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Karen Hottois, Magda, la souris minuscule

Karen Hottois, Magda, la souris minuscule

« Magda est une souris minuscule. Elle est née ainsi, minuscule et mignonne. » Mais elle aimerait bien grandir, grandir…
« – Pour grandir, il faut laisser passer du temps, dit Maman. »
Un peu trop de temps, soupire Magda… Pas trop vite, chuchote Maman.
Un album tout doux, très minimaliste, illustré avec tendresse et humour par Anaïs Massini. Idéal pour faire de beaux rêves !

Tout-petits

Karen Hottois, Magda, la souris minuscule, illustrations d’Anaïs Massini, Didier Jeunesse, 2021, 24 p., 11,90 € — Imprimé en France

Gilles Bizouerne, Qu’est-ce qui t’est arrivé ?

« Dans la cour de récréation, Adèle, ma meilleure copine, a tout de suite remarqué mon plâtre.
– Salut, Zoé, qu’est-ce qui t’est arrivé ? » Tombée dans l’escalier ? Non. Tombée de vélo ? Pas plus. Quel manque d’imagination ! Et Zoé de raconter : « un oiseau énorme a surgi d’un nuage et m’a saisie par les épaules. Il m’a soulevée du sol et on s’est envolé.
– C’est pas vrai ? dit Adèle.
– Si, si, c’est vrai. »
A chaque réplique d’Adèle, notre Zoé rebondit et invente des épisodes de plus en plus farfelus : elle a fait de la luge pour éviter un ours, elle est montée dans une montgolfière, a atterri sur une girafe… Allez, je ne vous dis pas tout ! Et d’ailleurs, êtes-vous sûrs que l’on saura, à la fin de l’histoire, comment Zoé s’est cassé le bras ? Et si l’histoire n’avait pas de fin ? Dans un langage parlé, à dire vrai pas très grammatical, Zoé nous conduit au pays des affabulations les plus loufoques. A chacun de continuer sur ses traces, dans un univers très épuré, très doux, bleu, rose et lilas, comme si on était sur un petit nuage.

Dès 5 ans

Gilles Bizouerne, Qu’est-ce qui t’est arrivé ?, illustrations de Delphine Renon, Didier Jeunesse, 2021, 36 p., 12,90 € — Imprimé en France

Carl Norac, Monsieur Satie, l’homme qui avait un petit piano dans la tête

Désolé de ne pas recevoir de courrier, monsieur Satie « décide de s’écrire une lettre à lui-même. Bien cher moi, commence-t-il, heureux de sa formule. Et après ? » Après, le facteur la lui apportera, cette lettre, et d’autres suivront. C’est qu’il est bien seul, Erik Satie, et bien pauvre aussi : il « n’a même pas assez d’argent pour s’acheter un oiseau. Alors, dans une petite cage, il a mis le dessin d’un oiseau ». Dans ce superbe livre-CD, on sent que Carl Norac est vraiment chez lui : ses mots, doux amers, dansent avec une ironie retenue, sa fantaisie rejoint celle de Satie – et résonnent les Gymnopédies, les Gnossiennes et la Valse du chocolat aux amandes. Les papiers collés et les illustrations typographiques d’Elodie Nouhen, prennent, elles aussi, le parti-pris de la simplicité – enfin, une simplicité aussi travaillée que celle de Frédéric Vaysse-Knitter qui interprète au piano les plus célèbres mélodies du compositeur.

Dès 8 ans

Carl Norac, Monsieur Satie, l’homme qui avait un petit piano dans la tête, Didier Jeunesse, 2006. Un livre CD avec des illustrations d’Elodie Nouhen, la voix de François Morel et Frédéric Vaysse-Knitter au piano. 48 p. et un CD. 23,80 €

Dorothée Copel, Tape dans ma patte !

Dorothée Copel, Tape dans ma patte !

« Attendez-moi là et restez bien sages. Je cours à la rivière ! » s’écrie Papa Ours. Sauf que… nos deux lascars en profitent pour mettre le bazar. « Il va donc falloir trouver quelqu’un pour vous garder », soupire Papa Ours. Pas de Maman Ourse à l’horizon ? Un sac de gâteaux sur le dos, Papa Ours va chercher à qui, dans la forêt, il pourrait faire confiance. Pas si simple, mais si drôle !
Inspiré d’un conte russe, Tape dans ma patte ! fait partie des récits où un personnage cherche quelqu’un pour accomplir une tâche – ici, Papa Ours a bien du mal à trouver à qui confier ses turbulents petits oursons ! Les dessins de Marie Novion, réalisés au crayon à papier, aux crayons de couleur et aux feutres, sont charmants, naïfs et plein d’humour.

Dès 3 ans

Dorothée Copel, Tape dans ma patte !, illustrations de Marie Novion, Didier Jeunesse, coll. « A petits petons », 2019, 24 p., 12,50 € — Existe aussi en anglais. Imprimé en France.

Carl Norac, Poucette

Carl Norac, Poucette

« Là, dans la fleur, la femme voit, assise, une toute petite fille, pas plus grande que la largeur d’un doigt.
— Oh, personne n’a jamais vu une fille de cette taille ! s’écrie la dame. Mais c’est la mienne, si mignonne, ma Poucette pas plus grande qu’un pouce.
Très vite, c’est incroyable : la fille-fleur se met à parler, et pas pour ne rien dire :
— Géante ou pas, mes rêves à moi seront si haut que les étoiles en entendront parler ! »
En conteur qui sait ce que conter veut dire, Carl Norac offre ici une version du conte d’Andersen, non pas condensée ou adaptée, mais augmentée. Les détails foisonnent, les dialogues fusent, les anecdotes prennent du volume… et cela se déguste à haute voix, en admirant les superbes illustrations de Claire de Gastold, colorées, vives et fleuries –et quelle horrible gentille sorcière, on la croirait vraiment cousine de celle de Gripari ! Signe des temps, à la fin du conte, cette Poucette éconduit gentiment Princelet qui lui offre un bouquet dont les fleurs se nomment Fiançailles. Il est vrai qu’il s’était laissé aller jusqu’à oser un « C’est la classe, c’est Princelet », un peu trop hâbleur au goût de notre Poucette.

Dès 5 ans

Carl Norac, Poucette, illustrations de Claire de Gastold, Didier Jeunesse, 2020, 40 p., 15,90 € — Imprimé en Italie

Pascal Ruter, Lola on ice, A la conquête de New York

« Non, elle n’a pas rêvé, il s’agit bien d’une invitation pour un stage de trois mois dans un prestigieux centre de formation à New York. Lola se souvient au mot près des paroles de Gloria. Tout est gravé en lettres brûlantes dans sa mémoire :
– Une chance incroyable ! Tatiana et moi pensons que vous êtes les mieux placées pour profiter de ce programme d’échange.
– À New York ?
– Parfaitement. Cette académie est l’une des plus prestigieuses. Plein de célébrités viennent s’y entraîner. Ce sera une incroyable expérience internationale.[…]
Lola est folle de joie. New York. Sept lettres qui mettent le feu à son imagination. Les taxis jaunes. Les gratte-ciel. Les sirènes de police. La statue de la Liberté. Et fameuses championnes américaines qui électrisent les patinoires. »
Le troisième tome des aventures de Lola, Sasha et leurs amies, dans l’ambiance – fort rafraîchissante – des patinoires américaines, cela donne un roman idéal pour se croire encore en vacances. Entre découverte de la vie new yorkaise, cours au lycée français, entraînements et petits soucis de cœur, nos patineuses ne laissent pas un instant de répit aux jeunes lectrices. On enchaîne sur Starman de David Bowie ?

Dès 10 ans

Pascal Ruter, Lola on ice, A la conquête de New York, illustrations de Gloria Pizzilli, Didier Jeunesse, coll. « Mon marque-page », 2020, 160 p., 12 €

Elodie Balandras, Un nouveau printemps pour Pépé Ours

« Comme chaque printemps, Petite Ourse se rend chez son Pépé Ours. […] ce que Petite Ourse préfère, c’est la chasse au miel : le premier rendez-vous du printemps ! » Quand, tout excitée, elle arrive chez Pépé Ours, son grand-père ronfle à qui mieux mieux dans son fauteuil. « Cette année, c’est Petite Ourse qui court devant. – Pépé ! Il faut qu’on trouve la plus grosse ruche de la forêt, encore plus grosse que la dernière fois ! » Certes, mais rien ne se passe comme d’habitude : Pépé Ours a oublié son sac, il a trébuché sur le chemin, et quand il s’agit de monter à l’arbre pour y cueillir une belle ruche, badaboum… Bref, si Pépé Ours ne tient plus la forme, c’est Petite Ourse qui va se révéler une grande fille. Prenant discrètement la tête des opérations, elle parvient à décrocher le pactole. Miam ! Qu’il est bon, ce miel ! Elodie Balandras signe un album tout doux sur la relation des enfants avec leurs grands-parents, sur le vieillissement des uns et la responsabilisation des autres. Parce que la roue tourne et qu’il est important de conserver ses liens magnifiques au sein des familles.

Dès 4 ans

Elodie Balandras, Un nouveau printemps pour Pépé Ours, Didier Jeunesse, 2020, 36 p., 13,90 € — Imprimé en France

Gilles Bizouerne et Céline Murcier, Pierre et la Sorcière

« Il était une fois, rien qu’une fois, une sorcière, une terrible sorcière qui vivait dans une forêt près d’un village. […] Tout le monde avait peur de la sorcière. Tout le monde… sauf Pierre ! Pierre était un galopin, un galopin qui n’avait peur de rien. » Et notre Pierre de grimper dans un pommier pour y cueillir une pomme. Passe la sorcière… avec un grand sac…
« — Comme ces pommes ont l’air savoureuses ! Tu m’en donnes une ? Pierre lui lance une pomme. – Misère de misère ! dit la sorcière, elle est tombée par terre. » Deux fois, Pierre saura lui jouer un tour à sa façon et se sauvera de ses griffes. Mais la troisième fois ? Qui ira cuire dans le four ?
Passé la première terreur, car la sorcière et vraiment très réussie dans son genre, on en redemande : nez crochu, doigts griffus, yeux bigleux, et un vocabulaire à l’avenant. Le texte est parfait pour une lecture à haute voix. La typographie aide même à mettre le ton. La présente adaptation de ce conte s’inspire plus particulièrement d’une version flamande, dont il a traduit toute la truculence.

Dès 3 ans

Gilles Bizouerne et Céline Murcier, Pierre et la Sorcière, illustrations de Roland Garrigue, Didier Jeunesse. 2016 pour l’album, 40 p., 12,90 € — 2019 pour la version poche, 40 p., 5,50 € — Imprimé en France

Claire Abbis-Chacé, Les plus belles comptines allemandes

Quand les enfants français chantent « La petite bête qui monte », leurs cousins allemands entonnent « Kommt eine Maus ». « Petit escargot » ? C’est « Die kleine Schnecke Max ». Et le grand cerf dans la forêt ? Il accueille aussi « ein Häslein », un petit lièvre apeuré. Ces comptines, jeux de doigts, rondes et berceuses ont été choisis pour leurs correspondances et leurs airs faciles à mémoriser. Ils sont chantés par des voix enfantines sur le CD qui accompagne le livre. L’album présente aussi les jeux possibles, les traductions et de nombreux conseils bienvenus pour les familles qui ne baignent pas dans un univers bilingue. Les illustrations sont fraîches et colorées, avec une touche d’humour et de fantaisie qui donne déjà le tempo.

Dès 4 ans

Claire Abbis-Chacé, Les plus belles comptines allemandes, illustrations de Cécile Hudrisier, Rémi Saillard et Olivier Latik, Didier Jeunesse, coll. « Les petits cousins », 2019 (nouvelle édition), 60 p. + CD de 45 min, 17,70 € — Disponible en streaming sur diverses plateformes. Imprimé en France

 

Elodie Balandras, Un nouveau printemps pour Pépé Ours

« Comme chaque printemps, Petite Ourse se rend chez son Pépé Ours. » Elle rêve d’escalade, de courses de brouette, de saute-fourmis… Mais ce qu’elle préfère, c’est aller tremper le bout de sa patte dans le miel. En effet, Pépé n’a pas son pareil pour décrocher les ruches sauvages ! Enfin, il l’avait, car, ce printemps, Pépé Ours se traîne… Mais Petite Ourse a grandi, et leur duo va se révéler tout aussi efficace. Un joli conte sur la relation entre deux âges complices, délicieusement mis en couleurs par Elodie Balandras.

Dès 4 ans

Elodie Balandras, Un nouveau printemps pour Pépé Ours, Didier Jeunesse, 2020, 36 p., 13, 90 € — Imprimé en France

Delphine Pessin, Deux fleurs en hiver

Capucine, stagiaire à l’ EHPAD du Bel-Air : « Alors, contrairement à la plupart des autres lycéens, je ne redoutais pas de travailler avec les « seniors ». Ça, c’est le terme politiquement correct pour désigner les personnes âgées. Je trouve ça crétin. On dit aussi les « anciens », les « pensionnaires », moi je préfère les « vieux ». Il n’y a rien de dégradant à dire qu’ils sont vieux, c’est un fait, voilà tout. C’est même plutôt beau, quand on y pense, d’avoir déroulé le fi l d’une vie et de se tenir tout au bout.
Violette Florent, 87 ans, nouvelle arrivée à Bel-Air : « Je n’étais plus Mamette, épouse et mère, ni Mme Florent, institutrice à la retraite, ni même Violette, bénévole à la bibliothèque du village. J’étais une résidente parmi d’autres, une vieille femme rabougrie qui ne pouvait se déplacer qu’à l’aide d’un déambulateur. Une femme qui ne pouvait plus vivre chez elle, pour sa propre sécurité. »
Entre ces deux « fleurs », le courant passe au premier regard. Chacune d’entre elles a un secret, un lourd secret de famille. Une belle amitié va naître.
Quand un défilé de carnaval se transforme en manifestation pacifique, le voile se lève sur la vie quotidienne des résidents et sur les conditions de travail du personnel hospitalier – rien n’est rose à Bel-Air. Passent aussi une galerie de pensionnaires attachants, des aides-soignantes épuisées, un chat noir, Crampon, une copine, Margaux, et un nouvel aide-soignant, Romain. Mais pourquoi Capucine porte-t-elle des perruques flashy ?
Dans un « français de tous les jours », celui de ses collégiens, Delphine Pessin signe un roman qui parle de sujets profonds, d’accidents, de vocations, de fin de vie, bref, d’humanité, sans moraline ni faux-semblants.

Dès 12 ans

Delphine Pessin, Deux fleurs en hiver, Didier Jeunesse, 2020, 192 p., 15,90 €

Sachie Hattori, Bonne nuit le monde

« — C’est l’heure d’aller dire bonne nuit à tout le monde.
— A tout le monde ?
— Oui. A papa, à tes frères, à tout le monde ! »
Tout le monde, c’est aussi « mon voisin Henri », la boulangerie et la « fontaine jolie », les bateaux, la mer, les poissons… et bien sûr la lune et les étoiles ! Après un voyage des plus oniriques, notre petit personnage et ses amis sauteront sur une douce étoile – et feront de beaux rêves. Un album coloré et délicieux, parfait pour le rituel du soir.

Avant 3 ans

Sachie Hattori, Bonne nuit le monde, Didier Jeunesse, 2020, 40 p., 12,90 € — Traduit de l’anglais et original en japonais. Imprimé en France