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Belin Jeunesse

Nathalie Tordjman, Le livre aux petites bêtes

Elles marchent, elles volent, elles nagent, de jour comme de nuit… et elles ne nous inspirent pas souvent de bons sentiments. Passe encore pour la coccinelle, le papillon ou la libellule… mais que dite-vous quand une araignée tombe du plafond, qu’une armée de fourmis envahit la cuisine ou que des limaces se régalent des salades du potager ? Cet album invite à mieux connaître les « petites bêtes » de nos jardins, de nos forêts et de nos rivières : que mangent-elles ? où se cachent-elles ? comment se déplacent-elles ? Après les explications, mettons la main à la pâte. Des ateliers pour apprendre à construire un refuge à insectes ou élever des escargots, et des quiz pour s’amuser complètent les données scientifiques, superbement illustrées. Qui a parlé de s’ennuyer au jardin ?

Dès 7 ans

Nathalie Tordjman, Le livre aux petites bêtes, illustrations de Julien Norwood et Emmanuelle Tchoukriel, Belin Jeunesse, 2018, 70 p., 18,90 €

Aurélie Derreumaux et Laurent Granier, Compostelle en sac à dos : 1700 kilomètres pour randonner en famille

1700 kilomètres en quatre mois, soit 119 jours de marche ! Partis du Puy en Velay et à petites étapes, Aurélie, Laurenthttp://www.laurentgranier.fr/ et leurs deux jeunes enfants Eva et Maxime sont arrivés, joyeux et fiers, à Compostelle un beau jour d’août. Des chutes de neige sur l’Aubrac à la canicule de la Meseta, ils ont fait face aux éléments, ont admiré les paysages si variés de la Via Podiensis et du Camino Francés, villages, églises et châteaux, ont croisé des pèlerins et nombre de poules et de vaches, et, bien sûr, ont chanté, joué, prié… Une magnifique aventure et un bel album à partager en famille.

Pour toute la famille

Aurélie Derreumaux et Laurent Granier, Compostelle en sac à dos : 1700 kilomètres pour randonner en famille, illustrations de Charline Picard, Belin Jeunesse, 2019, 70 p., 14,90 €

Sabrina Inghilterra, La Princesse super savante et la bataille d’énigmes

« Il était une fois dans un pays lointain, une petite princesse qui savait tout sur tout. Il n’y avait pas un caillou, pas une plante ou un animal qu’elle n’aurait pu nommer. […] Son père, le roi, en était très fier. » Enfermée dans la plus haute tour, la princesse avalait chaque jour « 100 pages du dictionnaire, 100 pages d’encyclopédie, 100 exercices de mathématiques et 100 exercices de grammaire. » Bref, la parfaite bêcheuse, la donneuse de leçons, la prétentieuse trois étoiles… Mais la reine, qui chérissait son enfant, « s’inquiétait de son teint pâle et de ce qu’elle était trop maigre ». Comme elle n’osait pas formuler « LA » solution, qui aurait été de marier la donzelle, la reine proposa un tournoi – ou plutôt une « bataille d’énigmes ». Qui posera la question à laquelle la princesse ne saura répondre ? A défaut du « p’tit cordonnier » de la chanson, ici, « c’est un p’tit jardinier » qui saura ouvrir les yeux et le cœur de la damoiselle. Un album plein d’humour et aux dessins fantasques pour gentiment rabattre le caquet des éternelles premières de la classe (même s’il n’y a plus ni notes ni classement, demandez à vos enfants, ils savent très bien de qui je parle).

Dès 5 ans

Sabrina Inghilterra, La Princesse Super Savante et la bataille d’énigmes, illustrations de Jules, Belin Jeunesse, 2018, 40 p., 13,90 € — Imprimé en France

Victor Hugo (d’après), Cosette

Victor Hugo (d’après), Cosette

« Il était arrivé quatre nouveaux voyageurs.
Cosette pensait qu’il était nuit, très nuit, qu’il avait fallu remplir à l’improviste les pots et les carafes dans les chambres des voyageurs survenue, et qu’il n’y avait plus d’eau à la fontaine. » Tel est le début du 2e chapitre de ce « Cosette » — dont j’ai bien cru qu’il était directement issu des Misérables. Vérification faite, voici le texte de Victor Hugo :
« Il était arrivé quatre nouveaux voyageurs.
Cosette songeait tristement ; car, quoiqu’elle n’eût que huit ans, elle avait déjà tant souffert qu’elle rêvait avec l’air lugubre d’une vieille femme.
Elle avait la paupière noire d’un coup de poing que la Thénardier lui avait donné, ce qui faisait dire de temps en temps à la Thénardier : – Est-elle laide avec son pochon sur l’œil !
Cosette pensait donc qu’il était nuit, très nuit, qu’il avait fallu remplir à l’improviste les pots et les carafes dans les chambres des voyageurs survenus, et qu’il n’y avait plus d’eau dans la fontaine. »
Pour un jeune lecteur de 8 à 10 ans qui veut faire connaissance avec ce drame, cette « réduction » me semble très intelligente, même si d’aucuns ne jurent que par l’original. D’autant plus que sur la page de gauche, une illustration pleine page due au pinceau d’Olivier Desvaux nous fait comprendre le martyre de la fillette : sur une table, un verre et une carafe, comme une nature morte. Sous la table nappée de blanc, deux pieds, entourés de deux menottes, et l’ébauche d’un jupon bleu. Cosette, plus morte que vive…
Une adaptation, donc, des principaux chapitres consacrés à l’enfance de Cosette : la descente à la source, l’aide de Jean Valjean, son séjour chez les Thénardier, l’épisode de la poupée, le départ de Cosette et son installation à Paris, dans le galetas du boulevard de l’Hôpital. Les nombreux tableaux du peintre Olivier Desvaux font de ce grand format (33,2 x 26,7 cm) un superbe album.

Dès 8 ans

Victor Hugo(d’après), Cosette, illustrations d’Olivier Desvaux, Belin Jeunesse, 2018, 56 p., 19,90 € — Imprimé en Slovénie.

Nicola Kinnear, Courage, petit lapin !

Nicola Kinnear, Courage, petit lapin !

« Martin était un petit lapin très sage. » Très sage, et même trop sage, casanier, voire un peu poltron aux yeux de son amie Rosie qui ne pense qu’à plonger avec les loutres ou croiser des loups sur son chemin. Jusqu’au jour où Rosie se fâche et part seule à l’aventure… Martin devra surmonter ses inquiétudes pour aller à sa recherche. Les animaux de la forêt et de la rivière se révéleront des aides précieuses. Mais voilà que le loup menace Rosie… Un album qui aidera les plus petits à vaincre leurs appréhensions, inventé par une jeune et talentueuse illustratrice très british.

Dès 4 ans

Nicola Kinnear, Courage, petit lapin !, Belin Jeunesse, 2019, 32 p., 12,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Malaisie

David Lichtfield, L’Ours et son orchestre

David Lichtfield, L’Ours et son orchestre

« Depuis quelques temps, tout va de travers.
— Qu’allons-nous devenir ? se demande Hector. Plus personne ne vient à mes concerts. Ils vont tous écouter l’Ours qui joue du piano !
Hugo n’est pas d’accord. Il veut y croire encore !
— Je ne jouerai plus jamais… conclut Hector. Il est temps pour moi de ranger mon violon. »
Hector prend donc sa retraite, s’enferme chez lui, pendant que son petit chien Hugo, lui… Que va-t-il faire, ce compagnon des bons et des mauvais jours ? Tout faire pour redonner de l’espoir à Hector, quitte à lui faire subir les affres du doute et de la jalousie. « Parce que l’amitié véritable, comme la belle musique, dure toujours », conclut cet album aux couleurs chaudes et au dessin très expressif. Une belle manière de parler sentiments sans avoir l’air de trop insister.

Dès 4 ans

David Lichtfield, L’Ours et son orchestre, Belin Jeunesse, 2018, 40 p., 12,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Nathalie Tordjman, Le Livre aux petites bêtes

Nathalie Tordjman, Le Livre aux petites bêtes

« Pour les petites bêtes, le sol est un grand supermarché. Chacune y trouve la nourriture qu’elle aime, en surface comme en profondeur. » Si les grillons, les larves de hanneton ou de cigale ou l’escargot sont herbivores, araignées, mille-pattes et perce-oreilles sont carnivores, tandis que d’autres petites bêtes sont « détritivores », se nourrissant de « crottes, plantes ou animaux morts ». Alors, ces bestioles, où se cachent-elles ? Comment se déplacent-elles ? Quelles sont leurs petites manies ? Rien de mieux pour les observer que de les attraper – enfin, pas toutes ! Une page donne ainsi les meilleurs conseils, notamment pour bricoler un « aspirateur à bouche ». Qui se lance ? Un documentaire illustré par des naturalistes diplômés : Julien Norwood a été formé au Muséum d’histoire naturelle de Paris et Emmanuelle Tchoukriel est diplômée en illustration médicale et scientifique. Quant à l’auteur, Nathalie Tordjman, journaliste spécialiste de la nature et de l’environnement, elle sait mettre les connaissances scientifiques à la portée de tous les petits curieux. Petit bémol : la coquetterie (pour ne pas dire la faute) de langue du titre – sans doute pour éviter de reprendre un titre existant ?

Dès 6 ans

Nathalie Tordjman, Le Livre aux petites bêtes, illustrations de Julien Norwood et Emmanuelle Tchoukriel, Belin Jeunesse, 2018, 72 p., 18,90 €
Dans la même collection, du même trio : Le Livre aux oiseaux, 2017, 80 p., 17,90 €

Sophie Humann, Henri IV, le prince de la paix

Sophie Humann, Henri IV, le prince de la paix

« De toute la hauteur de ses trois ans et deux mois, Henri est entré dans le palais […]. Le roi lui-même, étonné par cet enfant souriant, éveillé et rose, le prit sur ses genoux et l’embrassa. A la fois pour flatter ses parents et pour voir sa réaction, il lui lança :
— Voulez-vous être mon fils ?
Henri comprenait le français, mais il ne parlait que le béarnais. Il se retourna aussitôt, et, montrant son père du doigt, il répondit d’un air sérieux :
Aquet es lou seigne reï !
Henri II se fit traduire la réponse qui signifiait : “Mon père, c’est le seigneur roi, là-bas !” »
Du Béarn à l’Ile-de-France, d’adieux en retrouvailles, de chevauchées en intrigues, de psaumes protestants aux grand-messes catholiques, Henri de Navarre vit une jeunesse bien compliquée. Tout le mérite de ce roman historique est de parvenir, sans lasser le jeune lecteur, à faire revivre ces années de tensions permanentes et de conflits politiques autant que religieux. Il n’élude en rien la violence des affrontements, notamment lors de la Saint-Barthélemy, ni celle de la vie de tous les jours – naissances, accidents, maladies… — avec ici ou là de brefs moments plus paisibles : une partie de saute-mouton, un tournoi à Bayonne, un air de luth à Nérac. Captivant, pour de bons lecteurs.

Dès 10 ans

Sophie Humann, Henri IV, le prince de la paix, Belin Jeunesse, coll. « Avant de devenir… », 2016, 149 p., 8,50 €

Viviane Koenig, Léonard de Vinci, l’homme aux mille talents

Viviane Koenig, Léonard de Vinci, l’homme aux mille talents

«  — Jamais Léonard n’oublia sa première journée à l’atelier du célèbre Verrochio, un artiste aux talents multiples […]. Loin d’avoir peur, le nouvel apprenti ressentait une joie immense, une telle envie d’apprendre qu’il se leva avec le soleil et le sourire dès le premier matin ». Nous sommes à Florence au printemps 1466. Léonard vient d’avoir 14 ans – un anniversaire que personne n’a songé à lui fêter, mais qui signifie son entrée dans le monde des adultes. Quel avenir se dessine pour ce jeune garçon, prodige certes mais né de parents « qui s’étaient aimés sans être mariés » ?
Le roman insiste sur ce besoin de revanche sociale et de conflit œdipien avec Maître Piero, son notaire de père, peut-être avec des yeux d’aujourd’hui ; il ne fait pas l’impasse sur l’accusation d’homosexualité dont fut victime Léonard de Vinci et qui lui valut de la prison. Cela précisé, le roman éclate de joie de vivre, d’énergie solaire, de labeur et d’imagination créative, dans l’ambiance magique de Florence et de l’atelier du maître. Léonard, Verrochio, Botticelli, Alberti, Ucello et leurs compagnons : quelle explosion de talents !

Dès 11 ans

Viviane Koenig, Léonard de Vinci, l’homme aux mille talents, Belin Jeunesse, coll. « Avant de devenir… », 2016, 204 p., 8,50 €

Jean-Paul Gourévitch, Jules César, l’ascension d’un chef

Jean-Paul Gourévitch, Jules César, l’ascension d’un chef

« César et ses amis avaient choisi de rejoindre le haut de la colline du Viminal où ils allaient expérimenter un nouveau jeu copié sur celui lancé il y a quelques semaines par la bande de l’Esquilin, ‘le jeu du char furieux’, dont les enfants se racontaient les exploits dans les cours d’école. » Un jeu interdit par les adultes. Un jeu qui permet au jeune César, 11 ans et 5 mois, de montrer son courage et son jeune talent de chef de bande.
Ce roman historique, dans la collection « Avant de devenir… », imagine quelle put être la vie de Jules César entre 90 avant J.-C. et 74 avant J.-C., quand César est capturé par les pirates. S’appuyant sur une excellente documentation historique, Jean-Paul Gourévitch n’a pas son pareil pour faire revivre la vie quotidienne d’un adolescent romain, entre amitiés, bagarres, jeux équestres et études. Sans oublier un intérêt certain pour les demoiselles, sauf pour Cossutia, 11 ans, sa petite fiancée qui joue encore à la poupée…

Adolescents

Jean-Paul Gourévitch, Jules César, l’ascension d’un chef, coll. « Avant de devenir… », Belin Jeunesse, 2015, 192 p., 7,90 €

Jacob et Wilhelm Grimm, Les Musiciens de la ville de Brême

Jacob et Wilhelm Grimm, Les Musiciens de la ville de Brême

« Il était une fois un âne qui, depuis des années, travaillait dur pour son meunier. » Sentant bien que ledit meunier ne lui offrirait pas une retraite dorée au fond du près ou de l’étable, il prit discrètement la poudre d’escampette. Et « c’est la route de Brême qu’il suivit, car il avait en tête de devenir musicien officiel de la ville ». Sur la route, il persuade un chien de chasse, un chat puis un coq de l’accompagner vers un avenir meilleur. Mais, avant de parvenir à Brême, notre quatuor, arrêté par la nuit, va rencontrer… de terribles brigands. Cette édition des Musiciens de Brême, un des contes les plus célèbres des Grimm, ravira les enfants par ses illustrations enjouées et malicieuses et par son format inhabituel.
Une trouvaille du salon de Montreuil – qui fait parfois office de session de rattrapage pour des livres parus ces dernières années !

Dès 4 ans

Jacob et Wilhelm Grimm, Les Musiciens de la ville de Brême, illustrations de Julie Faulques, Belin Jeunesse, 2012, 28 p., 16,90 €

Sylvie Bagès, Du Guesclin, le chevalier intrépide

Sylvie Bagès, Du Guesclin, le chevalier intrépide

« — Salut, les mauviettes de Pen-an-Hoët ! Petits gardiens de porcs, cochons vous-mêmes, la clairière est encerclée. Rendez-vous ou il vous en cuira !
— Jamais ! ripostèrent les porchers d’une seule voix. Plutôt mourir que nous rendre !
— A moi, Guesclin ! cria Bertrand. A moi, ceux de Broon ! Donnons une raclée à tous ces morveux ! Pas de quartier ! »
Cette bagarre, dans le plus pur style de La Guerre des boutons, oppose des galopins du village de Broon, en Bretagne, dans les années 1329. Parmi les attaquants, le jeune et intrépide Bertrand du Guesclin. Il a beau être d’un physique ingrat, sa force et sa vaillance font déjà de lui un chef de bande apprécié. Ce roman historique bien documenté fait revivre la haute figure de Bertrand du Guesclin (1320–1380) de sa prime enfance jusqu’en 1357. Rien n’y manque : ni ses fugues, ni ses ruses ; derrière le « Dogue noir de Brocéliande », nous volons de tournois en embuscades.
Curieusement,  le style du roman balance, sans trop choisir, entre pastiche de français médiéval (« vous menez laide vie »), récit historique classique (« le 30 avril 1341, la Bretagne apprit la mort de Jean III ») et expressions imagées droit sorties de la cour de récréation (« Total respect ! »). Comme dans de nombreux ouvrages destinés aux collégiens, un dossier documentaire complète le roman : repères chronologiques, guerre de Cent Ans, techniques de combat, biographie complète de Du Guesclin.

A partir de 12 ans

Sylvie Bagès, Du Guesclin, le chevalier intrépide, Belin Jeunesse, coll. « Avant de devenir… », 2014, 200 p., 7,90 €