Thème

A partir de 12 ans

Isabelle Duquesnoy, Constance, fiancée de Mozart

28 mars 1781. « Mais, monsieur, c’est bien ce nom que j’ai lu sur vos feuilles de musique et sur notre cahier de réservations ! J’ai bien vu, vous avez signé “Trazom”.
L’homme se redresse, toussote un peu et tire sur sa tignasse poudrée pour couvrir ses oreilles.
— Voyons, dit-il sérieusement, j’adore inventer des sobriquets. “Trazom” est mon nom écrit à l’envers. Et regardez, c’est amusant : mon prénom à l’envers, c’est Gnagflow. N’est-ce pas ridicule ? […]
Il s’avance jusqu’à la lueur jaune des flambeaux et… non ? C’est impossible !
— Wolfgang Mozart ! C’est vous ? »
La jeune Constance, la troisième des quatre demoiselles Weber, tient son journal depuis le début de cette année 1781. Souvent malade, mal aimée de sa mère, dédaignée de ses sœurs, la jeune fille se réfugie dans ses rêves et dans la musique – elle a une très jolie voix et, comme toutes les jeunes filles bien élevées, a appris la musique. Pour pouvoir tenir son rang, Madame Mère, veuve, loue des chambres dans leur appartement viennois : des musiciens, des artistes ou des diplomates étrangers. D’où cette arrivée « en chair et en nonosse » du jeune prodige, au comportement parfois original. C’est de Constance, la timide, que Wolfgang va tomber amoureux. Jusqu’à demander sa main et l’épouser, le 4 août 1782. Cette biographie historique, comme le veut la collection, est présentée sous la forme d’un journal, sur un beau papier crème. Isabelle Duquesnoy a adapté, pour la jeunesse, son roman historique « Les Confessions de Constanze Mozart » (Plon, 2003). A lire en écoutant La Flûte enchantée ou La Petite Musique de nuit.

Dès 10 ans

Isabelle Duquesnoy, Constance, fiancée de Mozart – Vienne, 1781 – 1783, Gallimard Jeunesse, coll. « Mon histoire », 2009, 192 p., 9,90 € — ou en Folio Junior, 5,90 €

John Flanagan, Le siège de Macindaw, L’apprenti d’Arualen (tome 6)

Une chronique reçue de Mado – vous aurez donc quatre chroniques cette semaine !

« Le jeune homme s’assit sur une bûche devant le feu, sous un abri fabriqué avec la voile du drakkar. Il accepta une chope de bière et la but avec plaisir, tout en portant un toast aux Skandiens qui l’entouraient.
— Eh bien, Will, dit alors le skirl, qu’est ce qui t’amène jusqu’ici ?
Le Rôdeur dévisagea chacun des membres de l’équipage, aux visages anguleux et barbus.
— Je cherche des guerriers, répondit-il. J’ai l’intention de prendre un château d’assaut, et il paraît que vous vous y connaissez… »
Will est sur le pied de guerre. Keren a pris le contrôle de MacIndaw. L’invasion d’Araluen est imminente. Will doit à tout prix déjouer les plans de Keren, le traître, et de sa horde de criminels, qui font régner la terreur. Le jeune rôdeur est démuni face à une telle menace. L’arrivée d’un vieil ami et le recours aux anciennes croyances suffiront-ils à lui donner l’avantage ? Car, cette fois, Will ne se bat pas seulement pour la survie du royaume : s’il échoue la belle Alyss, prisonnière du seigneur félon, risque fort d’y laisser la vie…
Ce qui plaît à Mado et à ses enfants : le rythme soutenu des aventures pleines de péripéties ; le style, facile à lire mais plaisant ; le côté initiatique du jeune garçon qui devient homme ; pas d’histoire d’amour mièvre, mais de beaux sentiments ; la lutte du bien contre le mal.
Une série de fantastique avec initiation du héros orphelin, Will, par le Rôdeur royal, Halt. Des aventures palpitantes, avec leur lot de courage, de don de soi… un vrai roman de chevalerie fantastique.
De L’Ordre des Rôdeurs (tome 1) à Rôdeur Royal (tome 12), John Flanagan a inventé cette série pour donner, dit-on, le goût de la lecture à son fils ! 12 tomes, donc, même si le dernier volume finit en « queue de poisson ». « Même punition, même motif » ; pour améliorer son anglais, pourquoi ne pas lire en VO ? Voilà une digne suite à certaines histoires de sorciers !

Dès 9 ans

John Flanagan, Le siège de Macindaw, L’apprenti d’Arualen (tome 6), Le Livre de poche jeunesse, 2014, 416 p., 6,90 € — Traduit de l’anglais (Australie)

Irène Adler, Sherlock, Lupin et moi

Voici le premier message reçu ! Un immense merci à Mado, qui partage avec plaisir les lectures de ses enfants. Je vous le transmets, en complétant des données techniques.

Chère Madame la Chouette,
C’est avec grand plaisir  que j’ai découvert votre site il y a un peu plus d’un an et que je pioche de temps en temps de bonnes idées de livres pour mes rats de bibliothèque.
Je viens de lire ” Sherlock Lupin et moi” d’Irène Adler. Age : à partir de 10–12 ans. Genre Enquête policière. Plusieurs tomes parus.
Description : avant d’être un personnage des aventures de Sherlock Holmes, Irène a été une jeune fille malicieuse et rebelle. Dans cette série, elle raconte sa rencontre avec Sherlock et Lupin, leur amitié et leurs premières enquêtes.
Ce que j’ai aimé : le style ! Traduit de l’italien, un vrai régal ! Les personnages sont bien croqués, vraisemblables, l’intrigue est prenante mais pas effrayante.  Pour l’instant, un taux de sentiment amoureux qui n’est pas trop prononcé à mon goût. Ce qui est assez rare dans les livres de cette tranche d’âge. La “narratrice” est Irène Adler, mais l’histoire n’est pas mièvre, il y a même assez de rebondissements pour que mes deux gars de 8 et 10 ans adhèrent bien. »
Traduit de l’italien ? En effet, Irène Adler est un pseudonyme, celui du duo de Pierdomenico Baccalario (La Fille qui dévorait les livres, Typos) et de son compère Allessandro Gatti.

Dès 9 ans

Irène Adler, Sherlock Lupin et moi, Albin Michel Jeunesse – série.

Tome 1 : Le mystère de la dame en noir, 2017, 288 p., 12,50 €
Tome 2 : Dernier acte à l’Opéra, 2017, 304 p., 12,50 €
Tome 3 : L’Enigme de la rose écarlate, 2017, 272 p., 12,50 €
Tome 4 : La cathédrale de la peur, 2018, 288 p., 13,50 €
Tome 5 : Le château de glace, 2018, 256 p., 13,50 €

Carol Drinkwater, Pendant la famine en Irlande, Journal de Phyllis McCormack, 1845–1847

Au printemps 1845, la jeune Irlandaise Phyllis, 14 ans, se confie à son journal : elle se fait bien un peu de mauvais sang pour son frère Patrick, lequel tient des discours révolutionnaires indépendantistes, mais elle mène la vie de toutes les jeunes campagnardes irlandaises, courageuses et travailleuses. A l’automne, une catastrophe s’abat sur le pays : « Une mystérieuse maladie s’attaque à la récolte de pommes de terre », annonce la presse. Le journal de Phyllis prend un tournant dramatique : les lecteurs vont suivre, presque au jour le jour, cet épisode dramatique de l’histoire irlandaise que fut la Grande Famine. Non seulement les pommes de terre sont pourries, mais le gouvernement ne fait pas grand-chose pour tenter de juguler la famine qui s’abat sur l’île. La jeune fille, confrontée à la faim, à la maladie, au deuil et à l’extrême pauvreté, garde la tête haute. Et le miracle, comme pour tant d’Irlandais, aura pour nom l’Amérique. Le texte français a su conserver toute la saveur de l’anglais populaire, avec ses approximations et ses raccourcis : si Carol Drinkwater se définit comme « anglo-irlandaise », elle écrit en anglais. Clin d’œil à son ascendance irlandaise : Phyllis McCormack est le nom de sa mère.

Dès 10 ans

Carol Drinkwater, Pendant la famine en Irlande, Journal de Phyllis McCormack, 1845–1847, Gallimard Jeunesse, coll. « Mon histoire », 2006, 224 p., 9,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Italie.

Delphine Pessin, Deux fleurs en hiver

Capucine, stagiaire à l’ EHPAD du Bel-Air : « Alors, contrairement à la plupart des autres lycéens, je ne redoutais pas de travailler avec les « seniors ». Ça, c’est le terme politiquement correct pour désigner les personnes âgées. Je trouve ça crétin. On dit aussi les « anciens », les « pensionnaires », moi je préfère les « vieux ». Il n’y a rien de dégradant à dire qu’ils sont vieux, c’est un fait, voilà tout. C’est même plutôt beau, quand on y pense, d’avoir déroulé le fi l d’une vie et de se tenir tout au bout.
Violette Florent, 87 ans, nouvelle arrivée à Bel-Air : « Je n’étais plus Mamette, épouse et mère, ni Mme Florent, institutrice à la retraite, ni même Violette, bénévole à la bibliothèque du village. J’étais une résidente parmi d’autres, une vieille femme rabougrie qui ne pouvait se déplacer qu’à l’aide d’un déambulateur. Une femme qui ne pouvait plus vivre chez elle, pour sa propre sécurité. »
Entre ces deux « fleurs », le courant passe au premier regard. Chacune d’entre elles a un secret, un lourd secret de famille. Une belle amitié va naître.
Quand un défilé de carnaval se transforme en manifestation pacifique, le voile se lève sur la vie quotidienne des résidents et sur les conditions de travail du personnel hospitalier – rien n’est rose à Bel-Air. Passent aussi une galerie de pensionnaires attachants, des aides-soignantes épuisées, un chat noir, Crampon, une copine, Margaux, et un nouvel aide-soignant, Romain. Mais pourquoi Capucine porte-t-elle des perruques flashy ?
Dans un « français de tous les jours », celui de ses collégiens, Delphine Pessin signe un roman qui parle de sujets profonds, d’accidents, de vocations, de fin de vie, bref, d’humanité, sans moraline ni faux-semblants.

Dès 12 ans

Delphine Pessin, Deux fleurs en hiver, Didier Jeunesse, 2020, 192 p., 15,90 €

Yasutaka Tsutsui, La Traversée du temps

« Kazuko Akiyama, élève de troisième, achevait le ménage de la salle de sciences naturelles avec deux garçons de sa classe, Masaru Fukamachi et Goro Asakura. »  Mais au moment d’aller ranger quelques objets dans la salle de travaux pratiques, il lui semble que quelqu’un s’y cache, puis lui échappe. Elle respire alors le parfum d’une éprouvette laissée ouverte, et voilà qu’elle s’évanouit. Les trois jours suivants, rien ne se passe comme d’habitude, jusqu’à ce que la lycéenne s’aperçoive qu’elle vit dans un temps décalé d’une journée. Avant d’en revenir. Puis de repartir. D’où lui vient ce mystérieux pouvoir ? Est-elle devenue folle ? M. Fukushima, le professeur de sciences naturelles, trouvera-t-il une explication logique ? Que pourront ses deux amis, Masaru et Goro ? Le lecteur, lui, plonge dans un espace-temps qui lui est connu par les mangas : celui des lycéens japonais, introvertis, raisonnables et soucieux de ne pas se faire remarquer… ce qui ne marche pas à tous les coups ! Ce roman paru en épisodes en 1965 au Japon, a inspiré le film d’animation japonais La traversée du temps réalisé par Mamoru Hosoda. Romantisme et science-fiction dans les sixties, un grand classique au charme fou.

Dès 12 ans

Yasutaka Tsutsui, La Traversée du temps, L’École des Loisirs, 2020 (réédition), 103 p., 8,20 € — Traduit du japonais

Elmodie, Icebergs – livre pop-up

Comment naissent les icebergs ? Sur les rivages des océans arctique et antarctique, les immenses glaciers ne sont pas immobiles. Ils « glissent de plusieurs centimètres par jour vers l’océan. Soudain, un grondement perturbe le silence. Le front du glacier est arrivé sur l’eau. Il se brise puis s’effondre e,n donnant naissance à des icebergs qui tombent dans la mer. Ce phénomène s’appelle un vêlage. » Oui, c’est le même mot qui désigne la naissance d’un petit veau ! Ces icebergs, véritables montagnes de glace, vont ensuite naviguer sur les océans, et gare à ceux qui les percutent. En 7 pop-up spectaculaires, Elmodie, de son vrai nom Elodie Laîné, réalise un documentaire poétique et écologique à la fois : les données scientifiques sont mises en valeur par le jeu de ses trouvailles graphiques.

Dès 9 ans

Elmodie, Icebergs – livre pop-up, Saltimbanques Editions, 2019, 16 p. et 7 pop-up, 22 € — Imprimé en Chine
Du même auteur : Matelot à l’eau, De La Martinière Jeunesse, 2016, 16 p. et 8 pop-up, 19,90 €

Bertrand Puard, Clepsydre sur Saône

Comment et pourquoi Alicia et Ewan, jeunes aventuriers d’un futur orwellien, parcourent-ils le temps et l’espace, de la Gaule romaine à la Judée, de la Grèce de Pythagore au Yucatan ? Leur mission ? « Remettre le temps en ordre ». Tout a commencé en Normandie – voir Clepsydre sur Seine. Maintenant, Ewan doit solliciter Chronos, le dieu du temps, mais surtout sa jugeotte et son énergie, pour éviter le pire : la main mise sur le monde de Mickey Vermogen, ex majordome de la famille d’Alicia devenu président des Etats-Unis. A chacune de ses étapes (sauf chez les dinosaures du Yucatan !), il trouvera pour l’aider une mystérieuse communauté, celle de la Clepsydre, cet instrument à eau qui permet de compter le temps. Un temps distordu, hallucinant, où les heures valent des minutes, ou inversement… « Heureusement, les Compagnons de la Clepsydre, gardiens millénaires des cristaux du temps, veillent. » Et conservent l’espoir que la mission d’Alicia et d’Ewan réussira.

Dès 12 ans

Bertrand Puard, Clepsydre sur Saône, Editions du Rocher, 2020, 260 p., 12,90 € — Imprimé en France

Jean Giono, Le petit garçon qui avait envie d’espace

« Il y avait un petit garçon qui habitait un pays de plaines. Tous les dimanches après-midi il allait se promener avec son père dans des chemins bordés de haies. » Mais pour qui marche entre les haies, la question demeure : qu’y a‑t-il donc au-delà ? Et notre garçon de rêver… Grimper aux arbres, aussi haut que les écureuils et les oiseaux… Et puis un jour — ou plutôt une nuit – le voilà au pied d’un escalier merveilleux qui s’enroule autour d’un arbre immense. « Le plus grand étonnement du petit garçon fut de se rendre compte que l’œil pouvait voir si loin. Il comprenait maintenant ce qu’on voulait dire quand on disait “à perte de vue”. C’était très loin. C’était même si loin que peut-être ça n’existait pas. Car sa vue ne se perdait pas, elle s’en allait simplement jusqu’à l’endroit où le tapis de l’espace rejoignait le tapis du ciel. »
Les illustrations de François Place font merveille pour donner plus de vie encore à ce très beau texte, retrouvé dans les archives de Jean Giono et facile d’accès pour les jeunes lecteurs. Une initiation bienvenue à la « grande littérature ».

Dès 8 ans

Jean Giono, Le petit garçon qui avait envie d’espace, illustrations de François Place, Gallimard Jeunesse, coll. « Folio Cadet Les Classiques », 2018 (réédition), 48 p., 6,50 € — Imprimé en Espagne

Nathalie Somers, Le Code Vivaldi, t. 1

Une jeune et jolie héroïne élevée dans une pension suisse ultra-chic, un papa mondain en mission pour l’Unesco, un assistant trop beau pour être honnête – et Venise en novembre. Ajoutez que la damoiselle a l’ouïe fine (ciel, un cambriolage en vue !) et le caractère bien trempé (chic, courrons après les cambrioleurs) et voilà un petit roman bien ficelé. Amourettes, tourisme, aventures, espionnage, le cocktail fonctionne à plein. L’intrigue étant cousue de fil blanc, les lectrices découvriront aussi Venise et Vivaldi, les vrais héros de l’histoire. Cela les changera des bellâtres et des minettes des séries américaines.

Dès 12 ans

Nathalie Somers, Le Code Vivaldi – tome 1, Didier Jeunesse, 2020, 256 p., 16,90 € — Imprimé en France

Sandra Lebrun, Papeterie créations

Préférez-vous dessiner la silhouette d’un château, conserver des photos « en papier » ou noter la dernière recette de gâteau au chocolat de Mamie ? A moins que vous ne préfériez offrir un « carnet de rêves » ? Ce guide de bricolage permet de réaliser dix modèles de carnet avec des techniques différentes – à la japonaise, avec des anneaux ou des élastiques, une couverture souple ou rigide… Ce n’est pas tout à fait de la reliure, mais une bonne initiation aux créations de papeterie. Photos et explications sont très claires, étape par étape dans le moindre détail. Le plus ? Un assortiment de 192 feuilles de papier imprimées dans des teintes contemporaines, qui donneront leur chic à chacune des réalisations proposées.

A partir de 12 ans

Sandra Lebrun, Papeterie créations, stylisme de Sonia Roy, photographies de Fabrice Besse, Mango Editions, 2019, 128 p., 22,50 €

Bernard Rio, Histoire secrète des druides

Sous un titre accrocheur et une piètre couverture de style « faux-vieux » se cache un document fort intéressant et très accessible sur ces étranges personnages de l’Antiquité. Qui étaient les druides ? Quelle était leur formation ? Médecins, philosophes, conseillers des rois, ils n’ont guère laissé de traces ailleurs que dans les textes grecs ou romains – et pour cause, ils ne se servaient guère de l’écriture et préféraient mémoriser tout ce qui avait trait à la religion ou à la philosophie. Bernard Rio évoque les lieux sacrés de la religion celte, ainsi que les rites et pratiques magiques, dont la célèbre cueillette du gui dans les chênes. Il termine par l’évocation de ces farfelus qui, ayant ou non étudié le monde celtique, ont tenté de remettre à l’honneur des « cérémonies druidiques », dès le XVIIIe siècle. Sachez que si vous trouvez un oursin fossile, rien ne vous interdit d’y voir un œuf de serpent, qui servait de talisman aux Gaulois. Les illustrations mêlent reproductions d’œuvres d’art celtes, photos de lieux célèbres et gravures du XIXe siècle. Idéal pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur les émules de Panoramix.

Dès 12 ans

Bernard Rio, Histoire secrète des druides, Editions Ouest-France, 2019, 144 p., 14 € — Imprimé en France