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coll. « Classiques abrégés »

Lewis Wallace, Ben-Hur

Lewis Wallace, Ben-Hur

Au Ier siècle de notre ère, dans une Palestine sous domination romaine, Juda Ben-Hur, fils d’une noble famille de Judée, est injustement accusé d’attentat contre la personne du gouverneur en poste à Jérusalem. Le voilà condamné aux galères, tous ses biens sont confisqués, ses proches mis en prison. Sa fougue et sa jeunesse lui inspirent un projet de vengeance qui ne va pas être facile à mettre en œuvre. Ben-Hur survivra-t-il aux épreuves dont peu de galériens réchappent ? Retrouvera-t-il sa liberté ? Pourra-t-il reconquérir un statut social et les moyens de faire valoir son innocence ? S’il y parvient, il lui faudra encore vaincre le traître qui s’acharne à sa perte, arracher sa mère et sa sœur au terrible mal qui les ronge et affronter de nombreux dangers. Tels sont les enjeux d’une action romanesque qui nous transporte aux temps du christianisme naissant et d’où nous parvient l’écho d’un quadruple galop d’enfer : celui d’une course de chars que le cinéma hollywoodien a rendue célèbre… En parallèle, et le titre anglais le dit bien, c’est aussi « un récit du Christ », de Bethléem au mont des Oliviers. Aux Etats-Unis, le roman fut le best-seller n° 1 du XIXe siècle, devant La Case de l’Oncle Tom.
L’éditeur a fait le choix de ne pas édulcorer ce grand classique, ni de le résumer, mais plutôt de l’élaguer. La technique est bien au point et la lecture en acquiert un rythme encore plus haletant. La couverture représente une course de chars au Puy du Fou : le spectacle continue !

Dès 12 ans

Lewis Wallace, Ben-Hur, Ecole des Loisirs, coll. « Classiques abrégés », 2016, 252 p., 6,10 €

Alexandre Dumas, Le Chevalier de Maison-Rouge

Alexandre Dumas, Le Chevalier de Maison-Rouge

« Pourquoi cette femme criait-elle, et que lui faisiez-vous ?
— Nous la conduisons au corps de garde parce qu’elle n’a point de carte de civisme.
— Si vous m’eussiez répondu cela tout de suite, l’explication aurait été plus courte. Emmenez cette femme où vous voulez.
— Citoyen, s’écria à son tour, en saisissant le bras de Maurice, la femme, qui avait suivi tout le débat avec une profonde anxiété ; ne m’abandonnez pas à la merci de ces hommes grossiers et à moitié ivres !
— Soit, dit Maurice ; prenez mon bras et je vous conduirai avec eux jusqu’au poste.
— Monsieur, dit la jeune femme, si l’on me conduit au poste, je suis perdue. »
Nous sommes le 10 mars 1793 – quelle précision sous la plume de Dumas – et répondre « Monsieur » au lieu de « citoyen », c’est déjà se rendre suspect. Quant à s’exprimer galamment et à offrir son bras… il faut bien être, comme Maurice Lindey, jeune lieutenant de la garde nationale pour en imposer aux enrôlés volontaires qui patrouillent dans Paris. Sous la plume de Dumas, le roman historique se fait roman de cape et d’épée, roman d’espionnage, sans oublier ni la romance ni l’humour, mais aussi roman politique. Et on se prend à croire que, non, Marie-Antoinette ne périra pas sur l’échafaud tant sont grandes l’imagination et la fougue du chevalier de Maison-Rouge. Si les idées neuves ne gomment pas si vite les sentiments chevaleresques, les amoureux naïfs vont être la proie d’un savant « montage » qui, le moment venu, se retournera contre eux sans l’ombre d’un repentir de la part des conjurés.
Boris Moissard a astucieusement abrégé le texte du roman. La version proposée ici n’est donc ni un résumé, ni une suite de morceaux choisis, ce qui permet de conserver une certaine alacrité dans le récit – sans sacrifier ni au style ni aux imparfaits du subjonctif.

Dès 12 ans

Alexandre Dumas, Le Chevalier de Maison-Rouge, préface de Boris Moissard, coll. « Classiques abrégés », L’Ecole des Loisirs, 2016, 252 p., 6,10 €

 

Robert de Boron, Le Roman de Merlin

Robert de Boron, Le Roman de Merlin

« Par l’effet de ses pouvoirs magiques, il fit transporter les pierres jusqu’au cimetière de Salisbury. Il alla ensuite en informer Uterpandragon et son peuple qui s’étonnèrent de ce prodige. Il leur demanda alors de les dresser car elles seraient ainsi plus belles que couchées. Mais aucun humain n’était assez fort pour en déplacer une seule. […]
– Eloignez-vous, repartit Merlin. Je vais les dresser, ces pierres. Ainsi j’aurai tenu la promesse faite à Pandragon. Je vais accomplir pour lui ce que personne d’autre ne pourrait faire.
Et Merlin érigea les pierres qu’on peut encore voir au cimetière de Salisbury et qui y resteront aussi longtemps que durera la chrétienté. »
Un « cimetière de Salisbury » qui n’est autre que Stonehenge. Ce Merlin de Robert de Boron nous vient du tout début du XIIIe siècle. Le mythe arthurien tel que le racontaient Chrétien de Troyes et Wace est ici fortement christianisé. Cela dit, « l’authentique Merlin a bien peu de rapports avec l’hurluberlu à chapeau pointu du dessin animé » précise d’emblée Jean-Pierre Tusseau. Pour lui, Merlin est un « prophète, [un] stratège politique et militaire, [un] homme d’action qui a parfois besoin de se ressourcer dans le calme de la forêt, personnage à la fois sage et facétieux, raisonnable et amoureux ».
Médiéviste, Jean-Pierre Tusseau a déjà transcrit et adapté de nombreux textes de notre patrimoine littéraire.

Dès 12 ans

Robert de Boron, Le Roman de Merlin, Ecole des Loisirs, coll. « Classiques abrégés », 2015, 196 p., 5,60 € — Traduction nouvelle abrégée de Jean-Pierre Tusseau