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Elodie Balandras, Un nouveau printemps pour Pépé Ours

« Comme chaque printemps, Petite Ourse se rend chez son Pépé Ours. […] ce que Petite Ourse préfère, c’est la chasse au miel : le premier rendez-vous du printemps ! » Quand, tout excitée, elle arrive chez Pépé Ours, son grand-père ronfle à qui mieux mieux dans son fauteuil. « Cette année, c’est Petite Ourse qui court devant. – Pépé ! Il faut qu’on trouve la plus grosse ruche de la forêt, encore plus grosse que la dernière fois ! » Certes, mais rien ne se passe comme d’habitude : Pépé Ours a oublié son sac, il a trébuché sur le chemin, et quand il s’agit de monter à l’arbre pour y cueillir une belle ruche, badaboum… Bref, si Pépé Ours ne tient plus la forme, c’est Petite Ourse qui va se révéler une grande fille. Prenant discrètement la tête des opérations, elle parvient à décrocher le pactole. Miam ! Qu’il est bon, ce miel ! Elodie Balandras signe un album tout doux sur la relation des enfants avec leurs grands-parents, sur le vieillissement des uns et la responsabilisation des autres. Parce que la roue tourne et qu’il est important de conserver ses liens magnifiques au sein des familles.

Dès 4 ans

Elodie Balandras, Un nouveau printemps pour Pépé Ours, Didier Jeunesse, 2020, 36 p., 13,90 € — Imprimé en France

Gilles Bizouerne et Céline Murcier, Pierre et la Sorcière

« Il était une fois, rien qu’une fois, une sorcière, une terrible sorcière qui vivait dans une forêt près d’un village. […] Tout le monde avait peur de la sorcière. Tout le monde… sauf Pierre ! Pierre était un galopin, un galopin qui n’avait peur de rien. » Et notre Pierre de grimper dans un pommier pour y cueillir une pomme. Passe la sorcière… avec un grand sac…
« — Comme ces pommes ont l’air savoureuses ! Tu m’en donnes une ? Pierre lui lance une pomme. – Misère de misère ! dit la sorcière, elle est tombée par terre. » Deux fois, Pierre saura lui jouer un tour à sa façon et se sauvera de ses griffes. Mais la troisième fois ? Qui ira cuire dans le four ?
Passé la première terreur, car la sorcière et vraiment très réussie dans son genre, on en redemande : nez crochu, doigts griffus, yeux bigleux, et un vocabulaire à l’avenant. Le texte est parfait pour une lecture à haute voix. La typographie aide même à mettre le ton. La présente adaptation de ce conte s’inspire plus particulièrement d’une version flamande, dont il a traduit toute la truculence.

Dès 3 ans

Gilles Bizouerne et Céline Murcier, Pierre et la Sorcière, illustrations de Roland Garrigue, Didier Jeunesse. 2016 pour l’album, 40 p., 12,90 € — 2019 pour la version poche, 40 p., 5,50 € — Imprimé en France

Claire Abbis-Chacé, Les plus belles comptines allemandes

Quand les enfants français chantent « La petite bête qui monte », leurs cousins allemands entonnent « Kommt eine Maus ». « Petit escargot » ? C’est « Die kleine Schnecke Max ». Et le grand cerf dans la forêt ? Il accueille aussi « ein Häslein », un petit lièvre apeuré. Ces comptines, jeux de doigts, rondes et berceuses ont été choisis pour leurs correspondances et leurs airs faciles à mémoriser. Ils sont chantés par des voix enfantines sur le CD qui accompagne le livre. L’album présente aussi les jeux possibles, les traductions et de nombreux conseils bienvenus pour les familles qui ne baignent pas dans un univers bilingue. Les illustrations sont fraîches et colorées, avec une touche d’humour et de fantaisie qui donne déjà le tempo.

Dès 4 ans

Claire Abbis-Chacé, Les plus belles comptines allemandes, illustrations de Cécile Hudrisier, Rémi Saillard et Olivier Latik, Didier Jeunesse, coll. « Les petits cousins », 2019 (nouvelle édition), 60 p. + CD de 45 min, 17,70 € — Disponible en streaming sur diverses plateformes. Imprimé en France

 

Elodie Balandras, Un nouveau printemps pour Pépé Ours

« Comme chaque printemps, Petite Ourse se rend chez son Pépé Ours. » Elle rêve d’escalade, de courses de brouette, de saute-fourmis… Mais ce qu’elle préfère, c’est aller tremper le bout de sa patte dans le miel. En effet, Pépé n’a pas son pareil pour décrocher les ruches sauvages ! Enfin, il l’avait, car, ce printemps, Pépé Ours se traîne… Mais Petite Ourse a grandi, et leur duo va se révéler tout aussi efficace. Un joli conte sur la relation entre deux âges complices, délicieusement mis en couleurs par Elodie Balandras.

Dès 4 ans

Elodie Balandras, Un nouveau printemps pour Pépé Ours, Didier Jeunesse, 2020, 36 p., 13, 90 € — Imprimé en France

Delphine Pessin, Deux fleurs en hiver

Capucine, stagiaire à l’ EHPAD du Bel-Air : « Alors, contrairement à la plupart des autres lycéens, je ne redoutais pas de travailler avec les « seniors ». Ça, c’est le terme politiquement correct pour désigner les personnes âgées. Je trouve ça crétin. On dit aussi les « anciens », les « pensionnaires », moi je préfère les « vieux ». Il n’y a rien de dégradant à dire qu’ils sont vieux, c’est un fait, voilà tout. C’est même plutôt beau, quand on y pense, d’avoir déroulé le fi l d’une vie et de se tenir tout au bout.
Violette Florent, 87 ans, nouvelle arrivée à Bel-Air : « Je n’étais plus Mamette, épouse et mère, ni Mme Florent, institutrice à la retraite, ni même Violette, bénévole à la bibliothèque du village. J’étais une résidente parmi d’autres, une vieille femme rabougrie qui ne pouvait se déplacer qu’à l’aide d’un déambulateur. Une femme qui ne pouvait plus vivre chez elle, pour sa propre sécurité. »
Entre ces deux « fleurs », le courant passe au premier regard. Chacune d’entre elles a un secret, un lourd secret de famille. Une belle amitié va naître.
Quand un défilé de carnaval se transforme en manifestation pacifique, le voile se lève sur la vie quotidienne des résidents et sur les conditions de travail du personnel hospitalier – rien n’est rose à Bel-Air. Passent aussi une galerie de pensionnaires attachants, des aides-soignantes épuisées, un chat noir, Crampon, une copine, Margaux, et un nouvel aide-soignant, Romain. Mais pourquoi Capucine porte-t-elle des perruques flashy ?
Dans un « français de tous les jours », celui de ses collégiens, Delphine Pessin signe un roman qui parle de sujets profonds, d’accidents, de vocations, de fin de vie, bref, d’humanité, sans moraline ni faux-semblants.

Dès 12 ans

Delphine Pessin, Deux fleurs en hiver, Didier Jeunesse, 2020, 192 p., 15,90 €

Sachie Hattori, Bonne nuit le monde

« — C’est l’heure d’aller dire bonne nuit à tout le monde.
— A tout le monde ?
— Oui. A papa, à tes frères, à tout le monde ! »
Tout le monde, c’est aussi « mon voisin Henri », la boulangerie et la « fontaine jolie », les bateaux, la mer, les poissons… et bien sûr la lune et les étoiles ! Après un voyage des plus oniriques, notre petit personnage et ses amis sauteront sur une douce étoile – et feront de beaux rêves. Un album coloré et délicieux, parfait pour le rituel du soir.

Avant 3 ans

Sachie Hattori, Bonne nuit le monde, Didier Jeunesse, 2020, 40 p., 12,90 € — Traduit de l’anglais et original en japonais. Imprimé en France

Nathalie Somers, Le Code Vivaldi, t. 1

Une jeune et jolie héroïne élevée dans une pension suisse ultra-chic, un papa mondain en mission pour l’Unesco, un assistant trop beau pour être honnête – et Venise en novembre. Ajoutez que la damoiselle a l’ouïe fine (ciel, un cambriolage en vue !) et le caractère bien trempé (chic, courons après les cambrioleurs) et voilà un petit roman bien ficelé. Amourettes, tourisme, aventures, espionnage, le cocktail fonctionne à plein. L’intrigue étant cousue de fil blanc, les lectrices découvriront aussi Venise et Vivaldi, les vrais héros de l’histoire. Cela les changera des bellâtres et des minettes des séries américaines.

Dès 12 ans

Nathalie Somers, Le Code Vivaldi – tome 1, Didier Jeunesse, 2020, 256 p., 16,90 € — Imprimé en France

Pierre Coran, Méli-mélo, 25 poèmes et comptines

« Tortue de mer ;
Tortue de terre,

Du sud au nord,
Bien malin qui connaît son âge.

La tortue est un château fort
Qui voyage. »

Cette tortue château fort qui marche à pas menus dans la nuit bleue illustre bien le ton de ce mini-recueil de poésie. Elle a aussi inspiré le graphiste de l’Atelier Saje qui en a conçu la couverture. Pierre Coran nous promène d’alphabet en étoiles, de jardins en montagnes, jouant des mots et des rimes avec son incomparable regard, espiègle et tendre. Ne reste plus qu’à faire le portrait de l’oiseau, cet oiseau de poésie qui, d’année en année, niche dans le marronnier de la cour. Entre comptines et poèmes, des textes qui s’apprendront tout seuls, pour le plaisir des écoliers.

Dès 6 ans

Pierre Coran, Méli-mélo, 25 poèmes et comptines, Didier Jeunesse, coll. « Il était une (mini)fois », 32 p., 3 € — Imprimé en France

Rosemary Shojaie, Tout seul ?

Nico, le petit renard roux, a bien de la chance : du printemps à l’automne, il pêche avec Ava, la loutre, écoute les histoires d’Olive, le raton laveur, ou crapahute dans la forêt avec Linus, le blaireau. Mais quand arrive la neige, il est le seul à rester éveillé. Le seul ? Pas si sûr ! Sur cette trame toute simple, Rosemary Shojaie raconte une belle histoire d’amitié et de complicité. Ses couleurs très douces invitent à la suivre dans ces sous-bois féériques, tout de bruns, de roux, de beiges… et de blancs, où il faut ouvrir l’œil pour aider Nico le renard. Parfait en lecture du soir pour faire de beaux rêves.

Avant 3 ans

Rosemary Shojaie, Tout seul ?, Didier Jeunesse, 2020, 40 p., 12,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en France.

Kate Dicamillo, Louisiana

« Une malédiction planait au-dessus de ma tête, j’avais été arrachée à ma maison et à mes amies, j’étais coincée au bord d’une autoroute de Géorgie, et ma grand-mère réclamait un dentiste.
Comme j’étais complètement perdue, j’ai commencé par m’asseoir afin de faire le point sur les options qui s’offraient à nous. Puis j’ai réalisé qu’il n’y avait pas trente-six solutions : je me suis installée au volant, j’ai démarré et je me suis engagée sur l’autoroute. » D’une station-service au parfum de cambouis au cabinet d’un dentiste escroc, d’un motel minable à une église luthérienne dont le pasteur ressemble à un phoque, Louisiana, adolescente « à qui on ne la fait pas », tente de prendre en main son destin, malmené par la folie douce de sa grand-mère. Alors, quand elle apprend qu’elle n’est pas la fille de trapézistes volants et qu’elle n’a aucune raison d’endosser la malédiction qui frappe sa prétendue grand-mère, les choses vont se compliquer… Jusqu’à ce qu’un certain Burke Allen, fils de Burke Allen et petit-fils de Burke Allen, ne lui explique que la « constellation de Pinocchio » est en fait la Grande Ourse, et que l’étoile Polaire saura la guider « dans la plus sombre des nuits ». Un roman qui nous vient de l’Amérique profonde, celle où les enfants perdus se gavent de crackers au beurre de cacahuète et chantent avec des voix d’ange.

Dès 11 ans

Kate Dicamillo, Louisiana, Didier Jeunesse, 2019, 160 p., 13,90 € — Traduit de l’anglais (Etats-Unis).  Imprimé en France

Flore Vesco, 226 bébés

Le vieux Bert, allumettier et célibataire de son état, pensait couler une retraite tranquille mais, pas de chance, « sa maisonnette était située sous un couloir aérien très fréquenté », non par des avions, mais par des cigognes. Lesquelles ont la mauvaise habitude de laisser parfois tomber des nouveau-nés de leur baluchon dans son jardin. « Et c’est ainsi que Bert se retrouva avec 226 bambins sur les bras. » Avec une seule idée, s’en débarrasser au plus vite, la « compagnie 6gogne » refusant de les reprendre. Son assureur ayant répondu que « l’arrivée d’un bébé dans un foyer n’est pas considérée comme un sinistre », Monsieur Bert va parcourir la contrée avec un chargement des plus braillards. L’occasion de rencontrer au fil des pages les héros de contes de fées : de Barbe Bleue à Raiponce, leur destin en sera singulièrement modifié.
Flore Vesco a‑t-elle croisé la route de Pierre Gripari et de sa Patrouille du conte ? Elle revient ici avec sa créativité, sa gouaille et son insolence coutumières, talents partagés avec une « couvée de jeunes lecteurs » qui, dans le cadre du « Feuilleton des Incos », ont la chance de pénétrer dans les coulisses de la création littéraire et de la fabrication d’un livre.

Dès 8 ans

Flore Vesco, 226 bébés, Didier Jeunesse, 2019, 96 p., 12 € — Imprimé en France

Pierre Coran, Giselle, le ballet d’Adolphe Adam

« Dans une vallée de Germanie riche en vignes et en châteaux, vivait une paysanne prénommée Giselle », ainsi débutent le conte et le célèbre ballet d’Adolphe Adam. Une si jolie paysanne qu’elle fait battre le cœur du garde-chasse Hilarion mais aussi celui d’un villageois « qui se faisait appeler Loys ». Quand est levé le mystère de ce beau Loys, c’est le drame… Un drame d’amour, symbole de la danse romantique : quelle danseuse étoile n’a jamais rêvé d’incarner Giselle ? Giselle, non seulement va mourir d’amour, mais elle va être accueillie par la reine des Wilis. De bien étranges créatures, ces fiancées mortes avant le jour de leurs noces…
Ce livre-disque réunit une superbe équipe : le texte de Pierre Coran est lu par la voix envoûtante de Natalie Dessay. Il est illustré par le pinceau coloré d’Olivier Desvaux – si coloré qu’on se croirait plus en Provence qu’en Courlande ! Enfin, les morceaux choisis par Marc Dumont sont interprétés par l’orchestre symphonique de Londres sous la baguette du chef d’orchestre Anatole Fistourali : fête paysanne, valses, musiques de chasse…
Un superbe cadeau à écouter et réécouter – et pas seulement pour les ballerines en herbe !

Dès 6 ans

Pierre Coran, Giselle, le ballet d’Adolphe Adam, illustrations d’Olivier Desvaux, voix de Natalie Dessay, Didier Jeunesse, 2019, 48 p. + 1 CD, 23,80 € — Imprimé en Italie. Un code permet d’écouter l’album en ligne.