Thème

A partir de 12 ans

Catherine Guidicelli, Mes premiers ateliers de couture

Apprendre à coudre à la main et à la machine, voilà un beau programme d’activités ! Surtout avec des propositions aussi alléchantes : réaliser des chouchous et des bandanas, un tote bag doublé, jusqu’à une jupe façon tutu.
Avec cette véritable encyclopédie, apprendre toutes les bases de la couture est un jeu d’enfant ! Premiers points à la main, découverte du fonctionnement d’une machine à coudre, coupe du tissu, assemblages, réalisation d’un ourlet ou encore pose d’un bouton… 22 modèles entièrement expliqués étape par étape avec des schémas clairs permettent de mettre en pratique, au fur et à mesure, toutes les techniques. Après des ouvrages simples à la main suivis par des réalisations faciles à la machine, pourquoi ne pas se lancer dans des ouvrages un peu plus ambitieux, mais toujours abordables ?

Dès 10 ans

Catherine Guidicelli, Mes premiers ateliers de couture, Fleurus, coll. « Mes premiers ateliers », 2017, 240 p., 18 €

Nicolas Michel, Entre mes branches

« C’est une histoire qui commence mal. Elle a duré 457 ans, ce qui peut paraître bien long, mais, dans ma famille, les plus anciens dépassent aisément les mille saisons. Je ne vais pas me plaindre, j’ai bien vécu », raconte le héros de cet album.
Vous êtes-vous déjà interrogé sur la vie d’un arbre ? Entre mes branches donne la parole à ce personnage mystérieux et apparemment silencieux. Depuis ses débuts en tant que jeune arbre jusqu’à sa fin éventuelle sous les dents d’une scie, l’arbre raconte quels animaux se sont réfugiés sous ses feuilles, combien les intempéries ont fait trembler ses racines et qui s’est abrité dans ses branches. Tout au long des pages finement illustrées, le lecteur en vient à comprendre une idée essentielle : que la nature et les animaux évoluent dans une harmonie qui passe trop souvent inaperçue pour l’homme. Une belle invitation à considérer le monde naturel depuis la cime des arbres ! Chaque page est un poème graphique à admirer pendant des heures, accompagnée de phrases simples et riches de sens : des biches, des loups, des hommes, « qui avait raison, qui avait tort ? J’ai décidé de ne jamais prendre parti : le bien et le mal n’appartiennent pas au règne végétal », telle est l’une des leçons du grand chêne.

Dès 6 ans et pour toute la famille

Nicolas Michel, Entre mes branches, La Joie de Lire, 2022, 62 p., 16,90 € — Imprimé en Lettonie

Odile Pruvot, Loréden ou le chemin des étoiles

À la suite d’un cataclysme, le monde a été coupé en deux entre Loréden, une société harmonieuse revenue à la nature, et l’Ostrasie, qui vit dans les ruines de la société actuelle et dans une grande misère. Loréden est dirigé par des Mages et protégée par les étoiles. Une Prophétie annonce que l’Ostrasie et Loréden doivent être réunifiés. Albane, 15 ans, rêve de les réunifier. Elle parvient à pénétrer en Ostrasie et y rejoint Alpin, un jeune Ostrasien, pour partir avec lui en quête du chemin des étoiles. Bien des dangers les attendent mais ils peuvent compter sur leurs amis dans les deux sociétés.
Ce roman dystopique a pour lui d’être assez nuancé pour permettre de nombreux rebondissements et tenir le jeune lecteur en haleine. Au lieu du simple dualisme « bons contre méchants », Odile Pruvot a orienté le roman dans une direction plus positive : alors que l’Ostrasie, dirigée tout de même par un dictateur, a sombré dans le pessimisme, Loréden peut devenir un modèle plus écologique et ouvert. Seule est vraiment dangereuse l’indétermination symbolisée par le Nebeland, vaste étendue de brouillard. Embarquement immédiat, en aérocycle ou à dos de dromadaire ?

Dès 12 ans

Odile Pruvot, Loréden ou le chemin des étoiles, Pierre Téqui éditeur, 2020, 232 p., 14,90 € — Imprimé en France

Romain Pigeaud, Cosquer, la grotte inattendue

Des chevaux, des bisons, des phoques, des bouquetins… ils étaient là depuis plus de 33 000 ans pour certains, environ 19 000 ans pour d’autres, peints sur les murs d’une grotte, quand Henri Cosquer les découvrit lors d’une plongée dans les Calanques marseillaises. Un événement d’une portée (pré)historique aussi importante que la découverte de Lascaux. Devenue inaccessible à pied d’homme depuis plus de 9000 ans à cause des variations du niveau de la mer, les peintures rupestres avaient ainsi été protégées — même si, aujourd’hui, nous savons qu’elles risquent de disparaître. La mer monte de 3 millimètres par an – imaginez, dans 15 000 ans ! La grotte est fermée au public en raison de sa difficulté d’accès (37 mètres de fond et un tunnel de 175 mètres de long précédant l’entrée), ainsi que pour des raisons de sécurité et surtout de préservation de ce patrimoine exceptionnel. Mais pas avant d’avoir été mesurée, étudiée, photographiée dans les moindres recoins.
Ce documentaire réalisé par Romain Pigeaud, archéologue et docteur en préhistoire, présente les travaux des savants qui ont pu étudier la grotte, puis les techniques qui ont permis de créer une grotte « bis » à Marseille. En effet, à partir du 4 juin prochain, tout un chacun pourra aller admirer les copies des plus belles peintures rupestres dans un nouveau musée, Cosquer Méditerranée, en embarquant à bord de « modules d’exploration » sous la mer.

Dès 10 ans

Romain Pigeaud, Cosquer, la grotte inattendue, Ouest-France, 2022, 32 p., 5,90 €

Sandrine Kao, Après les vagues

La mer. L’île. Explorer. Se perdre. Belle étoile. La rencontre. S’attacher. Se découvrir. Chaque page ou double page de cet album, en quelques images et si peu de mots, ne décline pas une simple « aventure », ou une « situation », mais suggère ce qui se passe au fond de nos cœurs quand on part à l’aventure, à la découverte de soi et des autres. Les « héros » en sont de petits animaux au contour très simple dont Sandrine Kao ne sait pas elle-même très bien si ce sont des lapins, des chiens ou des marmottes… J’y verrai plutôt quelques-uns des petits fantômes amicaux que nous a fait connaître le cinéma d’animation japonais (mais je n’y connais rien en fantômes asiatiques). Le titre, « Après les vagues », nous invite à tourner la page des derniers mois, à croire en nos rêves et à aller de l’avant. « Si quelque chose nous déplaît grimacer n’y changera rien. Un peu de recul, un conseil avisé, et l’amer devient sucré. » A déguster en famille, tranquillement…

Dès 4 ans, et pour tous les âges

Sandrine Kao, Après les vagues, Grasset Jeunesse, 2022, 40 p., 18,90 € — Imprimé en Espagne

Connaissance des Arts Jeunesse, Chambord

« Prépare-toi à faire un saut dans l’Histoire. François, Louis, Stanislas, Maurice et Henri t’attendent de pied ferme » pour visiter un des fleurons de notre patrimoine : le château de Chambord ! Impressionnant au cœur de sa forêt, labyrinthique avec ses 83 escaliers et ses 426 pièces (et ses 282 cheminées), magique quand on peut se promener sur ses toits – mais aussi un peu compliqué à appréhender si sa visite n’est pas un peu préparée. C’est le projet de ce premier numéro hors-série de la revue Connaissance des Arts, rédigé et illustré pour les jeunes visiteurs. Architecture, histoire, modes de vie, environnement naturel sont présentés en termes simples et illustrés de nombreuses photos.
Au fait, François, Louis, Stanislas, Maurice et Henri ? Ce sont, par ordre d’apparition, François Ier, Louis XIV, Maurice de Saxe, Stanislas Leszczynski et Henri d’Artois, petit-neveu de Louis XVIII et comte de Chambord.

Dès 9 ans

Connaissance des Arts Jeunesse, Chambord, 2022, 52 p., 10 € — Imprimé en France

Alex Nogués, Un million d’huîtres au sommet de la montagne

« Nous voici sur un affleurement au sommet de la montagne, là où apparaissent les roches nues […] Regarde bien. Il y a plein d’huîtres au sol !
Des huîtres ?
Faisons une liste des animaux qui vivent sous terre : des lombrics, des taupes, des courtilières… On pourrait aussi trouver des souris, des blaireaux ou des hérissons dans leurs terriers. Et peut-être même un ours dans sa tanière.
Oui, mais une huître ? Les huîtres vivent dans la mer ! Et pourtant, ici, il y a des centaines, des milliers, des millions d’huîtres ! »
Pas forcément en très bon état de fraîcheur… mais il suffit de randonner en montagne dans du calcaire dit « coquillier » pour trouver d’intéressants fossiles. Cet album, très pédagogique, perce le mystère des fossiles et fait toucher du doigt la magie de la géologie. De plus, ce documentaire laisse un peu de place au rêve, comme une porte ouverte pour éveiller des vocations.
NB : comme précisé en début d’ouvrage, l’artiste s’est autorisé, par fantaisie, à faire cohabiter humains et dinosaures. C’est un peu dommage pour le côté scientifique de l’album mais la précision a l’avantage de l’honnêteté.

Dès 9 ans

Alex Nogués, Un million d’huîtres au sommet de la montagne, illustrations de Miren Asiain Lora, Editions des Eléphants, 2022, 48 p., 15 € — Traduit de l’espagnol par Sébastien Cordin. Imprimé en Espagne

Coline Dupuy et Davide Perconti, Jehanne d’Arc

À l’aube de sa mort, le 30 mai 1431, Jehanne d’Arc reçoit la visite d’un dominicain, Frère Martin Ladvenu, et lui confesse sa vie. Vers l’âge de 13 ans, tandis que le royaume de France est sous la domination des Anglais alliés aux Bourguignons, cette jeune fille de Lorraine est missionnée par des « voix », celles de l’archange saint Michel, de sainte Catherine d’Alexandrie et de sainte Marguerite d’Antioche. Celles-ci lui annoncent qu’elle devra délivrer Orléans et faire sacrer le dauphin Charles VII. Ayant obtenu quatre ans plus tard une petite troupe du capitaine de Vaucouleurs, Jehanne commence alors sa célèbre épopée…
Bravant le secret de la confession pour que nous puissions entendre la voix de Jeanne, l’artifice littéraire plutôt convenu est vite oublié au bénéfice d’un rythme toujours soutenu. Le lecteur passe sans à‑coup  — mais non sans nostalgie — des souvenirs de Jeanne aux dialogues des personnages mis en scène par Davide Perconti. Il donne à Jehanne une silhouette et un visage où la fraîcheur, la volonté, le courage et la foi s’expriment sans mièvrerie aucune. Les dessins et la mise en page sont sobres, d’une grande clarté, jusque dans le choix de la typographie, ce qui rend l’ouvrage aisément lisible par des enfants. Le scénario, dû à Coline Dupuy, transpose en BD Le Roman de Jeanne d’Arc de Philippe de Villiers, en gardant une langue soutenue et parfois imagée : « Nous serons une chevalerie, pas une crapaudaille », explique ainsi la Pucelle à « messieurs les capitaines », sous les murs de Blois. Les pages de garde présentent une carte du royaume de France en 1430, avec le parcours de Jehanne.

Dès 10 ans

Coline Dupuy et Davide Perconti, Jehanne d’Arc, Plein Vent, 2022, 48 p., 14,90 € — Imprimé en Lettonie

L. Paix-Rusterholtz et Ch. Lavaquerie-Klein, Aigle, lion, serpent… ces animaux devenus symboles

« La puissance, la rapidité et l’envergure remarquables de l’aigle le distingue des autres oiseaux. Dans l’Antiquité, les Grecs lui attribuaient la faculté de pouvoir regarder le soleil sans être aveuglé, l’apparentant ainsi à une divinité. » L’aigle est en effet un attribut de Zeus, que celui-ci envoie dévorer le foie de Prométhée. Dans la tradition chrétienne, il est celui de Saint Jean l’Evangéliste. Oiseau sacré pour les peuples autochtones d’Amérique du Nord, il figure sur de nombreux totems. Trois illustrations montrent ces différents aspects : un tableau de Rubens, « Prométhée enchaîné », un totem amérindien et une estampe d’Utagawa Hiroshige figurant un aigle planant au-dessus des chants.
Laurence Paix-Rusterholtz et Christiane Lavaquerie-Klein présentent ainsi la force symbolique de 25 animaux, de l’agneau à la vache, en passant par la chouette, le lion, l’ours ou… le perroquet. Elles donnent la part belle aux œuvres d’art, qui « nous ouvrent les portes de mondes fabuleux ». Une belle initiation à l’histoire de l’art, des ours de la grotte Chauvet à la « Frise des singes » de Franz Marc (1911).

Dès 10 ans

Laurence Paix-Rusterholtz et Christiane Lavaquerie-Klein, Aigle, lion, serpent… ces animaux devenus symboles, Palette…, 2022, 64 p., 19,90 € ‑Imprimé en Pologne

Charles Péguy, Jeanne d’Arc, cinq poèmes

Charles Péguy, Jeanne d’Arc, cinq poèmes

Les « Châteaux de la Loire », ce sont ceux qui ont vu passer Jeanne – « Son âme était récente et sa cotte était neuve ». Suivent deux prières : Jeanne y demande un « chef de guerre » capable de « faucher les Bourguignons », avant de prier monsieur saint Michel, madame Catherine et madame Marguerite. Car « mener la bataille, ô je ne le peux pas », oppose-t-elle à leur « voix inoubliable ». Mais, fille obéissante, elle fait néanmoins ses « adieux à la Meuse » et à la maison de son père. Et vient le coup de tonnerre – quels adolescents apprendront par cœur les terribles « Imprécations de Guillaume Evrard » — « Elle ira dans l’Enfer avec les Morts damnés »… Imprécations auxquelles Jeanne répond, de la Tour où, prisonnière, elle se sent abandonnée, douloureuse à jamais. Avant de marcher au supplice.
Les illustrations de Nathalie Parain sont d’une discrétion exemplaire, très fines, d’une élégance qui allie force et douceur.
Ce petit opuscule, en édition originale et d’une fabrication si soignée, a passé quelques années sur les étagères de la bibliothèque d’un collège de Rueil Malmaison. Si l’on en croit la fiche encore glissée dans le livre, il a été emprunté – pour la dernière fois – en 1983 par un élève de 6e.

Dès 12 ans

Charles Péguy, Jeanne d’Arc, cinq poèmes, illustrations de Nathalie Parain, typographie Deberny-Peignot, NRF Gallimard, 1952, 62 p. – En brocante ou chez des libraires de livres anciens. 10 € chez Le Facteur Cheval à Versailles.

Françoise Rachmühl, Antigone la courageuse

Une petite brune, « aux grands yeux sombres, exigeants », c’est ainsi que Françoise Rachmühl voit la si célèbre princesse thébaine, que tout oppose à sa sœur, la blonde Ismène. Reprenant les pièces d’Eschyle, de Sophocle et d’Euripide, mais aussi les œuvres plus récentes, ce « roman » lie les différents thèmes du mythe dans une narration fluide, qui n’édulcore en rien les épreuves vécues par la jeune fille. Elle va ainsi découvrir comment son père a délivré Thèbes de la Sphynx, mais aussi comment le petit Œdipe a survécu aux inquiétudes de son père Laïos, comment il l’a tué – sur le chemin de Delphes, au carrefour de deux routes — et comment il a épousé la reine Jocaste, dont il ignore qu’elle est sa mère. Surviennent la peste, la révélation de l’oracle, la mort de Jocaste, et la fuite d’Œdipe, devenu aveugle et guidé par Antigone. Nouveaux malheurs : ses deux frères, Etéocle et Polynice, se lancent dans un combat fratricide – mais seul Etéocle aura le droit à des funérailles… Qui rendra les honneurs funèbres à Polynice ? Antigone, qui en sera punie de mort par Créon, le frère de Jocaste devenu roi de Thèbes. Quand le rideau tombe, que retenir de cette longue suite de malédictions ? Que le Destin est « plus fort que les hommes, plus fort même que les dieux », comme le rappelle Œdipe lui-même, depuis le bois sacré des Euménides à Colone.

Dès 12 ans

Françoise Rachmühl, Antigone la courageuse, Flammarion Jeunesse, 2022 (1ère édition en 2017), 128 p., 4 € — Imprimé à Barcelone.

J. Foiret et Ph. Brochard, Les frères Lumière et le cinéma

Phénakistiscope, phakinescope, praxinoscope, kinétoscope… autant d’inventions sans lesquelles nous n’irions pas au… cinéma ! Imaginez-vous, ce 28 décembre 1894, dans la salle de billard d’un café parisien. Sur le mur du fond, un grand panneau blanc. Et soudain, voilà des personnages qui s’agitent, puis un bébé dans son bain ; et puis, non, attention ! Ce train qui vous fonce dessus… Ce n’est qu’une image, mais avouez, vous avez eu peur ! Car vous venez d’assister à la toute première séance de cinématographe. Ce petit livre documentaire fera, pour 2 euros, un parfait souvenir d’une visite au musée des Arts et Métiers, à Paris. Les enfants (dès 8 ans) comme les adolescents y passeront une journée passionnante, à la recherche de ces drôles de machines inventées depuis la fin du XVIIIe siècle.

Dès 9 ans

J. Foiret et Ph. Brochard, Les frères Lumière et le cinéma, illustrations de Loïc Derrien, Nathan, coll. « Monde en poche », 1992, 78 p., 2 € — Imprimé en France