Thème

Aventures et découvertes

Lieutenant Y, Les aventures de Bonhomme en Afrique

« Quel voyage étrange que celui de Bonhomme ! Partir 4 mois en Afrique sans sa famille pour travailler, on n’a pas idée ! […] Quel métier étonnant Bonhomme fait-il donc ? Il est militaire… Et les militaires partent quelquefois longtemps dans des pays lointains, où la France a besoin d’eux. »
Cette fois-ci, Bonhomme part dans le désert. Mais comment vit-on dans le désert ? Il faut trouver des astuces pour boire de l’eau fraîche (ou pas trop chaude), pour faire d’une boîte de ration un festin, ou pour dormir à l’abri des « malfaisants »… Ce récit tout en finesse raconte, non sans humour, la vie quotidienne des militaires en mission avec des mots simples et sans rien d’anxiogène. Soldats et officiers empruntent leurs silhouettes à un bestiaire des plus variés, ce qui crée une distanciation salutaire. Saint-Cyriens et pères de famille nombreuse, Lieutenant Y et Lieutenant Z forment un binôme dans la vie réelle : l’un écrit, l’autre dessine. Quelle riche idée d’avoir mis leurs talents en commun !

Dès 5 ans

Lieutenant Y, Les aventures de Bonhomme en Afrique, illustrations de Lieutenant Z, Pierre Téqui éditeur, 2020, 32 p., 13,50 € — Imprimé en France

Hélène Lasserre, Quand Mamie était petite… comme moi

Les carambars qui collent et les collants qui grattent, les 45 tours et les leçons de morale, les collections de porte-clés et les scoubidous, la « vraie » boîte de Banania et la queue du tigre Esso, cela vous dit quelque chose ? Non ? Alors, vous n’étiez pas « petite… comme moi » en 1964. Enfin un album qui permet de partager ses souvenirs d’enfance avec ses petits-enfants ! Les textes, espiègles et joyeux, plongent dans l’atmosphère des Trente Glorieuses, des écoles « de filles » et « de garçons », des voyages en 403 sur la nationale 7 et des Monsieur Hulot en Solex. Gilles Bonotaux a retrouvé les objets iconiques de notre enfance – oui, ça y est, vous savez enfin que Mme la Chouette avait 9 ans en 1964 ! Poupées en costumes traditionnels au-dessus du lit, bandeau dans les cheveux, soirées diapos, – jusqu’aux blagues téléphoniques visant – pan, pan ! – Monsieur Lapin, tout y est plus vrai que vrai. C’est léger comme l’enfance, cette enfance que les adultes laissaient le plus souvent à l’écart des tumultes et des misères du monde. Un régal !

Dès 6 ans

Hélène Lasserre, Quand Mamie était petite… comme moi, illustrations de Gilles Bonotaux, Saltimbanque Editions, 2020, 64 p., 13,90 € — Imprimé en Italie

Amy Visram, Mes quatre saisons

Allez, on saute l’hiver et le printemps à pieds joints ! « Les vacances sont enfin là ! En plein cœur de l’été, nous sommes réveillés par le soleil qui s’infiltre dans la chambre et nous nous couchons alors qu’il est encore haut dans le ciel. » On peut se régaler de grillades, de jus de fruits frais et même de glaces. Quelle chance d’aller camper au bord du lac ! Dawid Ryski illustre avec une gaieté tranquille la vie d’une famille, au rythme des saisons, de la ville à la campagne, des joies de la neige à celles du jardinage ou de la chasse aux champignons. Et chic alors, l’album est imprimé sur un beau papier mat.

Dès 4 ans

Amy Visram, Mes quatre saisons, illustrations de Dawid Ryski, Kimane, 2020, 32 p., 12,95 € — Traduit de l’allemand. Imprimé en Pologne

Sophie de Mullenheim, La Lettre anonyme

« Depuis que nous sommes entrés dans le groupe Enquêtes et Filatures, ma vie a changé. Je pense agent secret. Je vis agent secret. Je mange agent secret. Je rêve agent secret. Je SUIS un agent secret ! Je ne m’ennuie plus jamais. »
Moi, c’est Octave, 12 ans, élève de 5e au collège Paul Claudel. Avec ma sœur, Plume, Mathis et Eliott, je sens que nous allons bien rire dans nos enquêtes ! Yvain, notre professeur, est un ancien agent secret, et un peu détective aussi. Aujourd’hui, nous avons retrouvé les morceaux d’une lettre déchirée. En mettant à l’œuvre nos talents d’enquêteurs, nous avons réussi à lire le message. Mais qui en est donc l’auteur ? Ouvrons l’œil ! Il semblerait qu’un élève se fasse harceler, mais par qui ?
Gageons que Sophie de Mullenheim a su s’inspirer des aventures quotidiennes de ses six enfants et de ses rencontres avec des collégiens pour concocter ce petit roman d’aventure, dans la lignée du Club des 5 et du Clan des 7. Idéal pour les vacances.

Dès 10 ans

Sophie de Mullenheim, La Lettre anonyme, illustrations de Marine Gosselin, Mame, coll. « Ouvrez l’œil », 2020, 176 p., 10 € — Imprimé en Italie

Arthur Conan Doyle, Flamme d’Argent, dans le mensuel TétrasLire

Un cheval ne disparaît pas aussi facilement qu’un bijou ! C’est pourtant ce qui se passe avec Flamme d’argent, le cheval aux multiples victoires, le grand favori des parieurs, qui se volatilise sans laisser de trace à quelques jours de la fameuse Coupe du Wessex. Heureusement pour son propriétaire, Sherlock Holmes est intrigué par l’affaire… Cette nouvelle signée Arthur Conan Doyle ouvre le 53e numéro du magazine TétrasLire, « le magazine des 8–12 ans qui donne des ailes à la lecture ». Qui aura un esprit de déduction aussi affûté que celui du célébrissime détective ? Les jeux et activités proposés ont bien sûr pour thème enquête policière et vieille Angleterre – miam, il y a même une recette de scones ! Et pour finir, quelques « idioties » légendaires de Nasr Eddin, aux étonnants raisonnements.

Dès 8 ans

Magazine TétrasLire, juin 2020, 96 p. Prix au numéro : 9,50 € — Abonnements et autres numéros sur le site de TétrasLire.

Fatti Burke, Cherche Tom dans les couloirs du temps – Rome antique

Mamie Béa, d’un coup de monnaie magique, a expédié Tom et son chat Sésame dans la Rome antique. Du Forum au port d’Ostie, du cirque Maxime au Colisée, d’un bain aux thermes à un banquet, Tom enchaîne les aventures. Les doubles pages fourmillent de détails, des dizaines de personnages vaquent à des occupations les plus diverses. Au milieu de cette agitation, il faut de bons yeux et de l’astuce pour retrouver Tom et répondre aux défis proposés ! Chaque thématique permet d’en savoir plus sur le mode de vie des Romains. Les solutions sont données en fin d’ouvrage, ainsi qu’un glossaire bien utile. Avec le soutien du British Museum.

Dès 7 ans

Fatti Burke, Cherche Tom dans les couloirs du temps – Rome antique, Kimane, 2020, 42 p., 13,95 € — Traduit et adapté de l’anglais. Imprimé en Chine.

Jules Verne, Michel Strogoff

« Le czar le regarda encore une fois bien en face, les yeux dans les yeux. Puis, d’une voix brève :
“Ton nom ? demanda-t-il.
— Michel Strogoff, Sire.
— Ton grade ?
— Capitaine au corps des courriers du czar.
— Tu connais la Sibérie ?
— Je suis Sibérien. […]
— Voici une lettre, dit-il, que je te charge, toi, Michel Strogoff, de remettre en main propre au grand-duc et à nul autre que lui.
— Je la remettrai, Sire. »
Qui osera dire qu’il y a des longueurs chez Jules Verne, après la lecture d’un dialogue aussi énergique ? Quand il s’agit de longueurs, elles se mesurent ici en verstes qui, converties, donnent, de Moscou à Irkoutsk, 5 523 kilomètres. Orages, marais, incendies, chavirages, loups féroces, trahisons… Que de péripéties pour échapper aux hordes tartares menées par Ivan Ogareff et tenir sa promesse ! En compagnie de la belle Nadia, de l’Anglais Harry Blount et du Français Alcide Jolivet, journalistes en quête de sensationnel, le lecteur suivra Michel Strogoff jusqu’aux rivages du lac Baïkal. Certes, le format de poche ne rend pas justice aux célèbres illustrations de la collection Hetzel, mais cette édition propose le texte intégral pour un prix modique.

Adolescents

Jules Verne, Michel Strogoff, illustrations originales de l’édition Hetzel, Le Livre de Poche, 2018, 446 p., 6,60 € — Texte intégral- Imprimé en France.

Virgile Dureuil et Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie

« Je me suis installé pendant six mois dans une cabane sibérienne sur les rives du lac Baïkal, à la pointe du cap des Cèdres du Nord. Un village à cent vingt kilomètres, pas de voisins, pas de route d’accès, parfois, une visite. L’hiver, des températures de – 30 °C, l’été, des ours sur les berges. Bref, le paradis. » Du journal d’ermitage rédigé par Sylvain Tesson (Gallimard, 2011), Virgile Dureuil a tiré une bande dessinée, un premier livre qui augure bien de son talent. D’une part, il a tiré la quintessence du récit de Tesson, la moelle de la moelle ; d’autre part, il a mis en images les ambiances, les couleurs, les paysages si particuliers du lac Baïkal : bleus de la glace, blancs de la neige, bruns des forêts et des cabanes… Un voyage intérieur aussi, au bout d’un monde où le thé, les ombles, les blinis et la vodka n’ont pas le même goût qu’ailleurs. Puisse-t-il rester, sur les rives de cet immense lac, quelques criques sauvages et inaccessibles au tourisme mondialisé.

Adolescents

Virgile Dureuil et Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie, Casterman, 2019, 112 p., 18 € — Imprimé en France

Benjamin Lesage, Les étoiles qui meurent dans le ciel

« “- Je souhaite démontrer que si nous pouvions parvenir à compenser le mouvement astronomique, nous pourrions enrayer la fuite du temps.
— Mmm, je vois… je vois. En gros, tu veux, hum…
— Arrêter le temps.”
Monsieur Troupon éclate d’un rire tonitruant. […]
“Et comment comptes-tu y arriver ?”
En commençant son exposé, l’attitude de Jacques change. Il prend de l’assurance, se redresse, et braque ses yeux sur son hôte. »
Le but secret de Jacques ? Essayer de comprendre pourquoi les étoiles meurent dans le ciel. Tout enfant, il en a vu une s’éteindre et la question le taraude. Aidé par Monsieur Troupon, un milliardaire philanthrope, et par Tom, un ingénieur fou, il entreprend, en Sibérie, la construction d’une incroyable machine. Face à eux, les obstacles sont nombreux. Cela donne l’occasion de voir à l’oeuvre des militants écologistes soutenus par les médias. Et permet aussi de réfléchir à la place de l’éthique dans la recherche scientifique. Des thèmes très sérieux pour ce roman d’anticipation inspiré par Jules Verne. Un roman où la poésie trouve toute sa place : une fois embarqués dans cette curieuse machine, les six voyageurs sauront-ils partager leur expérience ? Qu’est-ce exactement que le temps qui passe ? Rédigé au présent, dans une langue précise et dynamique, le roman se lit d’une traite – vous ne verrez pas le temps passer !

Dès 10 ans

Benjamin Lesage, Les étoiles qui meurent dans le ciel, Editions Courtes et Longues, 2020, 224 p., 16,90 € — Imprimé en France

Derib et Job, Yakari et Grand Aigle

Ah, ce petit Sioux espiègle et décidé sous la coiffe de plumes empruntée à un grand guerrier ! Ce tout premier tome des aventures de Yakari nous conduit, sur les ailes de Grand Aigle ou au galop de Petit Tonnerre, dans les plaines et les forêts du Grand Ouest américain. Quel jeune papoose n’a pas tremblé devant l’ours, le feu de forêt, ou la cavalcade des mustangs ? Une bande dessinée idéale en fin de CP : peu de texte, un contexte explicite et des dessins dynamiques. Nous en avons déniché un exemplaire de 1977 chez un bouquiniste parisien, ravi de pouvoir de nouveau proposer ses trésors.

Dès 6 ans

Derib et Job, Yakari et Grand Aigle, Le Lombard, 2012, 48 p., 10,95 € — Nombreuses rééditions depuis 1973, Casterman

Cary Fagan, La petite chaise bleue

« Sacha adorait sa chaise. Elle était petite. Elle était bleue. Il s’y asseyait pour prendre son petit déjeuner, mais aussi son déjeuner et son dîner. » Mais voilà que Sacha a grandi. Un beau jour (j’espère avec la permission de Sacha !), elle posa la petite chaise « devant la maison, près de la boîte aux lettres. Elle y accrocha une pancarte : petite chaise à donner ». Et voilà notre petite chaise bleue partie pour faire le bonheur d’une foule de gens, dans un long voyage tout autour du monde – jusqu’à revenir chez Sacha, qui la répare pour l’offrir à sa fille Apolline. Un album tendre et surprenant, qui nous en apprend de belles sur la vie des objets que nous délaissons ou dont nous devons nous séparer, parfois à contre cœur. Alors, autant les donner en rêvant à leur nouveau destin !

Dès 4 ans

Cary Fagan, La petite chaise bleue, illustrations de Madeline Kloepper, Kimane, 2019, 40 p., 12,95 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Thomas Lavachery, Tor et le cow-boy

« — T’as vu ça, Einar ! dit papa. Buffalo Bill est à Borgisvik.
— Faudrait peut-être lui dire qu’il n’y a pas de bisons dans nos parages.
— Et pas d’Indiens non plus. »
Après quelques joutes oratoires entre le père, l’oncle d’Einar et le « cow-boy », place à la bagarre, puis aux explications autour de boissons d’hommes. On est comme ça, dans le Grand Nord, on fonce d’abord, on picole ensuite ! Mais foin de bisons ou d’Indiens. Ce que Bob Koufax vient chasser, ce n’est rien moins que le troll. Oui, « le troll géant des forêts profondes » ! Comment le jeune Einar va-t-il s’y prendre pour prévenir son ami Borigh-Borigh, « un troll authentique, haut comme une maison » ? D’autant plus que Gulliver, le chien de Bob, a un flair redoutable et que le troll – je ne vous fais pas de dessin – ça pue, ça pue… Ce nouvel épisode des aventures de Tor est aussi désopilant que les précédents, les péripéties s’enchaînent, pas toujours dans une extrême finesse mais dans un français riche en sons, en couleurs et en… parfums !

Dès 7 ans

Thomas Lavachery, Tor et le cow-boy, L’Ecole des Loisirs, coll. « Mouche », 2020, 88 p., 8 €