Thème

Mois : décembre 2012

Aquilino Ribeiro, Le Roman de la Renarde

Aquilino Ribeiro, Le Roman de la Renarde

« Voilà trois jours et trois nuits qu’Attrape-Minon – une jeune renarde artificieuse, enjôleuse et ripailleuse – courait les bois sans avoir réussi à mettre la patte sur d’autre gibier que quelques misérables sauterelles »… Eh oui, une renarde ! En portugais, la raposa connaît une destinée littéraire comparable à celle de son cousin Goupil. C’est donc tout naturellement qu’Aquilino Ribeiro (1885–1963) demanda à Benjamin Rabier (1864–1939) d’illustrer ces aventures pétillantes de malice.

Dès 10 ans

Aquilino Ribeiro, Le Roman de la Renarde, illustrations de Benjamin Rabier, Chandeigne, 2000, 192 p., 20,30 €

André Hellé, Histoire d’une boîte à joujoux

André Hellé, Histoire d’une boîte à joujoux

« Cette histoire s’est passée dans une boîte à joujoux. Les boîtes à joujoux sont en effet des sortes de villes dans lesquelles les jouets vivent comme des personnages. » Parmi eux, un soldat tombe amoureux d’une Poupée qui a donné son cœur à un Polichinelle paresseux et querelleur.
L’argument du ballet proposé en 1913 par André Hellé à Claude Debussy connut bien des déboires : déclaration de guerre, décès de Debussy, puis disparition prématurée de la jeune Chouchou Debussy… Le ballet La boîte à joujoux, mis en musique par Debussy en 1913, ne fut créé qu’en 1919.
Après avoir lu le livre, ou écouté en famille l’histoire racontée en musique, pourquoi ne pas programmer une visite du musée du Jouet de Poissy (Yvelines) ? Il y aura sûrement moins de monde que devant les vitrines des grands magasins ! Vous y verrez notamment la première exposition rétrospective consacrée aux jouets imaginés par André Laclôtre dit André Hellé (1871–1945), dont la célèbre Arche de Noé.
Contemporain de Caran d’Ache, Benjamin Rabier ou bien encore Poulbot, c’est en artiste d’avant-garde qu’André Hellé a façonné, au fil de ses très nombreuses créations un univers artistique épuré qui permet à l’enfant de d’approprier facilement ces jouets en bois et de rêver à la lecture de ces albums.

Dès 5 ans

André Hellé, Histoire d’une boîte à joujoux, Memo, 2012, 32 p., 29 €
Claude Debussy, La Boîte à joujoux, racontée par Natalie Dessay, version orchestrée, CD audio, 2005, Didier Jeunesse, 23,80 €
Musée du Jouet : 1, enclos de l’Abbaye – 78300 Poissy — Tous les jours sauf lundis et jours fériés, 9 h 30 – 12 h / 14 h‑17 H 30

Alex Cousseau, Mon grand-père devenu ours

Alex Cousseau, Mon grand-père devenu ours

« En me réveillant ce matin, j’ai eu envie que mon grand-père soit encore vivant. Il serait devenu un ours. Ensemble, on aurait attendu le printemps en hibernant près de la cheminée. Maman dit que les morts hibernent beaucoup plus longtemps que les vivants. Ça ne fait rien, nous attendrons. »
Au cœur de l’hiver – ou ayant l’hiver au cœur ? — la fillette part à la recherche du printemps. Une menotte dans la grosse patte de son « grand-père devenu ours ». Descendus sous terre, ils rencontrent la taupe. Grand-Père, ayant croqué une graine, s’endort. La fillette rentre à la maison, les yeux pleins de neige fondue. Au printemps, Grand-Père « sera devenu un arbre au milieu de la prairie ». Ça a l’air simple comme ça, mais il ne faut pas s’y fier…
Ce conte païen emprunte notamment aux mythes antiques sur les saisons, la fertilité et l’éternel retour. Cet ours tutélaire trouve des échos dans les mythologies européennes, tant grecque que romaine, celte, germanique et scandinave – et pour ainsi dire dans tout l’hémisphère nord. « Roi des animaux », l’ours est aussi l’ancêtre de l’homme – dans les Pyrénées, il est « lou Moussu », le Monsieur. Bien loin, en tout cas, d’un bisounours de feuilleton. Ce qu’a bien compris cette jeune émule d’Artémis !

Dès 5 ans

Alex Cousseau, Mon grand-père devenu ours, illustrations de Nathalie Choux, Sarbacane, 2012, 32 p., 14,90 €

Astrid Lindgren, Lutin veille

Astrid Lindgren, Lutin veille

« C’est la nuit. La vieille ferme dort et tous ceux qui y vivent. Elle est là, au milieu de la forêt. » Une nuit boréale, une ferme en bois rouge, avec une couronne sur la porte, une forêt blanche de neige… « Tout le monde dort, sauf un… Le lutin veille ». Un très, très vieux lutin que personne n’a jamais vu mais dont on voit, parfois, les petits pas pressés dans la neige. Un lutin familier, qui, en cette nuit de Noël, va saluer tous les hôtes de la ferme.
La Suédoise Astrid Lindgren (1907–2002) s’est inspirée pour ce conte d’un poème de Noël de son compatriote Viktor Rydberg (1828–1895). Ce lutin protecteur est en effet apparenté au « tomte de Noël », qui distribue cadeaux et friandises aux petits Scandinaves.

Dès 4 ans

Astrid Lindgren, Lutin veille, illustrations de Kitty Crowther, L’Ecole des loisirs, coll. « Pastel », 2012, 26 p., 12 €

Les plus belles chansons de mon enfance

Les plus belles chansons de mon enfance

De « La claire fontaine » à « V’la l’bon vent », plus de cent chansons, avec des partitions, des explications sur l’origine de la mélodie, de la berceuse ou de la complainte, et des illustrations fines et drôles à la fois.
Pour un Noël intemporel, révisez vite vos classiques : « Les anges dans nos campagnes », « Entre le bœuf et l’âne gris », « Il est né le Divin Enfant » et « Mon beau sapin ».

Dès 4 ans

Les plus belles chansons de mon enfance, Les Deux Coqs d’or, 2010, 320 p., 10 €

Margot Bruyère, Laennec, l’homme à l’oreille d’or

Margot Bruyère, Laennec, l’homme à l’oreille d’or

« — On vient d’amener dans la maison, au rez-de-chaussée, des canonniers blessés par un caisson. Je les ai rencontrés à l’instant. Il faut que j’aille les soigner. Vite, préparez de la charpie. Tu enverras Joseph me l’apporter, Désirée.
Il repartit aussi vite qu’il était venu, laissant sa famille statufiée. Ce fut la petite tante de Gennes qui reprit ses esprits la première :
— Désirée, donne-moi des vieux draps, s’il te plaît. Et toi, Théophile, viens m’aider à préparer des bandages.
C’est ainsi que Laennec accomplit le premier acte de sa carrière médicale. »
Il a tout juste douze ans, et vit, à Nantes, les affres de la Terreur.
Ce roman historique est la version « longue » du roman paru en 2010, L’oreille d’or du Dr Laennec, une révolution dans la médecine (Oskar Editions), consacré à la vie du docteur René-Théophile Laennec (1781–1826), inventeur du stéthoscope.
Le site internet de Margot Bruyère vous permettra d’en savoir plus et de découvrir le premier chapitre du roman. Pour éveiller de véritables vocations médicales : celles qui placent l’homme au premier rang de leurs préoccupations.

Adolescents

Margot Bruyère, Laennec, l’homme à l’oreille d’or, Coop Breizh, 2012, 416 p., 13,90 €

Jacqueline Vidal, Le Royaume de Branwen

Jacqueline Vidal, Le Royaume de Branwen

D’où peuvent bien venir ces deux jeunes filles, trempées, gelées, en larmes et bien désemparées qui tentent de traverser la place de la Concorde un 15 décembre pas si ancien que cela ? Si je vous dis qu’elles se prénomment Passiflore et Opaline, qu’elles portent des dentelles, s’expriment dans une langue raffinée et se disent princesses du royaume de Branwen ? Poursuivies par Mara la sorcière, elles ont, « tout simplement », franchi une « porte entre deux mondes ». Le début d’une série d’aventures à moult rebondissements.
Quand il s’agit de « fantaisie urbaine », tout est possible, le meilleur comme le pire. Jacqueline Vidal a choisi le meilleur : s’inspirer des littératures celtiques, jouer l’humour et le décalage, situer son récit à Paris (et à Nogent) – et non dans des régions anglo-saxonnes de pacotille. Elle donne la parole à des personnages bien typés, chaleureux, enthousiastes, combatifs ou très méchants – mais des méchants d’une affligeante stupidité, à l’image des farfadets Pustule, Bubon et Comédon ou du vampire Aïoli. Reste à savoir ce que peut la magie face à la bravoure, au courage et au dévouement !

Dès 10 ans

Jacqueline Vidal, Le Royaume de Branwen, tome 1 : La lame runique, Via Romana, 2012, 215 p., 15 €

Géraldine Elschner, La Nativité, illustrée par les fresques de Giotto

Géraldine Elschner, La Nativité, illustrée par les fresques de Giotto

« C’est l’ange Gabriel qui lui annonça son arrivée, un matin de printemps. « Tu mettras au monde un fils, que tu nommeras Jésus, dit-il. Il sera grand et on l’appellera Fils de Dieu. » Dans des mots très simples empruntés aux évangiles selon saint Luc et saint Matthieu, l’auteur raconte le cycle de la Nativité, de l’Annonciation à la fuite en Égypte. Le livre est superbement illustré de fresques de Giotto (1267–1337), principalement celles qui ornent la chapelle des Scrovegni à Padoue. Jusqu’à cette menotte potelée, serrant, en toute confiance, l’index de sa mère. Un gros plan d’une extrême émotion.

Dès 5 ans

Géraldine Elschner, La Nativité, illustrée par les fresques de Giotto, Minédition, 2011, 28 p., 14,20 €

Elsa Oriol, Déméter et Perséphone, un mythe grec

Elsa Oriol, Déméter et Perséphone, un mythe grec

« Il n’y avait qu’une seule saison en ce temps-là, et elle était toujours belle. La nature était continuellement en floraison. […] Déméter, la déesse de la Terre, vivait dans cet Olympe généreux avec sa fille adorée, Perséphone. » Quand, un beau jour, « Hadès, le dieu du Royaume des morts, surgit des entrailles de la terre »… Les couleurs vives et le trait vigoureux d’Elsa Oriol peignent ce mythe fondateur en s’inspirant des belles lumières de la Grèce.

Dès 5 ans

Elsa Oriol, Déméter et Perséphone, un mythe grec, Kaléidoscope, 2009, 34 p., 19,30 €

 

Axl Cendres, Le secret d’Esteban

Axl Cendres, Le secret d’Esteban

« Je me nomme Esteban Casillas. Je suis né, un matin de soleil, dans un de ces nombreux petits villages andalous, avec ses maisons blanches empilées sur la colline, ses toits de tuiles rouges et ses ruelles étroites. […] Je portais le même prénom que mon grand-père. Ma grand-mère, Babi comme je l’appelais, me parlait souvent de lui. Elle attendait que nous soyons seuls pour me raconter des centaines d’histoires. Sa voix tremblait quand elle me parlait de la première fois qu’elle l’avait vu, lorsqu’il n’était encore qu’un novillero, un novice qui ne combat que de jeunes taureaux. Il était grand, mince, et il avait l’allure d’un prince. »
Bravant l’interdit paternel, le garçonnet, têtu, parvient à ses fins : devenu un matador adulé, El Niño ira encore plus loin : il n’aura de cesse d’affronter El Eterno, L’Eternel, le plus dangereux, le plus mythique de tous les toros.
Un roman très court mais d’une densité rare. A faire lire aux adolescents rebelles : ils seront vite convaincus que tous les romans ne sont pas à l’eau de rose. Celui-ci a la couleur du Sangre de Toro, « ce vin rouge épais comme du sang, au goût d’épices et de réglisse ». Un sang qui ne saurait mentir.

Dès 12 ans. Pour les garçons « qui en ont ». Âmes sensibles, s’abstenir.

Axl Cendres, Le secret d’Esteban, Sarbacane, coll. « Mini-romans », 2012, 63 p., 6 €

Jean Portail, Contes et Légendes de Savoie, Fernand Nathan

Jean Portail, Contes et Légendes de Savoie, Fernand Nathan

« En ce temps-là, Charlemagne revenait de son expédition victorieuse contre Didier, roi des Lombards, ennemi du Pape et le sien, et il avait fait halte dans les montagnes de Savoie. » En ce temps-là, ou un peu avant, ou un peu après, vinrent à passer Noé, Gargantua, le baron de Blonay, le preux chevalier Aymon de Bellecombe, sa douce Alice, une sorcière, un sylphe, quelques ramoneurs, sans compter une marmotte et un chat… Enfin, pour ce qui est de ces deux charmants animaux, sait-on jamais qui se cache sous leur fourrure, surtout dans le monde des légendes… A lire au coin du feu en attendant les premières neiges !

Dès 12 ans

Jean Portail, Contes et Légendes de Savoie, Fernand Nathan, 1964, 256 p. D’occasion.

Noëls de Bulgarie

Noëls de Bulgarie

Un humble flocon de neige, une étoile aux cheveux d’or, un âne affamé – il est sûr que chaque Bulgare en a vu mille et cent dans sa vie. Quoi de plus naturel alors de les mettre en scène, la nuit de Noël, autour de la crèche ? Contes religieux de la lumière, du gel, ou d’animaux, ces aventures enchantent par leur mise en valeur des coutumes gastronomiques et folkloriques du peuple bulgare. Elles ravivent ainsi de couleurs locales la joie universelle de cet instant de grâce attaché au solstice d’hiver au sein de la vieille Europe.
Les Bulgares, bien qu’ils soient orthodoxes, fêtent Noël le 24 et le 25 décembre, avec des pains décorés, du cochon, des poèmes et des chansons.

Dès 10 ans. A lire en famille aux plus jeunes.

Noëls de Bulgarie, présentés par Ivan Batalov, Via Romana, 2012, 96 p., 14 €