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Mois : janvier 2015

Florence Lamy, Le Tangram magique, L’énigme du pékinois

Florence Lamy, Le Tangram magique, L’énigme du pékinois

Que font donc Grand-Mère Dong, monsieur Zhou l’apothicaire et Ma-Ku, la fleuriste, alors que la neige tombe sur le quartier de la Douce Harmonie ? Ils cherchent tous Do-Dou, le pékinois de la fleuriste, qui a disparu. « Juste au moment où je devais l’inscrire pour le prix de la Timbale d’argent », se lamente sa maîtresse. Li-Na, après moult hésitations, demande à son tangram magique de la mettre sur la piste du pékinois. Aidée de son ami Cheng, le vendeur de thé ambulant, la fillette va mener l’enquête, au mépris des dangers.  Car en Chine, certains n’hésitent pas à faire combattre, voire à manger les petits chiens… Après « L’énigme des pivoines », une nouvelle enquête de notre courageuse petite héroïne.
Le tangram fourni avec le livre permet de reconstituer les figures créées par Li-Na

De 8 à 12 ans

Florence Lamy, Le Tangram magique, L’énigme du pékinois, Casterman, 2015, 144 p., 9,95 €
Florence Lamy, Le Tangram magique, L’énigme des pivoines, Casterman, 2014, 150 p., 9,95 €

Hélène Kérillis, Hercule contre Cerbère

Hélène Kérillis, Hercule contre Cerbère

Comment se venger d’Hercule ? se demande une fois de plus le roi Eurysthée. Onze fois déjà, Hercule (Héraklès) est revenu triomphant, après avoir réussi des exploits tous aussi exceptionnels les uns que les autres. « Je vais l’envoyer aux Enfers ! C’est le pays des morts. On n’en revient jamais ! Car un monstre terrifiant, Cerbère, garde l’entrée des Enfers. C’est un chien géant à trois têtes. » On n’en revient jamais ? Cela reste à voir ! Car Hercule va revenir en héros de ce douzième exploit.
Le récit est mis à la portée des enfants, qui frémiront à la vue de quelques squelettes, mais riront de bon cœur quand Cerbère, tel un bon gros toutou, demandera pitié à Hercule. Lequel aura, morale de l’histoire oblige, appris à contenir sa violence.

Dès 7 ans (lecture acquise)

Hélène Kérillis, Hercule contre Cerbère, Hatier Jeunesse, coll. « Ma première mythologie », 2012, 48 p., 4,99 €

Isabel Minhos Martins, Où va-t-on quand on disparaît ?

Isabel Minhos Martins, Où va-t-on quand on disparaît ?

Les flaques d’eau, la neige, les nuages, le bruit, tout cela disparaît. Quant aux chaussettes, mieux vaut ne pas en parler. Mais ces disparitions ne sont guère inquiétantes. Si Papa est allé chercher le journal au coin de la rue, il consolera le petit inquiet dès son retour. Mais parfois… Parfois quelqu’un que nous aimons très fort disparaît, et nous savons que nous ne le reverrons pas. Se pose alors la question de l’endroit où va le disparu – et de l’endroit où nous irons, nous, même si nous n’osons pas poser la question. Cet album très philosophique pose des questions, ne donne pas de réponse, et permet d’engager la réflexion avec les enfants.
Comme le dit très justement Isabel Minhos Martins, « pour disparaître, il faut être deux. Un qui reste, un qui disparaît ». N’est-ce pas à celui qui reste, de construire le lieu du souvenir au plus près de son cœur ?

Dès 5 ans

Isabel Minhos Martins, illustrations de Madalena Matoso, Où va-t-on quand on disparaît ?, Editions Notari, 2013, 40 p., 15 €

Julia Donaldson et Axel Scheffler, Marions-nous !

Julia Donaldson et Axel Scheffler, Marions-nous !

« Redoutés des corbeaux, ces deux épouvantails s’appelaient Betty Delorge et Harry Fortepaille. Harry aimait Betty, Betty aimait Harry. Alors, Harry lui dit : “Me veux-tu pour mari ? Nous ferons une grande fête, un mariage brillant dont on se souviendra jusqu’à la fin des temps.” »
Et c’est parti pour des préparatifs grandioses ! Mais voici que se multiplient obstacles et embarras, les plus imprévisibles et donc les plus cocasses… A commencer par l’arrivée inopinée de Réjean Dufoin, un épouvantail très imbu de sa personne. Betty attendra-t-elle le retour d’Harry ? Par les créateurs de Gruffalo.

Dès 4 ans

Julia Donaldson et Axel Scheffler, Marions-nous !, Gallimard Jeunesse, 2014, 32 p., 13,50 €

Friedrich Feld, Le Mousse de la Santa Maria

Friedrich Feld, Le Mousse de la Santa Maria

« Une demi-heure avant l’aube, l’amiral avait donné l’ordre de larguer les amarres qui attachaient les trois vaisseaux aux quais du Rio Tinto, dans le port de Palos. La brise du matin gonflait les voiles carrées de la Santa-Maria et de la Pinta et celles, triangulaires, de la petite Nina. Lentement, les navires se mirent à descendre le fleuve, vers la mer. » Trois caravelles promises à un destin fabuleux. Caché dans la cale de la Santa-Maria, Pedro, une quinzaine d’années au mieux – et qui s’est juste trompé de bateau. Devenu mousse, il va partager la vie du bord, les inquiétudes, les tempêtes, les mutineries, les sautes d’humeur de l’amiral, ce curieux aventurier nommé Cristobal Colon, notre Christophe Colomb. Jusqu’à l’arrivée dans ces îles des « Indes occidentales » qui n’étaient ni la Chine ni le Japon, mais les avant-postes d’un continent à explorer, les Amériques.
Roman historique, Le Mousse de la Santa Maria fera vibrer les jeunes aventuriers qui partageront la vie de Pedro, un jeune Espagnol qui, en 1492, rêvait de devenir orfèvre et pas du tout moussaillon !

Dès 12 ans

Friedrich Feld, Le Mousse de la Santa Maria, illustrations de Pierre Joubert, Editions Delahaye, Coll. « Signe de Piste », 2013, 198 p., 14 €. Réédition.

L’Odyssée d’Homère

L’Odyssée d’Homère

Une édition de plus de l’Odyssée – oui, et particulièrement réussie.
L’avant-propos du dessinateur de BD Mathieu Lauffray donne ne ton : « Aujourd’hui, il semble que l’individu d’élite aiguise son héroïsme précisément à ne plus rien assumer, à séduire plutôt qu’à faire, à tromper plutôt qu’à progresser. Peut-être est-ce justement le bon moment pour se remettre en mémoire ces fameuses conséquences que l’on cherche tous à oublier. » Et de rappeler le combat éternel que se livrent « le courage, la pugnacité, la lâcheté, l’orgueil, l’avidité ».
Cette nouvelle édition réunit donc les passages les plus célèbres de l’Odyssée, dans une traduction de 1819, due à Charles-François Lebrun (1739 – 1824). Cet érudit fut aussi, et surtout, un « révolutionnaire modéré », devint troisième consul, servit Napoléon et finit pair de France.
Cela nous mène loin du monde de la bande dessinée, dont sont issus les trois illustrateurs de cette Odyssée : Anthony Jean, Mickaël Bourgouin et Yann Tisseron interprètent les plus célèbres passages de l’épopée, dans des formats « pleine page » qui laissent toute la place à leur sensibilité.
Alors, oui, une nouvelle fois, « Muse, chante cet homme souple, divers, fécond eu ruses et en stratagèmes, qui, après avoir renversé les murs sacrés de Troie, erra longtemps, vit des peuples nombreux, et connut leurs esprits, leurs mœurs et leurs lois ».

Dès 12 ans

L’Odyssée d’Homère, illustrée par Anthony Jean, Mickaël Bourgouin et Yann Tisseron, Glénat, coll. « Labyrinthe », 2014, 184 p., 35 €.

Kazuno Kohara, Une chouette bibliothèque

Kazuno Kohara, Une chouette bibliothèque

« Il était une fois une bibliothèque qui n’ouvrait que la nuit. La bibliothécaire était assistée de trois petites chouettes. » Et elle s’y entendait, bien sûr, pour trouver à « chacun le livre qui lui plairait ». Tiens, tiens. Et la plus chou℗ette de tous, c’est bien elle, la bibliothécaire, avec ses tresses au vent et son sourire désarmant ! Les linogravures en deux teintes, bleu et orange, de Kazuno Kohara créent une ambiance propice au rêve, un rêve plein de malice et de gentillesse.
Il sera difficile de demander à vos jeunes lecteurs d’éteindre la lumière. Car il s’en passe, des choses, dans cette bibliothèque un peu magique !

Dès 4 ans

Kazuno Kohara, Une chouette bibliothèque, Grund, 2014, 26 p., 12 €

Jacques Charpentreau et Monika Beisner, Les cent plus belles devinettes

Jacques Charpentreau et Monika Beisner, Les cent plus belles devinettes

« L’hiver a du talent :
il dessine au crayon blanc
des arbres étincelants. »
La réponse ? Vous la trouverez à la fin du recueil : c’est le givre. Le givre qui a décoré nos arbres et nos fenêtres au tournant de l’année.
Ce bel album est dû à la rencontre d’une illustratrice et d’un poète. L’allemande Monika Beisner, qui a aussi illustré la Divine Comédie de Dante ou Les Métamorphoses d’Ovide, a choisi une belle centaine de devinettes dans le trésor traditionnel. Elle les a confiées au poète Jacques Charpentreau dont l’imagination et la science de la rime ont donné vie à ces charades, énigmes et autres jeux de langue. Puis elle les a illustrées, en cachant souvent la solution dans ses dessins. Lesquelles solutions sont tout de même en clair à la fin du livre.

Dès 6 ans et pour toute la famille

Jacques Charpentreau et Monika Beisner, Les cent plus belles devinettes, Gallimard Jeunesse, 2014, 36 p., 13,50 € — La première édition date de 1983.

Victor Hugo, Notre-Dame de Paris

Victor Hugo, Notre-Dame de Paris

« Elle dansait, elle tournait, elle tourbillonnait sur un vieux tapis de Perse, jeté négligemment sous ses pieds ; et chaque fois qu’en tournoyant sa rayonnante figure passait devant vous, ses grands yeux noirs vous jetaient un éclair. Autour d’elle tous les regards étaient fixes, toutes les bouches ouvertes ; et en effet, tandis qu’elle dansait ainsi, au bourdonnement du tambour de basque que ses deux bras ronds et purs élevaient au-dessus de sa tête, mince, frêle et vive comme une guêpe, avec son corsage d’or sans pli, sa robe bariolée qui se gonflait, avec ses épaules nues, ses jambes fines que sa jupe découvrait par moments, ses cheveux noirs, ses yeux de flamme, c’était une surnaturelle créature.
— En vérité, pensa Gringoire, c’est une salamandre, c’est une nymphe, c’est une déesse, c’est une bacchante du mont Ménaléen !
En ce moment une des nattes de la chevelure de la “salamandre ” se détacha, et une pièce de cuivre jaune qui y était attachée roula à terre.
— Hé non ! dit-il, c’est une bohémienne.
Toute illusion avait disparu. »
La Esmeralda… Lire aujourd’hui « Notre-Dame de Paris » demande d’avoir du temps devant soi – et un minimum de références culturelles, même si le latin de cuisine hugolien se comprend aisément. Cela demande aussi un peu d’esprit critique – il y a des longueurs. Quant à la sombre figure de l’archidiacre, brrr…
Rares sont les éditions « pour la jeunesse » qui ne soient pas expurgées, raccourcies, voire « disneyisées ». Celle-ci présente le texte intégral – d’où les 600 pages. Nettement plus coûteuse qu’un livre de poche, elle attirera les jeunes lecteurs par l’adéquation entre le texte et les illustrations de Benjamin Lacombe : à gothique, gothique et demi !

Adolescents

Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, illustrations de Benjamin Lacombe, éditions Soleil, coll. « Métamorphose », 2013, 600 p., 49,95 €