Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Dernières mises en ligne

Benoît Grelaud, La jeune fille qui parlait aux singes

« Louise n’a pas fermé l’œil de la nuit, obnubilée par l’image de la femelle gorille se trouvant à l’écart du groupe. Elle sait ce que c’est de se sentir à part et cela l’a donc énormément touchée. » Louise, 15 ans, en vacances dans les Hautes-Pyrénées, vient de faire la connaissance de Jérôme. Le père du jeune homme a recueilli, dans un parc, quelques gorilles qui ont échappé aux braconniers africains. Dont Kiko, une jeune femelle rejetée par le groupe.
Louise, malentendante, communique soit par signes, soit en écrivant sur une ardoise blanche, soit en articulant quelques mots. A force de ténacité, bravant interdits et menaces, soutenue par Jérôme, la jeune fille parvient à enseigner la langue des signes à sa protégée. Une manière comme une autre aussi de dépasser les angoisses et les difficultés liées à sa quasi-surdité.
Mais une famille de chasseurs n’admet pas que ce parc empiète sur leur territoire. Et c’est le drame…
Ce sympathique roman de formation, sans mièvrerie aucune, met en perspective le handicap, les différences, les premiers sentiments amoureux, sur fond d’une aventure hors du commun. Les cabrioles d’un petit frère farceur viennent, ici et là, alléger les pages plus sérieuses du récit.

Dès 13 ans

Benoît Grelaud, La jeune fille qui parlait aux singes, Fleurus, coll. « Lire en grand », 2018, 286 p., 15,90 €

Karina Yan Glaser, Les Vanderbeeker, On reste ici ! (tome 1)

Harlem, 141e Rue, vendredi 20 décembre. Les Vanderbeeker — soit les parents, 5 enfants, un chien, un chat et un lapin nain — devraient préparer Noël dans la joie et l’insouciance. Devraient. Devraient. Si leur propriétaire, M Beiderman, ne leur avait donné leur congé pour la fin du mois. Ce même M Beiderman qui habite au 3e étage et que personne ne voit jamais. Branle-bas de combat ! Quand les parents font les cartons, les enfants, eux, font des plans. Les jumelles Isa et Jessie, Oliver, Jacinthe et Laney la petite dernière, vont tout tenter, absolument tout, pour rester dans cette maison qu’ils aiment tant, au cœur d’un quartier où tout le monde se connaît. Karina Yan Glaser multiplie les gags, invente les situations les plus bancales, et y ajoute tant de bonne humeur et de gentillesse que le vieux M Beiderman… Ne comptez pas sur moi pour vous donner la clé de l’énigme mais sachez que le roman n’est pas sans développer les mêmes valeurs que le conte du « Géant égoïste » d’Oscar Wilde. Car l’optimisme veut que les « méchants » ne le soient pas par hasard et qu’il reste toujours possible de modifier le cours des choses.

Dès 9 ans

Karina Yan Glaser, Les Vanderbeeker, On reste ici ! (tome 1), Casterman, 2018, 300 p., 12,90 € — Traduit de l’anglais (américain). Imprimé en Espagne

Marie Lescroart, Je jardine les pieds sur terre

« Comment les plantes fabriquent leur parfum ? », « Les plantes sont-elles amies ? », « Pourquoi les plantes ont besoin d’eau ? ». Autant de questions qui se posent à l’apprenti jardinier. Oui, « la nature nous inspire » ‑en page gauche, donc, voici des explications claires et des schémas. Mais après la théorie, il s’agit de passer à la pratique – en page droite, avec de bons conseils de jardinage : installer des plantes aromatiques ; semer du cerfeuil à côté des courgettes car il en éloigne les limaces ; savoir comment et quand arroser. A chaque saison, il y a quelque chose à faire au jardin — cet album propose 16 activités ! On regrettera le ton parfois un peu trop familier des sous-titres – mais ce n’est qu’un détail. Sans en remonter aux illustres créateurs du Potager du Roi, pourquoi le jardinier ne saurait-il pas s’exprimer dans un français châtié ? Autre « point de détail » : oui, le purin d’ortie, « beurk, ça sent mauvais ! », très, très mauvais !

Dès 6 ans

Marie Lescroart, Je jardine les pieds sur terre, illustrations de Nicolas Gouny, Editions du Ricochet, 2019, 40 p., 13,50 €

Régis Penet, Antigone, d’après l’œuvre de Sophocle

« Antigone, fille d’Œdipe. Antigone la Labdacide, race orgueilleuse qui règne sur Thèbes… Antigone se recueille. Elle se recueille et se souvient… » En se recueillant, Antigone la brune et Sophocle nous invitent, nous qui la contemplons des siècles plus tard, au recueillement : celui qui, le temps d’une tragédie, nous détache du tohu-bohu de la cité pour mieux nous ramener à l’essentiel. Comment admettre, ailleurs que dans l’espace de la tragédie, que se heurtent ainsi la loi de Créon et la tradition immémoriale défendue par Antigone ? Régis Penet propose ici une version d’une sobriété et d’un fini exemplaire. Ses planches, peintes à l’huile sur des panneaux de bois, déploient toute la gamme des ocres, des gris, des rouges carmin, des blancs cassés. Son trait, sobre et classique, donne vie aux acteurs de la tragédie de Sophocle, parfois porteurs de masques… Le texte est dû à la plume du romancier Erik L’Homme. Enfin, un dossier rédigé par Jean-François Gautier, docteur en philosophie ancienne, rappelle en quoi la tragédie « est l’un des plus précieux parmi tous les héritages helléniques ».

Adolescents et adultes

Régis Penet, Antigone, d’après l’œuvre de Sophocle, textes d’Erik L’Homme, dossier réalisé par Jean-François Gautier, Glénat, 2017, 88 p., 19,50 €

Dahlov Ipcar, Un chat dans la nuit

« C’est l’heure de se coucher. Le fermier remonte l’horloge et fait sortir le chat. Mais que peut bien faire le chat dehors toute la nuit ? Se roule-t-il en boule sur le fauteuil pour y dormir jusqu’au matin ? Bien sûr que non. » Car le chat voit la nuit, et ce qu’il voit, toi, petit d’homme, tu as bien du mal à le discerner – même si tu es réveillé ! Il en résulte une série d’aventures charmantes autour de la ferme. Edité aux Etats-Unis en 1969, cet album aux dessins très « vintage » fera le bonheur des amis des chats.

Dès 3 ans

Dahlov Ipcar, Un chat dans la nuit, Albin Michel Jeunesse, coll. Panda Poche, 2019, 56 p., 5,50 € — ou cartonné, 2016, 48 p., 12,90 € — Traduit et adapté de l’anglais. Imprimé en France.

Katherine Rundell, Cœur de loup

« Le poil de la louve était hérissé. Féo le lissa d’une caresse.
— Tout va bien, je crois. Chut, lapouchka. Je ne laisserai personne te faire de mal.
Elle fit se lever l’animal.
— Viens, on va te trouver un bel arbre. Je vais te montrer comment les loups construisent leur tanière. »
Quand une fillette de 12 ans doit réensauvager les loups, c’est que le monde tourne à l’envers ! Et pourtant, c’est bien à quoi s’occupent Féodora, alias Féo et sa mère Marina, dans une Russie tsariste fantasmagorique, où de riches citadins renvoient à la forêt leurs loups de compagnie. Jusqu’au jour où Marina, qui a tenu tête à un petit chef militaire local, est emprisonnée en ville. Alors que la région est agitée des premiers sursauts révolutionnaires, Féo n’aura de cesse de la libérer. La longue quête de ces adolescents peut être vue comme une sorte de révolte anarcho-libertaire – ou comme une saine reconquête d’un espace vital menacé par l’arbitraire. « Nous avons la terre dans notre sang et le feu dans nos pieds », proclame Féo, et « nous sommes aussi courageux que… que des loups ». Courageux et entraînés à courir vite, à vivre vêtus de rien et nourris de peu, dans le froid, la neige et la solitude. Et l’on se prend à penser que le plus difficile sera, un jour, pour nos enfants, de quitter la tiédeur émolliente de notre monde…

Dès 10 ans

Katherine Rundell, Cœur de loup, illustrations de Gelrev Ongbico, Gallimard Jeunesse, 2016, 336 p., 14,50 €   — Folio Junior, 2019, 288 p., 7,60 €

Jacques Rouxel, Les Shadoks, cahier de coloriages

GA BU ZO MEU ! Avec ces Shadoks à colorier, plongez dans l’univers de Jacques Rouxel et de ses drôles de volatiles. Retrouvez l’humour délicieusement absurde et formidablement intelligent de ce créateur aux multiples talents ! Retrouvez le Chef Shadok, le professeur Shadoko, le Devin Plombier, le Marin Shadok, la vieille Légende et les Gibis… « Pour être heureux, il n’est pas nécessaire d’être con mais ça aide », et en effet, cela peut aider à créer une chaîne de télévision « par les shadoks, pour les shadoks du monde entier. » Pour ceux qui ont oublié les couleurs des Shadoks et des Gibis, voici un mémo parfait !
Plus de 60 dessins pour mettre en couleurs ces personnages fantasques au fil de leurs principales histoires.

Dès 4 ans et sans limite d’âge

Jacques Rouxel, Les Shadoks, cahier de coloriages, Editions du Chêne, 2015, 96 p., 5,90 € — Imprimé en Espagne.

Natacha Godeau, Cavalière du roi, 1 – Ninon la rebelle

« Bientôt Ninon passa une autre grille, s’enfonça plus profond sous le couvert des arbres… lorsque sa monture se cabra de surprise.
— Du calme ! intima Ninon en tirant sur les rênes.[…]
Bourbon s’apaisa rapidement et s’immobilisa devant ce qui l’avait effrayé : un garçon étendu en travers du sentier, un beau cheval noir à ses côtés. »
Voici donc le tableau : dans quelques instants, Ninon de Nancy, fille du Grand Ecuyer de Versailles, va venir au secours de Louis-Ferdinand de France, le Dauphin, fils de Louis XV. Où la mèneront les secrètes leçons d’équitation qu’elle va prodiguer au jeune garçon ? Telle est la trame de ce petit roman historique, qui ravira les cavalières et tous ceux que fascine la vie à Versailles. Quel plaisir en effet de galoper sous les frondaisons des bosquets ! Que les 160 pages annoncées ne fassent pas peur aux lecteurs débutants : avec ses caractères et ses interlignages généreux, ses dessins vifs et colorés, ce roman, le premier d’une série, se lira tambour battant.

Dès 9 ans

Natacha Godeau, Cavalière du roi — tome 1 – Ninon la rebelle, illustrations de Sandra Violeau, Rageot, 2019, 160 p., 6,90 € — Imprimé en France

Claude Merle, Perceval

« A seize ans [Perceval] est déjà un chasseur accompli. Selon son habitue, il s’est vêtu et équipé dans l’obscurité. Puis, laissant sa mère et ses serviteurs endormis, il a pris sa course vers l’ouest, armé d »’un épieu, de deux javelots et d’une hache au fer tranchant.
Il aime ce pays, ses étendues sauvages de collines, de forêts, de taillis et de marais. Il en connaît chaque sentier, chaque rocher, chaque torrent. » Et pourtant, cette forêt, il va bientôt la quitter, comme il quittera sa mère, pour suivre son rêve : rencontrer le roi Arthur et devenir chevalier. Une quête dont il n’aurait jamais soupçonné les difficultés… Une belle initiation à la littérature médiévale.

Dès 9 ans

Claude Merle, Perceval, Bayard Jeunesse, coll. « Héros de légende », 2015, 169 p., 6,50 €

Emilie Vast, Le secret

« Renarde a un secret. N’y tenant plus, elle le confie à Lapin. ‘Oh, extraordinaire’, dit Lapin. Lapin a un secret. » Et de le chuchoter à Libellule… De Libellule, le secret voyage : Ecureuil, Hibou, Chauve-souris, Aigrette, Hérisson, Pic-vert, Cerf… mais est-ce encore un secret, si bien partagé ? Eh non, car le secret de Renarde, c’est une petite boule de poils roux qui émerge du buisson. A la dernière page, tous les animaux, en cortège, viennent offrir à Renarde et à son petit une fleur cueillie dans la page où nous les avons rencontrés.
Les albums d’Emilie Vast sont toujours aussi charmants et poétiques, de vraies odes à la vie !

Dès 3 ans

Emilie Vast, Le secret, Editions MeMo, 2015, 24 p., 12 €

Fleur Daugey, Les P’tites fourmis – La vie dans la fourmilière

« Dans le secret de la fourmilière, comme tous les jours de sa vie, la reine des fourmis pond des œufs. Quelques jours plus tard naît une larve, un bébé fourmi ! » Ces larves, il faut les nourrir, nettoyer et garder leur nid, s’occuper de la reine. Construire ou réparer la fourmilière… Bref, personne n’est inactif ! Avec des mots simples et des dessins très clairs, cet album offre une promenade au cœur de la fourmilière – cette construction vibrant de vie et parfois vraiment impressionnante sous les conifères. Pourquoi ne pas aller admirer ces insectes minuscules une loupe à la main – et sans démolir leur maison ? Il est aussi possible de construire un élevage de fourmis – cela s’appelle un vivarium à fourmis.

Dès 5 ans

Fleur Daugey, Les P’tites fourmis – La vie dans la fourmilière, illustrations de Chloé du Colombier, Editions du Ricochet, 2019, 32 p., 8,50 €

Sabrina Inghilterra, La Princesse super savante et la bataille d’énigmes

« Il était une fois dans un pays lointain, une petite princesse qui savait tout sur tout. Il n’y avait pas un caillou, pas une plante ou un animal qu’elle n’aurait pu nommer. […] Son père, le roi, en était très fier. » Enfermée dans la plus haute tour, la princesse avalait chaque jour « 100 pages du dictionnaire, 100 pages d’encyclopédie, 100 exercices de mathématiques et 100 exercices de grammaire. » Bref, la parfaite bêcheuse, la donneuse de leçons, la prétentieuse trois étoiles… Mais la reine, qui chérissait son enfant, « s’inquiétait de son teint pâle et de ce qu’elle était trop maigre ». Comme elle n’osait pas formuler « LA » solution, qui aurait été de marier la donzelle, la reine proposa un tournoi – ou plutôt une « bataille d’énigmes ». Qui posera la question à laquelle la princesse ne saura répondre ? A défaut du « p’tit cordonnier » de la chanson, ici, « c’est un p’tit jardinier » qui saura ouvrir les yeux et le cœur de la damoiselle. Un album plein d’humour et aux dessins fantasques pour gentiment rabattre le caquet des éternelles premières de la classe (même s’il n’y a plus ni notes ni classement, demandez à vos enfants, ils savent très bien de qui je parle).

Dès 5 ans

Sabrina Inghilterra, La Princesse Super Savante et la bataille d’énigmes, illustrations de Jules, Belin Jeunesse, 2018, 40 p., 13,90 € — Imprimé en France