Thème

Artistes en herbe

Sabine de La Moissonnière, Eduquer par le cinéma – Films récents (t. 2)

Après le succès d’un premier tome centré sur les grands classiques à voir dès 10 ans, Sabine de La Moissonnière récidive avec un second tome, consacré aux films plus récents, des années 1990 à aujourd’hui, pour des spectateurs plus âgés, grands collégiens et lycéens.
De « Arrête-moi si tu peux » au « Sens de la fête », ce ne sont pas moins de 29 films qui sont analysés en profondeur. Il faut y ajouter plus de 120 notices critiques portant sur des films tels que « Grand Budapest Hotel », « Into the Wild » ou « Mustang ». Animation, action, aventure, comédie, drame, fantastique, guerre, historique, policier, western, film d’auteur… tous les grands genres cinématographiques sont représentés, ce qui en fait une filmothèque « idéale », qui assume clairement son regard chrétien.
On trouvera donc en début d’ouvrage, une méthodologie d’éducation au cinéma et par le cinéma, puis une présentation des films par grands thèmes : adolescence et famille, construction personnelle et relation à Dieu, amour et affectivité, société, dépassement de soi, travail et réjouissances…
Analyses détaillées, questionnaires pédagogiques, glossaire des notions cinématographiques et termes d’analyse filmique, sans oublier un index pour trouver ces films en ligne et en DVD, en font un outil très bien conçu à l’usage des éducateurs, des parents et des enseignants. L’ouvrage est préfacé par Mgr Pascal Ide, docteur en philosophie et en théologie, critique de cinéma. Les esquimos, les caramels et les pop-corn ne sont pas fournis.

Adultes, parents, animateurs de ciné-clubs, enseignants

Sabine de La Moissonnière, Eduquer par le cinéma – films récents (t. 2), Le Centurion, 2020, 320 p., 19,90 € — Imprimé en Europe

Antoine Guillopé, Pleine Brume

« J’ouvre les yeux.
Je sens le froid du matin sur mon corps. L’air est humide.
A travers la brume, je reconnais cette forêt.
Petite, j’ai beaucoup joué ici. […]
Mais je dois me lever, sortir de ma cachette et avancer. »
Je ne vous dirai pas qui est la narratrice de ce bref récit et, à la limite, ce n’est pas ce qui importe le plus. Le thème de cet album au format généreux, c’est bien la brume, et sa représentation : par de savantes superpositions de calques et de papiers découpés, par des jeux de noirs, de blancs et de gris, Antoine Guillopé invite chacun à entrer dans un monde magique et secret. Ombres, transparences, flous… nous avançons à pas de loup dans la forêt, et tant pis s’il y fait un peu frisquet, chacun n’a plus qu’une seule envie, tenir l’affut pour tenter de voir passer la silhouette de quelque animal sauvage. Une réalisation poétique menée de main de maître !

Dès 5 ans, pour tous

Antoine Guillopé, Pleine Brume, Gautier Languereau, 2021, 40 p., 19,95 € — Imprimé en Chine

Frédéric Clément, Isidore Dé, Couturier des fées

A la veille de laisser les clés de son atelier à Mademoiselle Cybèle, Isidore Dé — « Haute Couture, Robes et Fantaisies pour Fées » – revient sur ses plus célèbres créations. En effet, à la demande du petit peuple des fées, il a imaginé les plus belles parures de Mélusine, Viviane, Titania, Morgane, Lorelei et la fée des Lilas. Quelle clientèle de choix ! Esquisses, croquis, étoffes, tulle, perles et velours, plumes et fils de soie… jusqu’à l’essayage final : sous le pinceau et la plume de Frédéric Clément, l’atelier devient un univers féérique ! L’artiste joue avec brio des codes de la haute couture comme de ceux de la mythologie et de la littérature. Trouverez-vous aussi sur la plage un coquillage contenant un dé et de minuscules ciseaux magiques ? Ou, gravées sur une feuille de lierre, les mensurations de Titania ? Saurez-vous plier sa robe dans une coque de noix ? A vos aiguilles, jolies demoiselles ! Le généreux format carré 30 x 30 cm fera de cet album un merveilleux cadeau de Noël !

Dès 8 ans

Frédéric Clément, Isidore Dé, Couturier des fées, Saltimbanque Editions, 2021, 56 p., 17,50 € — Imprimé en Pologne

 

David Litchfield, L’Ours qui jouait du piano

David Litchfield, L’Ours qui jouait du piano

Un conseil de Mathilde H — L’Ours découvre quelque chose d’étrange dans sa forêt… C’est grand, marron, il y a des touches qui produisent des sons étranges quand on les enfonce. Au fil des saisons, l’Ours apprivoise le curieux objet et à force de travail et de passion, régale toute la forêt avec des sons enchanteurs. Mais un jour, son talent est révélé, et Ours va pouvoir voyager jusqu’à la ville pour y donner des concerts, et se couvrir de succès sans aucun doute. Quelle belle aventure en perspective ! Mais pour cela, il va lui falloir quitter sa chère forêt. Deviendra-t-il un grand pianiste ? Va-t-il oublier ses amis ?
Les illustrations simples réussissent à être riches de détails en même temps, et se succèdent à un rythme presque… musical ? L’histoire est simple, mais l’émouvante morale qui éclate après un léger rebondissement ravira les plus jeunes comme leurs parents. Elle peut conduire à de belles réflexions sur l’importance de l’amitié, et des choses simples en opposition au monde moderne de paillettes éphémères.

De 3 à 5 ans

David Litchfield, L’Ours qui jouait du piano, Belin Jeunesse, 2016, 36 p., 12, 90€ — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Phoebe Wahl, La Maison bleue

Phoebe Wahl, La Maison bleue

« Léo et son papa vivaient dans une vieille maison bleue à côté d’un grand sapin. » Une bien vieille maison, « mais ils étaient chez eux ». Autour de la maison bleue, les immeubles neufs poussaient comme des champignons… Et puis un jour, Papa expliqua que le propriétaire avait vendu, que la maison allait être démolie, qu’ils devaient déménager… Une fois la colère de Léo calmée, une fois le chagrin ravalé, père et fils prirent leurs pinceaux et laissèrent leur imagination courir sur les murs — « et ils furent un peu moins tristes ». Après ces adieux à la vieille maison, restait à apprivoiser leur nouveau logis. La magie des couleurs allait-elle aussi opérer ? Celles de Phoebe Wahl, expressives et dynamiques, nous font parcourir avec Léo ce moment difficile entre tous, quand il s’agit de quitter une maison que l’on aime pour aller habiter un ailleurs inconnu. L’auteur fit vivre ce duo père-fils dans un joyeux capharnaüm, on les devine plutôt fauchés mais plein de ressources et mille détails de la leur vie quotidienne nous permettent de mieux les connaître. Et s’ils étaient nos voisins ?

Dès 5 ans

Phoebe Wahl, La Maison bleue, Editions des Eléphants, 2021, 40 p., 14 € — Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Ilona Meyer et Caroline Drouault– Imprimé au Portugal

Miguel Tanco, Toutes petites histoires

De toutes petites histoires, en effet, et sans autre texte qu’un titre… pour deux ! Dans un généreux format à l’italienne, Miguel Tanco propose, face à face, des planches sans paroles qui se répondent sur le même thème – donné par le double titre. « C’est magique ! » : magique de sortir un lapin de son chapeau – enfin, pas vraiment puisque l’artiste pose juste le lapin sur l’épaule de l’apprenti magicien. Magique aussi, d’emporter avec soi un ruban d’herbes hautes après avoir traversé le pré, une bien jolie trouvaille poétique parmi celles qui traversent cet album. Parfois, le sens de l’histoire saute aux yeux, parfois il faut scruter la suite des planches pour trouver ce qui a changé. Un trésor de délicatesse et d’humour sur le thème de l’enfance, un humour léger, de la fantaisie en bouquet, un émerveillement renouvelé à chaque page… sans oublier un bon zeste d’impertinence. A raconter, à se raconter, ou à se laisser raconter, car les petits sauront faire éclore bien des rêves à la lecture de cet album original.

Dès 4 ans

Miguel Tanco, Toutes petites histoires, textes français de Christian Demilly, Grasset Jeunesse, 2021, 80 p., 15,90 € — Imprimé en Espagne

Mes premières comptines

D’« une souris verte » à « je te tiens par la barbichette » en passant par « promenons-nous dans les bois » et « petit escargots », voilà quinze célèbres comptines qui vont ravir les petites oreilles. Les dessins, simples et colorés, sont de bon goût. Un petit format cousu sur le côté, un matériau vanté comme « indestructible, indéchirable, qui peut aller dans l’eau, se tordre et retrouver sa forme »… Idéal pour se familiariser avec la « lecture ».

Tout-petits

Mes premières comptines, Les Deux Coqs d’or, 2021, 32 p., 5,99 € — Imprimé en Pologne

Bernard Villiot, Le souffleur de rêves

« “Quel rêve aimerais-tu faire ?” demanda-t-il.
Giacomo n’avait pas rêvé depuis si longtemps qu’il ne sut répondre.
“Un rêve bleu, comme le fond de tes yeux ?”
L’enfant acquiesça sans savoir ce que cela signifiait.
Zorzi choisit un pain de verre couleur outremer et le déposa dans e foyer ardent. Quand il eut l’aspect d’une pâte rougeoyante, il y planta sa sarbacane et souffla. Une bulle perla, aussi fragile et insaisissable qu’un rêve d’enfant. »
Si vous avez eu la chance de voir des souffleurs de verre, et la plus grande chance d’avoir pu les voir à Murano, vous ne serez pas surpris qu’on puisse ainsi « souffler des rêves extraordinaires ». Ce conte laisse une grande part à l’imaginaire et à la poésie ; les illustrations de Thibault Prugne, parfois douces mais parfois aussi violentes, accompagnent ce texte original et font découvrir quelques secrets que peu de gens savent voir à Venise.

Dès 5 ans

Bernard Villiot, Le souffleur de rêves, illustrations de Thibault Prugne, Gautier-Languereau, 2020, 40 p, 9,95 € — Imprimé en Europe

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers

Des « Feuilles mortes » de Pernette Chaponnière qui annonce si bien l’automne, à l’« Hymne au soleil » d’Edmond Rostand, cette anthologie de poésies françaises rassemble quelques pépites de notre patrimoine culturel. Charmantes comptines pour les plus jeunes, fables optimistes pour les 7/9 ans, tirades et alexandrins sonnants pour les plus grands – autant de textes que chacun découvrira avec un bonheur sans pareil.
Comme le précise dans sa préface Anne Coffinier, à qui l’on doit cette sélection, « pas d’académisme, mais la défense et l’illustration joyeuses d’un art aux mille vocations, dans une langue simple et restituée dans son originalité la plus pure ». Les illustrations, gaies et lumineuses, ouvrent toutes grandes les portes du rêve. A apprendre avec le cœur !

Dès 5 ans et pour toute la famille

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers, illustrations d’A. Bureau, de V. Cognet, C. Cordasco, E. Lapeyre et V. Liang, Editions Critérion et la Fondation pour l’école, 2018, 96 p., 16,90 €. Imprimé en Slovénie.

Carl Norac, La Harpe de la Reine ou le journal intime de Marie-Antoinette

« Je vais vous raconter des secrets que mes amies, princesse de Lamballe ou duchesse de Polignac, ne devinent même pas. Mais pas d’impatience, jouons, je veux écouter votre musique. Notre musique.
Il suffit qu’une harpe soit dans la pièce pour qu’un sourire me vienne et que je devienne, plus que Reine ou femme, une rêveuse de jour. »
Avec ce « journal intime de Marie-Antoinette », Carl Norac nous offre une merveilleuse plongée dans la vie musicale de Versailles au XVIIIe siècle. Marie-Antoinette se confie à sa chère harpe : savez-vous qu’elle en jouait plus d’une heure par jour avec son professeur ? Carl Norac raconte avec beaucoup de pudeur la vie de cette jeune reine si mal aimée, qui reprend vie avec la voix de la comédienne Marina Hands. Après l’évocation des heures heureuses, l’album se termine par un cauchemar où le « carrosse devient un chariot » — non, en fait, il se termine par le rondo du Concerto pour harpe et orchestre n°5 de Jean-Baptiste Krumpholtz, magnifiquement interprété par le harpiste Xavier de Maistre et les Arts Florissants de William Christie – excusez du peu ! L’album grand format est illustré par Eric Puybaret, qui n’a pas son pareil pour peindre les rêves, fussent-ils ceux d’une reine de France. Plaisir des yeux, plaisirs des oreilles – à déguster avec quelques jolis macarons !

Dès 8 ans

Carl Norac, La Harpe de la Reine ou le journal intime de Marie-Antoinette, illustrations d’Eric Puybaret. Un livre CD raconté par Marina Hands, avec Xavier de Maistre à la harpe et Les Arts Florissants de William Christie, Editions Little Village et Harmonia Mundi, 2019, 60 p., 22 € — Imprimé en Europe.

Hors-série TétrasLire n°1 – Été 2021

Ceux qui ont toujours le nez sur la pelouse, à regarder courir les petites bêtes, satisferont leur curiosité en découvrant le monde fascinant du ver à soie avec un texte de Jean-Henri Fabre. Pour mener l’enquête, direction Venise, avec Un vol de diamant de Georges Rouvray. La nuit, tous les chats sont gris ? Pas forcément, si vous aimez avoir peur, La Tour des hiboux, de Gustave Aimard, se passe dans une Espagne infestée de brigands – mais que cela ne vous empêche pas de regarder les étoiles ! Quant au Moulin qui ne tourne plus de René Bazin, il évoque un monde rural disparu, mais pour ce qui est des caractères, ont-ils vraiment beaucoup changé ?
Chacun de ces textes ouvrent sur des jeux, des recettes, de bricolages… Autant d’occasion de rire, de grandir et de créer, une brassée généreuse d’activités pour prendre conscience de ses talents ! Jour après jour, votre enfant complètera le journal de bord d’un été fabuleux. Invitations à l’écriture créative, jeux d’observation, tests et quiz, bricolages et recettes font pétiller la créativité
Un cahier de vacances pas comme les autres pour donner à la lecture le bon goût de l’été, et faire pousser des graines de lecteurs sous le soleil des vacances. 100% conçu & fabriqué en France.

Dès 10 ans

Hors-série TétrasLire n°1 – Été 2021, illustrations d’Elly MacKay, de Nicolas Duffaut, Quitterie de Castelbajac, Sylvie Pélissier et Cyril Farudja, 2021, 128 p., 15 € — à commander ici.

Magazine Mythologie(s), Le dragon, créature de nos croyances

De l’hydre de Lerne à Fafnir, de la tarasque à la vouivre, le dragon occupe une place de choix dans nos imaginaires. Qu’il ressemble à un crocodile ailé ou à un serpent géant, qu’il préfère vivre dans une caverne ou au-dessus des nuages, le dragon appelle le héros qui saura le vaincre. Hercule, Sigurd mais aussi saint Georges, sainte Marguerite ou saint Efflam y gagneront leur célébrité. Ce magazine s’intéresse aussi aux dragons asiatiques, chinois, coréens, vietnamiens ou japonais. Des textes accessibles et des illustrations de qualité, bref, de quoi passer un bon moment lors d’un voyage ou dans son transat.

Adolescents

Magazine Mythologie(s), Les Essentiels n°10, Le dragon, créature de nos croyances, mai-juin-juillet 2021, 132 p., 12,90 € — en kiosque. Imprimé en Espagne