Gabriele Rebagliati et Susumu Fujimoto, Le panier à pique-nique

Gabriele Rebagliati et Susumu Fujimoto, Le panier à pique-nique

« C’est en me promenant que je l’ai vu pour la première fois : c’était un pré comme un autre, plutôt banal, un peu à l’abandon. L’herbe y poussait, folle, nulle fleur à l’horizon. » Comme la fillette en robe jaune explique cela à un merle très attentif, on se doute vite que la promenade va nous conduire sur de drôles de sentiers. Arrive un jardinier, à qui la fillette dérobe son panier de pique-nique : à la gourmandise, se joint bientôt un peu de culpabilité. Comment réparer ? Mais voilà que le jardinier bâtit une maison… Qui va venir l’habiter ? Les illustrations débordent de soleil et d’énergie, même si le rouge des visages manque un peu de tendresse.
Gabriele Rebagliati enseigne l’italien à l’Institut culturel italien de Tokyo et Susumu Fujimoto, lui, habite Kyoto – mais si ce grand album est japonisant, c’est plus par sa philosophie que par ses illustrations.

Dès 4 ans

Gabriele Rebagliati et Susumu Fujimoto, Le panier à pique-nique, Grasset Jeunesse, 2015, 40 p., 15,90 € — Adaptation française de Christian Demilly.

Alain Surget, Dieux grecs, dieux romains, comment s’y retrouver ?

Alain Surget, Dieux grecs, dieux romains, comment s’y retrouver ?

« Fils de Zeus et d’Héra, Arès était un fou de guerre, ivre de violence et collectionneur de casques et de glaives », explique Alain Surget. « A Rome, poursuit-il, Mars était beaucoup plus populaire que Arès en Grèce ». Dieu guerrier, fondateur de Rome, père de Romulus et de Remus, Mars, le printanier, était aussi invoqué « pour assurer la bonne santé des troupeaux et des récoltes […] parce qu’il repoussait les ennemis qui dévastaient les champs et volaient ou massacraient le bétail ». Cronos et Saturne, Zeus et Jupiter, Athéna et Minerve, Hélios et Sol Invictus sont quelques-uns des 35 « binômes » présentés dans cet ouvrage. Loin de se cantonner aux exploits mythologiques des dieux et des déesses, Alain Surget explique comment les Romains ont adopté le panthéon grec, en quoi les légendes romaines diffèrent des mythes grecs, quelle était la fonction des divinités dans la cité et dans la famille, et présente les cultes qui leur étaient rendus.

Dès 11 ans

Alain Surget, Dieux grecs, dieux romains, comment s’y retrouver ?, Flammarion, coll. « Castor Doc », 2015, 127 p., 8,90 €

Emma Chichester Clark, Les ours ne lisent pas

Emma Chichester Clark, Les ours ne lisent pas

« La vie est charmante », susurre George l’ours brun. « Youpi tralala et tout ça. Mais quoi d’autre ? » Pêcher, jouer… Certes… jusqu’au jour où « George trouve dans la forêt un livre abandonné au pied d’un arbre ». A qui peut bien être ce livre ? Que racontent ces petits signes noirs ? Et notre George de partir à la ville – où il sème une panique mémorable (ah, la séquence où George se trouve entouré de policiers casqués bottés !), avant de retrouver Clémentine, la délicieuse propriétaire du livre. Vous vous en doutez, il apprendra à lire l’histoire d’un ours qui « trouve dans la forêt un livre abandonné au pied d’un arbre ».

Dès 4 ans

Emma Chichester Clark, Les ours ne lisent pas, Albin Michel Jeunesse, 2015, 32 p., 13,50 €

Robert de Boron, Le Roman de Merlin

Robert de Boron, Le Roman de Merlin

« Par l’effet de ses pouvoirs magiques, il fit transporter les pierres jusqu’au cimetière de Salisbury. Il alla ensuite en informer Uterpandragon et son peuple qui s’étonnèrent de ce prodige. Il leur demanda alors de les dresser car elles seraient ainsi plus belles que couchées. Mais aucun humain n’était assez fort pour en déplacer une seule. […]
– Eloignez-vous, repartit Merlin. Je vais les dresser, ces pierres. Ainsi j’aurai tenu la promesse faite à Pandragon. Je vais accomplir pour lui ce que personne d’autre ne pourrait faire.
Et Merlin érigea les pierres qu’on peut encore voir au cimetière de Salisbury et qui y resteront aussi longtemps que durera la chrétienté. »
Un « cimetière de Salisbury » qui n’est autre que Stonehenge. Ce Merlin de Robert de Boron nous vient du tout début du XIIIe siècle. Le mythe arthurien tel que le racontaient Chrétien de Troyes et Wace est ici fortement christianisé. Cela dit, « l’authentique Merlin a bien peu de rapports avec l’hurluberlu à chapeau pointu du dessin animé » précise d’emblée Jean-Pierre Tusseau. Pour lui, Merlin est un « prophète, [un] stratège politique et militaire, [un] homme d’action qui a parfois besoin de se ressourcer dans le calme de la forêt, personnage à la fois sage et facétieux, raisonnable et amoureux ».
Médiéviste, Jean-Pierre Tusseau a déjà transcrit et adapté de nombreux textes de notre patrimoine littéraire.

Dès 12 ans

Robert de Boron, Le Roman de Merlin, Ecole des Loisirs, coll. « Classiques abrégés », 2015, 196 p., 5,60 € — Traduction nouvelle abrégée de Jean-Pierre Tusseau

Brigitte Weninger et Eve Tharlet, Apprendre ? Quel plaisir !

Brigitte Weninger et Eve Tharlet, Apprendre ? Quel plaisir !

« Apprendre, apprendre… oui, mais où ? Il n’y a pas d’école ici dans la forêt », se désole Henri, le petit hérisson. Sim, la souris, est la seule à savoir lire, un plaisir que lui envient tous ses amis. Ni une, ni deux, souris, hérisson, lérot, taupe, grenouille et corbeau décident de créer leur école. Pour commencer, chacun apprendra aux autres le peu qu’il sait. Mais voilà Henri qui se plaint… il croit ne rien savoir… jusqu’au moment où le renard pointe son museau. Une école de la forêt très alternative, dont les méthodes devraient plaire à certains petits rebelles.

Dès 4 ans

Brigitte Weninger et Eve Tharlet, Apprendre ? Quel plaisir !, traduction de Julie Duteil, Minedition, 2015, 26 p., 14,20 €