Thème

Mois : février 2013

Tomi Ungerer, Maître des brumes

Tomi Ungerer, Maître des brumes

« Finn et Cara étaient frère et sœur. Ils vivaient avec leurs parents en Irlande, dans un petit village de pêcheurs, sur une île coupée du monde. » Alors, quand leur père leur construit un curragh, ils embarquent vite sur cet esquif traditionnel. Sans imaginer qu’ils vont vivre une bien curieuse aventure au cœur des brumes.
Le trait et les demi-teintes de Tomi Ungerer ne sont pas étrangers à la magie de ce conte intemporel.

Dès 6 ans

Tomi Ungerer, Maître des brumes, L’Ecole des loisirs, 2013, 48 p., 13,70 €

Delphine Gravier-Badreddine, Chevaliers et châteaux forts

Delphine Gravier-Badreddine, Chevaliers et châteaux forts

La herse levée, franchissons le pont-levis pour entrer dans la cour de cet impressionnant château-fort. Que de monde ! Paysans, artisans, serviteurs, jongleurs de passage, enfants… Notre cheval à l’écurie, montons dans le donjon ! Justement, nous pouvons en découvrir tous les étages. Cet album permet aux plus jeunes de découvrir la vie au Moyen Age, de l’école du château au tournoi, de la partie de chasse au festin, de la leçon d’équitation jusqu’à l’attaque. Car la vie n’est pas toujours paisible, loin de là. Sinon, à quoi serviraient ces puissantes murailles ? Des dessins de qualité, ni mièvres ni vulgaires, un vocabulaire riche et précis font de cet album une belle réussite.

Dès 5 ans

Delphine Gravier-Badreddine, Chevaliers et châteaux forts, Gallimard, Mes Premières Découvertes, 2011, 80 p., 11,70 €

Hans Christian Andersen, Contes

Hans Christian Andersen, Contes

« Bien loin dans la mer, l’eau est bleue comme les feuilles des bluets, pure comme le verre le plus transparent, mais si profonde… […] C’est là que demeure le peuple de la mer. » Et plus précisément six jolies princesses qui, le jour de leurs quinze ans, ont le droit de monter à la surface. Jusqu’à ce que la plus jeune se prenne d’un impossible amour pour un jeune prince, bien humain.
Ce bel album réunit neuf des plus célèbres contes d’Hans Christian Andersen dans leur version originale : L’Intrépide Soldat de plomb, Les Habits neufs du Grand-duc, La Bergère et le Ramoneur, La Princesse sur un pois, La petite Poucette, La petite Sirène, Le vilain petit Canard ‚Les Cygnes sauvages et Le Rossignol.
Peintre, illustrateur et graveur, Claire Degans illumine ces contes de ses couleurs acidulées et chaleureuses, avec des illustrations pleine page qui font déjà ce cet album un grand classique.

Dès 7 ans, lecture par un adulte, puis lecture suivie

Hans Christian Andersen, Contes, illustrations de Claire Degans, Editions Gründ, 2012, 190 p., 19,95 €

Anne Moreau-Bellecroix, Les Trois Pastoureaux

Anne Moreau-Bellecroix, Les Trois Pastoureaux

« Enfin, s’écria Allégrin en frappant de son poing sur l’établi, qu’est-ce qu’on attend pour lever les bannières ?
— Je ne sais ce que l’on attend, répondit tristement le vieil armurier, mais tout le monde attend. Le Tombeau attend les pas éperonnés des Croisés, notre bon roi Louis attend à Saint-Jean d’Acre les vaisseaux de France […].
— Mais il y a des vivants en France ! Beaucoup de vivants ! Et qui se souviennent ! Et qui n’ont pas peur ! Ni des Sarrasins, ni des Karismiens ! […] Il y a nous ! »
C’est ainsi que Fenouillet, Allégrin et leur ami Gilles, 15 ans aux cerises de cette belle année 1251, quittent Chartres pour suivre un bien curieux prédicateur. Jusqu’où les conduira ce « maître de Hongrie » ? Un roman dans la grande tradition scoute de la route – mais comment prenait-on la route au XIIIe siècle ? Pour des adolescents qui ont une bonne culture religieuse et historique.

Dès 12 ans

Anne Moreau-Bellecroix, Les Trois Pastoureaux, Editions Bulle d’Or, 1996, 292 p., 15 €. Avec une préface de l’abbé Régis de Cacqueray-Valmenier. Disponible sur www.livresenfamille.fr — Ou aux éditions Téqui, avec les illustrations de Pierre Joubert, 1999, 260 p., 10 €
Réédition de l’ouvrage paru dans la collection Signe de Piste — Prix Larigaudie en 1946.

Hélène Montardre, Achille le guerrier,

Hélène Montardre, Achille le guerrier,

« Pélée a confié l’éducation d’Achille à Chiron. Chiron est un centaure : son buste est celui d’un homme, et son corps, celui d’un cheval. Il est un excellent précepteur et il enseigne à l’enfant tout ce qu’un futur héros doit savoir : courir plus vite que le vent ; combattre comme un lion ; apprendre les secrets de la nature ; jouer de la lyre ; respecter les dieux ; et mille autres choses encore. Achille est un excellent élève… quoique un peu colérique. »
Et quand on sait que cette « colère d’Achille » est le sujet même de l’Iliade… Ce récit clair, centré sur le héros, entre de plain pied dans le monde chanté par Homère et par les poètes et tragédiens grecs.

Dès 8 ans

 Hélène Montardre, Achille le guerrier, illustrations de Nicolas Duffaut, Fernand Nathan, 2012, 64 p., 4,95 € ou au format Kindle (4,49 €).

Walter Scott, Ivanhoé

Walter Scott, Ivanhoé

« — Comment se fait-il que vous connaissiez si bien cette forêt ? reprit le prieur sans laisser le temps à Bois-Guilbert de se fâcher.
— Oh, je suis né par ici, répondit le jeune homme.
Ils étaient arrivés devant le manoir. C’était une vieille bâtisse d’aspect grossier comparée aux châteaux forts que les Normands étaient en train d’élever dans toute l’Angleterre. Mais Rotherwood était tout de même solidement défendu. »

Le roman de Walter Scott, dans la traduction d’Alexandre Dumas, compte plus de mille pages – mais il faut bien avouer que si redondances et fioritures signent le roman « gothique », elles sont de moins en moins goûtées de nos jeunes lecteurs.
Voici, par exemple, la version originale de l’adaptation ci-dessus :
« Le templier allait faire une réponse en harmonie avec son caractère irascible ; mais il fut interrompu par le prieur, qui exprima de nouveau son étonnement qu’après une si longue absence leur guide connût si parfaitement toutes les passes de la forêt.
– Je suis né dans ces alentours, répondit le guide.
Et, comme il faisait cette réponse, on se trouva en face de la maison de Cédric, que nous avons déjà dit se présenter sous l’aspect d’un bâtiment bas et irrégulier contenant plusieurs cours et enclos occupant un espace considérable de terrain, lequel bâtiment, bien que sa grandeur indiquât que son propriétaire était une personne riche, différait entièrement de ces hauts châteaux à tourelles dans lesquels résidait la noblesse normande et qui étaient devenus le style universel d’architecture dans toute l’Angleterre.
Cependant Rotherwood n’était pas sans défense ».
L’adaptation proposée par Fleurus tient la route ; une fois le terrain reconnu, pourquoi ne pas se lancer dans le texte original ? Mais pas sans avoir revu les 39 épisodes du feuilleton des années 1960 où Roger Moore incarnait le rôle-titre.

Dès 12 ans

Walter Scott, Ivanhoé, Fleurus, coll. « Les grands classiques des aventuriers », illustrations de Sylvain Bourrières, 2012, 168 p., 12,90 € — Traduction et adaptation de Charlotte Grossetête.

Contes norvégiens, Le château de Soria Moria

Contes norvégiens, Le château de Soria Moria

« Huttetu ! Ça sent le sang de chrétien ! dit le troll, et il passa ses trois têtes par la porte.
— Oui, tu as tout à fait raison ! dit Halvor qui coupa les trois têtes d’un seul coup.
La princesse fut si heureuse qu’elle se mit à chanter et à danser, car elle était sauvée. »
En Norvège, point de conte sans trolls, châteaux enchantés, tempêtes au large, oiseaux parlant et princesses enamourées. Point de conte non plus sans un brave gars, loqueteux et souvent considéré comme le dernier des niais. Des aventures rondement menées et des épreuves astucieusement surmontées en feront un vrai héros. Vieux fond païen et merveilleux chrétien vont ici de pair pour réenchanter le monde, ce que les folkloristes romantiques avaient fort bien compris en collectant ces anciens contes populaires.

Dès 10 ans

Contes norvégiens, Le château de Soria Moria, contes choisis, traduits et adaptés par Nils Ahl, L’Ecole des loisirs, 2002, 126 p., 8,20 €

Boris Akounine, La Prisonnière de la tour et autres nouvelles

Boris Akounine, La Prisonnière de la tour et autres nouvelles

Si les romans policiers classiques un peu désuets n’ont plus de secret pour vous, si vous aimez la parodie intelligente, ces trois nouvelles de Boris Akounine auront de quoi vous réjouir ! Crimes aux mobiles étranges, disparitions mystérieuses, énigmes alambiquées, rebondissements imprévisibles… rien ne manque ! Vous retrouverez la noirceur d’Edgar Poe dans « Conversation de salon » et la gouaille de Georges Simenon dans « De la vie des copeaux ». Quant à « La prisonnière de la tour », le narrateur n’en est autre que le docteur Watson — parfois interrompu par la voix de Shibata, le serviteur japonais du détective russe. Qui sera le plus fin limier ? Sherlock Holmes, Arsène Lupin ou… Eraste Fandorine ?

Adolescents

Boris Akounine, La Prisonnière de la tour et autres nouvelles, Points, 2012, 280 p., 7 €

Robert Louis Stevenson, L’Ile au Trésor

Robert Louis Stevenson, L’Ile au Trésor

« M. Trelawney, le docteur Livesey et autres gentlemen m’ayant demandé de mettre par écrit tous les détails concernant l’Île au Trésor et de ne rien en omettre depuis le commencement jusqu’à la fin, sauf la position de l’île »… Sauf la position de l’île. Une phrase qui laisse songeur. Il me plaît à penser que François Gabart, en 68 jours de course, a entr’aperçue et dignement salué cette île fameuse. N’est-ce pas celle de nos rêves d’enfance, ceux qui ont poussé au large tant d’apprentis matelots ? Quant aux illustrations de Pierre Joubert, elles nous entraînent sur l’océan au rythme des vieux chants de marins !

Dès 12 ans, ou dès 8 ans si le livre est lu par un adulte

Robert Louis Stevenson, L’Ile au Trésor, illustrations de Pierre Joubert, Fleurus, 1992, 189 p. – D’occasion. Autres éditions, souvent en poche, pas toujours illustrées, parfois abrégées.