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Davide Morosinotto, La fleur perdue du chaman de K

Davide Morosinotto, La fleur perdue du chaman de K

Laila a douze ans. Bientôt, elle aura des amis, et un walkman. Elle fera un très long voyage, semé d’embûches, de nuits à la belle étoile, de navigations sur l’Amazone. Mais elle ne le sait pas encore. Elle ne sait pas non plus qu’elle présente tous les symptômes d’une maladie incurable, la maladie de Batten. Et que même la fleur perdue du chaman ne pourra rien pour elle. Pour le moment, elle va subir des examens de la vue dans un hôpital de Lima, où son père est diplomate. Et nous tremblons avec elle parce que le chauffeur a verrouillé les portières, que le quartier n’est pas sûr, mais surtout parce que ces examens vont l’obliger à passer plusieurs jours dans un service de pédiatrie. A moins… à moins qu’elle ne décide de prendre son destin en main. A la fin de ce roman de formation, mené tambour (de chaman) battant, Laila aura ces mots extraordinaires : « Je vais mourir. Mais ça va aller. Parce que j’ai vécu. » Après Le célèbre catalogue Walker & Dawn, Davide Morosinotto embarque ses lecteurs à la recherche non seulement de la fameuse fleur mais à ce qui fait le sel de la vie : des aventures partagées avec des amis, de vrais amis.

Dès 12 ans

Davide Morosinotto, La fleur perdue du chaman de K, Illustrations de Paolo Domeniconi, Ecole des Loisirs, coll. Médium, 2021, 486 p., 18 € — Traduit de l’italien

Herman Melville, Moby Dick

«  — Un cachalot blanc, j’ai dit, reprit Achab en jetant le maillet sur le pont, un cachalot blanc. Arrachez-vous les yeux pour le voir, les gars.
Tashtego, Daggoo et Queequeg avaient assisté à toute la scène avec un intérêt, une surprise plus intense encore que les autres, et l’évocation du front ridé, de la mâchoire torve, les avait fait sursauter, comme s’ils avaient été touchés, chacun, par quelque souvenir personnel.
— Capitaine Achab, dit Tashtego, ce cachalot blanc doit être celui que certains appellent Moby Dick.
— Moby Dick ? hurla Achab ? Tu connais donc le cachalot blanc, Tash ? »
Épopée maritime, roman universel, allégorie biblique, livre culte, Moby Dick résiste, par son immensité, à toutes les définitions. Pourtant, son intrigue même tient en quelques mots : la traque obsessionnelle par un homme du cachalot qui lui a arraché une jambe… Cette version, adaptée, tiendra le lecteur en alerte sur près de 200 pages, grand format.
De ses voyages en Asie, puis au Brésil, à Madagascar, au Chili, Olivier Tallec sait bien que l’océan n’est pas toujours bleu – ici, il prend toutes les nuances du rouge à l’orangé, tandis que les ciels s’agitent de tempêtes lors desquelles les marins se sentent tout petits.

Dès 10 ans

Herman Melville, Moby Dick, illustré par Olivier Tallec, École des Loisirs, coll. « Illustrés classiques », 2020, 14 € — Traduit et abrégé de l’anglais par Marie-Hélène Sabard.

Jörg Mühle, Sèche tes larmes, Petit Lapin !

Jörg Mühle, Sèche tes larmes, Petit Lapin !

«  Aïe ! Petit Lapin est tombé. Pourvu qu’il n’ait rien. Allons regarder. Oh non ! Sur le bras en plus, ça fait mal ! » Suffit-il de souffler dessus – soufflons, soufflons… Et ça saigne ? Il faut alors mettre un joli pansement – collons, collons – et réconforter Petit Lapin. Une petite mésaventure de la vie quotidienne, que le petit « lecteur » connaît bien. Ici, en consolant Petit Lapin, il fait preuve de compassion avant de repartir, droit devant.

Dès 18 mois

Jörg Mühle, Sèche tes larmes, Petit Lapin !, Ecole des Loisirs, coll. « Pastel », 2018, 20 p. cartonnées, 8,50 €
Du même auteur, dans la même série : Au lit, Petit Lapin ! et Au bain, Petit Lapin !

Sarah Sheppard, Atlas pour aventuriers

Sarah Sheppard, Atlas pour aventuriers

Où trouve-t-on de l’or dans le monde ? Où les pirates ont-ils caché leurs trésors ? Les épaves de leurs bateaux abritent-elles aujourd’hui des animaux inconnus ? Préférerais-tu découvrir les abysses à bord du sous-marin de James Cameron, ou revêtir une combinaison ignifugée pour t’approcher du Mauna Loa ? Refaire la route d’Amundsen vers le pôle sud, ou explorer la jungle comme Mary Kingsley ?

Cet Atlas ravira les aventuriers en herbe : une foule d’informations scientifiques (textes, schémas et cartes), un zeste d’humour de bon aloi, la recette est éprouvée et donnera envie de lire aux petits lecteurs curieux de tout.

Dès 7 ans

Sarah Sheppard, Atlas pour aventuriers, Ecole des loisirs, 2017, 40 p., 12,80 € — Traduit et adapté du suédois.

Timothy Knapman, Tu m’attraperas pas !

Timothy Knapman, Tu m’attraperas pas !

« Il était une fois Jackie, la souris la plus rapide du monde. La voilà ! Oh non… Elle vient de passer ! Vite ! On la course ! » Et nous voilà partis à suivre Jackie, laquelle va passer si vite entre les pattes de l’ours, du loup et du renard qu’elle va échapper à leurs griffes. Mais Tom, le vieux chat, a plus d’un tour dans son sac. Cric et crac… Eh oui, Jackie est vraiment… délicieuse ! Un album rythmé comme une comptine, avec des dessins tout en mouvement et une typographie à l’avenant. Pour apprendre aussi à ne pas trop se vanter, car on trouve souvent plus malin que soi. Ce bon Monsieur de La Fontaine n’aurait pas dit le contraire.

Dès 4 ans

Timothy Knapman, Tu m’attraperas pas !, illustrations de Simona Ciraolo, Ecole des Loisirs, 2017, 32 p., 13 €. Traduit de l’anglais par Alain Gnaedig.

Lewis Wallace, Ben-Hur

Lewis Wallace, Ben-Hur

Au Ier siècle de notre ère, dans une Palestine sous domination romaine, Juda Ben-Hur, fils d’une noble famille de Judée, est injustement accusé d’attentat contre la personne du gouverneur en poste à Jérusalem. Le voilà condamné aux galères, tous ses biens sont confisqués, ses proches mis en prison. Sa fougue et sa jeunesse lui inspirent un projet de vengeance qui ne va pas être facile à mettre en œuvre. Ben-Hur survivra-t-il aux épreuves dont peu de galériens réchappent ? Retrouvera-t-il sa liberté ? Pourra-t-il reconquérir un statut social et les moyens de faire valoir son innocence ? S’il y parvient, il lui faudra encore vaincre le traître qui s’acharne à sa perte, arracher sa mère et sa sœur au terrible mal qui les ronge et affronter de nombreux dangers. Tels sont les enjeux d’une action romanesque qui nous transporte aux temps du christianisme naissant et d’où nous parvient l’écho d’un quadruple galop d’enfer : celui d’une course de chars que le cinéma hollywoodien a rendue célèbre… En parallèle, et le titre anglais le dit bien, c’est aussi « un récit du Christ », de Bethléem au mont des Oliviers. Aux Etats-Unis, le roman fut le best-seller n° 1 du XIXe siècle, devant La Case de l’Oncle Tom.
L’éditeur a fait le choix de ne pas édulcorer ce grand classique, ni de le résumer, mais plutôt de l’élaguer. La technique est bien au point et la lecture en acquiert un rythme encore plus haletant. La couverture représente une course de chars au Puy du Fou : le spectacle continue !

Dès 12 ans

Lewis Wallace, Ben-Hur, Ecole des Loisirs, coll. « Classiques abrégés », 2016, 252 p., 6,10 €

Emmanuel Cerisier, Dans les pas de Guillaume le Conquérant, Hastings 1066

Emmanuel Cerisier, Dans les pas de Guillaume le Conquérant, Hastings 1066

« Au printemps de l’an 1066, le seigneur Tancrède de Hautmesnil, accompagné de ses gens d’armes, quitte son fief pour rejoindre l’armée du duc de Normandie, Guillaume, dit Guillaume le Bâtard. Celui-ci a décidé de lever une armée et de conquérir l’Angleterre parce que Harold Godwinson s’est emparé du trône à sa place. Une dernière fois, Tancrède regarde son donjon. » Un fier donjon de bois, dressé sur sa motte et entouré d’une palissade, au pied de laquelle se serrent quelques chaumières protégées elles aussi. Le lecteur suivra aussi les aventures du jeune Maixent, confié par son père au seigneur Tancrède : après la construction de la flotte et la traversée de la Manche, le combat va s’engager sur la colline d’Hastings… A la fin de l’album, quatre pages retracent la vie de Guillaume qui, de « Bâtard », devint le Conquérant. Une belle fresque historique, aux illustrations aussi documentées que le texte.

Dès 8 ans

Emmanuel Cerisier, Dans les pas de Guillaume le Conquérant, Hastings 1066 — Deux éditions : Ecole des loisirs, coll. « Archimède », 2007, 45 p. A trouver d’occasion. Ou OREP Editions, 2016, 46 p., 12,50 €

Thomas Lavachery, Tor et le Troll

Thomas Lavachery, Tor et le Troll

« ‘La fête des gnomes ne regardent que les gnomes, a dit mon père. Un enfant n’a rien à y faire, même s’il est soi-disant leur ami.’ […] La famille croit que je ne songe plus à la fête des gnomes, alors qu’en réalité, je ne pense qu’à cela. Mon sac à dos est fait, bien caché sous mon lit. » Et notre Tor de quitter Borgisvik, en cette veille de Saint-Olaf (c’est la fête du printemps), pour rejoindre le lac des Ours. Dans la forêt de Skogsfür, il croise une créature vraiment repoussante de crasse, un troll répondant au nom de Borigh-Borigh. Comment Tor s’y prendra-t-il pour se concilier ses bonnes grâces ? Thomas Lavachery est parfaitement à son aise dans ce monde nordique, on sent qu’il s’est fait plaisir à inventer ces aventures gentiment farfelues. Un petit roman qui plaira aux enfants qui découvrent le plaisir de lire tout seuls.

Dès 7 ans

Thomas Lavachery, Tor et le Troll, Ecole des Loisirs, 2015, 104 p., 9 €

Benjamin Joseph Novak, Le Livre sans images

Benjamin Joseph Novak, Le Livre sans images

« Il y a des enfants qui trouvent que ce n’est pas drôle de se faire lire un livre sans images. » Sauf que, ici, la règle du jeu est de lire à haute voix tous les mots. Absolument tous. Dans un livre, quoi de plus normal ? Alors, quand la phrase est « je suis un singe qui a appris à lire tout seul », ou « si, si, je suis un petit singe », tout adulte raisonnable est censé se rebeller. Et ce n’est qu’un début…
« Je voulais écrire un livre qui permettrait aux enfants de découvrir que les mots peuvent être leurs alliés, explique B. J. Novak, que les mots justes peuvent aussi être drôles, stimulants et désarmants qu’une image. » On le savait déjà, mais il est bon de le rappeler de temps à autre, vu le nombre de livres qui font « pouët, pouët » quand ou appuie sur un bouton, ou dont les pages sont recouvertes de poils synthétiques pour « caresser le chien » (ou le chat, ou le lapin…).
Que des mots, rien que des mots, certes, mais les jeux typographiques et la mise en page introduisent une variété bienvenue. Un livre donc 100 % loufoque, aux ressorts un peu faciles (est-ce parce que ça vient d’Amérique ?), mais qui fonctionne. A lire les jours de blues, coiffé d’un chapeau pointu, turlututu.

Dès 4 ans

Benjamin Joseph Novak, Le Livre sans images, traduit par Geneviève Brisac (d’où un accord au féminin avec « je suis obligée »), Ecole des Loisirs, 2015, 52 p. (et pas 56 comme annoncé !), 12,50 €

Rascal, Hänsel et Gretel

Rascal, Hänsel et Gretel

Une version du conte de Grimm…  sans texte ni parole ! A vous donc, adultes, de bien vous remémorer le conte avant de le raconter. Car il ne s’agit pas de se tromper ni d’inverser les épisodes ! Pas plus que de sauter des pages pour mettre directement la sorcière au four !
Si Rascal a choisi ce noir et ce blanc assez inquiétants, sa technique rappelle, sans les pasticher, les « silhouettes » très à la mode dans les salons bourgeois que les frères Grimm, Jakob et Wilhelm, fréquentaient au XVIIIe siècle.

Dès 3 ans

Rascal, Hänsel et Gretel, Ecole des Loisirs, coll. Pastel, 2015, 28 p., 10,50 €

 

Robert de Boron, Le Roman de Merlin

Robert de Boron, Le Roman de Merlin

« Par l’effet de ses pouvoirs magiques, il fit transporter les pierres jusqu’au cimetière de Salisbury. Il alla ensuite en informer Uterpandragon et son peuple qui s’étonnèrent de ce prodige. Il leur demanda alors de les dresser car elles seraient ainsi plus belles que couchées. Mais aucun humain n’était assez fort pour en déplacer une seule. […]
– Eloignez-vous, repartit Merlin. Je vais les dresser, ces pierres. Ainsi j’aurai tenu la promesse faite à Pandragon. Je vais accomplir pour lui ce que personne d’autre ne pourrait faire.
Et Merlin érigea les pierres qu’on peut encore voir au cimetière de Salisbury et qui y resteront aussi longtemps que durera la chrétienté. »
Un « cimetière de Salisbury » qui n’est autre que Stonehenge. Ce Merlin de Robert de Boron nous vient du tout début du XIIIe siècle. Le mythe arthurien tel que le racontaient Chrétien de Troyes et Wace est ici fortement christianisé. Cela dit, « l’authentique Merlin a bien peu de rapports avec l’hurluberlu à chapeau pointu du dessin animé » précise d’emblée Jean-Pierre Tusseau. Pour lui, Merlin est un « prophète, [un] stratège politique et militaire, [un] homme d’action qui a parfois besoin de se ressourcer dans le calme de la forêt, personnage à la fois sage et facétieux, raisonnable et amoureux ».
Médiéviste, Jean-Pierre Tusseau a déjà transcrit et adapté de nombreux textes de notre patrimoine littéraire.

Dès 12 ans

Robert de Boron, Le Roman de Merlin, Ecole des Loisirs, coll. « Classiques abrégés », 2015, 196 p., 5,60 € — Traduction nouvelle abrégée de Jean-Pierre Tusseau

Adrien Albert, Papa sur la Lune

Adrien Albert, Papa sur la Lune

« Aujourd’hui, Mona part chez son papa, sur la Lune. Aller sur la Lune demande un peu d’organisation. Il faut : une fusée, un vaisseau et une capsule. » Mona, comme une grande, voyage seule dans l’espace… et alunit dans les bras de son Papa. A vrai dire, sur la Lune, grâce aux talents de Papa, « on peut marcher, respirer, jouer et manger exactement comme sur la Terre ». Et même observer Maman. Un album aux dessins frais et colorés pour expliquer que certains enfants ont deux maisons. Et si elles ne sont pas aussi éloignées l’une de l’autre, souhaitons qu’on y vive aussi sereinement.

Dès 4 ans

Adrien Albert, Papa sur la Lune, Ecole des Loisirs, 2015, 36 p., 12,90 €