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Marcel Aymé

Marcel Aymé, L’Eléphant

Il pleut tant et tant que Delphine et Marinette décident de « jouer à l’arche de Noé ». Les parents partis, comme souvent, chez l’oncle Alfred, elles font entrer dans la cuisine tous les animaux de la ferme. Mais, qui va jouer l’éléphant ? Voilà une petite poule blanche bien décidée à endosser le rôle… Et par la fantaisie de Marcel Aymé, maître es formules magiques, la poule devient vraiment un éléphant. Un énorme éléphant…
Il revenait bien sûr aux Editions des Eléphants de rééditer ce Conte bleu du Chat Perché écrit en 1941 – et qui n’a pas pris une ride. D’autant plus qu’il est illustré des bois colorés et pleins d’humour de May Angeli, à qui nous devions déjà Les Boîtes de peinture .

Dès 8 ans

Marcel Aymé, L’Eléphant, illustrations de May Angeli, Editions des Eléphants, 2019, 48 p., 16,50 €

Marcel Aymé, Les boîtes de peinture

Marcel Aymé, Les boîtes de peinture

« Un matin de vacances, Delphine et Marinette s’installèrent dans le pré, derrière la ferme, avec leurs boîtes de peinture. Les boîtes étaient toutes neuves. […]
– Bonjour, les petites. Qu’est-ce que vous faites avec ces boîtes ?
Marinette lui répondit qu’elles se préparaient à peindre et lui donna toutes les explications qu’il souhaita.
– Si tu veux, ajouta-t-elle, je vais faire ton portrait.
– Oh ! oui, je veux bien, dit l’âne. Nous, les bêtes, on n’a guère l’occasion de se voir tel qu’on est.
Marinette fit poser l’âne de profil et se mit à peindre. De son côté, Delphine entreprit le portrait d’une sauterelle qui se reposait sur un brin d’herbe. Appliquées, les petites travaillaient en silence, tirant la langue du côté où penchaient leurs têtes. »
Peindre, certes, mais réussir un portrait, ce n’est pas si facile… surtout quand la malice de Marcel Aymé s’en mêle et intervertit les qualités des animaux de la ferme avec celles de leurs reproductions maladroites ! L’âne trébuche sur ses deux pattes, la sauterelle disparaît dans la verdure, le cheval est plus petit que le coq, et les deux bœufs blancs, peints sur une feuille blanche, ont bel et bien disparu…
Un des plus célèbres Contes du Chat perché, illustré ici avec humour et tendresse par les bois gravés de May Angeli, dans une belle mise en page, très lisible.

Et si vos enfants veulent s’initier à la linogravure avec May Angeli, la bibliothèque Vaclav Havel (Paris 75012) propose un atelierhttps://bibliotheques.paris.fr/Default/doc/QUEFAIRE/56490/atelier-gravure-sur-bois-avec-may-angeli?_lg=fr-FR le 27 octobre prochain.

Dès 6 ans

Marcel Aymé, Les Boîtes de peinture, bois gravés de May Angeli, Les Editions des Elephants, 2018, 48 p., 15 €. Imprimé au Portugal.

Marcel Aymé, Les Bottes de sept lieues et autres nouvelles

Marcel Aymé, Les Bottes de sept lieues et autres nouvelles

« Alors quoi, si on s’occupe de ce qui est vrai, y a plus moyen de rien faire », s’exclame dans la pénombre le jeune Frioulat, un petit poulbot de la Butte autoproclamé chef de bande. Surtout quand « l’expédition » du jour a pour but d’aller coller six nez morveux sur une vitrine de la rue Elysées-des-Beaux-Arts (aujourd’hui rue André-Antoine). Une vitrine où, entre « le porte-savon de Marat » et « les charentaises de Berthe au grand pied », trônent… les bottes de sept lieues ! Des bottes qui vont faire rêver les six écoliers, surtout quand un stupide accident les réunit dans une chambre d’hôpital. Un conte mi-doux mi-amer, extrait, comme « Le proverbe » du Passe-Muraille. Quant à la sourde querelle qui agitent les deux classes « A et B », la troisième nouvelle, elle est sûrement transposable dans des contextes plus actuels.

Dès 12 ans

Marcel Aymé, Les Bottes de sept lieues et autres nouvelles, Folio Junior, 96 p., 5,50 €

Marcel Aymé, Les Contes bleus du chat perché

Marcel Aymé, Les Contes bleus du chat perché

« Aucun enseignant ne vous le dira mais il fut une époque où il fallait juste trois mois à un simple canard normalement constitué pour réaliser le tour de la terre et, un beau matin, revenir pile à son point de départ accompagné d’une panthère. » Un temps magique évoqué ici par le comédien François Morel dans la préface de cette nouvelle édition des Contes bleus. Bien sûr, Delphine et Marinette parlent aussi au cerf, à l’éléphant et au mauvais jars dans des livres de poche – mais, dans une bibliothèque normalement constituée, il y a des œuvres qui ne demandent qu’à défier les années. Cette édition est agrémentée des belles images de Nathalie Parain (1897–1958) qui plaisaient tant à Marcel Aymé, et qui n’ont pas pris une ride. Il faut dire qu’on ne plaisantait pas avec la qualité : les illustrations étaient reproduites en zingographie ou en lithographies imprimées par Mourlot, rien que ça.

Dès 8 ans

Marcel Aymé, Les Contes bleus du chat perché, illustrations de Nathalie Parain, Gallimard Jeunesse, coll. « Bibliothèque », 2013, 208 p., 15,90 €.
Existe aussi en collections de poche, neuf ou d’occasion – mais sans les si belles images de Nathalie Parain.

Marcel Aymé, Enjambées

Marcel Aymé, Enjambées

Le chien Pyrame et ses comparses, César et Béfort ; les dix-huit rejetons du peintre Olgerson, peintres eux-aussi ; l’èlève Saligon qui, tout latiniste qu’il est, met du caoutchouc à fondre sur le poêle ; les poulbots de Montmartre qui rêvent devant les « bottes de sept lieues » du brocanteur véreux – lequel joue aux échecs avec un oiseau empaillé ; la petite Valérie qui se ronge les ongles… et la fée Udine, dont le chariot attelé de lapins blancs ne passe guère inaperçu sur les départementales. Entre les Contes du Chat perché et les romans pour grandes personnes que sont La Jument Verte ou Uranus, Marcel Aymé a pensé aux collégiens avec ces récits tendres et farceurs.
Pas plus chers que des livres de poche, mais bien plus agréables à lire, les ouvrages publiés dans les années 1970 dans la collection « 1000 soleils » se trouvent facilement sur les quais et dans les brocantes.

Dès 11 ans

Marcel Aymé, Enjambées, Gallimard, coll. « 1000 Soleils », 170 p. En brocante. Existe aussi en poche.

Marcel Aymé, Les Boîtes de peinture

Marcel Aymé, Les Boîtes de peinture

Delphine et Marinette « avaient peint d’une si grande ardeur que leur façon de voir s’était très vivement imposée à leurs modèles ». Résultat ? L’âne n’a plus que deux pattes, le cheval a rapetissé, quant aux bœufs… Leur double portrait pourrait voisiner avec le « carré blanc sur fond blanc » de Malevitch – mais chut ! Est-ce bien correct de révéler aux enfants ce léger pied de nez au conformisme ? Reste que les petites sont bien émues. Pas tant de la crainte d’être punies pour leur désobéissance, que de la zizanie qu’elles ont semé parmi leurs amis.
Le vétérinaire, appelé par des parents à la rationalité bien assise, n’aura pas le temps de constater les atteintes de cette « maladie de peinture ». Marcel Aymé n’ayant jamais douté des talents diplomatiques de la gent ailée, le canard, pas cancanier pour deux sous, réconcilie bientôt la cour et la basse-cour.
L’histoire ne dit pas si les fillettes ont fait des progrès en peinture, ou si les animaux se sont initiés à l’art abstrait…

Dès 7 ans

Marcel Aymé, Les Boîtes de peinture, un Conte du Chat Perché, illustré par Roland et Claudine Sabatier, Gallimard Jeunesse, Folio Cadet, 2002, 64 p., 6 €