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Jörg Mühle, Sèche tes larmes, Petit Lapin !

Jörg Mühle, Sèche tes larmes, Petit Lapin !

«  Aïe ! Petit Lapin est tombé. Pourvu qu’il n’ait rien. Allons regarder. Oh non ! Sur le bras en plus, ça fait mal ! » Suffit-il de souffler dessus – soufflons, soufflons… Et ça saigne ? Il faut alors mettre un joli pansement – collons, collons – et réconforter Petit Lapin. Une petite mésaventure de la vie quotidienne, que le petit « lecteur » connaît bien. Ici, en consolant Petit Lapin, il fait preuve de compassion avant de repartir, droit devant.

Dès 18 mois

Jörg Mühle, Sèche tes larmes, Petit Lapin !, Ecole des Loisirs, coll. « Pastel », 2018, 20 p. cartonnées, 8,50 €
Du même auteur, dans la même série : Au lit, Petit Lapin ! et Au bain, Petit Lapin !

Sarah Sheppard, Atlas pour aventuriers

Sarah Sheppard, Atlas pour aventuriers

Où trouve-t-on de l’or dans le monde ? Où les pirates ont-ils caché leurs trésors ? Les épaves de leurs bateaux abritent-elles aujourd’hui des animaux inconnus ? Préférerais-tu découvrir les abysses à bord du sous-marin de James Cameron, ou revêtir une combinaison ignifugée pour t’approcher du Mauna Loa ? Refaire la route d’Amundsen vers le pôle sud, ou explorer la jungle comme Mary Kingsley ?

Cet Atlas ravira les aventuriers en herbe : une foule d’informations scientifiques (textes, schémas et cartes), un zeste d’humour de bon aloi, la recette est éprouvée et donnera envie de lire aux petits lecteurs curieux de tout.

Dès 7 ans

Sarah Sheppard, Atlas pour aventuriers, Ecole des loisirs, 2017, 40 p., 12,80 € — Traduit et adapté du suédois.

Timothy Knapman, Tu m’attraperas pas !

Timothy Knapman, Tu m’attraperas pas !

« Il était une fois Jackie, la souris la plus rapide du monde. La voilà ! Oh non… Elle vient de passer ! Vite ! On la course ! » Et nous voilà partis à suivre Jackie, laquelle va passer si vite entre les pattes de l’ours, du loup et du renard qu’elle va échapper à leurs griffes. Mais Tom, le vieux chat, a plus d’un tour dans son sac. Cric et crac… Eh oui, Jackie est vraiment… délicieuse ! Un album rythmé comme une comptine, avec des dessins tout en mouvement et une typographie à l’avenant. Pour apprendre aussi à ne pas trop se vanter, car on trouve souvent plus malin que soi. Ce bon Monsieur de La Fontaine n’aurait pas dit le contraire.

Dès 4 ans

Timothy Knapman, Tu m’attraperas pas !, illustrations de Simona Ciraolo, Ecole des Loisirs, 2017, 32 p., 13 €. Traduit de l’anglais par Alain Gnaedig.

Lewis Wallace, Ben-Hur

Lewis Wallace, Ben-Hur

Au Ier siècle de notre ère, dans une Palestine sous domination romaine, Juda Ben-Hur, fils d’une noble famille de Judée, est injustement accusé d’attentat contre la personne du gouverneur en poste à Jérusalem. Le voilà condamné aux galères, tous ses biens sont confisqués, ses proches mis en prison. Sa fougue et sa jeunesse lui inspirent un projet de vengeance qui ne va pas être facile à mettre en œuvre. Ben-Hur survivra-t-il aux épreuves dont peu de galériens réchappent ? Retrouvera-t-il sa liberté ? Pourra-t-il reconquérir un statut social et les moyens de faire valoir son innocence ? S’il y parvient, il lui faudra encore vaincre le traître qui s’acharne à sa perte, arracher sa mère et sa sœur au terrible mal qui les ronge et affronter de nombreux dangers. Tels sont les enjeux d’une action romanesque qui nous transporte aux temps du christianisme naissant et d’où nous parvient l’écho d’un quadruple galop d’enfer : celui d’une course de chars que le cinéma hollywoodien a rendue célèbre… En parallèle, et le titre anglais le dit bien, c’est aussi « un récit du Christ », de Bethléem au mont des Oliviers. Aux Etats-Unis, le roman fut le best-seller n° 1 du XIXe siècle, devant La Case de l’Oncle Tom.
L’éditeur a fait le choix de ne pas édulcorer ce grand classique, ni de le résumer, mais plutôt de l’élaguer. La technique est bien au point et la lecture en acquiert un rythme encore plus haletant. La couverture représente une course de chars au Puy du Fou : le spectacle continue !

Dès 12 ans

Lewis Wallace, Ben-Hur, Ecole des Loisirs, coll. « Classiques abrégés », 2016, 252 p., 6,10 €

Emmanuel Cerisier, Dans les pas de Guillaume le Conquérant, Hastings 1066

Emmanuel Cerisier, Dans les pas de Guillaume le Conquérant, Hastings 1066

« Au printemps de l’an 1066, le seigneur Tancrède de Hautmesnil, accompagné de ses gens d’armes, quitte son fief pour rejoindre l’armée du duc de Normandie, Guillaume, dit Guillaume le Bâtard. Celui-ci a décidé de lever une armée et de conquérir l’Angleterre parce que Harold Godwinson s’est emparé du trône à sa place. Une dernière fois, Tancrède regarde son donjon. » Un fier donjon de bois, dressé sur sa motte et entouré d’une palissade, au pied de laquelle se serrent quelques chaumières protégées elles aussi. Le lecteur suivra aussi les aventures du jeune Maixent, confié par son père au seigneur Tancrède : après la construction de la flotte et la traversée de la Manche, le combat va s’engager sur la colline d’Hastings… A la fin de l’album, quatre pages retracent la vie de Guillaume qui, de « Bâtard », devint le Conquérant. Une belle fresque historique, aux illustrations aussi documentées que le texte.

Dès 8 ans

Emmanuel Cerisier, Dans les pas de Guillaume le Conquérant, Hastings 1066 — Deux éditions : Ecole des loisirs, coll. « Archimède », 2007, 45 p. A trouver d’occasion. Ou OREP Editions, 2016, 46 p., 12,50 €

Thomas Lavachery, Tor et le Troll

Thomas Lavachery, Tor et le Troll

« ‘La fête des gnomes ne regardent que les gnomes, a dit mon père. Un enfant n’a rien à y faire, même s’il est soi-disant leur ami.’ […] La famille croit que je ne songe plus à la fête des gnomes, alors qu’en réalité, je ne pense qu’à cela. Mon sac à dos est fait, bien caché sous mon lit. » Et notre Tor de quitter Borgisvik, en cette veille de Saint-Olaf (c’est la fête du printemps), pour rejoindre le lac des Ours. Dans la forêt de Skogsfür, il croise une créature vraiment repoussante de crasse, un troll répondant au nom de Borigh-Borigh. Comment Tor s’y prendra-t-il pour se concilier ses bonnes grâces ? Thomas Lavachery est parfaitement à son aise dans ce monde nordique, on sent qu’il s’est fait plaisir à inventer ces aventures gentiment farfelues. Un petit roman qui plaira aux enfants qui découvrent le plaisir de lire tout seuls.

Dès 7 ans

Thomas Lavachery, Tor et le Troll, Ecole des Loisirs, 2015, 104 p., 9 €

Benjamin Joseph Novak, Le Livre sans images

Benjamin Joseph Novak, Le Livre sans images

« Il y a des enfants qui trouvent que ce n’est pas drôle de se faire lire un livre sans images. » Sauf que, ici, la règle du jeu est de lire à haute voix tous les mots. Absolument tous. Dans un livre, quoi de plus normal ? Alors, quand la phrase est « je suis un singe qui a appris à lire tout seul », ou « si, si, je suis un petit singe », tout adulte raisonnable est censé se rebeller. Et ce n’est qu’un début…
« Je voulais écrire un livre qui permettrait aux enfants de découvrir que les mots peuvent être leurs alliés, explique B. J. Novak, que les mots justes peuvent aussi être drôles, stimulants et désarmants qu’une image. » On le savait déjà, mais il est bon de le rappeler de temps à autre, vu le nombre de livres qui font « pouët, pouët » quand ou appuie sur un bouton, ou dont les pages sont recouvertes de poils synthétiques pour « caresser le chien » (ou le chat, ou le lapin…).
Que des mots, rien que des mots, certes, mais les jeux typographiques et la mise en page introduisent une variété bienvenue. Un livre donc 100 % loufoque, aux ressorts un peu faciles (est-ce parce que ça vient d’Amérique ?), mais qui fonctionne. A lire les jours de blues, coiffé d’un chapeau pointu, turlututu.

Dès 4 ans

Benjamin Joseph Novak, Le Livre sans images, traduit par Geneviève Brisac (d’où un accord au féminin avec « je suis obligée »), Ecole des Loisirs, 2015, 52 p. (et pas 56 comme annoncé !), 12,50 €

Rascal, Hänsel et Gretel

Rascal, Hänsel et Gretel

Une version du conte de Grimm…  sans texte ni parole ! A vous donc, adultes, de bien vous remémorer le conte avant de le raconter. Car il ne s’agit pas de se tromper ni d’inverser les épisodes ! Pas plus que de sauter des pages pour mettre directement la sorcière au four !
Si Rascal a choisi ce noir et ce blanc assez inquiétants, sa technique rappelle, sans les pasticher, les « silhouettes » très à la mode dans les salons bourgeois que les frères Grimm, Jakob et Wilhelm, fréquentaient au XVIIIe siècle.

Dès 3 ans

Rascal, Hänsel et Gretel, Ecole des Loisirs, coll. Pastel, 2015, 28 p., 10,50 €

 

Robert de Boron, Le Roman de Merlin

Robert de Boron, Le Roman de Merlin

« Par l’effet de ses pouvoirs magiques, il fit transporter les pierres jusqu’au cimetière de Salisbury. Il alla ensuite en informer Uterpandragon et son peuple qui s’étonnèrent de ce prodige. Il leur demanda alors de les dresser car elles seraient ainsi plus belles que couchées. Mais aucun humain n’était assez fort pour en déplacer une seule. […]
– Eloignez-vous, repartit Merlin. Je vais les dresser, ces pierres. Ainsi j’aurai tenu la promesse faite à Pandragon. Je vais accomplir pour lui ce que personne d’autre ne pourrait faire.
Et Merlin érigea les pierres qu’on peut encore voir au cimetière de Salisbury et qui y resteront aussi longtemps que durera la chrétienté. »
Un « cimetière de Salisbury » qui n’est autre que Stonehenge. Ce Merlin de Robert de Boron nous vient du tout début du XIIIe siècle. Le mythe arthurien tel que le racontaient Chrétien de Troyes et Wace est ici fortement christianisé. Cela dit, « l’authentique Merlin a bien peu de rapports avec l’hurluberlu à chapeau pointu du dessin animé » précise d’emblée Jean-Pierre Tusseau. Pour lui, Merlin est un « prophète, [un] stratège politique et militaire, [un] homme d’action qui a parfois besoin de se ressourcer dans le calme de la forêt, personnage à la fois sage et facétieux, raisonnable et amoureux ».
Médiéviste, Jean-Pierre Tusseau a déjà transcrit et adapté de nombreux textes de notre patrimoine littéraire.

Dès 12 ans

Robert de Boron, Le Roman de Merlin, Ecole des Loisirs, coll. « Classiques abrégés », 2015, 196 p., 5,60 € — Traduction nouvelle abrégée de Jean-Pierre Tusseau

Adrien Albert, Papa sur la Lune

Adrien Albert, Papa sur la Lune

« Aujourd’hui, Mona part chez son papa, sur la Lune. Aller sur la Lune demande un peu d’organisation. Il faut : une fusée, un vaisseau et une capsule. » Mona, comme une grande, voyage seule dans l’espace… et alunit dans les bras de son Papa. A vrai dire, sur la Lune, grâce aux talents de Papa, « on peut marcher, respirer, jouer et manger exactement comme sur la Terre ». Et même observer Maman. Un album aux dessins frais et colorés pour expliquer que certains enfants ont deux maisons. Et si elles ne sont pas aussi éloignées l’une de l’autre, souhaitons qu’on y vive aussi sereinement.

Dès 4 ans

Adrien Albert, Papa sur la Lune, Ecole des Loisirs, 2015, 36 p., 12,90 €

Pierre Gripari, Inspecteur Toutou

Pierre Gripari, Inspecteur Toutou

L’inspecteur Toutou est un brave chien policier, brave mais totalement ignorant des contes de fées. Alors, quand défilent dans son bureau la Reine de Blanche Neige, le Loup, le Prince charmant, la Bûcheronne ou le Prince des voleurs, il leur donne les pires conseils qui soient. Les répliques fusent, les quiproquos s’accumulent, et le téléphone… non, ne disons rien de cette interlocutrice volubile… Cette pièce se joue avec 5 acteurs, deux garçons, deux filles et un Musicien qui peut être au choix garçon ou fille si tant est qu’il sache souffler dans un flûtiau. Pour accessoires, deux chaises bancales et un bureau. Plus un Miroir magique et une baguette tout aussi magique, faciles à bricoler. Une bonne idée pour les vacances donc, si peu que vous invitiez cousins ou voisins !
Le second texte du volume, « Crac ! dans le sac ! » est une pièce pour marionnettes à gaine – très irrévérencieuse, puisqu’il y est question d’enfer et de paradis, et que, sur ces sujets, Pierre Gripari avait des idées bien à lui !

Dès 9 ans – et tant que la mémoire est bonne !

Pierre Gripari, Inspecteur Toutou, coll. « Neuf », Ecole des Loisirs, 1982, 92 p., 5,50 €

Jacques Prévert et Albert Lamorisse, Bim, le petit âne

Jacques Prévert et Albert Lamorisse, Bim, le petit âne

« Il y a très longtemps, dans une île d’un pays d’Orient, la coutume voulait que chaque enfant eût un petit âne comme compagnon. Bim était le plus beau de tous les ânes. Abdallah était son maître. » Tout serait allé pour le mieux dans la casbah, si le fils du caïd, Messaoud, n’avait pas décidé de s’approprier le baudet. Quelques aventures auront raison de ce sale gamin, qui fera amende honorable, et deviendra « grand caïd comme son père, mais plus gentil ». Le scénario insiste sur le triomphe des bons sentiments, ce qui nous paraît un peu démodé en ces temps de violence…
Cet album est tiré du premier film d’Albert Lamorisse, Bim le petit âne (1949), tourné à Djerba. Il en reprend les superbes photos en noir et blanc, très travaillées, qui dégagent une atmosphère surannée, digne d’un conte des mille et une nuits.

Dès 7 ans

Jacques Prévert, Albert Lamorisse, Bim, le petit âne, Hachette, 1952. Librairies anciennes. Ou en poche, Ecole des loisirs, 1976, là aussi d’occasion.