Thème

Mois : septembre 2017

Thomas Lavachery, Tor et les garnements

Thomas Lavachery, Tor et les garnements

« — Tor, bel enfant, brave cœur, quel plaisir de te voir !
— Chut ! Pas si fort, sapristi !
— Pardon.
Borigh-Borigh est un troll véritable et authentique, haut comme une tour, et c’est mon ami. »
Et voilà ce troll porteur d’un drôle de paquet. « C’est Luztigh, mon neveu. Je voulais te le laisser quelque temps… » Comment Tor va-t-il s’y prendre pour garder, en cachette de ses parents et de ses amis, un bébé troll, « d’une laideur ravissante », sale et affamé comme le sont tous les trolls ? Une tâche d’autant plus compliquée que tout le village est en ébullition pour accueillir un acteur de cinéma. Prétentieux et snob – tout à l’opposé de la conception qu’un petit troll a de l’existence. Une nouvelle aventure de Tor, aussi enlevée, drôle et dépaysante que les précédentes.

De 7 à 10 ans

Thomas Lavachery, Tor et les garnements, L’Ecole des loisirs, coll. « Mouche », 2017, 80 p., 8 €
Du même auteur : Tor et le Troll, Ecole des Loisirs, 2015, 104 p., 9 €

Mélanie Mettra, Les métiers de l’artisanat en images

Mélanie Mettra, Les métiers de l’artisanat en images

Qu’est-ce qu’un céphalomètre ? un trusquin ? une taloche à jointer ? du gesso ? une clé à cliquet ? Qui donc se sert de ces outils ? L’opticien, le chapelier, le luthier, le couvreur ou le tapissier ? En tout cas, l’un des artisans présentés dans cet album. Que ce soit dans le secteur de l’alimentation, des services, du patrimoine ou de la construction, les artisans travaillent de leurs mains autant que de leur tête, transmettant aux plus jeunes un savoir-faire appris de leurs aînés. Au-delà de la présentation de leurs outils de prédilection, l’auteur propose ici une petite encyclopédie des métiers manuels. Une belle entrée en matière pour répondre à ceux qui cherchent un vrai métier ou qui ont simplement plaisir à voir travailler des passionnés.

Dès 7 ans

Mélanie Mettra, Les métiers de l’artisanat en images, illustrations de Mélie Lychee, Circonflexe, 2017, 64 p., 14 €

Grégoire Thonnat, Petit quizz de la police

Grégoire Thonnat, Petit quizz de la police

Quel point commun y a‑t-il entre un poulet, un perdreau et une hirondelle ? Et entre un panier à salade et une cocotte-minute ? Les premiers ne sont pas seulement des volatiles et les seconds ont d’autres fonctions que culinaires, car tous ces termes imagés appartiennent aussi au vocabulaire de la police. En 80 questions-réponses sur la police nationale, Grégoire Thonnat fait découvrir l’histoire de cette institution qui vit le jour en 1667 avec l’édit de Saint-Germain signé par Louis XIV. Comme tous les autres titres de la collection, celui-ci est illustré de découpes sobres qui déroulent ici les silhouettes des chevaliers du guet, sergents de ville, gardiens de la paix, bleus, CRS, PAF, IGPN et autres OPJ – sans oublier les Robocop. A glisser dans son sac un jour de manifestation pour ne pas s’ennuyer en GAV ?

Dès 8 ans et pour toute la famille.

Grégoire Thonnat, Petit quizz de la police, Editions Pierre de Taillac, coll. « Le petit Quizz », 2017, 152 p., 6,90 €

Gwenaële Barussaud, Miss Dashwood, t 3 : Je vais le dire à l’empereur

Gwenaële Barussaud, Miss Dashwood, t 3 : Je vais le dire à l’empereur

Miss Dashwood, nurse certifiée, croyait avoir tout vu : de Godefroy et Charlotte, qui s’obstinent à dresser un marcassin (tome 1) à la petite Marie-Printemps, couvée par une mère surprotectrice (tome 2), elle avait pu exercer tout à loisir ses talents de pédagogue et son flegme britannique. Dans ce 3e tome, c’est Napoléon III lui-même qui va recourir à son savoir-faire : il s’agit de mettre de l’ordre dans l’éducation de son fils Louis-Napoléon, 8 ans, dit Loulou, à qui sa mère et les courtisans passent tous les caprices. Daisy est d’autant plus motivée qu’elle doit préparer le jeune prince à la visite de la Queen – quelle responsabilité que celle de préserver l’amitié franco-britannique ! Avec ses amis Victor et Arthur, Loulou, cet enfant trop gâté, forme un trio à l’imagination débridée. Alors, quand ils investissent la Villa Eugénie, à Biarritz… Gwenaële Barussaud, pour qui l’imparfait du subjonctif et le protocole impérial n’ont aucun secret, ne se prend pas au sérieux pour autant, et dresse un catalogue de bêtises qui ont grâce à ses yeux – sauf s’il s’y cache quelque méchanceté ou sournoiserie. Avis aux coquins et coquines de tout poil !

De 9 à 12 ans

Gwenaële Barussaud, Miss Dashwood, t 3 : Je vais le dire à l’empereur, Fleurus, 2017, 236 p., 14,90 €
Gwenaële Barussaud, Miss Dashwood, t 2 : Attention, enfant fragile !, Fleurus, 2017, 240 p., 14,90 €
Gwenaële Barussaud, Miss Dashwood, t 1 : De si charmants bambins, Fleurus, 2016, 240 p., 14,90€

Eric Senabre, Megumi et le fantôme

Eric Senabre, Megumi et le fantôme

Quel monument de Dublin va donc visiter Megumi Fujita, en ce mois de mai 1985 ? Rien de moins que la maison où vécut son arrière-arrière-arrière-grand-père, un médecin irlandais. Une maison pas comme les autres… en effet, elle est hantée ! Mais, en bonne écolière japonaise habituée aux esprits, kami, yurei et autres yôkai, Megumi ne s’enfuit pas aux premiers grincements de porte. Et voilà qu’elle va tout faire pour ramener le fantôme de son ancêtre à Tokyo. Commence alors une enquête riche en rebondissements. Megumi saura-t-elle délivrer Horatio Hearn de l’injuste malédiction qui l’a frappée ? Le roman débute donc sur les traces du Fantôme de Canterville pour continuer dans le voisinage de Mon voisin Totoro. Le tout sous la plume inspirée d’Eric Senabre qui, entre deux canulars hilarants (avis aux écoliers : un squelette peut aider à tricher), offre une belle réflexion sur l’identité, la transmission et l’amitié. Les adultes reliront en parallèle les Lettres japonaises et les Fantômes japonais de Lafcadio Hearn (1850 – 1904) à qui Eric Senabre rend ici un bel hommage.

Dès 9 ans

Eric Senabre, Megumi et le fantôme, illustrations de Gloria Pizzilli, Didier Jeunesse, 2017, 224 p., 12 €

Louis Pergaud, La Guerre des boutons

Louis Pergaud, La Guerre des boutons

« Tout était désert et silencieux. Le chef resta seul pendant que les quatre autres revenaient en arrière pour faire le guet. Alors prenant son bout de craie au fond de sa profonde, haussé sur ses orteils aussi haut que possible, Lebrac inscrivit sur le lourd panneau de chêne culotté et noirci qui fermait le saint lieu, cette inscription lapidaire qui devait faire scandale le lendemain, à l’heure de la messe, beaucoup plus par sa crudité héroïque et provocante que par son orthographe fantaisiste :
Tou lé Velrant çon dé paigne ku !
Et quand il se fut, pour ainsi dire, collé les quinquets sur le bois pour voir “si ça avait bien marqué”, il revint près des quatre complices aux écoutes et, à voix basse et joyeusement, leur dit :
– Filons !
[…] ils regagnèrent Longeverne et leur domicile respectif en attendant avec confiance l’effet de leur déclaration de guerre. »
Lire ou relire cette Guerre des boutons, avec son vocabulaire cru, ses refrains, ses festins et… ses punitions décomplexées d’adultes à qui on ne la fait pas, quelle belle façon de fêter la rentrée des classes pour nos collégiens qui y découvriront ce que vivre veut dire ! Les illustrations de Vanessa Hié, cela tombe bien, sont peintes sur un support de papiers de récupération, déchirés, découpés, grattouillés, collés, repeints…, bref, à base de bouts de ficelle – mais où sont donc passés les boutons ?

Dès 12 ans

Louis Pergaud, La Guerre des boutons, roman de ma douzième année, Editions Gründ, 2011, 288 p., 9,95 €. Illustrations de Vanessa Hié. Texte intégral. Imprimé en France.

Stéphanie Demasse-Pottier, Tant pis pour la pluie !

Stéphanie Demasse-Pottier, Tant pis pour la pluie !

« Tombe, tombe, tombe la pluie… aujourd’hui on s’ennuie. » Est-ce une raison pour se vautrer sur le canapé, en pyjama et en chaussettes ? L’escargot et la bergeronnette nous font signe, le chien ne tient pas en place, les petits voisins ont sorti leur vélo… « On veut sortir ! Courir dans les flaques ! » Bottes et cirés vite enfilés, nous sommes « trop contents de pouvoir jouer à chat-mouillé ». Un album qui se déroule comme une jolie comptine –qui donc ira sous la gouttière, pêcher des poissons pour toute la maison ? Allez, ouste, tout le monde dehors ! Lucia Calfapietra a choisi une palette de couleurs vives, où alternent le vert mouillé du jardin et les chaudes teintes orangées de la maison et habille les petits de cirés jaunes et de bottes rouges : un bel « arc-en-ciel pour lutter contre la grisaille ».

Dès 3 ans

Stéphanie Demasse-Pottier, Tant pis pour la pluie !, illustrations de Lucia Calfapietra, Grasset Jeunesse, 2017, 32 p., 14,90 €

Eric Mathivet, Hier chenilles, aujourd’hui papillons !

Eric Mathivet, Hier chenilles, aujourd’hui papillons !

Uranie, proserpine, grand mars changeant, azuré, bombyx, sphinx demi-paon… Les noms des papillons sont aussi poétiques que leurs couleurs ou que leur vol ! Cet album renoue avec une belle tradition naturaliste : scientifique et esthétique à la fois, il fourmille d’informations précises sur les chenilles et les papillons. Si ces élégantes créatures sont indispensables à la reproduction des fleurs en transportant les pollens, elles peuvent aussi causer de gros dégâts, telles les pyrales ou les mites. Le temps est passé où chaque enfant agitait son filet à papillons dans les prés – mais essayez donc de photographier des papillons qui s’envolent à votre approche, c’est une chasse plus subtile qu’on l’imagine ! « En Europe, on recense moins de 10 000 lépidoptères, dont environ 5000 en France, parmi lesquels 250 seulement sont des papillons de jour. » Mais dans le monde, « on estime qu’il y a entre 165 000 et 200 000 espèces de lépidoptères » — hélas, souvent menacés par diverses formes de pollution. De quoi satisfaire tous les curieux !

Dès 6 ans

Eric Mathivet, Hier chenilles, aujourd’hui papillons ! Les lépidoptères, illustrations d’Emilie Vanvolsem, Editions du Ricochet, coll. « Ohé la science ! », 2017, 40 p., 13,50 €

Erik L’Homme, La Patience du héron

Erik L’Homme, La Patience du héron

Dans un Japon de pure poésie, une jeune orpheline, Mizuki, « pensait beaucoup à un garçon du nom de Shinzo qui avait été son meilleur ami. Il était parti en ville pour apprendre le métier du sabre. Avant de la quitter, Shinzo lui avait dit qu’un jour il l’épouserait. Mizuki avait longtemps réfléchi, dans sa solitude et sa tristesse, puis elle s’était décidée : elle s’en irait vers le nord à la recherche de Shinzo. » Comment leurs deux quêtes vont-elles confluer ? Tel est le motif de ce conte. Pour Shinzo, la dure loi de l’apprentissage des armes, tout d’obéissance et d’ascèse. Pour Mizuki, le tout aussi dur chemin de la compassion et de la patience. Quel courage pour l’un comme pour l’autre – et quel amour réciproque ! Lorène Bihorel dessine avec du sable sur une table de verre lumineuse, une technique époustouflante de mouvement et de lumière dont vous pouvez avoir un aperçu ici, puisqu’elle donne de véritables spectacles. Dans cet album, les teintes orangées, dorées et noires du sable créent une ambiance onirique qui ajoute à l’étrangeté du conte.

Dès 6 ans et pour toute la famille

Erik L’Homme, La Patience du héron, illustrations de Lorène Bihorel, Gallimard Jeunesse, 2017, 48 p., 15,90 €

Robert Louis Stevenson, Petit jardin de poésie

Robert Louis Stevenson, Petit jardin de poésie

« Tout en haut du cerisier,
A part moi, qui pouvait grimper ?
J’agrippai le tronc des deux mains
Et cherchai des pays lointains. »
Ces pays lointains, qui mieux que l’auteur de L’Île au trésor pouvait les évoquer en poésie ? Si nous hésitons à embarquer sur son rafiot, alors suivons son âne dans les Cévennes ! Poésies pour jouer aux pirates, pour faire du jardin un pays enchanté, ou poésies pour s’endormir, dans un lit comme un petit bateau : Robert Louis Stevenson nous conduit loin, loin « au chaud au pays des comptines ». N’oubliez pas de lire sa dédicace à Alison Cunningham, sa nurse, une adorable déclaration d’amour. Ilya Green a répondu avec talent à la contrainte de l’éditeur : une semaine, et trois ou quatre couleurs pour onze illustrations pleine page et une couverture. A vous de demander à vos jeunes lecteurs quel portrait d’enfant lui parle le plus.

Dès 7 ans

Robert Louis Stevenson, Petit jardin de poésie, extraits, illustrations d’Ilya Green, Grasset Jeunesse, 2017, 32 p., 19,90 € — Texte français de Christian Demilly.

Chloé du Colombier, A l’abri du chêne

Chloé du Colombier, A l’abri du chêne

A l’abri du chêne, au cœur de la forêt, « le renard écoute un ver de terre creuser un tunnel », pendant que « le loir cherche un logis » et que « les cerfs se battent », bois contre bois. Ce chêne est vraiment le roi de la forêt ! Les couleurs d’automne sont flamboyantes, les dessins très lisibles, et tout cela donne bien envie d’aller se promener en forêt.

Tout-petits

Chloé du Colombier, A l’abri du chêne, Editions du Ricochet, 2017, 16 p. cartonnées et découpées, 8,50 €
Dans la même série, du même auteur : A l’abri de l’oranger, Editions du Ricochet, 2017, 16 p. cartonnées et découpées, 8,50 €

Peter Wohlleben, La Vie secrète des arbres

Peter Wohlleben, La Vie secrète des arbres

Qu’est-ce qu’un arbre ? Un refuge pour l’écureuil, de l’ombre pour notre pique-nique, une ressource de papier ? Et une forêt ? N’est-ce qu’un alignement d’arbres d’âges divers, un écosystème favorable au grand gibier, l’occasion d’une randonnée au bon air ? Pour Peter Wohlleben, qui a œuvré plus de vingt ans comme forestier en Allemagne, dans l’Eifel, une forêt, c’est beaucoup plus que cela ! De page en page, il nous convie, sur un ton enjoué, à une excursion passionnante dans ses forêts : au pied de chaque arbre, petit ou grand, hêtre ou épicéa, il conte une anecdote sur un ton enjoué et passionnant. Rien du conte de fées, que du sérieux. Peter Wohlleben a repris et synthétisé les recherches des biologistes qui ont démontré que les arbres étaient des êtres sociaux, capables d’apprendre, de mémoriser, de s’entraider ; il a traduit ces dizaines d’études dans une langue claire et accessible à tous. Scientifique et écologique, l’auteur ne tombe dans aucun des travers pleurnichards à la mode, et nous donne ici une belle leçon d’espoir : oui, grâce à ses talents de conteur, la forêt continuera à nous parler, de ses mille voix. Un grand bravo aussi à Corinne Tresca, sa traductrice, qui a su traduire de l’allemand souvent technique avec autant de clarté et de légèreté. Une des meilleures ventes de l’été.

Adolescents et adultes

Peter Wohlleben, La Vie secrète des arbres, ce qu’ils ressentent, comment ils communiquent, Editions Les Arènes, 2017, 260 p., 20,90 €. Traduit de l’allemand par Corinne Tresca.