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Hans Christian Andersen

Hans Christian Andersen, Hans le balourd

Hans Christian Andersen, Hans le balourd

« Il y avait dans la campagne un vieux manoir et, dans ce manoir, un vieux seigneur qui avait deux fils si pleins d’esprit qu’avec la moitié ils en auraient déjà eu assez. Ils voulaient demander la main de la fille du roi mais ils n’osaient pas car elle avait fait savoir qu’elle épouserait celui qui saurait le mieux plaider sa cause. » Et chacun de fourbir ses plus beaux discours… « quand soudain arriva le troisième frère – ils étaient trois, mais le troisième ne comptait absolument pas, il n’était pas instruit comme les autres, on l’appelait Hans le Balourd. » Ah, cde « numéro trois » ! Toujours plus drôle, plus inventif, plus créatif, car il faut bien tenir ses lecteurs en haleine – juste le temps qu’il faut. Bref, après toute une série de péripéties illustrées avec beaucoup d’humour par Philippe Lejonc, « Hans le Balourd devint roi, il eut une femme et une couronne et s’assit sur un trône et c’est le journal qui nous en informa… mais peut-on vraiment se fier aux journaux ? »

Dès 5 ans

Hans Christian Andersen, Hans le balourd, illustrations de Régis Lejonc, Rue du Monde, 2005, 32 p., 16 €

Hans-Christian Andersen, La Petite Sirène, illustrations de Bilibine

Hans-Christian Andersen, La Petite Sirène, illustrations de Bilibine

« En pleine mer, l’eau est toute bleue, comme les pétales des bluets, et si transparente qu’on dirait du cristal. Et quelle profondeur ! Il faudrait poser l’un sur l’autre un nombre infini de clochers, pour que le dernier pût montrer sa pointe au-dessus des eaux. C’est tout au fond que vivent les sirènes. » Alors, pourquoi une petite sirène de quinze ans à peine vint-elle a quitter ce royaume enchanté ?
Le célèbre conte d’Andersen, donné ici dans sa version d’origine, est magnifiquement illustré par Bilibine (1876–1942), dont les décors sont riches de symboles.

Dès 6 ans (à lire tout seul dès 9 ans)

Hans-Christian Andersen, La Petite Sirène, illustrations de Bilibine, Flammarion, coll. « Père Castor », 2005, 24 p., 10,50 €

Hans Christian Andersen, Le vaillant petit soldat de plomb

Hans Christian Andersen, Le vaillant petit soldat de plomb

Il fut un temps où les petits garçons recevaient pour leur Noël une boîte de soldats de plomb. Tous pareils. Sauf… sauf dans cette boîte, précisément, où « l’un d’entre eux, toutefois, semblait légèrement différent. Dernier à avoir été fondu, il ne possédait qu’une seule jambe, faute de plomb suffisant. Malgré cela, le torse bombé et le regard invincible ». Mais voici que passe une charmante ballerine… Comment conquérir son cœur ? Comment vaincre les périls ? Des illustrations de grande qualité, inspirées des traditions scandinaves, et une traduction adaptation très honnête, dans ce sens où elle ne laisse aucune mésaventure de côté – jusqu’au drame final.

Dès 5 ans

Hans Christian Andersen, Le vaillant petit soldat de plomb, adaptation de Lucile Galliot, illustrations de Sophie Allsopp, Quatre-Fleuves, 2013, 22 p., 15,80 €

 

Hans-Christian Andersen, La Reine des neiges

Hans-Christian Andersen, La Reine des neiges

« Car c’était un méchant troll ; c’était un des pires, c’était ‘le diable’. Un jour, il était de très bonne humeur, parce qu’il avait fabriqué un miroir ; et ce miroir avait cette propriété que tout le bon et le beau qui s’y réfléchissait s’y réduisait à presque rien. » Alors, lorsque ce miroir se casse et qu’un éclat entre dans l’œil du pauvre Kay… Toutes vos forces ne seront pas de trop pour soutenir son amie Gerda et éviter que les deux enfants ne se gèlent le cœur.
Le texte intégral, le vrai de vrai, à lire ou relire. Avant ou à la place du film ? A vous de juger… Mais ils ont dû prendre un éclat de miroir dans l’œil, chez Disney : leur nouvelle « Reine des neiges » (Frozen en anglais) se moque éperdument du texte d’Andersen. A ce niveau-là, ce n’est plus de l’adaptation, c’est du vol !

Dès 8 ans

Hans-Christian Andersen, La Reine des neiges, Folio Junior, 2013, 96 p., 4 €

Hans Christian Andersen, Contes

Hans Christian Andersen, Contes

« Bien loin dans la mer, l’eau est bleue comme les feuilles des bluets, pure comme le verre le plus transparent, mais si profonde… […] C’est là que demeure le peuple de la mer. » Et plus précisément six jolies princesses qui, le jour de leurs quinze ans, ont le droit de monter à la surface. Jusqu’à ce que la plus jeune se prenne d’un impossible amour pour un jeune prince, bien humain.
Ce bel album réunit neuf des plus célèbres contes d’Hans Christian Andersen dans leur version originale : L’Intrépide Soldat de plomb, Les Habits neufs du Grand-duc, La Bergère et le Ramoneur, La Princesse sur un pois, La petite Poucette, La petite Sirène, Le vilain petit Canard ‚Les Cygnes sauvages et Le Rossignol.
Peintre, illustrateur et graveur, Claire Degans illumine ces contes de ses couleurs acidulées et chaleureuses, avec des illustrations pleine page qui font déjà ce cet album un grand classique.

Dès 7 ans, lecture par un adulte, puis lecture suivie

Hans Christian Andersen, Contes, illustrations de Claire Degans, Editions Gründ, 2012, 190 p., 19,95 €

Hans Christian Andersen, La Petite Poucette

Hans Christian Andersen, La Petite Poucette

Aller demander à une vieille sorcière le moyen d’avoir un enfant, cela n’est pas sans risque… La Petite Poucette n’en fit pas moins le bonheur de ses parents, jusqu’à son enlèvement par un vilain crapaud. Est-elle la cousine de Nils Holgersson, ou une figure nordique de Perséphone ? Toujours est-il qu’après moult aventures, elle n’épousera ni le fils du crapaud, ni le hanneton, ni la taupe. Une hirondelle reconnaissante l’emportera vers le sud, où elle deviendra reine.
Les aquarelles de la suédoise Elsa Beskow (1874–1953) font de ce livre une douce féérie. Elle qui eut six fils, n’a‑t-elle pas eu un jour la tentation de semer ce curieux « grain d’orge qui n’est pas de la nature de celle qui croît dans les champs » ? Plus sage, elle a pris ses pinceaux. Surnommée la « Beatrix Potter scandinave », Elsa Beskow mêle une très fine observation de la nature et des enfants à un sens poussé de l’allégorie. Une de mes illustratrices préférées.

A partir de 5 ans

Hans Christian Andersen, La Petite Poucette, illustrations d’Elsa Beskow, Ed Bonniers, 1979, 32 p. A rechercher. Et a rééditer d’urgence, avis aux éditeurs !

Hans Christian Andersen, Le Petit Soldat de plomb

Hans Christian Andersen, Le Petit Soldat de plomb

« Il y avait une fois vingt-cinq soldats de plomb. Ils étaient tous frères car ils étaient nés d’une vieille cuiller de plomb. » Or certaines nuits sont magiques : celle du 31 décembre, et celle-là seulement, au moment des traditionnelles étrennes, permet aux jouets de s’animer et de vivre en leur nom les aventures que leurs petits propriétaires ne tarderont pas à imaginer pour eux.
Deux douzaines de ces figurines resteront à l’écart du conte, qui a pour héros le 25e soldat, le dernier-né, celui qui est « mal fini » : faute de plomb, il est unijambiste. Et de qui va-t-il tomber raide amoureux ? D’« une petite demoiselle découpée dans du carton », une danseuse qui virevolte sur une seule jambe – elle aussi. Si près, si loin… Comment faire le premier pas quand vous n’avez qu’une jambe ? Et si la vie se mêle de vous jouer ses mille tours, que d’obstacles sur le chemin : une chute, une averse, un voyage à bord d’un bateau en papier… Jusqu’à l’embrasement final.
Comme tant de contes, celui-ci contient plusieurs « leçons ». Il serait bien superficiel de s’en tenir à un seul regard sur le handicap. Ce petit soldat figé, qui s’interdit de pleurer ou de témoigner ses émotions, touchera aussi les enfants introvertis. Ceux qui, timides à l’excès, n’osent jamais prendre les devants et se consument intérieurement. Il touchera tout autant ceux qui font montre de désinvolture, voire d’irrespect, en « jetant » leurs camarades. La traduction de Régis Boyer, grand spécialiste des mondes nordiques, et les illustrations raffinées de Fred Marcellino donnent à ce conte toute sa dimension onirique.

A partir de 5 ans

Hans Christian Andersen, Le Petit Soldat de plomb, traduction de Régis Boyer, illustrations de Fred Marcellino. Format poche : Gallimard Jeunesse, oct. 2010, 48 p., 4,80 €. Format album : Gallimard Jeunesse, à rechercher.

Hans Christian Andersen, Les Cygnes sauvages

Hans Christian Andersen, Les Cygnes sauvages

Le personnage central de ce conte est une jeune fille, Elisa, sur les épaules de laquelle repose le destin de sa fratrie. Et quelle fratrie ! Onze frères, jeunes princes que leur marâtre a transformés en cygnes sauvages. Si le maléfice les contraints à voler le jour, ils retrouvent forme humaine à la nuit tombée. Après moult aventures, la fillette devenue une belle adolescente est à son tour chassée du palais. Elle retrouve ses frères et décide de leur rendre la liberté. Le prix en est tout bonnement exorbitant : elle doit cueillir autant d’orties qu’il en faut pour tisser onze tuniques – et le tout en silence, alors même qu’un roi veut l’épouser !
Jeunes filles qui écoutez ce conte, oserez-vous ronchonner quand il vous faudra aider aux soins du ménage pendant que vos frères découvrent le vaste monde ? Beaucoup plus qu’une leçon de muette persévérance, ce conte laisse entendre que le destin de la lignée est dans les mains des femmes : c’est à elles qu’il appartient de tisser, d’entretenir, voire de réparer les liens familiaux. Quant au cygne, dans les mythologies européennes, il est le symbole de la métamorphose, du passage et la délivrance – donc des épreuves que vit l’adolescent pour devenir adulte.
Ce conte classique a été réécrit ici dans une langue musicale et bien rythmée. Les illustrations très seventies adoucissent les phases les plus cruelles du conte, tout en lui donnant une dimension onirique médiévale bienvenue.

A partir de 8 ans

Hans Christian Andersen, Les Cygnes sauvages, illustrations de Susan Jeffers, Gautier-Languereau, 1981, 37 p. A rechercher.