Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Dernières mises en ligne

Daniel Frost, La mystérieuse baleine

« Loin, très loin dans le Grand Nord, Nils et Anna s’installent autour du feu pour écouter leur père leur raconter une histoire. Celle d’une baleine gigantesque qui errait jadis dans les eaux environnantes… » Et si cette baleine, Nils allait à sa recherche ? Tout seul. Le voilà qui met son kayak à l’eau. Quand soudain, Anna jaillit du kayak comme un diable de sa boîte. Joueuse, bavarde, impatiente, la fillette ne facilite pas la navigation. Jusqu’à ce qu’elle se retrouve isolée sur un tout petit morceau de banquise… Qui viendra à son secours ? « Un grand cœur généreux, aussi gros qu’un bateau », la fameuse baleine, bien sûr ! Bien emmitouflés, Nils en rouge et Anna en jaune, les enfants naviguent dans une superbe palette de bleus, d’orangés et de blancs qui donneraient presque envie de prolonger l’hiver.

Dès 4 ans

Daniel Frost, La mystérieuse baleine, 2020, L’École des Loisirs, 36 p., 13 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Italie.

Jean-Marc Rochette, Le Loup

Une haute vallée des Écrins. Un berger. Son troupeau. Une louve et son petit. Une nuit de pleine lune. Soudain, un coup de feu. Quelques jours plus tard, au village, Gaspard avoue. Cette louve, cette bête magnifique, « reine ou pas, je lui ai mis une cartouche ». Parce que voir « des brebis et des agneaux les tripes à l’air. Du sang de partout », entendre des hurlements, supporter la puanteur des charognes, il n’en peut plus. De mois en mois, d’hivers en étés, le louveteau va devenir un superbe loup blanc. Une étrange relation se noue alors entre l’animal sauvage et l’homme – ensauvagé, mais armé. Les estives, les vallons, la haute montagne, les bergers comme les gardes du parc, Jean-Marc Rochette, qui vit dans la vallée du Vénéon, les connaît, les aime et les dépeint avec une rare justesse. Mais il connaît aussi le conflit qui empoisonne la vie locale : peut-on, ou non, vivre avec le loup ? « Un problème métaphysique », qui justifie la fiction par laquelle se termine son récit en images. Quelle forme doivent prendre nos relations avec le monde sauvage ? C’est le thème d’une longue postface signée Baptiste Morizot, auteur de l’ouvrage Les diplomates. Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant, où le philosophe explore la possibilité de relations pacifiées entre les hommes et les autres vivants.

Adolescents

Jean-Marc Rochette, Le Loup, Casterman, 2019, 112 p., 18 € — Mise en couleur par Isabelle Merlet. Postface de Baptiste Morizot

Carol Drinkwater, Pendant la famine en Irlande, Journal de Phyllis McCormack, 1845–1847

Au printemps 1845, la jeune Irlandaise Phyllis, 14 ans, se confie à son journal : elle se fait bien un peu de mauvais sang pour son frère Patrick, lequel tient des discours révolutionnaires indépendantistes, mais elle mène la vie de toutes les jeunes campagnardes irlandaises, courageuses et travailleuses. A l’automne, une catastrophe s’abat sur le pays : « Une mystérieuse maladie s’attaque à la récolte de pommes de terre », annonce la presse. Le journal de Phyllis prend un tournant dramatique : les lecteurs vont suivre, presque au jour le jour, cet épisode dramatique de l’histoire irlandaise que fut la Grande Famine. Non seulement les pommes de terre sont pourries, mais le gouvernement ne fait pas grand-chose pour tenter de juguler la famine qui s’abat sur l’île. La jeune fille, confrontée à la faim, à la maladie, au deuil et à l’extrême pauvreté, garde la tête haute. Et le miracle, comme pour tant d’Irlandais, aura pour nom l’Amérique. Le texte français a su conserver toute la saveur de l’anglais populaire, avec ses approximations et ses raccourcis : si Carol Drinkwater se définit comme « anglo-irlandaise », elle écrit en anglais. Clin d’œil à son ascendance irlandaise : Phyllis McCormack est le nom de sa mère.

Dès 10 ans

Carol Drinkwater, Pendant la famine en Irlande, Journal de Phyllis McCormack, 1845–1847, Gallimard Jeunesse, coll. « Mon histoire », 2006, 224 p., 9,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Italie.

Elodie Balandras, Un nouveau printemps pour Pépé Ours

« Comme chaque printemps, Petite Ourse se rend chez son Pépé Ours. » Elle rêve d’escalade, de courses de brouette, de saute-fourmis… Mais ce qu’elle préfère, c’est aller tremper le bout de sa patte dans le miel. En effet, Pépé n’a pas son pareil pour décrocher les ruches sauvages ! Enfin, il l’avait, car, ce printemps, Pépé Ours se traîne… Mais Petite Ourse a grandi, et leur duo va se révéler tout aussi efficace. Un joli conte sur la relation entre deux âges complices, délicieusement mis en couleurs par Elodie Balandras.

Dès 4 ans

Elodie Balandras, Un nouveau printemps pour Pépé Ours, Didier Jeunesse, 2020, 36 p., 13, 90 € — Imprimé en France

Roald Dahl, Danny, champion du monde

Danny, le narrateur, 9 ans, partage avec son père une vie assez originale : ils habitent une roulotte, et gagnent leur vie en réparant les tacots du village et en tenant une modeste station-service, dans une Angleterre rurale qui voit encore s’opposer petites gens et gros propriétaire terrien. Une nuit, Danny se réveille, seul… Quand son père émerge de l’obscurité, il se confie :
«  — J’ai décidé quelque chose, m’a‑t‑il dit. Je vais te révéler le plus grand secret et le plus sombre secret de toute ma vie […] La vérité, c’est que j’étais dans les bois de Hazell. […] Tu sais ce que veux dire braconner ? […] Ça veut dire aller dans les bois en pleine nuit et revenir avec quelque chose à mettre dans la marmite. »
Est-ce du vol ? s’inquiète le bambin. Non, « c’est un art », lui révèle son père. Et voilà que Danny va pouvoir accompagner son père dans ce « sport si fabuleux, si palpitant » du braconnage. Vont en effet s’enchaîner les trouvailles les plus farfelues pour attraper ces faisans que Monsieur Hazell élève pour frimer lors de chasses mondaines. Mais comment échapper aux gardes-chasses ? Roald Dahl multiplie les astuces et nous suivons avec entrain (mais en silence !) les silhouettes dessinées par Quentin Blake. Une belle histoire de connivence et d’amour entre un père et son fils. Un régal.

Dès 9 ans

Roald Dahl, Danny, champion du monde, illustré par Quentin Blake, Gallimard Jeunesse, 2020, 272 p., 14,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Italie. Nouvelle édition

Gwenaële Barussaud, Célestine, petit rat de l’Opéra – tome 8 : La visite royale

Célestine a quitté la blanchisserie de sa maman, à Lille, pour intégrer l’école de danse de l’Opéra de Paris. Non seulement elle progresse chaque jour, mais elle vit de nombreuses aventures avec ses amies Adèle, Iris et Lison. Dans ce 8e tome, leur professeur, Mademoiselle Mauri (qui a réellement existé !), annonce aux petits rats la visite de la reine d’Angleterre, Victoria, précédée de sa légende. Mais voilà que les deux élèves pressenties pour présenter un duo sont notre délicieuse Célestine et « sa pire ennemie », Solange, une fillette un tant soit peu prétentieuse. Les deux rivales sont donc condamnées à s’entendre pour réussir leur chorégraphie. Mais que va-t-il se passer quand Célestine devra s’habiller pour aller souper à l’ambassade ? Gwenaële Barussaud a le talent de nous en apprendre beaucoup sur la vie parisienne au XIXe siècle et de mener tambour battant les petites aventures de Célestine et de ses compagnes.

Dès 8 ans

Gwenaële Barussaud, Célestine, petit rat de l’Opéra – tome 8 : La visite royale, illustrations de Myrtille Tournefeuille, Albin Michel Jeunesse, coll. « Premiers romans », 2020, 144 p., 7,20 € — Imprimé en France

Delphine Pessin, Deux fleurs en hiver

Capucine, stagiaire à l’ EHPAD du Bel-Air : « Alors, contrairement à la plupart des autres lycéens, je ne redoutais pas de travailler avec les « seniors ». Ça, c’est le terme politiquement correct pour désigner les personnes âgées. Je trouve ça crétin. On dit aussi les « anciens », les « pensionnaires », moi je préfère les « vieux ». Il n’y a rien de dégradant à dire qu’ils sont vieux, c’est un fait, voilà tout. C’est même plutôt beau, quand on y pense, d’avoir déroulé le fi l d’une vie et de se tenir tout au bout.
Violette Florent, 87 ans, nouvelle arrivée à Bel-Air : « Je n’étais plus Mamette, épouse et mère, ni Mme Florent, institutrice à la retraite, ni même Violette, bénévole à la bibliothèque du village. J’étais une résidente parmi d’autres, une vieille femme rabougrie qui ne pouvait se déplacer qu’à l’aide d’un déambulateur. Une femme qui ne pouvait plus vivre chez elle, pour sa propre sécurité. »
Entre ces deux « fleurs », le courant passe au premier regard. Chacune d’entre elles a un secret, un lourd secret de famille. Une belle amitié va naître.
Quand un défilé de carnaval se transforme en manifestation pacifique, le voile se lève sur la vie quotidienne des résidents et sur les conditions de travail du personnel hospitalier – rien n’est rose à Bel-Air. Passent aussi une galerie de pensionnaires attachants, des aides-soignantes épuisées, un chat noir, Crampon, une copine, Margaux, et un nouvel aide-soignant, Romain. Mais pourquoi Capucine porte-t-elle des perruques flashy ?
Dans un « français de tous les jours », celui de ses collégiens, Delphine Pessin signe un roman qui parle de sujets profonds, d’accidents, de vocations, de fin de vie, bref, d’humanité, sans moraline ni faux-semblants.

Dès 12 ans

Delphine Pessin, Deux fleurs en hiver, Didier Jeunesse, 2020, 192 p., 15,90 €

Soon-Mi Hong, Le cadeau de minuit

« Jour et Nuit ont cinq enfants : Aurore, Matin, Midi, Soir et Minuit. » Lesquels ressemblent à de joyeux petits lapins ! Quand Grand-Mère Temps les réveillent pour leur faire des cadeaux, que va-t-elle leur offrir ? Aurore, Matin, Midi et Soir, tour à tour, s’émerveillent et nous émerveillent à la découverte de leur « surprise ». Mais où se cache le cadeau de Minuit ? Un conte coréen tout en douceur, pour apprendre que, dans une fratrie, que chacun reçoit sa part – et doit s’en réjouir sans jalouser les autres.

Dès 3 ans

Soon-Mi Hong, Le cadeau de minuit, Editions de l’Elan vert, 2020, 40 p., 13,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine.

Yasutaka Tsutsui, La Traversée du temps

« Kazuko Akiyama, élève de troisième, achevait le ménage de la salle de sciences naturelles avec deux garçons de sa classe, Masaru Fukamachi et Goro Asakura. »  Mais au moment d’aller ranger quelques objets dans la salle de travaux pratiques, il lui semble que quelqu’un s’y cache, puis lui échappe. Elle respire alors le parfum d’une éprouvette laissée ouverte, et voilà qu’elle s’évanouit. Les trois jours suivants, rien ne se passe comme d’habitude, jusqu’à ce que la lycéenne s’aperçoive qu’elle vit dans un temps décalé d’une journée. Avant d’en revenir. Puis de repartir. D’où lui vient ce mystérieux pouvoir ? Est-elle devenue folle ? M. Fukushima, le professeur de sciences naturelles, trouvera-t-il une explication logique ? Que pourront ses deux amis, Masaru et Goro ? Le lecteur, lui, plonge dans un espace-temps qui lui est connu par les mangas : celui des lycéens japonais, introvertis, raisonnables et soucieux de ne pas se faire remarquer… ce qui ne marche pas à tous les coups ! Ce roman paru en épisodes en 1965 au Japon, a inspiré le film d’animation japonais La traversée du temps réalisé par Mamoru Hosoda. Romantisme et science-fiction dans les sixties, un grand classique au charme fou.

Dès 12 ans

Yasutaka Tsutsui, La Traversée du temps, L’École des Loisirs, 2020 (réédition), 103 p., 8,20 € — Traduit du japonais

ValValérie Rouzeau, Oh ! Regarde

« Oh ! Regarde, il neige ! » Par la fenêtre, les enfants observent : un arbre, tout nu ; un petit oiseau ; trois lapins… Que va-t-il se passer si le chat s’en mêle ? Et voilà un ours ! Oh, non, pas ça… Un texte poétique, des dessins très colorés : avec une grande économie de moyens, Valérie Rouzeau et Silvia Borando parviennent à tenir le jeune lecteur en haleine, jusqu’à l’éclat de rire du rebondissement final. Que de péripéties devant la fenêtre !

Tout-petits

Valérie Rouzeau, Oh ! Regarde, illustrations de Silvia Borando, Editions Didier Jeunesse, 2020, 44 p., 12,90 € — Imprimé en Chine

Matthieu Sylvander, Encore un orage

« Si Kévin s’est enfui, ce n’est pas de ma faute. Personne ne m’en voudra. Mais si on ne le retrouve pas, là c’est moi qui m’en voudrai. Toute ma vie. Parce que je SAIS où il est. Enfin, je crois. » Aurélien, 6 ans, le frère d’Estelle, la narratrice, 10 ans, a déjà retrouvé la casquette de Kévin, une vieille éponge trempée par l’orage. Les autres indices qui pourraient montrer que Kévin est tombé ? « Une chaussure. Son ours. Sa pipe. Son dentier. » Parce que Kévin est un vieux monsieur, arrivé en vacances avec « un groupe d’adultes déficients ». Un monsieur bizarre, mais si attachant. Très vite, la fillette le prend sous son aile et décide de lui faire découvrir ses montagnes. Un beau jour, elle lui fait découvrir des « trolles », ces superbes fleurs jaunes des alpages – et non des « trolls », comme elle le fait croire à Aurélien. Mais voici l’orage, Kévin a disparu… Et l’orage, Estelle le déteste : il lui a pris son papa, guide de haute montagne. Matthieu Sylvander décrit avec beaucoup de justesse la vie des enfants « du pays », ceux qui se débrouillent pour occuper leur été pendant que les parents travaillent – avec les portraits croustillants de certains ados, vus par les plus jeunes. Il aborde surtout avec un immense tact les relations riches d’une empathie constructive que les enfants peuvent lier avec des adultes « pas comme les autres ». Pas de souci : Kévin sera retrouvé en bonne santé.

Dès 8 ans

Matthieu Sylvander, Encore un orage, illustrations de Pénélope Jossen, L’Ecole des Loisirs, coll. « Neuf », 2020, 120 p.

Elmodie, Icebergs – livre pop-up

Comment naissent les icebergs ? Sur les rivages des océans arctique et antarctique, les immenses glaciers ne sont pas immobiles. Ils « glissent de plusieurs centimètres par jour vers l’océan. Soudain, un grondement perturbe le silence. Le front du glacier est arrivé sur l’eau. Il se brise puis s’effondre e,n donnant naissance à des icebergs qui tombent dans la mer. Ce phénomène s’appelle un vêlage. » Oui, c’est le même mot qui désigne la naissance d’un petit veau ! Ces icebergs, véritables montagnes de glace, vont ensuite naviguer sur les océans, et gare à ceux qui les percutent. En 7 pop-up spectaculaires, Elmodie, de son vrai nom Elodie Laîné, réalise un documentaire poétique et écologique à la fois : les données scientifiques sont mises en valeur par le jeu de ses trouvailles graphiques.

Dès 9 ans

Elmodie, Icebergs – livre pop-up, Saltimbanques Editions, 2019, 16 p. et 7 pop-up, 22 € — Imprimé en Chine
Du même auteur : Matelot à l’eau, De La Martinière Jeunesse, 2016, 16 p. et 8 pop-up, 19,90 €