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L’Élan vert

Géraldine Elschner, La petite danseuse : Edgar Degas

La petite Jeanne, éprise de musique, dessine des claviers de piano comme d’autres des marelles, et elle danse, elle danse… Comme elle danse le jour où, enfin, sa mère, simple blanchisseuse, la présente au concours des petits rats de l’Opéra. «  A l’annonce des résultats, toutes deux bondissent de joie. Réussi ! Elle a réussi ! » La voilà soumise à cet entraînement quotidien, si exigeant et si douloureux. Dans un recoin de la salle, un monsieur, lui, dessine et dessine encore… Edgar Degas. Un beau jour, il demande à Jeanne de remplacer Marie, son modèle habituel. Géraldine Elschner, qui a retrouvé ses chaussons de petite fille, a trouvé les mots justes pour évoquer la vie quotidienne des petits rats. Olivier Desvaux, lui, grand connaisseur de Degas, a passé deux saisons à peindre les répétitions de danse au Palais Garnier. Le pas de deux qu’ils nous offrent ici est éblouissant ! Quelle belle leçon de faire ainsi revivre cette Petite Danseuse ! Entre danse classique, musique, peinture et sculpture, cette histoire nous plonge dans l’art, le talent, le perfectionnisme et le travail acharné des artistes.

Dès 6 ans

Géraldine Elschner, La petite danseuse : Edgar Degas, illustrations d’Olivier Desvaux, coédition Canopé et L’Elan vert, coll. « Pont des arts », 2019, 32 p., 14,95 € — Imprimé en Chine

Michel Séonnet, Un jour particulier, Jean-François Millet

Michel Séonnet, Un jour particulier, Jean-François Millet

« Tout à coup, Jeanne-Marie s’était arrêtée. Ils étaient arrivés au bord du champ où travaillaient les femmes. Dans la lumière éclatante de midi, on aurait cru voir un tableau d’église. Ces femmes courageuses au travail. Leurs gestes lents et précis. Les maigres épis qu’elles avaient dans les mains. Le soleil qui paraissait soutenir leur effort. » Jeanne-Marie, son panier au bras, apporte leur déjeuner aux femmes parties depuis l’aube. Dans un coin de ce paysage d’Ile-de-France, mais on ne le voit pas dans l’album, un homme a sorti son carnet de croquis. Ces glaneuses… il lui faudra dix ans de recherches et de travail pour achever ce si célèbre tableau, en 1857 – aujourd’hui au musée d’Orsay.
Attitudes, lumières, cadrage… Olivier Desvaux, peintre officiel de la Marine et peintre résident à l’Opéra Garnier, s’est inspiré non seulement des tableaux de Jean-François Millet (1814–1875) mais aussi de ses contemporains qui ont excellé à peindre le monde paysan, tels Julien Dupré ou Jules Bastien-Lepage. Le résultat est superbe et magnifie le labeur de ces glaneuses et la vie difficile de Jeanne-Marie, tout en ouvrant à une belle réflexion sur le travail et la pauvreté.

Dès 8 ans

Michel Séonnet, Un jour particulier, Jean-François Millet, illustrations d’Oliver Desvaux, L’Elan vert, coll. « Pont des arts », en collaboration avec le Réseau Canopé, 2019, 32 p., 14,95 € — Imprimé en Chine

Éric Battut, Blancs éternels

Éric Battut, Blancs éternels

Du sentier qui traverse l’alpage au sommet, à plus de 4000 mètres, Éric Battut nous convie à une superbe course en montagne. « Sur le glacier, nous sommes prudents. Nous avançons, piolet en main, pour éviter les terribles crevasses, larges et profondes, de cet immense fleuve de glace », mais quelle joie de rencontrer, au sommet, une cordée venue de l’autre versant. Hauts pâturages en papier Canson vert tendre, manteau de neige en papier de soie, blizzard en rayures de peinture planche : Éric Battut associe avec talent papiers découpés et déchirés, camaïeux de blancs et jeux de transparence pour un résultat tout en poésie. La typographie se fait un malin plaisir à divaguer dans la page, cabriolant avec les chamois et ne quittant pas d’une lettre cette vaillante petite cordée. Un modèle aussi pour inciter les enfants à créer leurs paysages de rêve !

Dès 5 ans

Éric Battut, Blancs éternels, L’Élan vert, 2017, 32 p., 13,50 €