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illustrations de François Place

Timothée de Fombelle, Tobie Lolness

Timothée de Fombelle, Tobie Lolness

« Tobie mesurait un millimètre et demi, ce qui n’était pas grand pour son âge. Seul le bout de ses pieds dépassait du trou de l’écorce. Il ne bougeait pas. » Cette immobilité ne va pas durer, car, de page en page et de chapitre en chapitre, le lecteur va courir, haletant, derrière Tobie, Elisha et leurs amis. Et quand l’un ou l’autre se cache, ce sont alors les méchants qui n’ont de cesse de les rattraper. Leur univers ? Un chêne magnifique, dont l’équilibre est menacé par Jo Mitch, lequel représente tout ce qu’il y a de pire au monde : homme d’affaires véreux, dictateur violent et pervers. Une figure du mal illustrée à grand renfort d’uniformes des années 1930, tout comme les prisons sont la quintessence des pires goulags. Si les illustrations de François Place collent bien au texte, elles engagent néanmoins la lecture dans une direction un peu convenue. Au-delà de la fable écologique et du plaidoyer contre la violence, le roman a bien d’autres facettes : aventure, amitié, quête de soi, magie parfois, tout cela reste hors de notre temporalité.
Pour les dix ans du roman, Gallimard réédite toute l’histoire de Tobie Lolness en un volume. (Tome I : La vie suspendue — Tome II : Les yeux d’Elisha). De plus, la jaquette, dépliée, n’est autre qu’une affiche, recto-verso, où François Place a représenté l’arbre monde en été et en hiver. Bon anniversaire, Tobie !

Dès 10 ans

Timothée de Fombelle, Tobie Lolness, illustrations de François Place, Gallimard Jeunesse, 2016, 672 p., 25,90 €

Michael Morpurgo, Le Roi de la forêt des brumes

Michael Morpurgo, Le Roi de la forêt des brumes

Chine, pendant la guerre sino-japonaise, disons en 1937–1938. Le jeune Ashley Anderson doit fuir la mission hôpital où officie son père. Cornaqué par Oncle Sung, un moine tibétain, le voilà parti sur les sentiers qui mènent aux contreforts de l’Himalaya. Personne ne doit découvrir qu’un Européen se cache sous le manteau – et la crasse – du pèlerin, ce qui conduit nos deux personnages à emprunter des cols de haute altitude. Quand la neige et la faim s’en mêlent, l’aventure vire au drame… C’est alors qu’Asley est recueilli par d’énormes créatures – des yétis. Le monde réel s’efface devant un monde merveilleux, une autre aventure commence alors… Qui sont donc ces « hommes des neiges » ? Ashley découvre – et nous avec lui – une étrange société mi-animale mi-humaine, sa vie quotidienne, son langage et ses rites.
Ah ! Ce yéti ! D’Hergé à Jordi Magraner, il n’a pas fini de nous faire rêver. Les aquarelles de François Place ajoutent au charme du roman : empruntant le style des croquis de voyage, elles nous entraînent de la Chine au Tibet, des sommets enneigés à la forêt des brumes.

Dès 10 ans

Michael Morpurgo, Le Roi de la forêt des brumes, illustrations de François Place, Gallimard Jeunesse, 2013, 224 p., 15,90 € — Ou sans illustrations, Folio Junior, 2008, 224 p., 8,50 €