Thème

Mois : novembre 2010

Gérard Soncarrieu, Magellan, le premier tour du monde

Gérard Soncarrieu, Magellan, le premier tour du monde

« Ce n’est pas cette carte-ci que je veux vous montrer, mais celle-là, dit Magellan en tirant une autre carte de son coffre.
— Mais c’est la même que celle qui est sur la table !
— A un détail près, venez voir. »
Le détail, c’était, à travers l’Amérique du Sud, un passage reliant l’Atlantique à un océan inconnu. »
A l’heure où d’immenses voiliers sillonnent les océans en quête de nouveaux records, pourquoi ne pas partir sur les traces des découvreurs de ces routes maritimes ? Au souffle de l’aventure se mêle alors le vent de l’Histoire, celle de ces hommes passionnés, réfléchis et déterminés. Parmi eux, Fernand de Magellan (1480 ?- 1521) occupe une place privilégiée, puisque ce noble et vaillant capitaine fut l’instigateur du tout premier tour du monde.

A partir de 10 ans

Gérard Soncarrieu, Magellan, le premier tour du monde, Hachette, Livre de poche Jeunesse, 224 p., 5,50 €

Elsa Beskow, Olaf au pays du roi Hiver

Elsa Beskow, Olaf au pays du roi Hiver

Pour ses six ans, Olaf reçoit le plus beau des cadeaux : une paire de skis, qu’il essaie dès la première neige. Or l’appel si joyeux qu’il lance au Roi Hiver est entendu d’un charmant vieillard, l’Oncle Givre, qui invite Olaf à le suivre jusqu’au palais de neige et de glace. Une visite que le petit garçon ne sera pas près d’oublier !

Dès 5 ans

Elsa Beskow, Olaf au pays du roi Hiver, diffusion Garnier Frères, 1979, 26 p. – À rechercher. Réédition La Perle de Rosée, 23 € (avec une autre couverture).

 

Marie Barguidjian-Bletton, Les Jeux d’enfants de Bruegel

Marie Barguidjian-Bletton, Les Jeux d’enfants de Bruegel

Ils jouent au cerceau, à saute-mouton, à colin-maillard et à la petite hirondelle, au cheval et à la marchande, à la farandole et aux quilles… Deux cent cinquante enfants, autant de silhouettes vives, et, curieusement, pas un bruit. Car ils se sont tus depuis longtemps, ces petits Flamands peints par Pieter Bruegel en 1560. Mais ils continuent à nous enchanter par leur dynamisme et leur inventivité.
Pour une fois, les jeux de languettes sont astucieux, bien conçus et ont un réel intérêt. L’œuvre est exposée au Kunsthistorisches Museum de Vienne, en Autriche.
Une excellente initiation à l’art de regarder un tableau. Et, la visite finie, pourquoi ne pas sortir jouer avec ces petits riens, osselets, bouts de bois et bouts de chiffons ?

Dès 7 ans

Marie Barguidjian-Bletton, Les Jeux d’enfants de Bruegel, Réunion des musées nationaux (RMN), 2004, 14 p., 14,50 €

Philippe Nessmann, A l’assaut du ciel, la légende de l’Aéropostale

Philippe Nessmann, A l’assaut du ciel, la légende de l’Aéropostale

« J’ai suivi mon petit frère jusqu’au champ de la mère Grumillier. Quatre avions étaient alignés les uns à côte des autres. C’étaient des biplans, avec une double paire d’ailes superposées. Les pilotes, des soldats, tiraient des bâches pour monter un campement. Avec Henri, nous nous sommes cachés derrière les buissons pour les observer. » Un après-midi de 1916 qui devait décider de la vie du jeune Henri Guillaumet ! Car tout va très vite : baptême de l’air, bourse et école de pilotage, service militaire. Puis c’est la grande aventure de l’Aéropostale. Philippe Nessmann revient longuement sur l’accident du 13 juin 1930 et reconstitue la lutte immense menée par Guillaumet pour se sortir du piège des Andes. Il redonne ainsi tout son sens à cette phrase mythique : « Ce que j’ai fait, je te le jure, aucune bête ne l’aurait fait. »
Le romancier insiste, en de très belles pages, très pudiques, sur la force de l’amour conjugal. Car la bonne étoile de Guillaumet, c’est bien Noëlle, son épouse, qui aura le courage de le laisser repartir.
Ce récit historique qui se lit comme un roman est enrichi de quelques pages documentaires sur « la ligne ».

Dès 10 ans

Philippe Nessmann, A l’assaut du ciel, la légende de l’Aéropostale, Flammarion, 2010, 167 p., 10 €

Geraldine McCaughrean, L’Horloge de Grand-mère

Geraldine McCaughrean, L’Horloge de Grand-mère

« Chez Grand-mère, dans l’entrée, il y a une grande horloge mais elle ne marche pas », constate la petite fille de l’histoire. Parce que Grand-mère a des façons bien à elle de mesurer le temps. Des instants, qui sont « le temps d’un battement de cils », à « ce que disent les étoiles », Grand-mère évoque tour à tour les heures, les jours, les mois, des années, dans une relation au temps qui va bien au-delà du temps des horloges et des calendriers. Ces temps de la vie sont illustrés avec tendresse et sérénité, tout en couleurs vives et en lignes simples. Un petit plus pour l’image des grands-parents : ces sexagénaires, actifs, affectueux et philosophes, ne sont en rien cacochymes !

A partir de 5 ans

Geraldine McCaughrean, L’Horloge de Grand-mère, Mijade, 2005, 30 p., 5,20 €.

Isabelle Glénat, Le chevalier, le roi, le saint – Louis IX de France

Isabelle Glénat, Le chevalier, le roi, le saint – Louis IX de France

« Allez, braves chevaliers ! Montjoie ! » Ce cri lancé par Robert d’Artois, le frère du roi Louis IX, gageons qu’il sera lancé du fond du cœur par un collégien bien de notre temps. C’est le pari fait par Isabelle Glénat : passionnée par le Moyen Age et fascinée par la figure du roi Saint Louis, ce professeur de français a écrit une pièce de théâtre reprenant les principales étapes de la vie de notre grand roi. De facture classique, avec ses cinq actes, cette pièce permet à une classe de faire ses premières armes, si ce n’est dans le monde de la chevalerie, du moins dans l’art de la mise en scène et du jeu. L’apprentissage des rôles demandera non seulement une belle mémoire, mais aussi une initiation préalable aux tournures de phrases du français médiéval. Vaillants chevaliers et gentes dames, tous en scène !

A partir de 12 ans

Isabelle Glénat, Le chevalier, le roi, le saint – Louis IX de France, Editions Téqui, 2010, 94 p., 8,50 €

Gaëlle Perret, Un jour Grand-Père m’a donné un ruisseau

Gaëlle Perret, Un jour Grand-Père m’a donné un ruisseau

Ce Grand-Père aurait-il descendu des Fleuves impassibles ? Toujours est-il qu’il fait à son petit-fils un inestimable cadeau : un ruisseau, un tout petit ruisseau, juste à sa source. Cette enfance au fil de l’eau, si elle n’est pas rimbaldienne, s’en va grandissant, ici calme, ailleurs ensauvagée ; ici solitaire, ailleurs entourée d’êtres chers ; ici sous la pluie, ailleurs sous le soleil… Les illustrations courent « au fil de l’eau », avec des motifs chatoyants influencés par les créations textiles d’Aurélia Fronty. Une belle histoire de transmission déjà contenue dans la dédicace : « à mes racines, à mes soleils ».

Dès 7 ans

Gaëlle Perret, Un jour Grand-Père m’a donné un ruisseau, illustrations d’Aurélia Fronty, Gautier Languereau, nov. 2010, 42 p., 17 €.

J. R. R. Tolkien, Lettres du père Noël

J. R. R. Tolkien, Lettres du père Noël

« Je suis heureux d’annoncer que nous avons de nouveau un Noël lumineux – les Aurores boréales ont été particulièrement généreuses », écrit le père Noël en 1929. Mais « le Feu de Joie a fait un trou dans la glace et réveillé le Grand Phoque », précise cette lettre écrite du « sommet du monde, pôle Nord ». John, Michael, Christopher et Priscilla Tolkien ont ainsi reçu trente lettres de ce père Noël facétieux, inventif et poète. Un véritable artiste, bien sûr, qui illustrait ces missives avec tendresse et humour, pour la joie de toute la famille réunie autour d’un flamboyant Christmas Pudding.

Dès 9 ans

J. R. R. Tolkien, Lettres du père Noël, Pocket, 112 p., nov. 2010, 7,80 €.

Rudolf Eric Raspe, Les Aventures du baron de Münchhausen

Rudolf Eric Raspe, Les Aventures du baron de Münchhausen

Chasse à l’ours, guerres contre les Turcs, aventures en mer, voyage dans la Lune… que n’a‑t-il vécu, le vaillant et très véridique Karl Friedrich Hieronymus Freiherr von Münchhausen (1720–1797). Quant aux récits qu’il en a fait, est-ce bien de sa faute s’ils sont tombés dans les oreilles d’écrivains doués d’une imagination si débridée ?
Voici un recueil d’une trentaine de récits, traduits par Théophile Gautier (fils) dans une langue truculente à souhait, où « la connexion intime de ces mensonges qui s’enchâssent si naturellement les uns aux autres finit par détruire chez le lecteur le sentiment de la réalité ». Les dessins à l’encre de Chine de Ronald Searle, parodiant parfois Victor Hugo, ajoutent à la loufoquerie du propos.
Pour tous ceux qui aiment Cyrano de Bergerac, Tartarin de Tarascon, le Baron de Crac ou le Vicomte pourfendu.

A partir de 12 ans

Rudolf Eric Raspe, Les Aventures du baron de Münchhausen, illustrations de Ronald Searle, éditions du Lampion, 2010, 117 p., 19,90 € — ou diverses éditions anciennes, ou de poche.

Nadiejda Teffi, Baba Yaga

Nadiejda Teffi, Baba Yaga

La célèbre sorcière russe, ogresse en cheveux vivant dans une isba montée sur des pattes de poulet, a inspiré de nombreux artistes. Les éditions MeMo ont la bonne idée de rééditer un album paru en 1932 en Russie et en France et qui fit date dans l’histoire du livre pour enfants. Nadiejda Teffi (1872–1952) a adapté le conte traditionnel recueilli par Alexandre Afanassiev, pour en permettre une lecture fluide.
S’il faut retenir un nom parmi les illustrateurs russes du XXe siècle, c’est celui de Natalia Tchelpanova (1897–1958), reconnue comme une artiste proche de l’avant-garde moscovite. Arrivée à Paris en 1928, devenue par son mariage Nathalie Parain, elle faisait partie de « l’équipe russe » du Père Castor. Influencée par le constructivisme, elle considère le livre d’enfants comme un objet d’art. Ses papiers découpés, ses collages et ses pochoirs, loin d’être de pesants décalques des techniques cubistes, conviennent parfaitement à l’univers du conte, simple et coloré.

Dès 7 ans

Nadiejda Teffi, Baba Yaga, illustré par Nathalie Parain, adapté par Françoise Morvan, Editions MeMo, 30 p., oct. 2010, 22 €. A rechercher, une édition du Père Castor.

Rosemary Sutcliff, L’Aigle de la 9e légion

Rosemary Sutcliff, L’Aigle de la 9e légion

« — Mon père était de la 9e légion.
— Tu veux dire la légion qui a…
— … disparu, oui, c’est ça.
— Quelle tristesse…, murmura Hilarion en secouant la tête. On a raconté des histoires horribles, à ce sujet. D’autant plus qu’ils ont perdu l’aigle.
Marius s’était redressé, prêt à défendre son père et la légion à laquelle il appartenait. »
Or cette fameuse 9e légion était la plus célèbre de l’Empire romain.
Le lecteur mettra ses pas dans ceux de Marcus : parti d’Isca Dumnoniorum, l’actuelle Exeter, il traverse la (Grande-)Bretagne, jusqu’au-delà du mur d’Hadrien, où il explore les Highlands et rencontre les Pictes. En Angleterre, L’Aigle de la IXe Légion est considéré comme un classique de la littérature pour adolescents, même si le roman n’est pas à une imprécision près. A lire avant la sortie du film de Kevin Mac Donald en mars 2011. Et si vous n’appréciez pas les péplums, libre à vous de relire Astérix chez les Bretons.

A partir de 10 ans

Rosemary Sutcliff, L’Aigle de la 9e légion, Gallimard Jeunesse, Folio Junior, 2007, 390 p., 7,60 €.

La Bibliothèque du Père Noël

La Bibliothèque du Père Noël

Dans son immense bibliothèque, le Père Noël collectionne les nombreuses histoires qui lui sont consacrées. Cet hiver, il en a sélectionné vingt-quatre et a fait réaliser autant de mini-livres par ses lutins (chut, ce sont des lutins chinois… mondialisation, quand tu nous tiens !). Ces minuscules sont présentés dans un grand coffret cartonné composé de quatre panneaux. Un peu plus chère, certes que les calendriers à « fenêtres », cette Bibliothèque du Père Noël rassemblera les enfants autour de petites histoires – qu’ils seront heureux de redécouvrir d’année en année. Vingt-quatre contes de Noël sans façon, tendres ou loufoques, parfois exotiques. Avec ou sans neige, avec ou sans rennes, mais toujours magiques ! Si vous vous sentez l’âme bricoleuse, rien n’empêche d’ajouter les 24 dates qui, curieusement, ne figurent pas sur les pochettes.

De 4 à 7 ans

Collectif, La Bibliothèque du Père Noël, Milan Jeunesse, oct. 2010, 22 €