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Adolescents

Cédric Gras, Alpinistes de Staline

« Abalakov est un nom à deux visages, un patronyme pour deux héros, pour deux prénoms. Vitali et Evgueni, deux gamins que l’URSS tout entière connaîtra plus tard comme “les frères Abalakov” et qui écumèrent les mers de nuages. Viendra un jour où l’un s’apprêtera pour l’ascension de l’Everest tandis que la veuve de l’autre pleurera son “conquérant de la substratosphère” ». Vitali (1906–1986), l’ingénieur, survivra donc à Evgueni (1907–1948), l’artiste, décédé non en montagne mais intoxiqué au monoxyde de carbone dans son appartement. Héros, mais aussi victimes de la Terreur stalinienne, car Vitali, arrêté par le NKVD en 1938, a passé deux ans en prison notamment pour avoir fait cordée commune avec des communistes suisses ou allemands. Des archives du KGB au sommet du pic Lénine, des souvenirs des survivants à la terrible expédition du Tengri, de Krasnoïarsk au Pamir, Cédric Gras, russophone et aventurier lui-même, nous raconte ici une histoire méconnue des Occidentaux. Passionnant !

Adolescents

Cédric Gras, Alpinistes de Staline, Stock, 2020, 342 p., 20,50 € — Imprimé en France

Jonathan Swift, Voyages de Gulliver

Jonathan Swift, Voyages de Gulliver

Gulliver – Lemuel de son prénom – est, l’a‑t-on oublié ? – chirurgien de marine. Jusqu’au jour où son navire fait naufrage. Le voilà recueilli par les Lilliputiens, peuple minuscule mais néanmoins belliqueux. Un des motifs de leur guerre contre l’Empire de Blefuscu ? « Une très vieille querelle autour de la façon de casser les œufs à la coque » : par le gros bout, comme les Gros-Boutistes, ou par le petit bout, comme le défendent les Petits-Boutistes ? Après ce voyage à Lilliput, Gulliver se retrouve à Broddingnag, quelque part entre l’Amérique et le Japon, puis à « Laputa, Balnibarbi et autres contrées », avant de se retrouver chez les Houyhnhnms, ces chevaux aussi beaux qu’intelligents. Ce roman d’aventures du XVIIIe siècle, où la science-fiction et le fantastique permettent de se moquer de nos travers, a été adapté ici pour de jeunes lecteurs sans perdre de sa vivacité ni de son style inimitable.

Dès 9 ans

Jonathan Swift, Voyages de Gulliver, adaptation de Claude Carré, illustrations de Kaa, Auzou, coll. « Recueils universels », 2017, 104 p., 17,50 €

Lucien Bély et Pierre Joubert, Une histoire du Mont-Saint-Michel

Lucien Bély et Pierre Joubert, Une histoire du Mont-Saint-Michel

Des hommes ont choisi une île, au Moyen Age, pour prier Dieu dans la plus grande solitude, et un évêque, Aubert, y fonda une abbaye en l’honneur de l’archange saint Michel. « Le lieu qui porte, de nos jours, le nom de Mont-Saint-Michel était alors [au début du Moyen Age] appelé le Mont-Tombe, ce qui signifiait à la fois le « tombeau » et l’« élévation ». Cette butte a sans doute attiré des ermites, car des chrétiens, venus peut-être d’Irlande, s’étaient installés très tôt autour de la baie et près de Dol-de-Bretagne. » Avez-vous bien lu ? « Sans doute », « peut-être » : voilà la modestie d’un véritable historien ! Cet album réunit en effet deux signatures célèbres : celle de Lucien Bély, ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé d’histoire, docteur ès lettres, professeur d’histoire moderne, et celle de Pierre Joubert (1910–2002), talentueux dessinateur. Ils vous invitent à une visite du Mont, haut lieu de prière et redoutable forteresse. Le Mont, c’est une immense page d’histoire. C’est une épopée, qui a supposé la foi et la vaillance des hommes. Le Mont, c’est une silhouette altière, une architecture exceptionnelle, qui a traversé les siècles et nous éblouit encore.

Dès 10 ans

Lucien Bély, Une histoire du Mont-Saint-Michel, illustrations de Pierre Joubert, Ouest France, 2017, 48 p., 9,90 € — Réédition de l’ouvrage paru en 1980, réédité en 1985.

Alexandra Ragache, Les caisses en bois Récup’

Que faire des belles caisses ou boîtes en bois qui protègent les bouteilles de vin offertes aux adultes ? Elles peuvent bien sûr resservir telles quelles, mais ce serait se priver des 19 bonnes idées proposées ici par Alexandra Ragache. Au choix, et selon le niveau de compétence et d’autonomie des enfants, des nichoirs, un coffret à thé, un coffre à bagage pour son vélo, voire… un panier à bières. Les explications sont très claires (dessins et photos), la liste des outils et matériaux supplémentaires précise, les résultats joliment mis en valeur. Sans oublier des gabarits et des astuces « de pro ».

Dès 8 ans, avec l’aide d’un adulte

Alexandra Ragache, Les caisses en bois Récup’, Editions de Saxe, 2019, 96 p., 17,90 €

George Orwell, 1984

George Orwell, 1984

« Derrière Winston, la voix du télécran continuait à débiter des renseignements sur la fonte et le dépassement des prévisions pour le neuvième plan triennal. Le télécran recevait et transmettait simultanément. Il captait tous les sons émis par Winston au-dessus d’un chuchotement très bas. De plus, tant que Winston restait dans le champ de vision de la plaque de métal, il pouvait être vu autant qu’entendu. Naturellement, il n’y avait pas moyen de savoir si, à un moment donné, on était surveillé. Combien de fois, et suivant quel plan, la Police de la Pensée se branchait-elle sur une ligne individuelle quelconque, personne ne pouvait le savoir. » Police de la Pensée, ministère de la Vérité, ministère de l’Amour, « contrôle de la Réalité »… en 1984, « Big Brother vous regarde ».
Aujourd’hui, la Police de la Pensée et la novlangue sont-elles encore de la science-fiction ? Vient de paraître, chez Gallimard, une nouvelle traduction, qui a subi une réécriture très dégradée et… orwellienne : la « novlangue » devient le « néoparler » et la « police de la pensée », la « Mentopolice ». Il est grand temps de se procurer la traduction de 1950, qui, si elle a quelques défauts, a fait passer dans le langage commun quelques termes critiques bien utiles face à notre société de surveillance médiatique.

Adolescents

George Orwell, 1984 — Traduit de l’anglais par Amélie Audiberti (1950). Éditions de poche, dont Folio, 1972, 438 p., 8,90 €, toujours disponible.

Michaël Lê, Inis Fáil, le peuple de Dana

« J’ai vu des vaisseaux énigmatiques et colossaux, pourchassés par une lointaine malédiction. J’ai entendu les forêts chanter la venue d’un Haut Roi et les montagnes pleurer la disparition d’un autre. » Cette voix qui raconte, c’est celle de « Fintan, le druide primordial et antédiluvien, la mémoire vivante de l’île », cette Irlande mystérieuse.
Avant même l’arrivée des Celtes, le peuple de Dana subit la puissance maléfique des monstrueux Fomoires, les géants de la mer. Un jour, un héros vient pourtant défier leur tyrannie : Lugh le polytechnicien, maître de tous les arts, qui rassemble autour de lui les plus grands héros de Dana afin d’affronter l’armée la plus horrible à avoir jamais envahi l’île verte. Racontés par le druide Fintan, leurs exploits mêlent ruse, courage, magie et talismans merveilleux. Les couleurs vives et les lumières intenses d’Hélène Let ont percé les brumes et les embruns pour nous transporter dans une Irlande mythique des plus étranges.

Dès 8 ans

Michaël Lê, Inis Fáil, le peuple de Dana, illustrations d’Hélène Let, Aleph éditions, 2019, 48 p., 16,90 € — Imprimé en Belgique.
Dans la même collection : Anne-Claire Bondon, Idunn, illustrations de Tristan Gion, Aleph éditions, 2019, 48 p., 16,90 €

Yvon Bertorello et Boris Talijancic, Ad Romam, Le trophée d’Auguste

Antoine, Agathe, Blaise et Julia : quand ces quatre lycéens, par une belle nuit d’été, font le mur pour explorer le trophée d’Auguste, à La Turbie, ils ne se doutent pas des aventures extraordinaires qui les attendent. Par la vertu d’une pièce frappée à l’effigie de l’empereur, Antoine, le premier, va se retrouver en 16 avant J.-C., vêtu d’une cuirasse et armé d’une épée courte pour faire face à l’ennemi. Des allers et retours entre notre époque et les temps anciens permettent de scénariser astucieusement l’histoire de La Turbie et des environs. Car Antoine finira par persuader ses amis de le suivre dans ces sauts de temps. Ses amis et même son professeur d’histoire, intrigué par les fulgurants progrès de son élève.

Adolescents

Yvon Bertorello et Boris Talijancic, Ad Romam, Le trophée d’Auguste, Editions du Rocher, 2020, 60 p., 15,90 € — Imprimé en France

Marie-France Zerolo et Élisabeth Benoit-Morelli, À cœur ouvert

Soit, par ordre d’apparition, Boris, un vieil original solitaire ; un corbeau parlant, qui sera plus loin nommé Odilon ; Chilpéric, huit ans et demi, qui adore « faire des aventures ; Asie, en tutu rose, qui parle ou rêve en italiques. Un quatuor ? Pas tout à fait. Boris est amoureux de Jeanne, sa voisine ; Asie vit dans sa caravane avec Phil, le funambule, et Lunaire, « qui porte bien son nom ». Tout ce petit monde a le cœur qui tangue, qui flanche, qui ne sait pas pourquoi… Avec tendresse, avec folie – ou sans. Cela donne un roman doux-amer, totalement perché, et qui pose, à chaque page une question fondamentale – mais en sourdine, l’air de rien. Jusqu’où est-on prêt à donner son cœur ou à se laisser prendre ? Qu’en dit le corbeau Odilon ? Que c’est peut-être une histoire de gésier…

Dès 12 ans

Marie-France Zerolo et Élisabeth Benoit-Morelli, À cœur ouvert, Editions Courtes et Longues, coll. « Supernova », 144 p., 16,90 € — Imprimé en France

Françoise Rachmuhl, Monstres et créatures de la mythologie

Un seul œil, ou cent bras, ou une queue de serpent sur un corps féminin, ou encore deux têtes, une de chèvre et une de lionne, une seule dent pour trois, un homme à tête de taureau… Le Cyclope, les Cent-Bras, Echidna, sa fille la Chimère, les Grées, le Minotaure… Brr, la mythologie grecque fourmille de monstres et de créatures repoussantes ! En face d’eux, les Olympiens, lumineux mais parfois imprévisibles et querelleurs, mais aussi des héros : Persée, Héraclès, Bellérophon, Cadmos, Ulysse. Chacun à sa manière nous raconte comment vaincre nos peurs et résister à la colère, comment mener une vie aventureuse digne d’être chantée. Françoise Rachmuhl, conteuse hors-pair, fait revivre ces monstres antiques que personne n’a vraiment envie de croiser au coin de sa rue !

Dès 11 ans

Françoise Rachmuhl, Monstres et créatures de la mythologie, Flammarion Jeunesse, 2020, 96 p., 4,20 € — Imprimé en Espagne

Jules Verne, Michel Strogoff

« Le czar le regarda encore une fois bien en face, les yeux dans les yeux. Puis, d’une voix brève :
“Ton nom ? demanda-t-il.
— Michel Strogoff, Sire.
— Ton grade ?
— Capitaine au corps des courriers du czar.
— Tu connais la Sibérie ?
— Je suis Sibérien. […]
— Voici une lettre, dit-il, que je te charge, toi, Michel Strogoff, de remettre en main propre au grand-duc et à nul autre que lui.
— Je la remettrai, Sire. »
Qui osera dire qu’il y a des longueurs chez Jules Verne, après la lecture d’un dialogue aussi énergique ? Quand il s’agit de longueurs, elles se mesurent ici en verstes qui, converties, donnent, de Moscou à Irkoutsk, 5 523 kilomètres. Orages, marais, incendies, chavirages, loups féroces, trahisons… Que de péripéties pour échapper aux hordes tartares menées par Ivan Ogareff et tenir sa promesse ! En compagnie de la belle Nadia, de l’Anglais Harry Blount et du Français Alcide Jolivet, journalistes en quête de sensationnel, le lecteur suivra Michel Strogoff jusqu’aux rivages du lac Baïkal. Certes, le format de poche ne rend pas justice aux célèbres illustrations de la collection Hetzel, mais cette édition propose le texte intégral pour un prix modique.

Adolescents

Jules Verne, Michel Strogoff, illustrations originales de l’édition Hetzel, Le Livre de Poche, 2018, 446 p., 6,60 € — Texte intégral- Imprimé en France.

Virgile Dureuil et Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie

« Je me suis installé pendant six mois dans une cabane sibérienne sur les rives du lac Baïkal, à la pointe du cap des Cèdres du Nord. Un village à cent vingt kilomètres, pas de voisins, pas de route d’accès, parfois, une visite. L’hiver, des températures de – 30 °C, l’été, des ours sur les berges. Bref, le paradis. » Du journal d’ermitage rédigé par Sylvain Tesson (Gallimard, 2011), Virgile Dureuil a tiré une bande dessinée, un premier livre qui augure bien de son talent. D’une part, il a tiré la quintessence du récit de Tesson, la moelle de la moelle ; d’autre part, il a mis en images les ambiances, les couleurs, les paysages si particuliers du lac Baïkal : bleus de la glace, blancs de la neige, bruns des forêts et des cabanes… Un voyage intérieur aussi, au bout d’un monde où le thé, les ombles, les blinis et la vodka n’ont pas le même goût qu’ailleurs. Puisse-t-il rester, sur les rives de cet immense lac, quelques criques sauvages et inaccessibles au tourisme mondialisé.

Adolescents

Virgile Dureuil et Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie, Casterman, 2019, 112 p., 18 € — Imprimé en France

Capitaine Caval, Confidentiel Défense

«  — On y va, dit Flamme en souriant.
Il mit le gyrophare en marche, appuya sur le bouton de l’interphone et annonça comme il se devait :
— Nous partons pour « personne ne répondant pas aux appels », boulevard Jourdan à la maison de l’Argentine. Nous prendrons le matériel de reconnaissance et de secours à victimes. Comme prévu.
Il se sentait excité par la présence du danger et l’idée de conduire cette opération en vrai afin de tromper la vigilance du catcheur. » En effet, cette intervention n’a pas exactement le but annoncé : il ne s’agit pas de secours, mais d’une couverture pour assister à une curieuse rencontre, pas vraiment officielle.
La France vient de passer le contrat du siècle mais le sort semble s’acharner sur les entreprises qui doivent le réaliser : vols, incendies, cyber attaques, compromission du secret de la défense nationale… Mais qui peut avoir intérêt à vouloir empêcher l’Argentine de se doter de la torpille française du futur ? Du sommet des échelles aux grands fonds sous-marins, le sergent Flamme va se heurter une nouvelle fois à la toute-puissante organisation Janus et sa recherche de la déstabilisation permanente, dans une course haletante contre des ennemis implacables et qui utilisent les technologies les plus en pointe.
Heureusement, il pourra compter sur Pascal, son vieux conducteur fidèle et courageux, et sur Sylvain, l’inspecteur de la mystérieuse direction du renseignement et de la sécurité de la défense. Mais trouvera-t-il le temps au milieu de tous ces rebondissements de répondre à la lettre d’Alice ?
Le capitaine Caval nous livre ici un nouveau polar pompier illustrant de manière passionnante la guerre discrète et silencieuse que les puissances économiques se livrent entre elles pour défendre leurs intérêts et nous fait découvrir le rôle capital qu’y joue le plus discret des services secrets.
Père de famille, le capitaine Caval a été officier à la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris.

Adolescents

Capitaine Caval, Confidentiel Défense, Via Romana, 2020, 316 p., 12 € — Imprimé en France
Dans la même série Sergent Flamme, le soldat pompier de la BSPP :
Code Delta
Les Cités interdites
L’Affaire Vladimir
Place Vendôme
Feu sacré