Ernst Jünger, Orages d’acier

Ernst Jünger, Orages d’acier

« Sur le coup de midi, notre artillerie ouvrit une violente canonnade qui se répercuta dans les gorges forestières. C’est là que, pour la première fois, nous entendîmes cette expression chargée de sens : feu roulant. Nous restions assis sur nos sacs, agités et oisifs. Un homme de liaison s’élança vers le chef de compagnie. Paroles essoufflées : ‘‘Les trois premières tranchées sont entre nos mains, nous avons capturé six pièces !’’ Un hourra jaillit comme une flamme. La passion du risque-tout s’éveillait. […] Cette fois, ça y était ! » Ce témoignage d’Ernst Jünger reste irremplaçable : le héros se double ici d’un écrivain pour témoigner de la Grande Guerre, vue du front allemand. Dans sa préface de 1960, Ernst Jünger dédie « les Orages d’acier aux combattants français de la première guerre mondiale » ; plus encore, il leur demande d’y « voir plus qu’un geste – l’accomplissement d’un vœu profond […] l’espoir d’une amitié étroite et toujours croissante entre nos deux patries ; s’élevant au-dessus des sacrifices anciens, elle est l’un des piliers qui soutiennent le monde nouveau. » Une leçon à méditer.

Adolescents

Ernst Jünger, Orages d’acier, Le Livre de Poche, 2002, 379 p., 6,60 €

V. Aladjidi, C. Pellissier et E. Tchoukriel, Au bord de la mer

V. Aladjidi, C. Pellissier et E. Tchoukriel, Au bord de la mer

« Quand la mer descend, elle ne dépose pas seulement du sable et des galets. Elle abandonne aussi des débris naturels, qu’on appelle ‘’laisse de mer’’ : des algues, des bois flottés, des restes d’animaux, des arêtes, des coquillages… C’est un garde-manger pour les oiseaux et les insectes, qui vivent grâce à elle. » Et c’est aussi une mine de trésors pour décorer les châteaux de sable, même si, comme le précise cette définition de la laisse de mer, il est « dommage que s’y mêlent aussi des déchets humains (bouteilles, bidons, plastiques…) ! » Les dix séquences présentent une plante, un animal, un milieu naturel. Les aquarelles d’Emmanuelle Tchoukriel sont à la fois scientifiques et poétiques et complètent parfaitement les textes documentaires enrichis de « devinettes ». Idéal pour faire patienter avant des vacances au bord de la mer.

Dès 5 ans et pour les plus grands qui savent lire

V. Aladjidi, C. Pellissier et E. Tchoukriel, Au bord de la mer, coll. « Le Spectacle de la nature », Albin Michel Jeunesse, 2016, 42 p., 14,90€
Dans la même collection :
Caroline Pelissier, Virginie Aladjidi, Emmanuelle Tchoukriel, coll. « Le Spectacle de la nature », La Campagne, Albin Michel Jeunesse, 2015, 48 p., 14,90 €
Caroline Pelissier, Virginie Aladjidi, Emmanuelle Tchoukriel, coll. « Le Spectacle de la nature », La Montagne, Albin Michel Jeunesse, 2015, 48 p., 14,9

Chiara Armellini, Devinettes en herbe

Chiara Armellini, Devinettes en herbe

« Pétales rouges et fragiles, un petit cœur noir, il danse au vent souple et léger, embrase champs, routes et fossés… » Autant d’éléments dispersés qui dansent sur la page en regard. Tournons la page. Vous l’avez reconnu, « c’est le coquelicot ». Un magnifique coquelicot s’épanouit, dans lequel butine une abeille. Découvrons dont le coquelicot, le cactus, l’algue marine, le nénuphar, l’ortie… et même la « dent de lion », cousine du pissenlit — car cet album nous vient de Suisse (d’où son prix ?). Poésie et observation font ici bon ménage, pour le plaisir d’admirer la nature. A feuilleter ici.

Dès 5 ans

Chiara Armellini, Devinettes en herbe, Ed La Joie de lire, 2016, 64 p., 18,90 €

Lewis Wallace, Ben-Hur

Lewis Wallace, Ben-Hur

Au Ier siècle de notre ère, dans une Palestine sous domination romaine, Juda Ben-Hur, fils d’une noble famille de Judée, est injustement accusé d’attentat contre la personne du gouverneur en poste à Jérusalem. Le voilà condamné aux galères, tous ses biens sont confisqués, ses proches mis en prison. Sa fougue et sa jeunesse lui inspirent un projet de vengeance qui ne va pas être facile à mettre en œuvre. Ben-Hur survivra-t-il aux épreuves dont peu de galériens réchappent ? Retrouvera-t-il sa liberté ? Pourra-t-il reconquérir un statut social et les moyens de faire valoir son innocence ? S’il y parvient, il lui faudra encore vaincre le traître qui s’acharne à sa perte, arracher sa mère et sa sœur au terrible mal qui les ronge et affronter de nombreux dangers. Tels sont les enjeux d’une action romanesque qui nous transporte aux temps du christianisme naissant et d’où nous parvient l’écho d’un quadruple galop d’enfer : celui d’une course de chars que le cinéma hollywoodien a rendue célèbre… En parallèle, et le titre anglais le dit bien, c’est aussi « un récit du Christ », de Bethléem au mont des Oliviers. Aux Etats-Unis, le roman fut le best-seller n° 1 du XIXe siècle, devant La Case de l’Oncle Tom.
L’éditeur a fait le choix de ne pas édulcorer ce grand classique, ni de le résumer, mais plutôt de l’élaguer. La technique est bien au point et la lecture en acquiert un rythme encore plus haletant. La couverture représente une course de chars au Puy du Fou : le spectacle continue !

Dès 12 ans

Lewis Wallace, Ben-Hur, Ecole des Loisirs, coll. « Classiques abrégés », 2016, 252 p., 6,10 €

Mary Lyn Ray et Christopher Silas Neal, Bonne nuit

Mary Lyn Ray et Christopher Silas Neal, Bonne nuit

« Quelque part une abeille » — quel étrange début pour un album destiné aux tout-petits. Que fait-elle, cette abeille ? La page tournée, Mary Lyn Ray nous confie qu’elle  « se prépare à dormir dans une rose, car c’est bientôt la fin du jour ». Page après page, nous assistons aux menus préparatifs qui conduisent chacun, de la renarde à l’ours, à aller dormir. Les illustrations, dans des tonalités de bleus, de gris et de ce rouge un peu éteint des maisons suédoises, sont tout aussi poétiques que le texte. Le soir est paisible, la nuit apportera de doux rêves. « Quelque part, un enfant baille doucement. »

Dès 3 ans

Mary Lyn Ray et Christopher Silas Neal, Bonne nuit, Circonflexe, 2016, 40 p., 13,50 €