Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Dernières mises en ligne

Struan Reid et Diego Diaz, Habille… le roi Arthur

« Accompagné des chevaliers Ector et Kay, le jeune Arthur arrive en ville. Tous se rassemblent autour d’une énorme pierre dans laquelle est plantée une épée. Seul l’héritier légitime du trône de la Bretagne celtique pourra l’en sortir. Un par un, tous les chevaliers du royaume s’y essayent en vain : seul Arthur réussit. » Cette épée, c’est Excalibur autour de laquelle le Roi réunira ses chevaliers. Mais Merlin comme Morgane veillent dans l’ombre… Cet album narre la légende arthurienne en quelques phrases, qui donnent un cadre à l’activité proposée : habiller le roi et son entourage grâce à plus de 140 autocollants. Casques, hauberts, armes et armures, épées et coupes, robes et manteaux donneront fière allure aux héros légendaires. J’y ai appris que la Table ronde a été offerte en cadeau de mariage à Arthur et Guenièvre par Léodagan, père de la mariée, lequel était déjà au service d’Uther Pendragon, le père d’Arthur.

Dès 6 ans

Struan Reid et Diego Diaz, Habille… le roi Arthur, Usborne, 2019 (réed. de 2016), 24 p. + les autocollants, 6,50 € — Traduit de l’anglais

Basile Plumagile, L’architecture vue par les pigeons

« Ce matin, je me suis envolé, ailes déployées, pour la côte sud‐est de l’Angleterre. Malgré ma tristesse de quitter ma chère Elsa et mes amis, j’avais hâte d’entamer mon voyage. Et quoi de plus beau pour commencer que la cathédrale de Canterbury ?
Tout l’intérêt d’une cathédrale, vois‐tu, est de faire en sorte que les visiteurs soient émerveillés par la gloire des cieux, et effrayés par les horreurs de l’enfer. […]
J’ai aperçu de loin les hautes flèches ornementées de l’imposante cathédrale. En m’approchant au‐dessus de la ville, profitant d’une brise aux senteurs marines, alors que le soleil se réfléchissait sur les immenses vitraux, un frisson d’impatience m’a traversé. » Basile Plumagile est un pigeon voyageur qui, s’il est fort bavard, est aussi féru d’architecture. Voir les plus célèbres monuments « à vol d’oiseau », n’en avons‐nous pas tous rêvé ? De la tour Eiffel au palais des Doges, du viaduc de Millau à l’opéra de Sydney, de Big Ben à la tour de Pise, Basile Plumagile a visité plus de 40 monuments des plus célèbres. Son ton vif, son humour et sa science font bon ménage pour une initiation intelligente à l’architecture, servie par les superbes dessins et collages de Natsko Seki.

Dès 7 ans

Basile Plumagile, L’architecture vue par les pigeons, illustrations de Natsko Seki, Phaidon, 2013, 63 p., 19,95 € — Traduit de l’anglais.

Françoise de Guibert, Vassilia et l’ours

« L’ours danse pour son amie, la petite Vassilia. Elle n’est pas avec lui. Elle est au village, endormie sous son gros édredon de plumes d’oie. Elle ignore qu’au milieu de la forêt, sous la lune d’argent, l’ours danse pour elle. » Quelle chance elle a, notre amie Vassilia, d’avoir un tel ami ! Mais… mais il a tout de même une drôle d’idée, cet ours : il rêve de visiter l’isba de Vassilia… Un rêve dangereux, quand on sait que les villageois ont le fusil facile. Laura Fanelli dépeint dans cet album une Russie toute enneigée, un peu mystérieuse, mais si accueillante dans la douce chaleur du poêle ! Sous la plume de Françoise de Guibert, un joli conte d’hiver sur l’amitié qui réchauffe le cœur.

Dès 5 ans

Françoise de Guibert, Vassilia et l’ours, illustrations de Laura Fanelli, Seuil Jeunesse, 2019, 40 p., 12,90 € — Imprimé en Italie

Gwenaële Barussaud, Les Demoiselles de l’Empire, t. 1 : Héloïse, pensionnaire à la Légion d’honneur

Ce premier tome de la saga des Demoiselles de l’Empire vient se sortir en livre de poche. Une belle occasion de republier ma chronique !
Février 1811. En ce jour d’hiver, la jeune Héloïse Boisseau, 15 ans, franchit la porte de la Maison d’éducation de la Légion d’honneur, fondée en 1805 par Napoléon. Curieuse date pour entrer à l’école ? A la Maison impériale de Saint‐Denis, les jeunes élèves entrent et partent alors au gré de leurs familles. Très intimidée, notre Héloïse, et on le serait à moins ! Mais aussi curieuse de l’enseignement qu’elle va y recevoir et des compagnes qu’elle va y rencontrer. Un peu de littérature, de géographie, de musique, autant de catéchisme et beaucoup (trop) de travaux d’aiguille : tel est le programme pour ces jeunes filles en robe blanche, puis en uniforme noir sanglé de la fameuse ceinture – Héloïse est très fière d’entrer directement en classe « nacarat ». Les sorties sont rares, mais prestigieuses : baptême du Roi de Rome, bal à Saint‐Cloud… Un roman historique bourré de références à la vie quotidienne d’une jeune fille sous l’Empire et la Restauration, émaillé d’anecdotes très crédibles sur la vie de l’école – avec, en filigrane, peut‐être quelques souvenirs de l’auteur, ancienne élève de cette prestigieuse institution.

Dès 10 ans

Gwenaële Barussaud, Les Demoiselles de l’Empire, t. 1 : Héloïse, pensionnaire à la Légion d’honneur, Mame, 2013, 221 p., 13,90 € — Le Livre de poche, 2019, 240 p., 6,90 €

Anton Poitier, Elizabeth Golding et Jake McDonald, Pop‐up Les Pirates

A l’abordage, moussaillons ! Coco, coco ! Que dit le perroquet ? Que le trésor est caché dans l’île ? Qu’un autre bateau pirate se profile à l’horizon ? Autant d’histoires à se raconter en pliant, en coloriant et en collant les éléments prédécoupés qui permettront de réaliser un superbe pop‐up, un livre animé. Les explications sont claires et le déroulé des montages des plus simples ; il suffira d’acheter la colle idoine : une colle blanche PVA en pot, de bonne qualité, sans quoi les désillusions seront amères. Cerise sur le coffre au trésor : le prix très abordable du livret en fera un cadeau très apprécié.

Dès 7 ans

Anton Poitier, Elizabeth Golding et Jake McDonald, Pop‐up Les Pirates, 2019, Flammarion, 16 pages et 8 planches prédécoupées, 7,50 € — Imprimé en Chine

Pauline de Vençay, Royalement vôtre

« Enfin seul, Emile tira le pli de sa poche. D’un geste vif, il le décacheta. Les mots s’étalaient, brefs mais tranchants. Menaçants et troublants. “Même maître d’hôtel, un fils de traître mérite la mort et il l’aura. Tu ne m’échappera pas, Charles‐Auguste !” Aucune signature. Emile trembla, relisant à mi‐voix ces quelques mots. » Le jeune Emile, 23 ans, a été embauché peu de temps auparavant par madame de Brétigues. Nous sommes au printemps 1815, le marquis – ennemi juré de Napoléon —  et sa famille ont en effet quitté Paris pour s’abriter dans leur logis vendéen. Mais sont‐ils vraiment à l’abri ? Derrière les apparences mondaines ou dans les communs, se cachent de curieux personnages… Jusqu’où iront leurs doubles jeux, qui les manipulent ? Qui, surtout, a intérêt à faire disparaître le jeune Emile ? Henriette de Brétigues, 17 ans, et ses frères jumeaux Edouard et Côme, se lancent bientôt à sa recherche. Mais personne ne sait encore que l’Empire va sombrer à Waterloo… Sur un thème original, Pauline de Vençay signe ici un roman historique plein d’allant, où l’on se surprend à chevaucher dans le bocage, à suivre de fausses pistes, à partager les inquiétudes des jeunes héros, avant que ne gagnent le courage et les beaux sentiments.

Dès 12 ans

Pauline de Vençay, Royalement vôtre, Pierre Téqui éditeur, coll. « Défi », 2019, 196 p., 13,50 €

William Grill, Le dernier roi des loups

Ou « l’histoire vraie de Lobo le loup et d’Ernest Seton le chasseur ». « Le vieux Lobo ou, comme disaient les Indiens, le Roi, était le chef d’une fameuse meute de loups gris. Depuis plus de cinq ans, il faisait régner la terreur dans la vallée de Currumpaw. […] Le vieux Lobo était un géant parmi les loups. Il commandait une meute alerte et affutée, dont chaque membre avait sa propre renommée. » Nous sommes en 1893, sur les terres du Nouveau‐Mexique. Des terres encore sauvages, mais pas pour longtemps.
Ernest Thompson Seton (1860–1946), jeune naturaliste doublé d’un redoutable chasseur de loups, débarque à Clayton, bien décidé à aider les fermiers à se débarrasser de Lobo. Le duel s’engage, entre le chasseur et ce loup à la redoutable intelligence. À la frontière de ces deux mondes, ce duel changera à jamais la vie du jeune homme… Une histoire vraie, remarquablement illustrée par William Grill lui‐même, à qui nous devons Le Voyage extraordinaire de Shackleton.
Après sa rencontre avec Lobo le loup, Ernest Thompson Seton devient un auteur et artiste animalier reconnu. Il a aussi fondé les Boy Scouts of America avec Baden Powell et ses récits ont marqué Tolstoï et Kipling. Cet album est édité en partenariat avec l’association Ferus, qui milite pour la protection de l’ours, du loup et du lynx en France.

Dès 8 ans

William Grill, Le dernier roi des loups, Sarbacane, 2019, 88 p., 19,50 € -Traduit de l’anglais. Imprimé en Italie.

Magdalena, La Princesse Tralala

Qui se souvient des cours de chant et des chorales dont les séances commençaient par des séries de vocalises pendant lesquelles il était si difficile de garder son sérieux ? AEIOU, AEIOU, AEIOU… Ou bien CHA CHE CHI CHO CHU ? Ou bien encore RA RE RI RO RU ? Faire des vocalises, c’est la solution qu’a trouvée la princesse Tralala, qui « s’ennuyait dans son château » : en effet, elle voulait « devenir chanteuse d’opéra, en attendant qu’un prince vienne la sortir de là ». Comme le précise Magadalena, c’est une histoire « qui joue avec les voyelles », une histoire farfelue et un soupçon insolente, car le château n’en est pas vraiment un – quant au prince… D’autant plus fantaisiste que le trait de Gwen Keraval se prête à merveille aux aventures de notre petite princesse !

De 3 à 6 ans

Magdalena, La Princesse Tralala, illustrations de Gwen Keraval, Les albums du Père Castor, 2014, 32 p., 10,50 €

Annie Jay, Jean, petit marmiton, la galette des rois

Le tome 7 des aventures de « Jean, petit marmiton », est de saison : il s’agit de fêter l’Epiphanie ! Et, « le jour des Rois, c’est celui où l’on s’amuse le plus dans les cuisines » de Versailles. Maître Mathieu a cuisiné une délicieuse galette – dont la recette se trouve à la fin de ce « vrai roman à lire tout seul ». Qui dit galette, dit fève et qui dit roman dit aventures ! Par malheur, c’est Jules qui est « sacré » roi des cuisines, un Jules un tantinet prétentieux à qui la couronne ne réussit pas vraiment…

Dès 6 ans

Annie Jay, Jean, petit marmiton, la galette des rois, tome 7, illustrations d’Ariane Delrieu, Albin Michel Jeunesse, 2019, 48 p., 5,90 €

Charles Perrault (d’après), Cendrillon

« Elle dormait au grenier, sur une simple paillasse, tandis que ses sœurs étaient dans des chambres luxueuses et se prélassaient dans des lits moelleux. La pauvre fille souffrait tout avec patience et n’osait se plaindre à son père.
Lorsqu’elle avait fini son travail, elle allait se mettre au coin de la cheminée et s’asseyait dans les cendres, c’est pourquoi on s’était mis à l’appeler Cendrillon. »
Cette adaptation du conte de Perrault se présente sous la forme d’un livret (dont est extrait le passage cité), d’un carrousel de décors et de figurines en carton dessinés et conçus par Lucia Calfapietra : Cendrillon, le prince, la bonne fée – mais aussi le carrosse et les décors du château. Des ciseaux et un peu de colle suffiront donc à rejouer les plus belles scènes de la féerie.

Dès 5 ans

Charles Perrault (d’après), Cendrillon, illustré par Lucia Calfapietra, Seuil Jeunesse, 2018, 15,50 € — Carrousel, livret et personnages en carton.

Roberto Innocenti, Mon bateau

« Voici mon bateau. Il est en train de couler », explique le narrateur, son capitaine qui, avec son équipage, a pris place dans une chaloupe bien secouée dans la tempête. « Tous les deux, nous avons fait le tour du monde. Il s’appelait le Clementine. » Et Dieu sait qu’il l’aimait son bateau… Construit dans les années 1930, il a navigué sur toutes les mers du globe, dans la guerre et dans la paix. Roberto Innocenti, à qui l’on doit notamment « La Maison », « Pinocchio » et « Casse‐Noisette », nous offre ici un beau voyage, très émouvant, à bord de ce XXe siècle encore si proche qui a parfois pris l’eau, tout comme le Clementine. Une belle réflexion sur l’amour de la mer et sur le temps qui passe.

Dès 6 ans

Roberto Innocenti, Mon bateau, Gallimard Jeunesse, 2018, 40 p., 18 € — Traduit de l’italien

Paul Schmid, Petit Ours rêve

« A quoi peut bien rêver Petit Ours ? Aux flocons de neige tout blancs, et aux étoiles dans la nuit noire. » Mais ce coquin peut aussi rêver, comme tous les enfants, « à un bon chocolat chaud », et même… « à une pizza glacée ». Tiens, tiens… Ce qui semble être une part de pizza devient, un peu plus loin, un chapeau pointu ? Dans les rêves, tout est possible ! Les dessins de Paul Schmid sont d’une simplicité désarmante et son Petit Ours deviendra vite un compagnon idéal au moment de se coucher.

Dès 2 ans

Paul Schmid, Petit Ours rêve, Phaidon, 2018, 40 p., 16,95 € — Traduit de l’anglais — Imprimé en Chine