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Le Genévrier

John Canty, Tête à queue

John Canty, Tête à queue

« Je suis couvert de fines écailles. Je suis long et mince. Ma morsure peut être venimeuse. Je suis un… » Un animal dont on ne voit que la queue – et dont la tête se découvre à la page suivante. « Un serpent », bien sûr ! A la queue leu leu, éléphant, lapin, serpent, tigre… se laissent deviner sur ces superbes aquarelles légendées de courts textes colorés, pédagogiques et légers à la fois.

Dès 4 ans

John Canty, Tête à queue, Le Genévrier, 2018, 36 p., 14 € — Traduit de l’anglais (Australie)

Kevin Henkes, L’Attente

Kevin Henkes, L’Attente

Une chouette et un cochon, un chiot, un ourson et un lapin, ils sont cinq à attendre, en regardant par la fenêtre. Mais qu’attendent-ils donc ? La neige ? Un visiteur ? Une surprise ? Ces cinq amis ne sont autres que des jouets ou des bibelots – de ceux que l’on pose sur le rebord d’une fenêtre. Il se passe tant de choses quand on sait bien regarder par la fenêtre, tous les rêveurs vous le diront, c’est mille fois mieux que tous les écrans du monde. Des couleurs tendres, de la place pour le « blanc » de la page, des textes poétiques, un soupçon de mystère, un classicisme épuré – bref, tout ce qu’il fallait pour que cet album reçoive le prix Caldecott Honor début 2016. Pour feuilleter l’album, c’est ici.

Dès 3 ans

Kevin Henkes, L’Attente, Le Genévrier, coll. « Caldecott », 2017, 32 p., 14 € — Traduit de l’anglais.

Charles Perrault, La Barbe bleue, illustrations de Sara

Charles Perrault, La Barbe bleue, illustrations de Sara

« Il était une fois un homme qui avait de belles maisons à la ville et à la campagne, de la vaisselle d’or et d’argent, des meubles en broderie, et des carrosses tout dorés ; mais par malheur cet homme avait la Barbe bleue : cela le rendait si laid et si terrible, qu’il n’était ni femme ni fille qui ne s’enfuît de devant lui.
Une de ses voisines, dame de qualité, avait deux filles parfaitement belles. Il lui en demanda une en mariage, et lui laissa le choix de celle qu’elle voudrait lui donner. Elles n’en voulaient point toutes deux, et se le renvoyaient l’une à l’autre, ne pouvant se résoudre à prendre un homme qui eût la barbe bleue. Ce qui les dégoûtait encore, c’est qu’il avait déjà épousé plusieurs femmes, et qu’on ne savait ce que ces femmes étaient devenues. »
Ce terrible conte, qui met en garde les petites demoiselles contre certains prédateurs, est illustré ici de papiers découpés aux couleurs si franches qu’elles en deviennent violentes – aussi violentes que le thème du conte. De plus, l’illustratrice a planté un décor des plus contemporains : belle voiture, villa de luxe, silhouettes à la mode – jusqu’aux frères appelés par sœur Anne qui déboulent enfin sur leurs motos. Un choix donc délibéré et assumé – on aime ou on déteste, mais cela ne laisse pas indifférent. Une fois n’est pas coutume, je vous présente donc un album qui me dérange – mais n’est-ce pas la force du conte de Barbe-bleue, ici en version intégrale, de nous faire frémir aujourd’hui encore ?

Dès 8 ans, une lecture à accompagner.

Charles Perrault, La Barbe bleue, illustrations de Sara, Le Genévrier, 2016, 56 p., 18 €