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Gwenaële Barussaud, Le palace de Rose et Suzon – Un mariage extraordinaire

Paris, place Vendôme, 1926. Le Ritz, cet hôtel déjà mythique. « Rose soupire. Pourvu que Suzon parvienne à a rejoindre cette nuit… Ce n’est pas drôle de cuisiner pour soi. Les pâtisseries sont toujours meilleures quand elles sont partagées ! » Mais que faire quand la porte des cuisines est fermée ? Car on soupçonne des vols, explique un valet à la jeune demoiselle –qui, osons le dire, n’a rien à faire dans les sous-sols sous le coup de minuit. Rose, la fille du sous-directeur du Ritz, et Suzon, la petite femme de chambre, restent les inséparables amies déjà rencontrées dans le 1er tome.
Une cantatrice de renom va épouser un célèbre aviateur dans les luxueux salons de l’hôtel mais c’est un secret – que les fillettes s’empressent de partager. Un secret tellement bien gardé que le chef cuisinier ne travaille que la nuit à préparer le festin. Et voilà qu’un critique gastronomique tatillon arrive pour déjeuner. Panique à bord ! En nous plongeant dans les coulisses de cet univers de luxe et de modernité, Gwenaële Barussaud nous fait aussi découvrir l’énergie de ces Années folles, où les fleuristes livrent des camélias au volant de leur Hotchkiss, où les demoiselles de bonne famille commencent à s’habiller chez Mademoiselle Chanel, où l’on s’essaie à danser le charleston. Lucie Durbiano a trouvé le ton juste pour illustrer les aventures des deux fillettes : Suzon, natte dans le dos, en tablier noir, et Rose, cheveux à la garçonne et robes colorées, entre lustres en cristal et chambrette sous les toits, feront rêver les jeunes lectrices.

Dès 10 ans

Gwenaële Barussaud, Le palace de Rose et Suzon – Un mariage extraordinaire, illustrations de Lucie Durbiano, Rageot, 2020, 160 p., 11,90 €

Agnès Laroche, Les apprentis détectives – Sauvons les petits cochons !

«  ‑Quoi ? « Rien de grave », tu rigoles ? s’est-elle indignée. Au contraire, c’est une histoire dramatique !
Nina a haussé les épaules.
– Attends, c’est rien que des cochons. J’ai écarquillé les yeux. Des cochons ?
– Et alors ? a riposté sa petite sœur. Jean-Léon les adore, il s’en occupe super bien, c’est normal qu’il soit malheureux. » En fait de cochons, ce sont cinq cochons d’Inde « de race » qui ont disparu de l’enclos de Jean-Léon, le voisin de Sam et de ses amies, Nina et Agathe. Qui dit disparition, dit bien sûr enquête ! Les trois amis, aidés du chien Maurice, ne demandent que cela ! Le 5e épisode d’une série idéale pour les lecteurs juste « débrouillés ».

Dès 7 ans

Agnès Laroche, Les apprentis détectives – Sauvons les petits cochons !, illustrations de Clotka, 2020, Rageot, coll. « Heure noire », 96 p., 7,20 € — Imprimé en France

Sylvaine Jaoui, Picasso ou rien

« Il a marmonné :
— Il aurait eu une vie formidable s’il était devenu ingénieur. Il serait resté mon fils.
— Pourquoi, il a cessé de l’être quand il a décidé de jouer du saxo ? »
Tel est le terrible dialogue qui oppose Jimi à son grand-père, un grand-père qu’il connaît à peine. Parce qu’un jour ce grand-père a dit à son fils : « Tu veux être musicien ? Très bien. Alors sois Mozart ou rien. » Une phrase qui a conduit le jeune musicien à rompre avec son père. Mais, cela, c’était dans le temps où ce père était jeune. Et aujourd’hui (dans le temps du roman), ce père est mort depuis déjà deux ans, bien trop tôt. Jimi ne sait pas s’il doit, comme le souhaite sa mère (un peu envahissante !), suivre tranquillement ses cours au collège ou faire fructifier son immense talent pour le dessin. Entre son ami Roméo et la jeune Lilas pour qui vibre son cœur, Jimi saura dépasser ce lourd héritage familial. Jusqu’à inviter « papy Sam » à fêter son succès à un prestigieux concours de manga. Sur fond de conflit entre générations, Sylvaine Jaoui signe un roman psychologique rempli de ces « petits faits vrais » qui aident les adolescents à se projeter dans la vie de ce jeune héros et à sortir « par le haut » des épreuves que leur réserve la vie.

Dès 11 ans

Sylvaine Jaoui, Picasso ou rien, Rageot, 2019, 190 p., 7,10 € — Réédition du roman paru en 2010 – Imprimé en France

Jeanne Boyer, Albert guérit les gros bobos

« Albert joue au docteur dans sa chambre. Son petit frère Hector entre en criant : — Regarde mon gros bobo ! » En fait de trousse d’urgence, Albert prend ses feutres, et hop ! Voilà un « vrai gros bobo », puis une cicatrice… et le jeu devient un jeu de pirates. « Tu lis, tu ris, mission accomplie ! », tel est le leitmotiv de cette collection sans prétention, joliment illustrée. Ces « histoires très courtes pour le CP » seront une passerelle bienvenue entre le livre (ou les fiches) de lecture et les livres « de grands ».

Dès 5 ans

Jeanne Boyer, Albert guérit les gros bobos, illustrations de Marion Piffaretti, Rageot, 2019, 32 p., 4,90 € — Imprimé en France
Dans la même collection : Albert adore les dinosaures, Albert efface les punitions.

Pierre Bottero, Les aigles de Vishan Lour

Pierre Bottero, Les aigles de Vishan Lour

« Estéblan avait à peine senti Tempête se poser sur son épaule. Une vague de colère teintée de désespoir était en train de déferler sur lui. Il saisit la poignée de son épée, prit une profonde inspiration et…
— Si j’étais toi, je ne ferai pas ça.
Estéblan sursauta. La fille qui se tenait près de lui n’avait fait strictement aucun bruit en s’approchant. »
Amie ou ennemie ? Dans le palais du roi d’AnÓcour, la délégation des Chevaliers du Vent vient d’être massacrée – et Estéblan, jeune écuyer, a survécu. Quant à Plume, cette jeune acrobate, qu’est-elle venue y voler ? S’allieront-ils pour échapper à leurs poursuivants ? Du côté des héros à plume, Tempête, autour des forêts, Sillage, la chouette effraie et les grands aigles de la Confrérie ont fort à faire aussi, surtout face au banshee puant… Ce court roman de Pierre Bottero est réédité cet automne pour le plus grand plaisir de ses fans. Il offre aussi une belle porte d’entrée dans l’univers si attachant de ce grand maître de la fantasy française.

Dès 9 ans

Pierre Bottero, Les aigles de Vishan Lour, couverture de François Roca, Rageot, 2019, 96 p., 11,90 € — Imprimé en France. Réédition d’un texte paru dans le mensuel « Je Bouquine » 377 de juillet 2015.

Gwenaële Barussaud, Le palace de Rose et Suzon, le plus bel hôtel du monde

« — Il ne faut pas seulement servir le client. Il faut devancer ses désirs. Le client de la 252 est américain ? Zou ! Tu lui apportes de la limonade avec de la glace – les Américains en sont fous. Lady Rochester occupe la 234 ? Hop ! Un thé à cinq heures, avec des biscuits à la cannelle… elle en raffole !
— Mais comment savoir ? demande Suzon en ouvrant ses mains dans un geste d’impuissance. »
Car Suzon, 11 ans, toute ouïe aux conseils de Mme Lebrac, la gouvernante, a été embauchée il y a à peine deux mois comme femme de chambre dans « le plus bel hôtel du monde », le légendaire Ritz de la place Vendôme. En cette année 1926, ce palace parisien reçoit princesses, ladies, riches Américaines… mais aussi un bien mystérieux client. Qui, sur le coup de minuit, demande des crêpes ! Et voilà notre Suzon de courir aux cuisines, un lieu interdit aux demoiselles. Et pourtant, quelqu’un s’affaire déjà à la lueur d’une bougie ! Rose, la fille du sous-directeur, bien décidée à devenir… pâtissière.
Gwenaële Barussaud met ici à l’honneur les années folles qui voient l’émancipation des jeunes filles, qu’elles soient venues de la campagne ou qu’elles soient nées avec une cuillère d’argent. Son écriture fluide, son sens des anecdotes et de la répartie sont mis en valeur par les illustrations très « ligne claire » de Lucie Durbiano, qui donne un visage très expressif à nos deux héroïnes.

Dès 9 ans

Gwenaële Barussaud, Le palace de Rose et Suzon, le plus bel hôtel du monde, illustrations de Lucie Durbiano, Rageot, 2019, 160 p., 11,90 € — Imprimé en France

Natacha Godeau, Cavalière du roi, 1 – Ninon la rebelle

« Bientôt Ninon passa une autre grille, s’enfonça plus profond sous le couvert des arbres… lorsque sa monture se cabra de surprise.
— Du calme ! intima Ninon en tirant sur les rênes.[…]
Bourbon s’apaisa rapidement et s’immobilisa devant ce qui l’avait effrayé : un garçon étendu en travers du sentier, un beau cheval noir à ses côtés. »
Voici donc le tableau : dans quelques instants, Ninon de Nancy, fille du Grand Ecuyer de Versailles, va venir au secours de Louis-Ferdinand de France, le Dauphin, fils de Louis XV. Où la mèneront les secrètes leçons d’équitation qu’elle va prodiguer au jeune garçon ? Telle est la trame de ce petit roman historique, qui ravira les cavalières et tous ceux que fascine la vie à Versailles. Quel plaisir en effet de galoper sous les frondaisons des bosquets ! Que les 160 pages annoncées ne fassent pas peur aux lecteurs débutants : avec ses caractères et ses interlignages généreux, ses dessins vifs et colorés, ce roman, le premier d’une série, se lira tambour battant.

Dès 9 ans

Natacha Godeau, Cavalière du roi — tome 1 – Ninon la rebelle, illustrations de Sandra Violeau, Rageot, 2019, 160 p., 6,90 € — Imprimé en France

Evelyne Brisou-Pellen, La Cour aux Étoiles

Evelyne Brisou-Pellen, La Cour aux Étoiles

« Des rues, encore des rues ! Combien pouvait-il bien y en avoir dans cette ville ? Guillaume avait dit que c’était Paris.
Paris !… Comment respirer entre ces murs, ces maisons si hautes ? Ne tombaient-elles jamais ? N’allaient-elles pas s’écrouler sur lui ? Renaud filait dans les ruelles à la remorque du joueur de viole… » Un enfant, ce Renaud, serf et fils d’un serf, poussé par la faim autant que par le goût de l’aventure. La faim, parlons-en. C’est elle qui lui fait accepter la sollicitude très intéressée des laissés-pour-compte qui s’abritent tant bien que mal dans la cour aux Étoiles. Mendicité, petits larcins, boniments, telle est la vie de Renaud dans un Paris médiéval grouillant et nauséabond. Alors, quand la Grande Peste envahit la ville…
Ce roman initiatique médiéval est un grand classique signé Evelyne Brisou-Pellen, réédité ici avec les illustrations de Yann Tisseron.

Dès 10 ans

Evelyne Brisou-Pellen, La Cour aux Étoiles, illustrations de Yann Tisseron, Rageot, 2019, 192 p., 7,10 € — Réédition du roman paru en 1982 aux Editions de l’Amitié.

Gwenaële Barussaud, Léo, Mon destin sera la liberté !

Gwenaële Barussaud, Léo, Mon destin sera la liberté !

2 septembre 1870. Décidée à ne pas languir à Guernesey, Léo arrive à Saint-Malo, simple étape vers Paris. Mais à la gare, les choses se compliquent.
« L’employé à la casquette me dévisage, visiblement inquiet.
— Me rendre à Paris ? J’y compte bien ! Ma famille m’y attend.
— Enfin, c’est tout de même hasardeux. Il y a des rumeurs, des bruits qui courent, ajoute-t-il en caressant nerveusement sa moustache. […]
Le chef de gare fronce les sourcils. Je devine qu’il en sait plus que moi sur la situation de notre armée mais qu’il n’ose pas m’en dire davantage. »
En effet, la guerre a éclaté, mais Léo ignore encore dans quel pétrin elle va se fourrer. A Paris, elle retrouve sa cousine Hortense et Margot, mais aussi Emilien. Les trois amies vont vivre les affres d’un siège interminable, et tout tenter pour s’enfuir. Passent aussi les figures de l’impératrice déchue, de Victor Hugo et de Gambetta – sans oublier, en mode mineur, le bel Edward qui porte fièrement l’uniforme anglais. Amitiés et idéalisme, énergie, courage et peines de cœur, tous les ingrédients romanesques sont réunis dans ce second tome, aussi réussi que le précédent.

Dès 12 ans

Gwenaële Barussaud, Léo, Mon destin sera la liberté !, Rageot, 2018, 256 p., 13,90 €
Gwenaële Barussaud, Léo, Mon secret est une chance, Rageot, 2018, 256 p., 13,90 €

Gwenaële Barussaud, Léo, Mon secret est une chance

Gwenaële Barussaud, Léo, Mon secret est une chance

« Pas de rêves où m’évader, pas même un sommeil de brute dans lequel je me perdrais pour tout oublier. Non, j’ai la conscience bien éveillée au contraire, je sens parfaitement cette crevasse dans mon cœur, qui fissure mes certitudes, ébranle mes convictions. Mes parents ne sont pas mes parents. […] C’était donc ça mon prénom d’aristo, mon teint pâle, mes cheveux blonds ? »

Autant de questions que se pose Léonore, dite Léo, dix-huit ans, ouvrière de la chocolaterie Menier en cette fin du Second Empire, quand ses parents lui révèlent le secret de sa naissance. Et notre héroïne de « monter » à Paris, et de se faire embaucher comme petite bonne dans l’immeuble chic où sont censés habiter ses parents afin d’y mener son enquête.

Gwenaële Barussaud signe là un roman d’aventure et d’initiation donc, où ne manque ni la « croix-de-ma-mère » sous la forme d’un monogramme de batiste, ni le « gentil garçon » protecteur, plein d’avenir – et un peu amoureux. Mais Léo, comme les autres héroïnes de Gwenaële Barussaud, n’est pas une « oie blanche » : volontaire, énergique, elle n’hésite pas à prendre des décisions courageuses. Elle assiste ainsi aux obsèques de Victor Noir, au procès de Pierre-Napoléon Bonaparte, avant de prendre seule le train pour Saint-Malo et le bateau pour Guernesey, haut lieu de l’exil sous le Second Empire, où elle renoue avec son histoire. Je vous laisse la surprise de ce premier dénouement, en attendant le tome 2, annoncé pour juillet.

Dès 12 ans

Gwenaële Barussaud, Léo, Mon secret est une chance, Rageot, 2018, 256 p., 13,90 €

Hélène Montardre, Courir avec des ailes de géant

Hélène Montardre, Courir avec des ailes de géant

« J’avais 8 ans quand j’ai commencé à courir. Je veux dire, courir pour de bon. C’est quand Papa a décidé que Tom, mon petit frère, était assez grand pour venir avec nous. Nous, c’était Billy, papa et moi. Billy est mon frère aîné. » Ses longues courses nous font visiter Sydney à belles foulées. Mais un jour que Glenn, le narrateur, a « 10 ans, 8 mois et 3 jours », son Papa disparaît dans un accident d’avion. La famille, dont la Maman est française, quitte alors l’Australie pour Toulouse. Et Glenn court toujours, et plus encore quand son grand-père lui propose de l’entraîner. Seule difficulté pour notre héros bilingue : s’il parle et pense en anglais, il ne parvient plus à parler français. Jusqu’à une certaine course, à Sydney. Ce roman, écrit dans une langue très simple, plaira notamment aux jeunes sportifs autant qu’aux enfants expatriés ; il fait la part belle à l’effort, au dépassement de soi et à la force des liens familiaux.

De 9 à 12 ans

Hélène Montardre, Courir avec des ailes de géant, illustrations de Yann Tisseron, Rageot, 2017, 160 p., 6,50 € (première parution en 2014)

Carole Trébor, Lumière, le voyage de Svetlana

Carole Trébor, Lumière, le voyage de Svetlana

Svetlana. Ce n’est pas un prénom courant à Paris en 1774. Si elle vit rue Saint-Paul, la jeune adolescente sait qu’elle a été adoptée par ses « parents français », mais ignore pourquoi. A la mort de sa mère adoptive, elle décide son père de partir pour Saint-Pétersbourg, où une recommandation de son ami Diderot devrait lui permettre de rencontrer Catherine II. Mais le voyage tourne au drame : son ami cocher et son père sont tués dans une embuscade. Svetlana, aidée par Aliocha, un jeune serf illettré en rupture de ban, parviendra-t-elle au terme de sa quête ? Et quand paraît le trop élégant Boris, officier d’élite, son cœur chavire… Partie de France avec la tête farcie de logique d’une demoiselle des Lumières, Svetlana va rencontrer des êtres mystérieux, tout droit sortis de la mythologie slave – car les des dieux anciens n’ont pas tous été oubliés après le baptême du peuple russe en 988. Dans ce roman à la fois historique et fantastique, l’épopée, la philosophie, la mythologie et les sentiments vont tambour battant. Partie orpheline, Svetlana retrouvera et sa mère et sa terre maternelle – mais au prix de quelles épreuves.

Adolescents

Carole Trébor, Lumière, le voyage de Svetlana, illustrations de Sébastien Pelon, Rageot, 2016, 380 p., 14,90 €