon sari brodé ? mon déguisement de dinosaure ? Puis-je rester en short même s’il pleut ? Pour le savoir, soulevons les rabats ! Les tout-petits apprendront aussi pourquoi les animaux n’ont pas de vêtements mais qu’il est très chouette d’avoir des plumes, de la fourrure ou des écailles. Quant à moi, j’ai appris un truc : suspendre des bouchons au bord de son chapeau repousserait les mouches – une version portable des rideaux à bouchons de notre enfance. Concession à l’air du temps, les « masques faciaux » qui « ralentissent la propagation des virus » font aussi partie de notre garde-robe. Ce petit album aidera peut-être à faire la différence entre une fantaisie débridée et le bon sens quotidien – les premiers pas vers l’élégance !

Tout-petits

Katie Daynes, Pourquoi je dois m’habiller ?, illustrations de Marta Alvarez Miguéns, Usborne, 2021, 12 p. cartonnées, 8,95 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine.

Miguel Tanco, Toutes petites histoires

De toutes petites histoires, en effet, et sans autre texte qu’un titre… pour deux ! Dans un généreux format à l’italienne, Miguel Tanco propose, face à face, des planches sans paroles qui se répondent sur le même thème – donné par le double titre. « C’est magique ! » : magique de sortir un lapin de son chapeau – enfin, pas vraiment puisque l’artiste pose juste le lapin sur l’épaule de l’apprenti magicien. Magique aussi, d’emporter avec soi un ruban d’herbes hautes après avoir traversé le pré, une bien jolie trouvaille poétique parmi celles qui traversent cet album. Parfois, le sens de l’histoire saute aux yeux, parfois il faut scruter la suite des planches pour trouver ce qui a changé. Un trésor de délicatesse et d’humour sur le thème de l’enfance, un humour léger, de la fantaisie en bouquet, un émerveillement renouvelé à chaque page… sans oublier un bon zeste d’impertinence. A raconter, à se raconter, ou à se laisser raconter, car les petits sauront faire éclore bien des rêves à la lecture de cet album original.

Dès 4 ans

Miguel Tanco, Toutes petites histoires, textes français de Christian Demilly, Grasset Jeunesse, 2021, 80 p., 15,90 € — Imprimé en Espagne

Béatrice Alemagna, Les choses qui s’en vont

« Dans la vie, beaucoup de choses s’en vont. Elles se transforment, elles passent. » Que ce soit le petit bobo, les poux, les larmes, toutes ces petites misères finissent par passer – et même quand les cheveux tombent comme les feuilles mortes, ce n’est pas si grave – et ça, on le voit bien avec ce jeu de calques qui modifient « juste un peu » les images et retiennent l’attention. Car le plus important vient à la fin : « Une seule chose ne s’en va pas. Et ne s’en ira jamais. Jamais. » mais qui n’est jamais dite non plus – c’est, vous l’avez deviné, immuable, solide et perpétuel, l’amour d’un parent pour son enfant. Ce livre d’artiste plein de trouvailles graphiques a obtenu en 2020 le Prix Sorcières.

Dès 4 ans

Béatrice Alemagna, Les choses qui s’en vont, Hélium, 2019, 70 p., 15,90 € — Imprimé en Belgique

Bruno Gibert, Le ver vert

Un « ver vert aux yeux vairons partit de Nevers pour Versailles afin d’y rencontrer le roi. » Pas très fort en histoire, il appelle le Roi Soleil… Vercingétorix ? Le ver vert sera-t-il mis sous les verrous ? A peine sorti d’affaire, « perdu dans ses rêveries, le ver vert ne vit pas le pivert », et ce qui devait arriver arriva… Une histoire désopilante où les mots sont les matériaux d’un jeu littéraire. Si le premier effet du livre est de nous faire rire aux dépends d’un ver idiot, il incite par ailleurs l’enfant à tenter lui-même des acrobaties sémantiques et lexicales. Et comme presque toutes les occurrences de la syllabe « ver » sont… en vert, les jeunes lecteurs apprendront à la reconnaître, parfois bien cachée dans l’herbe.

Dès 4 ans

Bruno Gibert, Le ver vert, Ed La Partie, 2021, 40 p., 13,90 € — imprimé en Italie

Alain Serge Dzotap, Capitaine bébé !

Alain Serge Dzotap, Capitaine bébé !

« Capitaine Bébé enfile sa combinaison, met ses bottes et son casque, et il démarre son gros camion de pompiers. C’est l’heure de sa tournée. Il doit s’assurer que tout va bien. » Mais si tout allait bien, il n’y aurait pas d’histoire à raconter ! Justement, « il y a le feu dans la boutique de madame Girafe ! ». Pin-pon, pin-pon… Le camion rouge de Capitaine Bébé traverse la page, toutes sirènes hurlantes ! Oh, oh, comment dire ? Est-ce vraiment la lance à incendie qui a mis de l’eau partout ? Capitaine Bébé aurait-il… fait pipi au lit ? Une approche originale et vraiment amusante de ces petits malheurs, sous la plume d’Alain Serge Dzotap, auteur camerounais. Les dessins de Brice Postma Uzel s’inspirent avec succès des pochoirs de l’école russe – on pense à Natalie Parain ou à Hélène Guertik.

Dès 3 ans

Alain Serge Dzotap, Capitaine bébé !, illustrations de Brice Postma Uzel, Sarbacane, 2021, 32 p., 13,90 € — Imprimé en Italie