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Eric Senabre

Eric Senabre, La seizième clé

« Ici, nous ne sommes nulle part, je vous l’ai dit. Hemyock n’existe pas dans l’espace-temps que vous avez appris à connaître à travers vos livres. Hemyock est hors du temps et de l’espace. Hemyock s’est détaché de la réalité comme une météorite. » Et pourtant, cet immense manoir isolé offre une vie plutôt confortable au jeune Oswald, poète prodige qui fêtera bientôt ses seize ans. Seize ans, et en cadeau, une « seizième clé ». Quelle porte ouvrira-t-elle ? Et que découvrira-t-il derrière cette porte ? Alors qu’il se croyait le seul adolescent vivant à Hemyock, surgit un beau jour Zelah, une bien jolie jeune fille… Avec un seul but : fuir, fuir Hemyock ! Eric Senabre développe avec une belle virtuosité une intrigue à la fois scientifique et philosophique, entre anneaux de Moebius, relativité d’Einstein et effet papillon, sans oublier quelques savants fous à la Edgar P. Jacobs. Vertigineux !

Dès 12 ans

Eric Senabre, La seizième clé, Didier Jeunesse, 2019, 224 p., 15 € — Imprimé en France

Eric Senabre, Le Vallon du sommeil sans fin

Eric Senabre, Le Vallon du sommeil sans fin

Arjuna Banerjee, le « détective des rêves » et son fidèle assistant Watson – pardon, Christopher Carandini, le narrateur, sont invités à résoudre une nouvelle affaire, et non des moindres. Dans la maison de cure de Dowland House, au fin fond de la vieille Angleterre, quatre patients sont plongés dans un sommeil agité, dont rien ne parvient à les réveiller. Même pas les cauchemars terribles qui les agitent… Car une créature, « une espèce de chose noiraude et aux oreilles pointues, rabougrie et trapue, comme une espèce de diable en miniature », rode dans Dowland House. Une créature qui a attaqué les clients de ce qui n’est peut-être pas seulement une maison de cure. Alors quand Banerjee se plonge dans cet état second où, grâce à ses rêves, il dénoue les intrigues, le lecteur est en droit de se demander s’il se réveillera… Un polar « surnaturel » plein d’humour, mais aussi historique quand Eric Senabre évoque la guerre de l’opium et la révolte des Boxers qui ont agité la Chine, entre 1899 et 1901. Et philosophique, car la créature (chut, je ne devrais pas vous le dire) en est la triste victime.

Dès 12 ans

Eric Senabre, Le Vallon du sommeil sans fin, Didier Jeunesse, coll. « Fiction », 2018, 288 p., 15,90 €. Imprimé en France.

Eric Senabre, Megumi et le fantôme

Eric Senabre, Megumi et le fantôme

Quel monument de Dublin va donc visiter Megumi Fujita, en ce mois de mai 1985 ? Rien de moins que la maison où vécut son arrière-arrière-arrière-grand-père, un médecin irlandais. Une maison pas comme les autres… en effet, elle est hantée ! Mais, en bonne écolière japonaise habituée aux esprits, kami, yurei et autres yôkai, Megumi ne s’enfuit pas aux premiers grincements de porte. Et voilà qu’elle va tout faire pour ramener le fantôme de son ancêtre à Tokyo. Commence alors une enquête riche en rebondissements. Megumi saura-t-elle délivrer Horatio Hearn de l’injuste malédiction qui l’a frappée ? Le roman débute donc sur les traces du Fantôme de Canterville pour continuer dans le voisinage de Mon voisin Totoro. Le tout sous la plume inspirée d’Eric Senabre qui, entre deux canulars hilarants (avis aux écoliers : un squelette peut aider à tricher), offre une belle réflexion sur l’identité, la transmission et l’amitié. Les adultes reliront en parallèle les Lettres japonaises et les Fantômes japonais de Lafcadio Hearn (1850 – 1904) à qui Eric Senabre rend ici un bel hommage.

Dès 9 ans

Eric Senabre, Megumi et le fantôme, illustrations de Gloria Pizzilli, Didier Jeunesse, 2017, 224 p., 12 €

Eric Senabre, Star Trip

Eric Senabre, Star Trip

« Dans le poste de télévision, le capitaine Burke et le commander Rock, son officier en second, se figèrent dans une posture défensive à peine moins outrée que celle d’un éphèbe grec sur un tableau de la Renaissance. Leurs uniformes colorés – formés d’un sous-pull moulant en acrylique et d’un pantalon de treillis – scintillèrent un petit moment devant le décor en carton. Puis l’écran de télévision devint noir, et afficha bientôt un ciel constellé d’étoiles. […] Alors retentit une musique glorieuse et les mots STAR TRIP s’affichèrent sur toute la hauteur de l’écran. » Taratata, taratata… Nous sommes en 1968, les effets spéciaux des séries intergalactiques ne sont pas encore très au point. Cela permet à May, la grande sœur du jeune Sam, de lui construire, en cachette, une réplique de la navette spatiale USS Intrepid. Non sans l’aide de son boyfriend Will, parangon du jeune Américain à l’aise au volant d’un vieux combi. Le jeu tourne à l’aigre quand le capitaine Burke — ou plutôt l’acteur en titre Benjamin Spike — débarque dans leur grange au fin fond de l’Idaho. Commence un voyage déjanté, où la réalité rejoint et dépasse souvent la fiction. Si l’Amérique est « conquérante » quand il s’agit d’aller dans l’espace et d’en faire du cinéma, le roman s’attarde plus sur l’Amérique des paumés : hippies, révérend évangéliste insistant, patron de motel en déshérence, Indien chaman, jusqu’à cet acteur qui se révèle un pur looser… 1968 : Star Wars n’avait pas encore évincé Star Trek et la Nasa flirtait gaiement avec les extraterrestres. Cela donne un roman un peu psychédélique, mais haut en couleur et quasiment intergénérationnel. Et si la navette allait décoller, pour de bon ?

Dès 12 ans

Eric Senabre, Star Trip, Didier Jeunesse, 2017, 288 p., 15,90 €

Eric Senabre, Le dernier songe de Lord Scriven

Eric Senabre, Le dernier songe de Lord Scriven

« Dès ses premiers mots, je sus que nous allions aborder un cas plus tordu encore qu’à notre habitude.
— Monsieur Banerjee, on m’a dit le plus grand bien de vous, commença-t-il. Je pense que vous êtes l’homme de la situation.
— J’espère ne pas vous décevoir. Puis-je savoir ce qui vous amène ?
— Bien sûr, je voudrais savoir qui m’a assassiné. […]
— Vous voulez dire que quelqu’un a essayé de vous assassiner ?
— Non. J’ai été assassiné.
— Vous seriez donc mort ?
— Exactement. »
Nous sommes à Londres, au tout début du XXe siècle, et le journal de la veille a en effet annoncé le décès de Lord Scriven. Mais est-ce bien la même personne qui parle ainsi à Arjuna Banerjee, détective privé, et à son assistant, Christopher Carandini ? Ce dernier est aussi le narrateur de ce roman qui mêle enquêtes policières, courses poursuites, espionnage, fantastique et facultés étranges, à la limite du paranormal. Un roman qui se dévore à belle allure, écrit dans une langue raffinée et efficace. Eric Senabre avoue qu’il s’est bien amusé à emprunter aux uns et aux autres, voire à pasticher Dickens, Conan Doyle et leurs successeurs – sans oublier non plus la légende arthurienne (mais là, chut, n’en disons pas trop). Il reste à expliquer aux jeunes lecteurs qui sont « mesdemoiselles Remington et Olympia » remerciées « pour leur fidélité et leur efficacité » en dernière page. Cela s’appelle le savoir-vivre.
Pour en savoir plus, consultez le mini-site du roman.

Dès 12 ans, adolescents

Eric Senabre, Le dernier songe de Lord Scriven, Didier Jeunesse, 2016, 256 p., 14,20 €

Eric Senabre, Sublutetia — Tome 3, Le ventre de Londres

Eric Senabre, Sublutetia — Tome 3, Le ventre de Londres

De la part de Nathalie I : « En deux chapitres, Eric Senabre capte l’attention du lecteur et l’entraîne dans une nouvelle aventure souterraine avec Keren et Nathan dans les entrailles de Londres. L’histoire est bien menée et il n’y a pas de temps morts, pas de passages décousus. L’écriture reste égale à elle même, fluide et de belle qualité. Il y a de l’humour, mais il ne pouvait pas en être autrement avec un mélange français-anglais !
Ce qui me frappe dans ce dernier opus, c’est cette gravité qui transparaissait déjà dans le deuxième opus. Keren et Nathan ont grandi (ils ont 14 ans) et l’adolescence est, à mon goût, très bien abordée, avec délicatesse, pudeur et réalisme ! Les autres personnages apparaissent dans toute leur humanité et cette quête porte toutes les espérances et les souffrances de plusieurs protagonistes. Cette dimension humaine est très belle et touche le lecteur. »
Extraits : « Un large disque de buée se forma sur la vitre devant la bouche de Nathan. Il se retourna vers son amie, tout à coup embarrassé par ces choses longues, pendantes et incontrôlables qu’on appelle des bras. Il résolut de les ranger derrière son dos. »
« La taupe était l’œuvre d’une vie. Un monument assemblé semaine après semaine, pendant plus de trente ans, avec méticulosité et enthousiasme. James et Julia Page, devenus tous deux ingénieurs dès la fin des années cinquante, y avait consacré la plus grande partie de leur temps libre. »
« Le bruissement des feuilles dans l’aile ouest. Vous n’entendez pas ? On dirait qu’une vieille dame avance, en faisant traîner sa robe au sol. Keren et Nathan avaient déjà les cheveux dressés sur la tête avant cette remarque. »

Dès 12 ans

Eric Senabre, Sublutetia — Tome 3, Le ventre de Londres, Edition Didier Jeunesse, 2013, 312 pages, 14,90 €. (9,99 € en version Kindle)
Eric Senabre, Sublutetia, Le dernier secret de maître Houdin, tome 2, Didier Jeunesse, 2012, 374 p., 14,20 € en version brochée.
Eric Senabre, Sublutetia, La Révolte de Hutan, tome 1, Didier Jeunesse, 2011, 288 p., 14,20 € (9,99 € en version Kindle)

Eric Senabre, Sublutetia, tome 2 — Le dernier secret de maître Houdin

Eric Senabre, Sublutetia, tome 2 — Le dernier secret de maître Houdin

De la part de Nathalie I. : « Tout aussi passionnant que le premier volume, l’auteur nous entraîne dans une aventure bien rythmée au cœur de Paris … avec quelques souterrains pour ne pas oublier complètement le sous sol de Paris ! Présent et passé (1870 — guerre contre la Prusse) se mêlent tout au long du livre pour mieux nous entraîner. Fiction et réalité sont habilement dosées. Keren et Nathan grandissent et le lecteur a le plaisir de mieux les connaître. Cet approfondissement donne plus d’épaisseur au récit, mais ils n’en deviennent jamais pour autant des super héros. Les questions de leur âge affleurent délicatement au fur et à mesure du récit, notamment la relation de Nathan avec son père.
Belle écriture. Vocabulaire choisi. Pas de points négatifs. »
Extrait : « Keren et Nathan, comme hypnotisés, ne pouvaient détacher leur regard de cet objet, où de nouveaux détails semblaient naître à chaque battement de cil. Le père de Nathan mit brutalement fin à l’enchantement. »

Dès 12 ans

Eric Senabre, Sublutetia, Le dernier secret de maître Houdin, tome 2, Didier Jeunesse, 2012, 374 p., 14,20 € en version brochée.
Eric Senabre, Sublutetia, La Révolte de Hutan, tome 1, Didier Jeunesse, 2011, 288 p., 14,20 € (9,99 e en version Kindle)

Eric Senabre, Sublutetia, La Révolte de Hutan

Eric Senabre, Sublutetia, La Révolte de Hutan

« Un genou à terre, Nathan serrait sans force le bout de lacet qui venait de céder. Il regardait, pétrifié, les portes se refermer et la rame de métro s’éloigner. La terrible sonnerie, celle qu’il s’était juré de ne plus jamais entendre, résonnait encore à ses oreilles. Il ne s’en était fallu que de quelques secondes. Accroupi à s’affairer sur un nœud récalcitrant, Nathan n’avait pas vu sa classe s’engouffrer dans le wagon, et il était resté seul sur le quai. » Bientôt rejoint par la jeune Keren, perdu, traqué, Nathan va conduire le lecteur au plus profond des souterrains du métro et même plus loin encore ! Dans un monde étrange, rêvé par Jules Verne, Stevenson, Pierre Boulle et Edgar P. Jacobs…
Mais zut, une fois n’est pas coutume, Madame la Chouette a pris la rame en route – ne lui demandez pas à quelle station ! Promis, le second volume ne se fera pas attendre !

Dès 12 ans

Eric Senabre, Sublutetia, La Révolte de Hutan, tome 1, Didier Jeunesse, 2011, 288 p., 14,20 € (9,99 e en version Kindle)