Thème

Moyen-Age

Lucien Bély et Pierre Joubert, Une histoire du Mont-Saint-Michel

Lucien Bély et Pierre Joubert, Une histoire du Mont-Saint-Michel

Des hommes ont choisi une île, au Moyen Age, pour prier Dieu dans la plus grande solitude, et un évêque, Aubert, y fonda une abbaye en l’honneur de l’archange saint Michel. « Le lieu qui porte, de nos jours, le nom de Mont-Saint-Michel était alors [au début du Moyen Age] appelé le Mont-Tombe, ce qui signifiait à la fois le « tombeau » et l’« élévation ». Cette butte a sans doute attiré des ermites, car des chrétiens, venus peut-être d’Irlande, s’étaient installés très tôt autour de la baie et près de Dol-de-Bretagne. » Avez-vous bien lu ? « Sans doute », « peut-être » : voilà la modestie d’un véritable historien ! Cet album réunit en effet deux signatures célèbres : celle de Lucien Bély, ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé d’histoire, docteur ès lettres, professeur d’histoire moderne, et celle de Pierre Joubert (1910–2002), talentueux dessinateur. Ils vous invitent à une visite du Mont, haut lieu de prière et redoutable forteresse. Le Mont, c’est une immense page d’histoire. C’est une épopée, qui a supposé la foi et la vaillance des hommes. Le Mont, c’est une silhouette altière, une architecture exceptionnelle, qui a traversé les siècles et nous éblouit encore.

Dès 10 ans

Lucien Bély, Une histoire du Mont-Saint-Michel, illustrations de Pierre Joubert, Ouest France, 2017, 48 p., 9,90 € — Réédition de l’ouvrage paru en 1980, réédité en 1985.

Alexandre Dumas, Les aventures de Lydéric, grand forestier de Flandre

« A l’âge de dix-huit ans, Lydéric, dont la double éducation physique et morale était accomplie, était, quoiqu’il n’eût point quitté sa forêt nourricière, un des hommes les plus forts et les plus savants, non seulement du royaume des Francs, mais encore du monde entier. » Le jeune homme, qui ne se sait pas encore héritier de Salwart, prince de Dijon, enterre le brave ermite qui l’a recueilli tout bébé et part courir l’aventure dans le vaste monde.
Nous sommes au mitan d’un VIIe siècle que l’imagination flamboyante d’Alexandre Dumas (père) peuple non seulement de rois (Dagobert compris), de reines (ô douce Ermengarde !), de guerriers, d’ermites et d’évêques, mais aussi d’êtres surnaturels, dragons, nains et rossignols doués de parole. Car non seulement Dumas s’inspire d’une légende du XVIe siècle, bien vivace en Flandre, mais il emprunte divers événements à d’autres légendes médiévales. En effet, ce Lydéric, premier comte de Flandre, décide un jour, entre autres aventures, de conquérir le trésor des Nibelungen et d’épouser « la princesse Chrimhilde, sœur de Gunther, roi des Higlands ». Et hop ! Nous voici transportés dans un monde légendaire voisin ! Et dans un autre encore, quand Lydéric et Gunther embarquent pour l’Islande, à la conquête du château de Ségard, gardé par une hydre géante. Il y réveille… Brunehilde ! Force, beauté et courage ne manquent pas à notre héros pour voler d’exploit en exploit. La légende veut aussi que Lydéric, après avoir vengé son père en tuant son meurtrier le géant Phinaert, ait fondé la ville de Lille.
Paru en feuilleton entre 1840 et 1842 dans Le Musée des familles, ce récit a connu un succès immédiat. Réédité ici avec les illustrations de l’époque, il entraîne le lecteur dans des contrées aussi étranges que mystérieuses. Il le réconciliera peut-être, au passage, avec les imparfaits du subjonctif, les conditionnels passés et les phrases à rallonge qui naissent comme par magie sous la plume de Dumas.
Pour finir, sachez que les deux géants Lydéric et Phinaert parcourent tous les ans la ville de Lille lors de la célèbre braderie. Mais gare à qui osera leur chercher noise !

Dès 12 ans

Alexandre Dumas, Les aventures de Lydéric, grand forestier de Flandre, Les Amis de la culture européenne, 2006, 144 p., 14,50 € — Texte intégral. Pour commander, c’est ici.

Catherine de Lasa, La très belle histoire de Notre-Dame de Paris

15 avril 2019. Le monde entier est suspendu, horrifié, devant des images de feu, de flammes, de gyrophares. Le ciel de Paris se teinte de rouge. Notre-Dame est en feu, la toiture n’est plus qu’un immense brasier. Soudain, la flèche s’écroule… Qui oubliera jamais ces images terrifiantes ?
Comme le rappelle Catherine de Lasa, l’île de la Cité a connu bien des événements depuis que sainte Geneviève a tenu bon face aux Huns. En 1163, est lancé un chantier de construction d’une rare audace. « Le premier architecte et évêque de Paris, Maurice de Sully, voit grand : la nouvelle cathédrale doit dépasser toutes les églises connues. » Grands moments de l’histoire, légendes, miracles, processions, fêtes carillonnées, c’est tout cela que raconte Catherine de Lasa, dans un superbe album aux riches illustrations. Sans doute l’émotion était-elle encore vive quand elle a revu le texte de cette seconde édition : c’est en avril et non en juin qu’a eu lieu l’incendie — vous corrigerez de vous-même (p 28). Espérons que nos jeunes lecteurs auront la chance de pouvoir à nouveau se recueillir, dans quelques années, ou quelques décennies, dans ce sublime vaisseau de pierre. Point de hâte, mais du bel ouvrage, c’est notre souhait le plus vif.

Dès 8 ans

Catherine de Lasa, La très belle histoire de Notre-Dame de Paris, illustrations de Claire Lhermey, Vincent Depardon (couverture), Emmanuel Beaudesson, Jean-Marie Michaud, Pierre Téqui éditeur, Coll. « Les Petits Pâtres », 2019, 34 p., 13 € — Deuxième édition. Imprimé en France

Anne-Florence Lemasson, Le Château fort, livre pop-up

« En France, les vestiges de châteaux forts sont innombrables. Leurs ruines désolées éveillent notre imagination, nous racontent des histoires de preux chevaliers, de nobles dames et de batailles épiques. » De la motte féodale aux châteaux de pierre, leur architecture a évolué au fil des siècles. Sais-tu ce que sont des douves, une herse, un pont dormant, des courtines ou encore des hourds ou des archères ? La double page centrale dévoile un superbe château fort en pop-up, et une page permet de découper de petits personnages à l’échelle. Idéal pour compléter ou préparer la visite du château de Guédelon !

Dès 8 ans

Anne-Florence Lemasson, Le Château fort, livre pop-up, illustrations de Dominique Ehrhard, Ouest-France, 2019, 12 p., 19 €
 

Brunetto Latini, Le Livre du trésor

Avez-vous déjà rencontré une lucrote ? C’est « une bête originaire de l’Inde qui, en rapidité, surpasse tous les autres animaux. Elle est grande comme un âne, a la croupe d’un cerf, la poitrine et les pattes du lion, une tête de cheval, les pieds d’un bœuf, une bouche fendue jusqu’aux oreilles, et les dents qui sont formées d’un seul os. » Elle surgit de la page dans une envolée de feuilles mortes, cette bien curieuse bestiole ! Notre lucrote partage ce bestiaire avec le loup, la licorne, le dragon et la fourmi – non pas une « fourmi de 18 mètres », mais la fourmi géante des Histoires d’Hérodote. Brunetto Latini (v. 1220 – 1294), un temps chancelier de Florence, a compilé mythes et sources diverses, et les a mêlés à sa propre expérience. Dans ces extraits de son Livre du Trésor, on savoure la façon dont les bestiaires médiévaux mettaient sur le même plan animaux fabuleux et animaux réels. Rébecca Dautremer s’est régalée à illustrer ces figures étranges et farfelues, insérant même un clin d’œil contemporain, avec cette cigogne nichant sur un poteau téléphonique. Une collection originale, toujours aussi surprenante que raffinée.

Dès 5 ans

Brunetto Latini, Le Livre du trésor, illustrations de Rébecca Dautremer, traduit du français médiéval par Gabriel Bianciotto, Grasset Jeunesse, coll. « Ma grande bibliothèque idéale », 2020, 32 p., 19,90 € — Imprimé en Espagne

Joseph Vernot, Sorcières, Fées et Princesses

« … et de quelques charmes tour à tour envoûtants et malfaisants », précise le sous-titre. Après les contes dont les héroïnes sont des « damoiselles en détresse », Vassilissa, Blanche-Neige et La Belle au bois dormant, voici les magiciennes, celle qui cherche à faire rôtir Hansel et Gretel, mais aussi Circé, Médée, Morgane et Mélusine… Brr, elles viennent de loin, et leur souvenir même fait frémir. Mais rassurez-vous, gentes lectrices, il y a aussi des « fées de salon », celles qui errent dans le « Songe d’une nuit d’été » ou notre adorable fée Clochette. Toutes, donc, héroïnes à part entière, figures féminines aux visages et aux talents variés, qui ne s’en laissent pas conter ! Que serait en effet la beauté d’une princesse sans la volonté et la vertu ? Mais autant savoir ce qui mijote dans certains chaudrons, car une demoiselle avertie en vaut deux !

Dès 12 ans

Joseph Vernot, Sorcières, Fées et Princesses, Editions Marmaille et Cie, 2018, 120 p., 20 €

Les petits explorateurs, Rome

« Chaque pierre du Forum porte les traces de douze siècles d’histoire et, tout près, tu peux gravir le Palatin, la plus connue des collines de Rome. » Parce que le Forum est le cœur de la Rome antique et que ses ruines sont fascinantes ! Et qui étaient les Vestales qui « deviennent prêtresses dès l’âge de 10 ans » ? En tant que gardiennes du feu sacré, elles ne pouvaient pas se marier mais bénéficiaient de places d’honneur aux spectacles. Ou préfères-tu admirer les mosaïques de Sainte-Marie-Majeure ? Après les visites, que dirais-tu d’une assiette de fettucine ? En attendant d’être servi, tu pourras jouer aux nombreux quizz, pêle-mêle et autres devinettes proposés dans ce petit guide Michelin consacré à Rome.

Dès 8 ans

Les petits explorateurs, Rome, Editions Quelle histoire, Guide Michelin, 2016, 88 p., 9,90 € — Imprimé en France

Déborah Pinto, Les chevaliers

« Le valeureux chevalier Tristan est de retour au château du seigneur Hubert. Baisse le pont-levis pour le faire entrer ! » Après le tournoi, le seigneur va, de son épée, adouber l’écuyer de Tristan. Bref, nous voilà au cœur de la vie des chevaliers – dans un livre à tirettes et à fenêtres : quoi de mieux pour apprendre que de solliciter ses petites mains, surtout quand l’album est cartonné ?

Dès 2 ans

Déborah Pinto, Les chevaliers, Nathan, coll. « Mes Kididoc à jouer », 2019, 10 p., 11,95 €

Claude Merle, Perceval

Claude Merle, Perceval

« A seize ans [Perceval] est déjà un chasseur accompli. Selon son habitue, il s’est vêtu et équipé dans l’obscurité. Puis, laissant sa mère et ses serviteurs endormis, il a pris sa course vers l’ouest, armé d »’un épieu, de deux javelots et d’une hache au fer tranchant.
Il aime ce pays, ses étendues sauvages de collines, de forêts, de taillis et de marais. Il en connaît chaque sentier, chaque rocher, chaque torrent. » Et pourtant, cette forêt, il va bientôt la quitter, comme il quittera sa mère, pour suivre son rêve : rencontrer le roi Arthur et devenir chevalier. Une quête dont il n’aurait jamais soupçonné les difficultés… Une belle initiation à la littérature médiévale.

Dès 9 ans

Claude Merle, Perceval, Bayard Jeunesse, coll. « Héros de légende », 2015, 169 p., 6,50 €

Flore Vesco, L’Estrange Malaventure de Mirella

Mirella, « des pieds à la tête de guenilles accoutrée », est porteuse d’eau dans la bonne ville d’Hamelin, sur les rives de la Weser. A une date incertaine de la fin du XIIIe siècle, sous le règne de Rodolphe de Habsbourg. Primesautière, insolente, généreuse, la jouvencelle de 15 ans ne s’en laisse pas conter, ni par les échevins, ni par les mendiants, ni par tous ceux qui se situent entre les deux. Hamelin ? N’est-ce pas cette ville envahie par les rats, dont un joueur de flûte, grugé par les autorités, emporte les enfants ? Et si les frères Grimm n’avaient pas dit toute la vérité ? Ces rats, au Moyen Age, quel mal annoncent-ils de ville en ville ? La peste, la peste, la terrifique peste… Mirella affronte moult périls : De qui est-elle réellement la fille ? Pourquoi la dit-on sorcière ? Qui est cet intrigant homme en noir ? N’est-ce pas bien dangereux de s’en éprendre ? Quant à danser avec lui… Est-ce valse ou danse macabre ? Mirella, ce sont aussi des chansons naïves – Mi, Ré, La – pour la plus grande joie des petits enfants et le réconfort de ses amis les lépreux.
Flore Vesco réinvente le conte – et joue des mots avec son talent habituel. Bien malin celui qui, sans s’aider du lexique en fin de volume, saura discerner d’un coup d’œil les termes empruntés au Moyen-Age et les créations farfelues et oh combien ! réjouissantes de Flore Vesco.

Adolescents

Flore Vesco, L’Estrange Malaventure de Mirella, L’Ecole des Loisirs, coll. « Médium + », 2019, 215 p., 15,50 € — Imprimé en France

Anne Ferrier, Arthur, l’enfance d’un roi

Anne Ferrier, Arthur, l’enfance d’un roi

« Arthur n’était qu’un bébé quand mon ami, l’enchanteur Merlin, l’emmena dans la forêt. Il devait y rencontrer un grand seigneur de notre royaume. Il lui confia l’enfant.
— Elève-le comme ton propre fils, dit-il au seigneur. Et toi, Lug, fidèle oiseau, veille sur lui. Un grand destin l’attend. » C’est donc Lug, « le plus malin des corbeaux de Bretagne », qui va nous raconter les enfances d’Arthur : ses premiers jeux, le fameux tournoi lors duquel il arrache l’épée Excalibur du rocher, ses premiers exploits, la rencontre avec Guenièvre et la première assemblée de la Table ronde… Le corbeau Lug tient très bien son rôle, un œil toujours fixé sur son protégé et partageant ses aventures avec Merlin, Keu ou Léodagan. Christelle Le Guen a opté pour des illustrations très dynamiques, aux couleurs chaleureuses – et termine par une parodie réjouissante de la Tapisserie de Bayeux.

Dès 5 ans

Anne Ferrier, Arthur, l’enfance d’un roi, illustrations de Christelle Le Guen, Ed Locus Solus, 2019, 32 p., 11,90 € — Imprimé en France – Cet album avait été édité en 2011 aux éditions Millefeuille.
Chez le même éditeur :
Anne Ferrier, Merlin, l’enfance d’un enchanteur, illustrations de Christelle Le Guen, Ed Locus Solus, 2019, 32 p., 11,90 €
Anne Ferrier, Morgane, l’enfance d’une magicienne, illustrations de Christelle Le Guen, Ed Locus Solus, 2019, 32 p., 11,90 €

Robin des Bois

Robin des Bois

« — Et maintenant, suis-moi, Robin des Bois ! Donne-moi ton épée et rends-toi si tu veux espérer voir la fin du jour !
— Pour ce qui est de mon épée, c’est avec grand plaisir que je te la donne… mais pas comme tu l’attends !
Vif comme l’éclair, Robin tira son épée et frappa Guy de Gisborne, qui s’écroula inanimé devant l’autel. Entouré de tous ses hommes, il chargea les soldats du chevalier jusqu’à ce qu’ils sortent de la chapelle. »
Alors qu’il s’apprêtait à épouser la belle Marianne, Robert Fitz-Ooth, comte de Locksley, baron de Huntingdon, se voit contraint de quitter le château pour s’élancer dans la forêt de Sherwood. Robin des Bois n’aura de cesse de lutter contre l’injustice, en attendant le retour du roi Richard. Cela nous vaut un roman d’aventures, avec duels, chevauchées, enlèvements, prisons, guet-apens, tournois…
Venue du Moyen Age anglais, la geste de Robin a été popularisée dans la littérature enfantine par le roman Ivanhoé de Walter Scott et par le Robin des bois, le prince des voleurs d’Alexandre Dumas. Cette version reprend les divers éléments légendaires pour en donner un récit dynamique, facile à lire, à tout petit prix.

Dès 8 ans

Robin des Bois, illustrations de Benjamin Strickler, Lito, 2016, 136 p., 3,90 € — Imprimé dans l’Union européenne.