Thème

A partir de 12 ans

Selma Lagerlöf, Le Livre de Noël

Selma Lagerlöf, Le Livre de Noël

« Nulle part ailleurs dans la région qu’à Mårbaka on distribue ainsi les cadeaux de Noël après avoir mangé le riz au lait traditionnel. Mais à Mårbaka subsistent d’anciennes coutumes et qui nous conviennent. Rien ne peut égaler cette attente qui, des heures durant, tout au long de la veille de Noël, se prolonge parce que l’on sait que le meilleur reste à venir. » Le meilleur, c’est pour la petite Selma, dix ans, ce n’est pas vraiment la boîte à ouvrage et ses accessoires, devant rappeler à la demoiselle qu’elle n’est pas très douée pour coudre et broder. Non, ce qu’elle attend, c’est un livre qu’elle lira à la lumière de sa bougie… Mais ce livre commence par « Il était une fois un roi » — en français ! Après ces souvenirs aigres-doux, Selma Lagerlöf conte la légende christianisée de sainte Luce, celle de la manière dont la gorge du rouge-gorge devint rouge, celle du Nouvel An des animaux, et plusieurs autres, parfois un peu moralisatrices, mais pleines de cet inimitable charme des Noëls scandinaves. Avec quelques illustrations de Carl Larsson.

Dès 12 ans

Selma Lagerlöf, Le Livre de Noël, Actes Sud, 2007, 107 p., 6,60 € — J’ai trouvé le volume d’occasion dans son édition de 1994.

Jessica Jeffries-Britten, 30 destins d’alpinistes

Jessica Jeffries-Britten, 30 destins d’alpinistes

D’Henriette d’Angeville, qui atteint le sommet du mont Blanc en 1838 à Joseph Vallot, qui se fit construire un observatoire astronomique sur les pentes du même mont Blanc, voici 30 portraits d’hommes et de femmes qui ont accompli leur rêve d’enfant : conquérir les sommets. Il y eut les grands anciens : Buhl, Frison-Roche, Bonatti, Terray, Kogan. Il y en a de bien plus jeunes : Honnold, Hyll, Jornet. Une belle occasion aussi de dresser le portrait de montagnards moins sollicités dans les médias : Sarah Cartier, gardienne de refuge ; Jeff Mercier, secouriste ; Zian Perrot-Couttet, dénicheur de cristaux. En véritables montagnards, tous et toutes ont en commun une volonté de fer, des valeurs de solidarité et d’amitié et un profond désir de liberté. Voilà de quoi inspirer les jeunes qui rêvent de gravir les montagnes !

Dès 10 ans

Jessica Jeffries-Britten, 30 destins d’alpinistes, illustrations d’Emmanuelle Halgand, Editions Paulsen, 2020, 127 p., 13,90 €

Rudyard Kipling, Le Livre de la jungle

Mowgli « se fatiguait beaucoup d’avoir à répéter cent fois la même chose. Mais, comme Baloo le disait à Bagheera, un jour que Mowgli avait reçu la correction d’un coup de patte et s’en était allé bouder :
— Un petit d’homme est un petit d’homme, et il doit apprendre toute… tu entends bien, toute la Loi de la Jungle.
— Oui, mais il est tout petit, songes‑y, dit la panthère noire, qui aurait gâté Mowgli si elle avait fait à sa guise. Comment sa petite tête peut-elle garder tous tes longs discours ?
— Y a‑t-il quelque chose dans la Jungle de trop petit pour être tué ? Non. C’est pourquoi je lui enseigne tout cela, et c’est pourquoi je le corrige, oh ! très doucement, lorsqu’il oublie.
— Doucement ! Tu t’y connais, en douceur, vieux Pied de Fer, grogna Bagheera. Elle lui a joliment meurtri le visage, aujourd’hui, ta… douceur. Fi !
— J’aime mieux le voir meurtri de la tête aux pieds par moi qui l’aime, que de lui voir arriver du mal à cause de son ignorance, répondit Baloo avec beaucoup de chaleur. Je suis en train de lui apprendre les Maîtres Mots de la jungle appelés à le protéger auprès des oiseaux, du Peuple Serpent, et de tout ce qui chasse sur quatre pieds, sauf de son propre clan. Il peut maintenant, s’il veut seulement se rappeler les mots, réclamer protection à toute la jungle. »
Une nouvelle édition du célèbre Livre de la Jungle est toujours un pari – celui-ci est réussi, grâce aux illustrations, frises et divers objets animés interactifs créés par le studio MinaLima, connu pour avoir créé l’univers graphique de la série Harry Potter. Des illustrations qui viendront bien à propos au fil du texte, avec leurs couleurs chaudes et leur inspiration indienne. Dans la traduction historique de Louis Fabulet et Robert d’Humières (1899).

Dès 10 ans

Rudyard Kipling, Le Livre de la jungle, illustrations et animations de MinaLima, Flammarion Jeunesse, 2020, 320 p., 28,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Hege Barnholt, En direct de Scandinavie : les trésors de Noël

Hege Barnholt, En direct de Scandinavie : les trésors de Noël

« Noël, c’est l’attente, la joie, l’effervescence, les sentiments chaleureux et surtout les traditions » annonce l’auteur de ce livre aux trésors. En Scandinavie, Noël se prépare dès octobre, quand les nuits rallongent, rallongent… Et pour s’occuper les mains, les bonnes idées ne manquent pas : boules de mousse, photophores, cadeaux fabriqués à partir de petits riens, sans oublier de nourrir les oiseaux sauvages. Et pour se réchauffer, rien de vaut le glögg de grand-mère, agrémenté de petits gâteaux aux formes traditionnelles et au parfum d’anis et de cannelle. A déguster sans modération !

Pour toute la famille

Hege Barnholt, En direct de Scandinavie : les trésors de Noël, photographies de Bjorn Johan Stenersen, Les Editions de Saxe, 2013, 160 p., 19,50 €

J. R. R. Tolkien, Lettres du père Noël

J. R. R. Tolkien, Lettres du père Noël

« Je suis heureux d’annoncer que nous avons de nouveau un Noël lumineux – les Aurores boréales ont été particulièrement généreuses », écrit le père Noël en 1929. Mais « le Feu de Joie a fait un trou dans la glace et réveillé le Grand Phoque », précise cette lettre écrite du « sommet du monde, pôle Nord ». John, Michael, Christopher et Priscilla Tolkien ont ainsi reçu trente lettres de ce père Noël facétieux, inventif et poète. Un véritable artiste, bien sûr, qui illustrait ces missives avec tendresse et humour, pour la joie de toute la famille réunie autour d’un flamboyant Christmas Pudding.

Dès 9 ans

J. R. R. Tolkien, Lettres du père Noël, Pocket, 112 p., nov. 2010, 7,80 €.

Natsuko Wada, Marie-Antoinette (1755–1793)

« Après son départ, Maria Antonia ne revit plus jamais sa mère. Le très long cortège qu’elle emmena avec elle… arriva à mi-parcours entre l’Autriche et la France au bout de deux semaines. Pour cette occasion, un bâtiment avait été construit sur une île du Rhin… où Maria Antonia fut confiée à des personnes venues la chercher depuis la France. » Et c’est ainsi que la jeune et insouciante archiduchesse d’Autriche Maria Antonia s’apprêtait à devenir Marie-Antoinette, reine de France. Cette collection des « grands noms de l’histoire en manga » continue son pari : proposer un récit fidèle à l’histoire, dans un style de narration typique du manga. Au fil du récit, les dessins de Mamoru Kurihara se font de plus en plus sobres et respectueux de la fin tragique de Louis XVI et de Marie Antoinette, même s’ils apportent une touche assez irréelle et décalée de notre histoire de France. A la fin du volume, les jeunes lecteurs curieux – ou sollicités pour un exposé – trouveront un dossier pédagogique bien monté, entre frise chronologique et reproductions d’œuvres d’art.

Dès 8 ans

Natsuko Wada, Marie-Antoinette (1755–1973), illustrations de Mamoru Kurihara, Pika Edition — Nobi Nobi, coll. « Les grands noms de l’histoire en manga », 2020, 160 p., 7,90 € — Adapté et traduit du japonais. Imprimé en France. A feuilleter ici.

Guillaume Duprat, Univers, Des mondes grecs aux multivers, le coffret

« Depuis quand sait-on que la Terre n’est pas au centre du monde ? Qui a imaginé des espaces infinis ? Quand la théorie du big-bang a‑t-elle été formulée ?
L’histoire de l’astronomie est comme un grenier rempli de merveilleux trésors. » Mais, « en 2600 ans, tous ces savants ont fait évoluer la vision de l’Univers ! » Observations, découvertes, calculs, spéculations… Plus le temps passe, plus les chercheurs travaillent, plus les choses deviennent complexes. Comment définir l’Univers ? Qu’en savons-nous au juste ?
Le cosmographe Guillaume Duprat a réalisé un documentaire assez bluffant. Les jeunes lecteurs auront plaisir à manipuler les divers volets et dépliants derrière lesquels se cachent bien des informations.
Le coffret, outre ce livre animé, contient un « passeport pour Mars », 6 cartes et un poster géant phosphorescents et 21 autocollants. Ce « nécessaire du petit cosmographe » permettra une approche ludique de ce sujet très complexe. Comme beaucoup d’objets destinés à être offerts, ce coffret est nettement plus épais que son contenu réel – heureusement, il déborde de savoir !

Dès 9 ans

Guillaume Duprat, Univers, Des mondes grecs aux multivers, le coffret, Saltimbanques éditions, 2020, 19,95 €  — Imprimé en Chine

Caroline Larroche, Les métiers oubliés à travers l’art

Il est resté célèbre grâce au Petit Prince de Saint-Exupéry, mais que sait-on exactement du métier d’allumeur de réverbères ? Sur notre planète, ou plutôt dans nos grandes villes, du XVIIIe au XIXe siècle, soir et matin, un brave homme passait dans les rues allumer puis éteindre les lanternes puis les lampes à huile qui permettaient de circuler sans trop se crotter les pieds – ce qui décourageait aussi les voleurs et les brigands. Dans cet album, notre allumeur de réverbères figure sur un tableau du peintre russe Leonid Solomatkine. Il prend place dans un musée imaginaire consacré aux métiers disparus, du copiste au rémouleur, des demoiselles du téléphone à la lavandière. La dentellière, c’est bien sûr celle de Vermeer, si joliment penchée sur ses fuseaux. Art, histoire et anecdotes font bon ménage dans ce livre qui éveillera la curiosité des jeunes lecteurs. Merci à Marie-France LR.

Dès 8 ans

Caroline Larroche, Les métiers oubliés à travers l’art, Palette, 2020, 32 p., 13,90 €

Herman Melville, Moby Dick

«  — Un cachalot blanc, j’ai dit, reprit Achab en jetant le maillet sur le pont, un cachalot blanc. Arrachez-vous les yeux pour le voir, les gars.
Tashtego, Daggoo et Queequeg avaient assisté à toute la scène avec un intérêt, une surprise plus intense encore que les autres, et l’évocation du front ridé, de la mâchoire torve, les avait fait sursauter, comme s’ils avaient été touchés, chacun, par quelque souvenir personnel.
— Capitaine Achab, dit Tashtego, ce cachalot blanc doit être celui que certains appellent Moby Dick.
— Moby Dick ? hurla Achab ? Tu connais donc le cachalot blanc, Tash ? »
Épopée maritime, roman universel, allégorie biblique, livre culte, Moby Dick résiste, par son immensité, à toutes les définitions. Pourtant, son intrigue même tient en quelques mots : la traque obsessionnelle par un homme du cachalot qui lui a arraché une jambe… Cette version, adaptée, tiendra le lecteur en alerte sur près de 200 pages, grand format.
De ses voyages en Asie, puis au Brésil, à Madagascar, au Chili, Olivier Tallec sait bien que l’océan n’est pas toujours bleu – ici, il prend toutes les nuances du rouge à l’orangé, tandis que les ciels s’agitent de tempêtes lors desquelles les marins se sentent tout petits.

Dès 10 ans

Herman Melville, Moby Dick, illustré par Olivier Tallec, École des Loisirs, coll. « Illustrés classiques », 2020, 14 € — Traduit et abrégé de l’anglais par Marie-Hélène Sabard.

Dominique Ehrhard, Les Châteaux de la Loire en pop up

« Si, côté ville, l’imposant bâtiment possède tous les attributs du château fort médiéval, grosses tours, pont-levis, mâchicoulis, le côté jardin dévoile une façade délicate qui témoigne des nouveaux goûts architecturaux de la Renaissance. » Qui suis-je ? Chambord, Amboise, Chenonceau, Azay-le-Rideau ou Langeais ? Ces cinq châteaux de la Loire déploient leurs façades dans ce superbe pop-up, et nous dévoilent quelques-uns de leurs secrets. Savez-vous pourquoi Chenonceaux est appelé le château des dames ? Parce qu’il vit passer dans ses murs Catherine Briçonnet, Diane de Poitiers, Catherine de Médicis, Louise de Lorraine, Louise Dupin, Marguerite Pelouze… et tant d »autres gentes dames.

Dès 8 ans

Dominique Ehrhard, Les Châteaux de la Loire en pop up, Ouest France, 2020, 12 p en pop up, 16,90 € — Imprimé en Chine

Nathalie et Christophe Prince, Ainsi parlait Nietzsche

« Loin, plus loin que n’est allé le plus grand voyageur, se trouve une chaîne de montagnes, et au bout de cette chaîne, il y a une montagne plus haute encore et plus solitaire que les autres.
Sur cette montagne vivent un homme, un aigle et un serpent.
Un homme… Il faudra creuser cette question ! Disons que c’est le héros de cette histoire. Il s’appelle Friedrich Nietzsche et la montagne s’appelle le mont Zarathoustra. L’aigle et le serpent ne s’appellent pas, car ils sont toujours là. » Avec un talent de conteurs inimitable, Nathalie et Christophe Prince conduisent le lecteur à la suite du philosophe : dans son périple, de la montagne vers la ville et plus loin encore, ils lui font rencontrer le funambule, la Sphinge, le grand dragon TUDOIS, le lion, les mouches bourdonnantes, les filles-fleurs, le plus laid des hommes… jusqu’au jour où le philosophe remonte sur sa montagne. Et là, il entame, avec un enfant, une partie de cache-tampon. « L’enfant, sa dernière métamorphose ». Le Lyonnais Yann Damezin, venu de la BD, illustre cet album avec une fantaisie virevoltante très colorée qui nous maintient en alerte au fil des pages.
Les Petits Platons ont fait le choix audacieux d’initier les enfants à la philosophie. L’équipe propose, outre ses ouvrages, des causeries et des ateliers philo. Mais l’audace se traduit aussi par des prises de risques financiers ! Ainsi, ce volume a pu être imprimé grâce à une levée de fonds. Et cela a marché ! Vous pouvez donc acheter ce volume et tous les autres en ligne auprès de la librairie des Petits Platons.

Dès 9 ans – et sans limite d’âge

Nathalie et Christophe Prince, Ainsi parlait Nietzsche, illustrations de Yann Damezin, Les Petits Platons, 2020, 64 p., 14 € — Imprimé en Europe

Anne-Marie Pol, Défenseur des oubliés

Fin novembre 1793. Quelle idée de s’embarquer par un froid pareil pour Chausey, cet archipel battu par les vents au large de la Normandie ! Mais Sébastien de Rocadour, dit l’Esquirol, doit remplir sa mission : transmettre des lettres des princes émigrés à un agent contre-révolutionnaire. Car le temps presse : à la Conciergerie, la princesse Marie-Thérèse, sa tante Madame Elisabeth et surtout le petit Louis XVII sont en réel danger. Cette dernière mission, l’Esquirol la mène aux côtés de sa si jolie Saphire – mais réussira-t-elle ? De Chausey à Paris, de Paris à Rocadour, les routes sont semées d’embûches, de traîtres et de lâches… Ce 3e et dernier tome est un peu pessimiste – mais si réaliste : « Peut-on empêcher le cours du temps ? » — d’autant moins que la fin de l’histoire est connue. Mais cela n’interdit pas de cultiver un certain panache !

Dès 10 ans

Anne-Marie Pol, Défenseur des oubliés, Le destin de l’Esquirol, tome 3, Mame, 2020, 240 p., 14,90 € — Imprimé en Italie

Anne-Marie Pol, Le Baladin de la Reine, Le destin de l’Esquirol, tome 1, Mame, 2018, 254 p., 14,90 €
Anne-Marie Pol, Chevalier du Roi captif, Mame, 2019, 240 p., 14,90 €