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Artistes en herbe

Nancy Guilbert, Le secret des fleurs de neige

« Ce matin-là, dans le vent frais, de minuscules perles de neige ont tourbillonné. Puis se sont déposées, légères, sur les branches nues des arbres de la forêt en une couche brillante, immaculée. » Pour la plus grande joie d’une fillette en manteau rouge. Mais comment les retenir, ces doux flocons ? Comment les admirer ? En allant retrouver, dans son laboratoire, son vieil ami Wilson Bentley (1865–1931). En effet, cet Américain a trouvé le moyen, dès 1885, de photographier les cristaux de neige en associant microscope et chambre photographique. Ce qui lui a permis de réaliser près de 5000 clichés, et de démontrer que « chaque fleur de neige a une structure identique en forme d’étoile à six branches, mais aucune de ces fleurs de neige n’est semblable à une autre ». Les illustrations pointillistes de Nina Missir nous font pénétrer de plain pied dans cette campagne du Vermont, où les fillettes croisent des renards, des biches et un vieil original penché sur son microscope à la recherche de la beauté du monde.

Dès 5 ans

Nancy Guilbert, Le secret des fleurs de neige, illustrations de Nina Missir, Editions Courtes et Longues, 2016, 48 p., 22 € — Imprimé en France

Lucy Bowmann, Noël avec autocollants

Les vitrines scintillent, les nuits s’allongent – et les mercredis après-midi deviennent un peu longs à occuper ! Avec plus de 800 autocollants, dont de nombreuses vignettes brillantes, les enfants compléteront de jolies scènes hivernales et festives : des bonshommes de neige, des jeux sur un lac gelé, la décoration du sapin, l’atelier du père Noël et sa hotte à remplir de cadeaux. Les autocollants pourront aussi servir à créer des cartes de vœux ou des étiquettes cadeaux- selon votre propre interprétation du Père Noël : créateur, fournisseur ou distributeur de cadeaux ? Magique, c’est sûr !

Dès 5 ans

Lucy Bowmann, Noël avec autocollants, illustrations de Stella Bagott, Usborne, 2019, 23 p., 6,50 € — Imprimé en Malaisie

Isabelle Simler, D’après nature

De l’Abeille à l’inévitable mais si sympathique Zèbre, Isabelle Simler dessine un alphabet « d’après nature », dans tous les sens du terme. Esquisses, dessins, croquis permettent d’approcher au plus près des plumes et des fourrures, des écailles et des pétales. Voici l’Okapi, « lointain cousin de la girafe, farouche et solitaire », les Méduses, « apparues il y a près de 650 millions d’années », ou la Chauve-souris, « qui se repère en captant l’écho des ultrasons ». Et du côté des fleurs ? Celle que je préfère est la si délicate Ipomée bleue ! Une vision aussi scientifique que poétique de la nature, une magnifique leçon de dessin. A vos crayons !

Dès 6 ans

Isabelle Simler, D’après nature, Editions Courtes et Longues, 2019, 96 p., 22 € — Imprimé en Belgique

Laurence Paix-Rusterholtz et Christiane Lavaquerie-Klein, Qui suis-je ? Le déguisement dans l’art

Pourquoi se déguise-t-on ? Bien sûr, pour Carnaval, Halloween ou la fête de l’école, un costume est souvent la meilleure manière de faire la fête et de s’amuser. Mais quand un peintre représente le roi Henri IV déguisé en Mars, le roi de la Guerre ? Ou Louis XIV en Apollon, entouré d’une famille royale aussi glorieuse que les dieux de l’Olympe ? Que dire aussi de Roger Van der Weyden se représentant en « Saint Luc dessinant la Vierge », ou de Paul Gauguin en « Christ sur le mont des Oliviers » ? Plus ludiques, les moustaches dont Salvador Dalí affuble la Joconde – car on peut aussi « déguiser » des œuvres très, voire trop célèbres. Laurence Paix-Rusterholtz et Christiane Lavaquerie-Klein proposent ici une promenade artistique réjouissante et originale au cœur du travestissement. Et vous, dans quel costume aimeriez-vous passer à la postérité ?

Dès 10 ans

Laurence Paix-Rusterholtz et Christiane Lavaquerie-Klein, Qui suis-je ? Le déguisement dans l’art, Seuil Jeunesse, 2019, 72 p., 17 € — Imprimé en Slovénie.

Vincent Péghaire, Mes premières émotions dans l’art

« Ohé ! Je suis là ! Maman, prends-moi dans tes bras ! Maman, regarde, j’ai fait un dessin ! » Mais le dessin est tombé, aux pieds d’une bien jolie maman victorienne car la fillette qui tire sur sa robe cherche par tous les moyens à attirer l’attention : pourquoi donc de maman câline-t-elle ce bébé ? Ce charmant tableau de Christian Mary Wilbee illustre une émotion bien fréquente chez les petits : la jalousie. Car« toi, est-ce qu’il t’arrive de te sentir mal quand tes parents s’occupent d’un autre enfant ? Est-ce que tu es vert de jalousie ? » Des émotions qu’il s’agit de comprendre, de nommer et, ici, d’illustrer à travers leur représentation dans des œuvres d’art : la tristesse avec Van Gogh, la peur avec Munch, la faim avec Picasso, l’amour avec Klimt, la sérénité avec Bonnard… Des artistes avec qui dialoguer, pour donner des couleurs à ses émotions.

Dès 4 ans

Vincent Péghaire, Mes premières émotions dans l’art, Palette, coll. « Eveil », 2019, 13,90 € — Imprimé en Pologne

Sylvaine Jaoui, Picasso ou rien

« Il a marmonné :
— Il aurait eu une vie formidable s’il était devenu ingénieur. Il serait resté mon fils.
— Pourquoi, il a cessé de l’être quand il a décidé de jouer du saxo ? »
Tel est le terrible dialogue qui oppose Jimi à son grand-père, un grand-père qu’il connaît à peine. Parce qu’un jour ce grand-père a dit à son fils : « Tu veux être musicien ? Très bien. Alors sois Mozart ou rien. » Une phrase qui a conduit le jeune musicien à rompre avec son père. Mais, cela, c’était dans le temps où ce père était jeune. Et aujourd’hui (dans le temps du roman), ce père est mort depuis déjà deux ans, bien trop tôt. Jimi ne sait pas s’il doit, comme le souhaite sa mère (un peu envahissante !), suivre tranquillement ses cours au collège ou faire fructifier son immense talent pour le dessin. Entre son ami Roméo et la jeune Lilas pour qui vibre son cœur, Jimi saura dépasser ce lourd héritage familial. Jusqu’à inviter « papy Sam » à fêter son succès à un prestigieux concours de manga. Sur fond de conflit entre générations, Sylvaine Jaoui signe un roman psychologique rempli de ces « petits faits vrais » qui aident les adolescents à se projeter dans la vie de ce jeune héros et à sortir « par le haut » des épreuves que leur réserve la vie.

Dès 11 ans

Sylvaine Jaoui, Picasso ou rien, Rageot, 2019, 190 p., 7,10 € — Réédition du roman paru en 2010 – Imprimé en France

Pierre Coran, Giselle, le ballet d’Adolphe Adam

« Dans une vallée de Germanie riche en vignes et en châteaux, vivait une paysanne prénommée Giselle », ainsi débutent le conte et le célèbre ballet d’Adolphe Adam. Une si jolie paysanne qu’elle fait battre le cœur du garde-chasse Hilarion mais aussi celui d’un villageois « qui se faisait appeler Loys ». Quand est levé le mystère de ce beau Loys, c’est le drame… Un drame d’amour, symbole de la danse romantique : quelle danseuse étoile n’a jamais rêvé d’incarner Giselle ? Giselle, non seulement va mourir d’amour, mais elle va être accueillie par la reine des Wilis. De bien étranges créatures, ces fiancées mortes avant le jour de leurs noces…
Ce livre-disque réunit une superbe équipe : le texte de Pierre Coran est lu par la voix envoûtante de Natalie Dessay. Il est illustré par le pinceau coloré d’Olivier Desvaux – si coloré qu’on se croirait plus en Provence qu’en Courlande ! Enfin, les morceaux choisis par Marc Dumont sont interprétés par l’orchestre symphonique de Londres sous la baguette du chef d’orchestre Anatole Fistourali : fête paysanne, valses, musiques de chasse…
Un superbe cadeau à écouter et réécouter – et pas seulement pour les ballerines en herbe !

Dès 6 ans

Pierre Coran, Giselle, le ballet d’Adolphe Adam, illustrations d’Olivier Desvaux, voix de Natalie Dessay, Didier Jeunesse, 2019, 48 p. + 1 CD, 23,80 € — Imprimé en Italie. Un code permet d’écouter l’album en ligne.

Typographie et tapisserie, itinéraire d’un artisan aux doigts d’or

Jean-Claude Ferrer a été typographe avant que d’être lissier. Pour lui,le travail de la main et celui du cerveau vont de pair. Il vous invite à une belle démonstration tous les dimanches après-midi, à Rueil-Malmaison. Vous repartirez même avec un petit souvenir ! Profitez-en pour visiter aussi le domaine et le château de la Malmaison et pour vous promener dans les parcs environnants.

Pour toute la famille

De 14 à 18 h, le dimanche. Maison Daubigny, 49 rue du Halage, 92350 Rueil Malmaison

Loren Capelli, Cap !

Une petite fille avance sur le ruban goudronné de la route. Mais si la route « pouvait devenir pâte à modeler ou cheval ou torrent, inventer des nouvelles boucles comme ça, sur un coup de tête… », se prend-elle à rêver… Sa petite silhouette vêtue d’ocre et d’orange entre dans le profond du bois. Et là, magie ! Nous la suivons pas à pas, dans un cheminement où les aquarelles voisinent avec de simples esquisses. Que de secrets, que de merveilles… Les éléments naturels deviennent dans ses jeux œuvres éphémères et incitent à la rêverie, tandis que les animaux peuplent le vrai rêve de la fillette endormie sur la mousse.
Les éditions Courtes et Longues mettent un point d’honneur à éditer des livres d’art réalisés avec le plus grand soin – d’où ce prix certes un peu élevé, mais l’album en vaut vraiment la peine.

Dès 5 ans

Loren Capelli, Cap !, Editions Courtes et Longues, 2019, 120 p., 24 € — Imprimé en France

Géraldine Elschner, La petite danseuse : Edgar Degas

La petite Jeanne, éprise de musique, dessine des claviers de piano comme d’autres des marelles, et elle danse, elle danse… Comme elle danse le jour où, enfin, sa mère, simple blanchisseuse, la présente au concours des petits rats de l’Opéra. «  A l’annonce des résultats, toutes deux bondissent de joie. Réussi ! Elle a réussi ! » La voilà soumise à cet entraînement quotidien, si exigeant et si douloureux. Dans un recoin de la salle, un monsieur, lui, dessine et dessine encore… Edgar Degas. Un beau jour, il demande à Jeanne de remplacer Marie, son modèle habituel. Géraldine Elschner, qui a retrouvé ses chaussons de petite fille, a trouvé les mots justes pour évoquer la vie quotidienne des petits rats. Olivier Desvaux, lui, grand connaisseur de Degas, a passé deux saisons à peindre les répétitions de danse au Palais Garnier. Le pas de deux qu’ils nous offrent ici est éblouissant ! Quelle belle leçon de faire ainsi revivre cette Petite Danseuse ! Entre danse classique, musique, peinture et sculpture, cette histoire nous plonge dans l’art, le talent, le perfectionnisme et le travail acharné des artistes.

Dès 6 ans

Géraldine Elschner, La petite danseuse : Edgar Degas, illustrations d’Olivier Desvaux, coédition Canopé et L’Elan vert, coll. « Pont des arts », 2019, 32 p., 14,95 € — Imprimé en Chine

La fabrique des contes, une exposition du Musée d’ethnographie de Genève

Connaissez-vous le conte de l’ours amoureux ? Celui de la vigne et du vin ? Celui du pantalon du diable ? Peut-être celui du pêcheur, de sa femme et du poisson d’or ? Eh oui, notre trésor de contes européens ne se limite pas à Cendrillon et au Petit Chaperon rouge ! C’est le pari réussi de l’exposition « La fabrique des contes » qui se tient au Musée d’ethnographie de Genève, jusqu’au 5 janvier 2020 : nous faire prendre conscience de notre patrimoine immatériel le plus ancien.
Il était une fois… Entrons dans ces petits « théâtres de l’imaginaire » recréés autour de ces huit contes : lanterne magique, dioramas, miroirs, illusions d’optique et changements d’échelle permettent de s’immerger véritablement dans l’histoire et de s’affranchir des règles du monde réel. Quatre illustrateurs livrent leur vision des contes à travers des dessins, des peintures et de superbes papiers découpés. Des objets tirés des collections européennes du Musée permettent de leur donner vie : fuseaux finlandais, broderies roumaines, figurines votives en pain venues de Sardaigne, jusqu’à une faux — brrrr, serait-ce celle de la Mort marraine ? De multiples écouteurs permettent d’entendre conter. Les enfants comme les parents trouveront donc beaucoup de plaisir à se laisser conduire dans ce monde enchanté des contes. Oui, les petits verront la (vraie ?) cape du Petit Chaperon rouge ! Et les adultes feront la connaissance des cantastorie siciliens.
Le catalogue, destiné aux adultes, contient des versions plus longues des contes, dans une langue actuelle (parfois un peu trop actuelle…) due au dramaturge Fabrice Melquiot. Il se termine par une série d’articles ethnologiques.

Pour toute la famille

La Fabrique des contes, une exposition du Musée d’ethnographie de Genève, jusqu’au 5 janvier 2020.
Catalogue : La Fabrique des contes, coédition du MEG et des Éditions La Joie de lire, 2019, 192 p., 39 CHF.

Peter Sís, Robinson

Peter Sís, Robinson

« Mes amis et moi, on adore l’aventure. Nous jouons tout le temps aux pirates : de vrais rois des hautes mers ! Pour Mardi-Gras, c’est en pirates, évidemment, que nous irons à l’école. » Hélas, la maman de notre héros en a décidé autrement et lui fabrique un « superbe » costume de Robinson. Seulement voilà… Personne ne connaît Robinson et chacun se moque, non point de la fausse fourrure décatie, mais par simple ignorance du roman éponyme. Au point de rendre malade notre bonhomme, qui se retrouve au lit, délirant de honte et de fièvre. Une fièvre qui le mène droit sur une île déserte, où son imagination prend la relève. Les illustrations de Peter Sís, faussement naïves, sont somptueuses ; multipliant les angles de vue, elles nous entraînent, une fois quittée cette chambre gris-bleu où la tête nous tourne, dans un monde onirique, chatoyant et coloré, plein de vie et de mystères. Jusqu’au dénouement, où les pirates rendent visite au narrateur, tous déguisés en Robinson, pour se faire pardonner. Un souvenir de Peter Sís, né en 1949 à Brno, dont on imagine ainsi un peu mieux l’enfance derrière le rideau de fer, quand sa maman cousait son déguisement dans des chutes de moquette.

Dès 5 ans

Peter Sís, Robinson, Grasset Jeunesse, 2018, 56 p., 18,90 € — Traduit de l’anglais (Peter Sís vit et publie aux Etats-Unis)