Thème

Fantastique

Tomm Moore et Ross Stewart, Le Peuple loup

En Irlande, « au temps des légendes », des superstitions et de la magie, les Wolfwalkers sont-ils hommes ou loups ? Peuple étrange, proche de nos loups-garous, qui peut communiquer avec les vrais loups et prendre leur apparence quand il se sent menacé. Un peuple qui avait le pouvoir de guérir et qui refusa d’être converti par saint Patrick, Naomh Padraig, car il y avait « une plus ancienne sagesse dans les bois ». Un peuple qui tentait de « maintenir la paix entre les hommes et le monde sauvage ». Au début de l’histoire, restent de ce peuple une mère et sa fille, lorsque les Anglais décident de dompter l’Irlande. Et donc d’anéantir loups et forêts. Parmi ces Anglais, un chasseur et sa fille, Robyn, 11 ans. Les deux filles, fille sauvage et fille de la ville, après une querelle, se lient d’amitié. Parviendront-elles à renverser le cours des événements ? Cette bande dessinée reprend le film d’animation Le Peuple loup produit par le studio Cartoon Saloon, qui se dit « le Ghibli irlandais ». Les auteurs se disent influencés plus par les films d’animation hongrois ou tchèques que par les anime japonais, mais aussi par l’art celtique et les peintres de la Sécession viennoise. Un film à voir quand les cinémas ouvriront leurs portes !

Dès 8 ans

Tomm Moore et Ross Stewart, Le Peuple loup, adaptation de Sam Sattin, Nobi Nobi !, 2021, 272 p., 25 € — Traduit et adapté de l’anglais. Imprimé en Espagne

Sandra Le Guen, Tortue Express

D’abord, récupérer le petit James à la crèche. Puis Juno, qui joue dans la cour de l’école. Enfin, Majé, le grand, qui commence à s’impatienter. Sans oublier de passer au marché, pour acheter groseilles et myrtilles. Tortue-express a bien du chemin à faire entre quatre heures moins le quart et l’heure du goûter dans le jardin ! Tortue-express porte des lunettes d’écailles, un joli foulard rouge autour du cou, écoute les petits secrets de chacun et garde l’œil alerte quand il faut traverses la rue… Bref, Tortue-express est le plus génial des grands-pères, un grand-père qui sait aussi préparer limonade et carrot cake ! Des dessins craquants de bonne humeur et de connivence, dans un univers coloré à l’énergie communicative – eh oui, car Tortue-express, même sans trop se presser, a besoin de beaucoup d’énergie pour accomplir sa mission ! Un régal !

Dès 4 ans

Sandra Le Guen, Tortue Express, illustrations de Maurèen Poignonec, Editions Little Urban, 2021, 32p., 13,50 € — Imprimé en Belgique

Carl Norac, La Terrible Histoire de Petit Biscuit

Petit Biscuit, Munchy de son prénom, est né dans la célèbre pâtisserie Munch. Il fait partie de l’assortiment royal et a même la chance de posséder deux jambes. Un beau matin, sa décision est prise : « Bon, les voisins, je ne sais pas ce que vous faites, mais moi, je m’en vais ! » Et le voilà filant à l’anglaise en compagnie d’un Saint-Nicolas, qui, la porte juste franchie, se fait écraser – scroutch, plus de Saint-Nicolas ! Elle commence bien mal, cette histoire… Petit Biscuit va vivre de terribles aventures, et même s’il est consolé par une charmante Madeleine, il n’en finira pas moins croqué… et par qui ? Par son créateur, qui le ramasse sur le trottoir — beurk ! Un Carl Norac au mieux de sa forme, croqué, lui aussi, par le crayon de Magali Le Huche. Une terrible histoire, aussi cruelle et décalée que certains contes d’Andersen, à raconter avant ou après le goûter, selon l’appétit de vos jeunes lecteurs. Qui, espérons-le, ne s’en étrangleront pas de rire ! Et vous, lequel auriez-vous croqué ? La Madeleine, un Nullo phosphorescent, le Old Clown, le Biscuit Militaire ou Mademoiselle Choco-Mousse ?

Dès 5 ans

Carl Norac, La Terrible Histoire de Petit Biscuit, illustrations de Magali Le Huche, Sarbacane, 2020, 36 p., 15,90 €

Nancy Guilbert, Archives Détective

« Le cœur plein d’attente », oui le cœur et pas le cerveau, un enfant entre dans un bien curieux bâtiment : celui des archives ! Et le voilà qui cherche, ou plutôt qui essaie de chercher. Premier indice : une porte s’ouvre dans un arbre immense. Vite, gravissons cet escalier du temps passé. Entre rêve et réalité, voici notre jeune héros qui vole, navigue et grimpe, aidé de l’archiviste, de la restauratrice, du magasinier… Parchemins et grimoires prennent vie, et l’on se réjouit de voir une petite archive blessée si bien réparée dans l’atelier aux mille papiers. Au bout de sa quête, notre jeune personnage trouve enfin l’objet de sa recherche : son arbre généalogique, fleuri de blasons et d’armoiries. Jeanne, Marie, Paul, Hector… « Mes ancêtres, ils sont tous là ! » Le plus impressionnant, dans cette histoire, est la dynamique insufflée par les illustrations colorées et dansantes signées de la jeune Anna Griot. Quel pari en effet de faire entrer un enfant de plain-pied dans le monde des archivistes ! Un partenariat 100% réussi avec Archives départementales de Haute-Savoie. Une magnifique chasse au trésor, entre histoire et mémoire, rêve et réalité.

Dès 7 ans

Nancy Guilbert, Archives Détective, Enquête dans le mystère des archives, illustrations d’Anna Griot, Editions Courtes et Longues, 2021, 48 p., 22 € — Imprimé en France

Julien Delmaire, Les aventures inter-sidérantes de l’ourson Biloute, l’intégrale

Julien Delmaire, Les aventures inter-sidérantes de l’ourson Biloute, l’intégrale

Est-ce le clapotis de la pluie sur les carreaux ? Le parfum des frites ? Ou bien encore la soucoupe volante de l’affreux Blast Ador ? Toujours est-il que Madame la Chouette a été secouée dans son sommeil et entraînée dans le Nord par un ourson fort téméraire, quelque part entre champs de betteraves et terrils abandonnés. Et soudain, Les Harley-Davidson ont hurlé encore plus fort que les basses des rockeurs années 1970… Autant dire que Les aventures inter-sidérantes de l’ourson Biloute sortent un peu des chroniques habituelles du blog. Mais que ne ferait-on pour un petit Kévin, qui, de ducasse en piquet de grève, s’imagine, par ourson interposé, une vie pleine d’aventures et de voyages dans l’espace ? Ce roman rock, trépidant et déjanté, est servi par une écriture très rythmée, entre expressions ch’tis (glossaire à la fin) et interjections de comics. Madame la Chouette a moins aimé certains dessins – ainsi que la fin : que fait donc cette péronnelle de Greta à la braderie de Lille ? On aurait préféré que Biloute aille consoler Fiorina – mais ceci est une autre histoire. Le livre réunit les tomes parus séparément (et en couleurs). À part ça, votre sauce préférée, avec les frites ? Samouraï, Piccalilli ou Ketchup ? Moi, c’est la mayo de ma maman ! Tous unis contre l’infâme sauce Z, Blast Ador et le docteur Veggaline !

Dès 8 ans et pour tous ceux qui aiment le rock, les grosses motos et les frites

Julien Delmaire, Les aventures inter-sidérantes de l’ourson Biloute, l’intégrale, illustrations de Reno Delmaire, Grasset Jeunesse, 2021, 240 p., 14,90 € — Imprimé en Italie

Béatrice Fontanel, La Dame à la licorne

Béatrice Fontanel, La Dame à la licorne

« Autour de l’étrange assemblée, les bêtes sauvages s’approchaient, charmées par le doux babil des fées : des cerfs aux bois veloutés, des biches charmantes, des chouettes hulottes, une colombe couleur de lys et une grande licorne, blanche comme neige, aux yeux myosotis et aux naseaux si doux que pétales de rose. Tous voulaient écouter le parlement des fées. » Car les habitants de la forêt étaient en grand danger : les chasseurs et leurs chiens approchaient à grand fracas… Dans quel jardin secret la belle licorne trouvera-t-elle refuge ?
Ce récit palpitant s’inspire des tapisseries médiévales les plus célèbres sur le thème de la Dame à la licorne — celles du musée de Cluny à Paris et celles du Cloisters muséum de New-York. Les superbes illustrations de Vanessa Hié, à base de papiers découpés, nous entraînent dans ce monde enchanté, où fées, princesses et licornes délivrent les princes charmants.

Dès 8 ans

Béatrice Fontanel, La Dame à la licorne, illustrations de Vanessa Hié, Seuil Jeunesse, 2020, 48 p., 16,50 € — Imprimé en Italie

J. R. R. Tolkien, Lettres du père Noël

J. R. R. Tolkien, Lettres du père Noël

« Je suis heureux d’annoncer que nous avons de nouveau un Noël lumineux – les Aurores boréales ont été particulièrement généreuses », écrit le père Noël en 1929. Mais « le Feu de Joie a fait un trou dans la glace et réveillé le Grand Phoque », précise cette lettre écrite du « sommet du monde, pôle Nord ». John, Michael, Christopher et Priscilla Tolkien ont ainsi reçu trente lettres de ce père Noël facétieux, inventif et poète. Un véritable artiste, bien sûr, qui illustrait ces missives avec tendresse et humour, pour la joie de toute la famille réunie autour d’un flamboyant Christmas Pudding.

Dès 9 ans

J. R. R. Tolkien, Lettres du père Noël, Pocket, 112 p., nov. 2010, 7,80 €.

Howard Phillips Lovecraft, Les Montagnes hallucinées (tome 1)

1930 — Une expédition en Antarctique, quatre sommités scientifiques, seize étudiants. Des conditions climatiques extrêmes. Des découvertes étonnantes : des grottes, des fossiles étranges et puis, soudain, un énorme fossile, ne ressemblant à rien de connu, suivi de cinq comparses. Sont-ce vraiment des fossiles ? Une terrible tempête interrompt les liaisons entre les membres de l’équipe. Quand le narrateur, le professeur Dyer, arrive sur les lieux, il est trop tard : les hommes, comme les chiens, ont été victimes de violences effroyables. A tel point que le narrateur attend deux années pour raconter les événements tragiques et terrifiants vécus par son expédition – car ces créatures… à vous de découvrir ce que Dyer ose enfin raconter, afin de dissuader tout autre projet scientifique. La première partie de ce roman de Lovecraft paru en 1931, chef‑d’œuvre de roman fantastique, est ici illustré de main de maître par François Baranger. Grands espaces gelés, personnages en prise avec des mondes surdimensionnés, vues aériennes et aurores boréales, ruines tourmentées, toute cette inventivité est remarquablement servie par le généreux format du livre (27cm x 35cm). Pour savoir quelle était cette cité labyrinthique, il faudra attendre le tome 2 – sauf à satisfaire à sa curiosité avec un simple livre de poche, ce qui serait dommage.

Grands adolescents et adultes

Howard Phillips Lovecraft, Les Montagnes hallucinées (tome 1), illustrations de François Baranger, Editions Bragelonne, coll. « Les Grands Anciens », 2019, 64 p., 29,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Lettonie.

Cyril Lepeigneux, Le manteau de saint Martin

Jeanne, François, Louis et leur chien Bushmills, en vacances chez leurs grands-parents, descendent dans le gouffre de Proumeyssac, lorsque soudain, la nacelle les dépêche dans un monde étrange… L’hiver y est frisquet, les cachettes risquées et mieux vaut éviter les quelques humains encore dehors. Au petit matin, les voilà aux portes d’un bourg, en quête d’un médecin pour soigner les yeux de Jeanne. Les trois enfants découvrent qu’ils sont à Ambianorum, ville de garnison gallo-romaine ! Leurs ennuis, ou plutôt leurs aventures ne font que commencer… Réussiront-ils à sauver Martinus, soldat dans l’armée romaine, du piège tendu par les Alamans ? Car ils savent, eux, que son manteau blanc deviendra le symbole du partage et du don aux plus pauvres.
Ce roman d’aventures est écrit dans une langue très accessible et la police a été choisie avec soin pour les jeunes lecteurs qui se lancent tout seuls.

Dès 8 ans

Cyril Lepeigneux, Le manteau de saint Martin, illustrations d’Alban Marilleau, Mame, coll. « Les disciples invisibles », 2020, 137 p. Prix de lancement : 10,90 € jusqu’au 31 décembre 2020, puis 11,90 € — Imprimé en Italie

Dans la même série, du même auteur :
Cyril Lepeigneux, Les Orphelins de Paris, illustrations d’Alban Marilleau, Mame, coll. « Les disciples invisibles », 2017, 142 p., 10,90 €

Romain Niveleau, Célestin et l’enfant-étoile

De la part de Sixtine R. — Bien que tout le monde se moque de son rêve de voyager dans les étoiles, Célestin prépare son voyage sur son avion de papier. Il veut aller visiter les étoiles.
A travers les péripéties de ce jeune garçon, petits et grands retrouvent cette capacité de rêver et de chercher, concrètement ou par l’imagination, comment les réaliser.
Cet album nous transporte : avec de belles images et un texte qui, bien qu’épuré, renvoie à ce grand pouvoir que tout homme a en soi, ce livre donne sous forme de métaphore la clé d’une grande liberté. Par ailleurs, que nous dit l’interrogation que Célestin fait au monde sur l’utilité des étoiles ? Qu’il n’est pas évident du tout de comprendre que ce qui est bien avant nous sera encore après nous.
De plus, le graphisme mélangeant lignes simples et papier kraft donne à l’histoire un aspect très concret mêlé d’imperceptibilité.

Dès 6 ans

Romain Niveleau, Célestin et l’enfant-étoile, Scutella éditions, 2013, 64 p., 15 €

Lydéric Landry, Polochon et le lutin

« D’un mouvement de tête, Polochon désigna le pied des arbres qui bordaient la clairière.
— Tu vois ces trous à la base des arbres ? demanda-t-il.
— Oui, on dirait de minuscules entrées de tunnels, répondit la fillette.
— Eh bien, ce sont les entrées des maisons de lutins. Ceux-ci vivent sous la terre, sous les arbres. »
Quelques coups de sabot bien rythmés – et voilà que surgissent de charmants petits êtres, un peu inquiets de rencontrer une cavalière, toute mignonne mais… humaine. C’est Xila, 8 ans, toute fière de monter son poney, Polochon, dont elle ne connaissait pas encore les vertus magiques. Son meilleur ami va lui faire découvrir le monde enchanté des lutins des bois. Xila aura bien besoin de leur soutien quand il lui faudra sauver la vie de son papa, atteint d’un mal mystérieux.
Sur cette trame, Lydéric Landry a imaginé mille péripéties, de Londres à la France, du pays des lutins à l’Australie. Un roman qui passionnera les petites cavalières bonnes lectrices, ou qui pourra être lu par épisodes à haute voix.

Dès 8 ans

Lydéric Landry, Polochon et le lutin, Ed Liber Invictus, 2020, 256 p., 11 €
En vente à la Nouvelle Librairie, 11 rue de Médicis, 75006 Paris ;  Au rayon librairie de la boutique « Racines » (2 Rue Bollaert le Gavrian, 59670 Cassel) ou par correspondance ; auprès de l’éditeur, en envoyant un courriel à contact@liberinvictus.com ; sur Amazon.

Torben Kuhlmann, Einstein, Le fantastique voyage d’une souris dans l’espace-temps

De la part de Sixtine R. — Quoi de plus frustrant que de louper la fête du fromage quand on est une petite souris ? Afin de pouvoir y participer, Souriceau fabrique une machine à remonter le temps. Ses calculs, fondés sur les notes d’un certain Einstein, ont néanmoins été transcrits par notre Souriceau, horloger un peu malhabile – et le voilà transporté à l’époque de ce chercheur un peu fou. Commence alors une grande quête philosophique, scientifique et un peu poétique de la définition du temps.
Dans ce voyage, accompagnés de cette charmante petite souris, les enfants cherchant à comprendre la notion du temps pourront l’aborder sous de nombreux aspects en se régalant les yeux d’illustrations délicates. L’auteur de cet album, Torben Kuhlmann, conduit dans ce récit parents et enfants à la découverte d’un grand scientifique et de belles notions, sans cesser de faire rêver.

Dès 5 ans

Torben Kuhlmann, Einstein, Le fantastique voyage d’une souris dans l’espace-temps, éditions NordSud, 2020, 128 p., 20 €