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Michael Morpurgo

Michael Morpurgo, Le Roi de la forêt des brumes

Michael Morpurgo, Le Roi de la forêt des brumes

Chine, pendant la guerre sino-japonaise, disons en 1937–1938. Le jeune Ashley Anderson doit fuir la mission hôpital où officie son père. Cornaqué par Oncle Sung, un moine tibétain, le voilà parti sur les sentiers qui mènent aux contreforts de l’Himalaya. Personne ne doit découvrir qu’un Européen se cache sous le manteau – et la crasse – du pèlerin, ce qui conduit nos deux personnages à emprunter des cols de haute altitude. Quand la neige et la faim s’en mêlent, l’aventure vire au drame… C’est alors qu’Asley est recueilli par d’énormes créatures – des yétis. Le monde réel s’efface devant un monde merveilleux, une autre aventure commence alors… Qui sont donc ces « hommes des neiges » ? Ashley découvre – et nous avec lui – une étrange société mi-animale mi-humaine, sa vie quotidienne, son langage et ses rites.
Ah ! Ce yéti ! D’Hergé à Jordi Magraner, il n’a pas fini de nous faire rêver. Les aquarelles de François Place ajoutent au charme du roman : empruntant le style des croquis de voyage, elles nous entraînent de la Chine au Tibet, des sommets enneigés à la forêt des brumes.

Dès 10 ans

Michael Morpurgo, Le Roi de la forêt des brumes, illustrations de François Place, Gallimard Jeunesse, 2013, 224 p., 15,90 € — Ou sans illustrations, Folio Junior, 2008, 224 p., 8,50 €

Michael Morpurgo, Le mystère de Lucy Lost

Michael Morpurgo, Le mystère de Lucy Lost

« Ma grand-mère a simplement surgi de la mer, il y a longtemps, comme une sirène, sauf qu’elle a deux jambes et pas de queue de poisson. Elle devait avoir une douzaine d’années à l’époque, mais personne n’en était sûr, car aucun signe n’indiquait qui elle était, ni l’endroit d’où elle venait. Elle était à moitié morte de faim, égarée par la fièvre et ne pouvait prononcer qu’un seul mot : ‘Lucy’. » Alors, sur ces îles Scilly (les Sorlingues, pour les Normands) battues des vents, la famille qui la recueille la nomme Lucy Lost, « Lucy Perdue ». Une Lucy bien énigmatique, qui aime le piano et le clair de lune… Une Lucy qui va susciter bien des commérages, des cancans, des médisances, mais aussi des gestes d’une rare bienveillance.
Car nous sommes en mai 2015. Le Lusitania a quitté New York pour rejoindre Liverpool, quand le navire explose au large de l’Irlande. A bord, la jeune Merry et sa mère. Michael Morpurgo joue du suspense comme pas un : pour nous qui devinons assez vite que les deux jeunes filles ne font qu’une, il reste à savoir quand et comment Lucy retrouvera la parole et la mémoire. Un très beau roman sur le destin tragique des enfants malmenés par la guerre. Gardez juste un mouchoir à proximité.

Dès 11 ans

Michael Morpurgo, Le mystère de Lucy Lost, Gallimard Jeunesse, 2015, 448 p., 15,50 € — Traduit de l’anglais.

Michael Morpurgo, Pinocchio raconte Pinocchio

Michael Morpurgo, Pinocchio raconte Pinocchio

« — Regardez comme sa tête en bois branle quand il marche ! Ce n’est pas un vrai enfant, disaient [les voisins de Gepetto]. Un vrai petit garçon a de l’indépendance d’esprit, il part à l’aventure. Vous ne pouvez pas fabriquer un esprit avec du bois, signor Gepetto ! Ce n’est pas du tout un petit garçon. Tête branlante ! Pieds maladroits ! Grand nez !
Ça suffisait comme ça. J’en avais assez de leurs insultes. Je m’enfuis, je pris mes jambes à mon cou. »
Car de l’indépendance d’esprit et le goût de l’aventure, ce n’est pas ce qui manque à Pinocchio : à chaque page, une bêtise, un danger, une catastrophe, un malheur, au moins… suivis d’un peu d’espoir et de petits bonheurs. Mais, quand « le pantin le plus célèbre que le monde ait jamais connu » décide de révéler son histoire (la vraie, de son point de vue !), eh bien, finalement, il ne fait que raconter cette « grande affaire, à la fois si amusante et si difficile aussi, [qui] est de grandir ». En laissant la parole à Pinocchio, Michael Morpurgo signe un récit qui tiendra en haleine plus d’un petit fripon !
De plus, des illustrations dynamiques et une typographie très aérée permettront aux jeunes lecteurs d’entrer sans réticences dans un « vrai » livre – sans que leur nez s’allonge le moins du monde.

Dès 9 ans

Michael Morpurgo, Pinocchio raconte Pinocchio, illustrations d’Emma Chichester Clark, Gallimard Jeunesse, 2015, 256 p., 12,50 € — Traduit de l’anglais.

Michael Morpurgo, Mimi et le dragon des montagnes

Michael Morpurgo, Mimi et le dragon des montagnes

Dans le petit village de Dorta, chaque veille de Noël, les villageois célèbrent le carnaval du dragon des montagnes à grand renfort de tambourinades. Le jour de Noël, après une marche aux flambeaux animée du son des cloches, un conteur est tiré au sort pour faire revivre l’histoire du dragon. Pour lui, « la fête de consistait pas seulement à célébrer la promesse d’une belle saison à venir ou la naissance d’un bébé, à Bethléem, il y a deux mille ans. Tous les chants de Noël, les cloches, les réjouissances, les danses et les festins avaient aussi un autre but : écarter les esprits malins qu’ils savaient occupés à rôder dans les ténèbres au-dehors. Et un de ces esprits les terrifiait par-dessus tout : le dragon des montagnes ». Alors, autour du feu, notre conteur se lance : un beau matin de la Noël 1314, la petite Mimi découvre un bébé dragon sur la pile de bois du bûcher…
Les illustrations d’Helen Stephens sont absolument craquantes, Mimi avec son foulard rouge, ce minuscule dragon sur l’épaule et sa bonne grosse vache dans la neige en feront rêver plus d’un. Un conte de Noël qui n’est pas sans rappeler Une cloche pour Ursli de Selina Chönz. Mais faut-il attendre Noël pour l’offrir ?

Dès 5 ans

Michael Morpurgo, Mimi et le dragon des montagnes, illustrations d’Helen Stephens, Gallimard Jeunesse, 2015, 48 p., 9,90 €

Michael Morpurgo, Le petit âne de Venise

Michael Morpurgo, Le petit âne de Venise

« Totto était un âne. Son père avait été un âne avant lui, et sa mère aussi. Totto devait être un âne, que ça lui plaise ou pas. » Un âne gris, avec ses longues oreilles, cela n’échappe pas si facilement que ça à la génétique – au contraire du cancre, qui, lui, a quelque chance d’avoir plus hérité de son grand-père ou de sa tante… Mais revenons-en à notre Totto. Chaque jour, son maître le charge de pastèques, qu’ils vont vendre sur l’un des marchés de Venise. Jusqu’au jour où ils s’aventurent sur la place Saint-Marc… à l’aplomb des célèbres chevaux, ce qui n’est pas vraiment à l’avantage de Totto, mais aussi sous les fenêtres de la petite fille du Doge. Un joli conte sur l’amitié entre « la belle » et « la bête », une amitié indéfectible, bien sûr. Quant aux illustrations d’Helen Stephens, elles sont aussi lumineuses qu’un jour de juin sur la lagune.

Dès 6 ans

Michael Morpurgo, Le petit âne de Venise, illustrations d’Helen Stephens, trad. de Diane Ménard, Gallimard Jeunesse, 2013, 40 p., 13 €

Michael Morpurgo, Cheval de guerre

Michael Morpurgo, Cheval de guerre

« Ces deux chevaux ont traversé une fournaise infernale pour arriver ici. Ce sont les deux seuls. Ce n’est pas leur faute si on leur avait donné une mission imbécile. Ce ne sont pas des chevaux de cirque, ce sont des héros. Vous comprenez ? Des héros ! » reconnaît un officier allemand devant ces deux chevaux anglais. Et en effet, le héros de ce roman historique est bien Joey, un magnifique cheval bai, qui raconte, à la première personne, l’enfer de la Première Guerre mondiale. Lancé dans la bataille, prisonnier, cheval d’ambulance, gravement blessé et atteint du tétanos, guéri et de nouveau attelé à un fourgon, il passe d’un camp à l’autre selon les fortunes de guerre.
S’il resta une parcelle d’humanité dans ce terrible conflit, sans doute faut-il la trouver dans cet amour partagé des cavaliers pour les chevaux – les leurs comme ceux de ces ennemis qui leur ressemblaient tant.

À partir de 10 ans

Michael Morpurgo, Cheval de guerre, Folio junior, Gallimard, rééd. 2008, 201 p., 6,60 €