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Mijade

George Orwell, La Ferme des animaux

« Quelle est donc, camarades, la nature de notre existence ? Regardons les choses en face : nous avons une vie de labeur, une vie de misère, une vie trop brève ! […] tout le produit de notre travail, ou presque, est volé par les humains. Camarades, là se trouve la réponse à nos problèmes. Tout tient en un mot : l’Homme. » La révolte gronde à la ferme. La révolte ? Non, la révolution ! Les cochons chassent le fermier, mais les ennuis vont vite commencer… Ce court roman, tenant de l’apologue, de la fable et de la dystopie, est paru en 1945, à une époque où régnait en Angleterre une sorte d’autocensure à l’égard de tout discours un tant soit peu antisoviétique. Il ne s’agit donc pas là d’un roman antispéciste ou vegan mais bel et bien d’une critique acerbe du stalinisme et des régimes totalitaires. Démodé ? Que non !
Si le roman existe en de nombreuses éditions de poche, cet album illustré par Quentin Gréban donne encore plus de vigueur à ce texte lucide et toujours actuel.

Dès 10 ans

George Orwell, La Ferme des animaux, illustrations de Quentin Gréban, Mijade, 2021, 30 € — Traduit de l’anglais par Jean Quéval. Imprimé en Belgique

Amélie Javaux, Le jour où je suis devenue plus méchante que le loup

« J’ai toujours eu peur du loup. Il est si impressionnant avec ses grandes dents et ses yeux méchants. » Même si des loups, on n’en voit pas si souvent… En fait, « il y en a un dans mon école. Mon loup s’appelle Agnès, elle se déplace toujours avec sa meute ». Et sa proie favorite n’est autre que notre narratrice… Jusqu’au jour où, nous dit-elle, lasse d’être l’éternelle victime, « je suis devenue plus méchante que le loup », ce qui bien sûr la mène droit à la catastrophe. Car, bien honnête et bien bonne, notre héroïne sera tout autant, si ce n’est encore plus malheureuse que le bambin victime de sa méchanceté… La présence d’un adulte compatissant aidera la fillette à reprendre confiance en elle. Une histoire très morale sur le harcèlement, qui en montre toutes les facettes, de la violence physique à la très insidieuse emprise morale que peut avoir un enfant sur un autre.

Dès 6 ans

Amélie Javaux, Le jour où je suis devenue plus méchante que le loup, illustrations d’Annick Masson, Mijade, 2021, 12 € — Imprimé en Belgique

Caroline Roque, Une grand-mère formidable

Caroline Roque, Une grand-mère formidable

Quand Basile apprend qu’il va passer quelques jours chez sa grand-mère, qu’il connaît peu, il s’inquiète et… enquête auprès de son amie Louna. Pour elle, c’est simple : une grand-mère, ce sont des crêpes à la confiture, des histoires, des aiguilles à tricoter. Alors, quand Mamie Adèle enchaîne les kilomètres à vélo, les longueurs de piscine et les parties de badminton, Basile se demande s’il a bien « une vraie grand-mère » ! Un album aussi dynamique qu’attendrissant, avec une grand-mère en jean, chic alors ! Rassurez vos petits Basile : Mamie Adèle va apprendre à faire des crêpes.

Dès 4 ans

Caroline Roque, Une grand-mère formidable, illustrations d’Estelle Mens, Mijade, 2019, 32 p., 12 € — Imprimé en Belgique.

Quentin Gréban, Un jour, je serai pompier

Quentin Gréban, Un jour, je serai pompier

L’ours blanc, le tigre et le chien posent avantageusement devant leur beau camion rouge… Et notre Oscar, petit ourson plein d’entrain, de rêver… « Il avait déjà un costume rouge et même un camion à pédales » ! Mais voilà que, pris par son enthousiasme, il enchaîne les catastrophes – enfin, de petites catastrophes – jusqu’à ce qu’une « mission » lui demande tout son courage. Une histoire tout en rondeur et en humour.

Dès 4 ans

Quentin Gréban, Un jour, je serai pompier, Mijade,2017, 12 €

Thierry Robberecht et Grégoire Mabille, Le loup tombé du livre

Thierry Robberecht et Grégoire Mabille, Le loup tombé du livre

« La bibliothèque de Zoé était pleine de livres, tellement pleine à craquer qu’un jour, un livre est tombé à terre et que le loup de l’histoire en est sorti. Dans le livre, c’était un loup terrible, tout noir avec des dents pointues, mais tout seul dans la chambre de Zoé, une chambre inconnue, le loup de l’histoire avait très peur. » Si peur du chat qu’il essaie, par tous les moyens, de réintégrer un livre douillet. Pas de chance, personne ne veut de lui, ni les moutons, ni les princesses, encore moins les dinosaures. Jusqu’à ce qu’il aperçoive, entre deux pages, une petite fille tout de rouge vêtue…
Contrairement à de nombreux albums parodiques qui demandent, pour rire un peu, d’avoir une solide connaissance des contes de fées, celui-ci se met à la portée des jeunes lecteurs – du moins de ceux qui, comme la Zoé de l’histoire, ont déjà beaucoup lu.

Dès 5 ans

Thierry Robberecht et Grégoire Mabille, Le loup tombé du livre, Mijade, 2015, 24 p., 12 €

Quentin Gréban, L’Histoire de saint Nicolas

Quentin Gréban, L’Histoire de saint Nicolas

« Ils étaient trois petits enfants,
Qui s’ennuyaient profondément.
Ils décidèrent comme distraction,
d’aller chasser les papillons. »
Comme le suggère la superbe 2CV de la grange, nous ne sommes plus à l’époque où les enfants vont « glaner aux champs ». Cela ne les empêche ni de se perdre, ni de frapper chez le boucher. Lequel, malgré son vieux frigo, les met tout de go au saloir. Mais voici le grand saint Nicolas, qui passe par là au bout de trois ans – il vient de Smyrne, ce n’est pas la porte à côté, mais nous, nous chantions « sept ans » – de relever les trois petits. Et de devenir, jusqu’à aujourd’hui encore chaque 6 décembre, le saint dispensateur de cadeaux dans une bonne partie de notre vieille Europe. Le texte se chante sur l’air traditionnel.

Dès 3 ans

Quentin Gréban, L’Histoire de saint Nicolas, Mijade, 2015, 24 p., 13 €
Quentin Gréban, D’Geschicht vum Hellegen Niklos, Mijade, 2015, 24 p., 13 €

Jean Maubille, Tu ne me reconnais pas ?

Jean Maubille, Tu ne me reconnais pas ?

«  J’ai une belle paire de gants blancs. » Mais encore ? Un manteau rouge et une barbe blanche, longue et douce. Mais oui ! Je suis saint Nicolas ! Eh non, je ne suis pas le Père Noël, parce que Mijade, c’est en Belgique et qu’à Namur, c’est bien saint Nicolas qui vient gâter les enfants. Un album tout en carton pour faire patienter et rêver les tout-petits.

Tout-petits, avant 3 ans

Jean Maubille, Tu ne me reconnais pas ?, Mijade, 2013, 14 p., 9 €

Quentin Gréban, Oups !

Quentin Gréban, Oups !

Une petite gourmande – miam, la bonne glace vanille-fraise ! – promène son chien le nez en l’air. Lequel, trouvant une balle rouge, n’a de cesse de jouer. Mais quand il ramène la baballe, celle-ci n’est pas seule : quelle farandole ! Chaque double page raconte, sans parole, un épisode de la catastrophe. Désopilant ! A lire le 1er avril, un jour où, par tradition, on n’est pas très sérieux.

Dès 3 ans

Quentin Gréban, Oups !, Mijade, 2013, 26 p., 11,50 €

Kazuo Iwamura, Les amis de la colline Beausoleil

Kazuo Iwamura, Les amis de la colline Beausoleil

Vous êtes-vous jamais demandé ce que lisent, devenus des « grands », les enfants qui se sont régalé des aventures sans fin de la Famille Souris ? Kazuo Iwamura ne les a pas oubliés ! Avec Les amis de la colline Beausoleil, les jeunes lecteurs retrouveront leur bestiaire favori, dans l’ambiance d’un Japon immuable et rural : la lapine Capucine Grignotte, la dame mulot Chloé Picoti, le pic Kizuki, le renard Ulysse Rusard… et bien sûr l’écureuil Robin Casse-Noisettes qui « adorait résoudre les mystères et se mit à regarder dans toutes les directions pour voir si par hasard il n’y en aurait pas un qui se cacherait quelque part »…
Kazuo Iwamura (né en 1939) a même fondé le Musée Kazuo-Iwamura de la Colline du livre illustré (Iwamura Kazuo o‑ehon no oka Bijutsukan), au nord de Tokyo. Ce musée est entièrement dédié aux enfants, aux livres qui leur sont destinés et à la nature. Qui est allé voir ?

Dès 8 ans (ou avant, en lecture familiale)

Kazuo Iwamura, Les amis de la colline Beausoleil – T. 1 : Robin Cache-noisettes, Mijade, 2012, 112 p., 6 €

 

Geraldine McCaughrean, L’Horloge de Grand-mère

Geraldine McCaughrean, L’Horloge de Grand-mère

« Chez Grand-mère, dans l’entrée, il y a une grande horloge mais elle ne marche pas », constate la petite fille de l’histoire. Parce que Grand-mère a des façons bien à elle de mesurer le temps. Des instants, qui sont « le temps d’un battement de cils », à « ce que disent les étoiles », Grand-mère évoque tour à tour les heures, les jours, les mois, des années, dans une relation au temps qui va bien au-delà du temps des horloges et des calendriers. Ces temps de la vie sont illustrés avec tendresse et sérénité, tout en couleurs vives et en lignes simples. Un petit plus pour l’image des grands-parents : ces sexagénaires, actifs, affectueux et philosophes, ne sont en rien cacochymes !

A partir de 5 ans

Geraldine McCaughrean, L’Horloge de Grand-mère, Mijade, 2005, 30 p., 5,20 €.