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Emilie Vast, Je confonds tout !

Vous savez tous que je suis l’actualité d’Emilie Vast avec une grande attention, car ses albums offrent toujours l’occasion de s’émerveiller. Avec Je confonds tout !, elle nous régale autant par le scénario que par son humour et son trait, si simple (en apparence !). Lapin Brun raconte une histoire à son compère : « Alors voilà : un jour Escargot décide de partir en voyage. Il quitte sa maison et devient une limace. » « N’importe quoi ! Ce n’est pas possible », rétorque Lapin beige, qui explique un peu plus loin que « les limaces ne sont pas des escargots sans coquille. Ce sont deux animaux différents mais de la même famille : les gastéropodes ». Et hop ! Un nouveau mot vite appris !
Corbeaux, guêpes et abeilles, chameau et dromadaire, mouette et goéland, serpent et lézard, pingouin et manchot : à chaque fois que Lapin Brun tente de relancer son histoire, à chaque fois, Lapin Beige le renvoie dans ses buts – ou plutôt à la réalité du monde. Mais sans se fâcher, en jouant de finesse et d’humour. C’est drôle, c’est tendre, c’est farfelu et comme toujours chez MeMo, c’est fabriqué avec soin sur un beau papier mat.

Dès 2 ans

Emilie Vast, Je confonds tout !, MeMo, 2022, 48 p., 14 € — Imprimé en Europe

Anne Crausaz, Une nuit au jardin

Avec le printemps, la nature se réveille doucement et les nuits vont être moins frisquettes. Quelle belle occasion d’aller voir ce qui se passe au jardin quand on croit que tout dort… Anne Crausaz nous y conduit sur la pointe des pieds : qu’allons-nous découvrir sous son pinceau magique ? Une luciole, une sauterelle, quelques fleurs, mais sublimées par son regard et son talent. Que faire d’autre que nous émerveiller, nous aussi ? Un album grand format, à la couverture photoluminescente – à vous de trouver des piles pour votre lampe de poche !

Dès 4 ans

Anne Crausaz, Une nuit au jardin, MeMo, 2021, 28 p., 20 € — Imprimé en Europe

Hans Christian Andersen, Quatre contes

Si les deux contes « Poucette » et « La Princesse et le petit pois » sont encore connus, les deux autres contes de ce recueil le sont moins : « Le Briquet » et « Grand-Claus et Petit-Claus », qui font aussi partie des tout premiers contes publiés par Andersen. Tout n’est pas rose, loin de là, dans ces contes ! Avarice, vengeances, ruses… l’astuce est récompensée, la bêtise lourdement sanctionnée, le goût de l’argent et du luxe peut faire perdre la tête, les rois et les reines ne sont pas tous des modèles.
Seul le monde imaginaire de Poucette mène à une conclusion vraiment optimiste : après moult aventures et un long voyage sur les ailes d’une hirondelle, Poucette devient la reine d’un pays chaud, où chaque fleur est habitée par un petit personnage ailé. Les trois autres contes vont entrer le merveilleux dans un Danemark où la vie est rude, où chaque sou compte et où les assiettes ne se remplissent pas seules, le Danemark de l’enfance d’Andersen.
Paru en 1942, à Anvers, ce recueil est merveilleusement illustré en quatre couleurs par Elisabeth Ivanovsky, au plus haut de son art. La traduction, réalisée dans la première moitié du 20e siècle par Étienne Avenard, enlevée et sonnante, rend à ces contes toute leur verve. Je n’ai pas comparé ligne à ligne avec d’autres traductions mais il me semble que le texte est complet, sans coupes ni adaptations, ce qui redonne toute leur vigueur à ces contes.

Dès 8 ans

Quatre contes d’Andersen, illustrations d’Elisabeth Ivanovsky, MeMo, 2021, 64 p., 18 € — Traduit du danois par Etienne Avernard.

Françoise Morvan, La berceuse du marchand de sable et autres chansons douces

« Le ciel est plein de paysages,
On voudrait partir en voyage,
Sans élan, sans bruit, lentement,
Sur le dos d’un grand oiseau blanc. »
Des ondines et des gnomes, un renard et des pies, Cendrillon et Merlin, un canard sauvage, Jean-de‑l’Ours et Niels… Toutes ces figures passent sous nos yeux ébahis, en attendant que passe le Marchand de sable dont la berceuse, si douce, nous invite au rêve plus qu’au sommeil.
Ou comment la poésie est le meilleur chemin pour transmettre les traditions populaires, cette « source vive, à préserver comme précieuse et fragile entre toutes » comme le précise Françoise Morvan. Les subtiles illustrations de Pierre Favreau sont aussi légères qu’un nuage ou qu’un vieil oreiller de plumes. A apprendre avec le cœur.

Dès 6 ans et pour toute la famille

Françoise Morvan, La berceuse du marchand de sable et autres chansons douces, illustrations de Pierre Favreau, MeMo, 2020, 36 p., 13 € — Imprimé en Europe

Gaya Wisniewski, Chnourka

Gaya Wisniewski, Chnourka

Où vont donc Mirko le jeune chat, Zachary le petit chien et Emile la grue, dans ce traîneau tiré par Tomek le bison ? Pourquoi bravent-ils la tempête de neige qui s’est abattue sur la forêt ? Pour rejoindre « une maison endormie dans la neige, gelée et couverte de glace. La maison de Chnourka. […] Collés à la vitre de la véranda, les quatre amis observaient une petite forme emmitouflée dans une grosse couverture en laine. Un bonnet rouge en dépassait. Mirko tambourina au carreau.
— Chut ! Je pensais la réveiller plus doucement, dit Zachary. Tu sais, le monde des rêves est un lieu fragile ».
Que d’aventures attendent les cinq amis dans cet hiver finissant ! Ils s’émerveilleront aussi de l’arrivée du printemps.
Chnourka et ses amis vivent dans un pays voisin de celui des Moumines, gentiment onirique et plein de belles intentions. Et chez vous, le printemps est-il bien arrivé ?

Dès 5 ans

Gaya Wisniewski, Chnourka, MeMo, 2019, 56 p., 16 € — Imprimé en Europe

Emilie Vast, Jusqu’en haut

Emilie Vast, Jusqu’en haut

« Sur le sol de la forêt, Coati cherche des fruits.  Quand soudain, Ocelot lui tombe dessus. Pendre un ocelot sur le dos, c’est douloureux ! » Coati va donc essayer de savoir pourquoi Ocelot lui est tombé dessus. Et Ocelot d’expliquer que c’est Ibis qui l’a piqué de son bec… Le lecteur va remonter tout au long des arbres de l’immense forêt amazonienne, jusqu’à la canopée, « là où la brise est légère ». Il ira ainsi à la rencontre du coati, de l’ocelot, de l’ibis rouge, du tamandua, du toucan, du paresseux, du singe hurleur, de l’ara bleu et du singe-écureuil. Ce dernier serait-il donc à l’origine de cette série de « pourquoi » ? De ces « pourquoi ? » sans fin qui, à défaut de nous faire monter aux arbres, nous font parfois grimper aux rideaux ! Ici, la fin est drôle et tendre, aussi tendre que les dessins d’Emilie Vast qui ne cesse de nous enchanter dans ses albums épurés, où l’art vit en parfaite harmonie avec la nature.

Dès 3 ans

Emilie Vast, Jusqu’en haut, MeMo, 2019, 48 p., 16 € — Imprimé en quadrichromie et en Europe

Emilie Vast, Moi, j’ai peur du loup

Emilie Vast, Moi, j’ai peur du loup

Deux lapins discutent dans la nuit.
« Je peux te dire un secret ? Moi, j’ai peur du Loup.
– Ah oui ! Pourquoi ?
– Parce qu’il a de grandes dents !
– Mais non, c’est le… morse qui a de grandes dents ! »
Au fil des pages, l’un des lapins – oreilles baissées, yeux effarouchés — égrène les éléments qui font du loup un animal effrayant. Son compagnon – oreilles dressées et stature rassurante — attribue ces terribles yeux, dents, oreilles, queue… à un animal différent et surtout inoffensif – foi de lapin. Quand apparaît le dessin de l’animal imaginé, le collage est si drôle que la peur s’envole et laisse la place au rire. Faut-il avoir encore peur du loup ?
Cette fable aidera les petits non seulement à surmonter leurs peurs, mais aussi à passer outre les atermoiements et autres autocensures souvent inconscientes. Les illustrations stylisées, douces et poétiques d’Emilie Vast — lignes pures, couleurs en aplat et contrastes — sont toujours aussi subtiles, comme le montre cet extrait.

Dès 3 ans

Emilie Vast, Moi, j’ai peur du loup, MeMo, 2018, 52 p., 13 €

Ylla, Deux petits ours

Ylla, Deux petits ours

« Deux oursons sont nés dans la tanière cette année. Bien à l’abri sous la neige et sous la terre, le frère et la sœur attendent le printemps. A présent, ils voudraient découvrir le monde et courir dans les champs. »
Pour photographier les deux héros de ce livre illustré, Ylla n’avait pas hésité à acheter deux oursons et à les nourrir au biberon. Bien cachée derrière son objectif, elle raconte… Les deux oursons à peine sortis de leur tanière courent dans les champs, se disputent, grimpent aux arbres pour dénicher des oiseaux – quitte à se retrouver nez à nez avec… un raton laveur ! Ils en perdent leur maman, partie chercher du miel. Des photos craquantes de ces petites boules de poils au regard perçant et si expressif !
Née à Vienne de parents roumain et hongrois, Ylla (1911–1955), de son vrai nom Camilla Koffler, se fait connaître à Paris, puis à New York, en tant que photographe animalière. En 1954, elle publie Two Little Bears chez Harper & Brothers à New York. En plein « âge d’or » du livre illustré de photographies, cet ouvrage connaît un succès mondial et sera tiré à plus de 100 000 exemplaires. Une réédition bienvenue !

Dès 4 ans

Ylla, Deux petits ours, MeMo, 2018, 40 p., 16 €

Sesyle Joslin, Qu’est-ce qu’on dit ?

Sesyle Joslin, Qu’est-ce qu’on dit ?

« Tu descends en ville faire tes courses. Tu marches à reculons, parce que parfois ça te plaît de marcher comme ça, et, vlan, tu rentres dans un crocodile. Qu’est-ce qu’on dit, chérie ? » Et face au crocodile, une jeune personne au chapeau extravagant susurre : « Veuillez m’excuser. »
Ce « Manuel de savoir-vivre à l’usage des jeunes gens comme des jeunes personnes destiné à servir de guide dans la conduite quotidienne de la vie en société » est une parodie succulente, riche en conseils pour survivre à toute situation absurde. Qu’est ce qu’on dit ? est la seconde traduction de What do you do, dear ? qui a obtenu en 1959 la médaille Caldecott, distinction du prix littéraire jeunesse le plus important des États-Unis.

Dès 4 ans

Sesyle Joslin, Qu’est-ce qu’on dit ?, ou l’art d’être poli en toute occasion, illustrations de Maurice Sendak, MeMo, 2017, 48 p., 14 € — Traduit de l’anglais par Françoise Morvan. L’album a été précédemment traduit sous le titre Que dites-vous cher ami ?, par Catherine Chaine, L’école des loisirs, 1979.
Des mêmes auteurs, dans la même collection : Qu’est-ce qu’on fait ?, ou l’art d’être poli en toute occasion, MeMo, 2017, 48 p., 14 € — Traduit de l’anglais par Françoise Morvan.

Émilie Vast, Abeille et Épeire

Émilie Vast, Abeille et Épeire

« Abeille est travailleuse. Elle butine le nectar et collecte le pollen des fleurs. Pendant ses allers-retours à la ruche, elle ne peut s’empêcher d’observer la drôle de danse d’Épeire. » Et quand, par mégarde, elle se prend les pattes dans la toile, c’est l’occasion toute trouvée pour nos deux commères de faire connaissance. Si Épeire travaille juste pour elle, Abeille explique qu’elle « travaille pour la ruche » et nous en explique le fonctionnement. Et toutes deux de s’inquiéter des insecticides employés par nous, les humains. Un parti pris donc très écologique pour cette fable animalière, qui aidera aussi les enfants à ne plus avoir peur ni de la « bêbête qui pique » ni de l’araignée… Ajoutez à cela le trait subtil d’Emilie Vast et ses aplats de couleurs mates, le beau papier des éditions MeMo, et nous voilà comblés. Pour feuilleter l’album, c’est ici.

Dès 4 ans

Émilie Vast, Abeille et Épeire, MeMo, 2017, 32 p., 13 €

Janik Coat, Bon anniversaire, Popov !

Janik Coat, Bon anniversaire, Popov !

Où donc se rend notre ami Popov, tout propre après son bain ? Que va-t-il donc faire au château de la princesse ? Les cadeaux et les gâteaux attendent les crayons de couleur pour briller de tous leurs feux ! Ah, j’allais oublier : Popov est un hippopotame ! C’est très important à savoir pour bien choisir les cadeaux à lui offrir ! Un album à colorier qui raconte une histoire.

Dès 4 ans

Janik Coat, Bon anniversaire, Popov !, MeMo, 2015, 28 p., 9 €

Emilie Vast, Couac

Emilie Vast, Couac

« Cette nuit-là, la cigogne perdit l’œuf qu’elle transportait. Par chance, amorti par les nuages, il traversa le ciel sans ennui et atterrit doucement dans un nid. » Mais, quand de l’œuf sortit un poussin tout gris, l’aventure ne faisait que commencer. De qui était-il bien le petit ? Du canard, du vanneau, de l’aigrette, de la poule d’eau ? Que nenni. Et notre poussin de partir se comparer tour à tout au flamant rose, à l’aigle, au pélican, au manchot, au hibou… Pas plus de succès chez l’un que chez l’autre… De son trait délicieux et de son humour tendre, Emilie Vast réinterprète ici le Vilain Petit Canard d’Andersen. Au livre correspond un spectacle pour tout-petits, dont le programme est ici.

Dès 3 ans

Emilie Vast, Couac, d’après le spectacle d’Angélique Friant, MeMo, 2015, 32 p., 13 €