Le zoo poétique, illustré par Bruno Gibert
« Une chauve-souris chut en terre.
La belette entre ses dents la serre,
Qui ne pardonne à nul oiseau. »
« Une chauve-souris chut en terre.
La belette entre ses dents la serre,
Qui ne pardonne à nul oiseau. »
Les illustrations de Biélorusse Anton Lomaev servent le roman avec une rare énergie, avec des tableaux le plus souvent en pleine page – et vu le format du livre (26 cm x 37,5 cm), on en prend plein les mirettes. Que le lecteur soit perché sur la vigie ou peine sur les avirons d’une baleinière, il est pris autant par l’image que par le texte (intelligemment abrégé) qui emporte, comme une vague, une autre et encore une autre.
Les recueils de contes se suivent et ne se ressemblent pas. Celui-ci propose 9 contes : 8 des frères Grimm auxquels a été joint Le Chat botté de Charles Perrault. Des contes connus, comme Le Petit Poucet ou Les Musiciens de Brême, et d’autres un peu oubliés comme Jean le Veinard, Les Sept Corbeaux, ou Le Lièvre et le Hérisson.
Ce petit opuscule s’est fait un malin plaisir de sélectionner dans l’œuvre prolifique d’Alphonse Allais les sujets à la mode : énergies nouvelles, réforme de l’orthographe, féminisation grammaticale, jusqu’à Paris Plage ! Salutaire !
Chacune des pièces a été confiée à un illustrateur différent qui a su en capter l’énergie et la singularité. L’occasion bienvenue de se créer un fond de bibliothèque qui complétera les célèbres « petits classiques » du cours de français.
« Tout était désert et silencieux. Le chef resta seul pendant que les quatre autres revenaient en arrière pour faire le guet. Alors prenant son bout de craie au fond de sa profonde, haussé sur ses orteils aussi haut que possible, Lebrac inscrivit sur le lourd panneau de chêne culotté et noirci qui fermait le saint lieu, cette inscription lapidaire qui devait faire scandale le lendemain... »
« Tout en haut du cerisier,
A part moi, qui pouvait grimper ?
J’agrippai le tronc des deux mains
Et cherchai des pays lointains. »
« La onzième dame venait juste de prononcer son vœu quand soudain la treizième entra. Puisqu’on ne l’avait pas invitée, elle allait se venger ! Et sans saluer ni daigner regarder personne, elle s’écria : ‘La fille du roi, quand elle aura quinze années, à un fuseau se piquera et morte tombera.’ Et sans plus rien ajouter, elle fit demi-tour et quitta la salle.»
« Sachez que la même fée qui, au jour de ma naissance, me fit le don de pouvoir rendre spirituelle la personne qu’il me plairait, vous a aussi fait le don de pouvoir rendre beau celui à qui vous voudrez bien faire cette faveur », confie Riquet à la Houppe à la jolie princesse.
« Un et nu c’est même / et nu et nue comme un et un font deux / font un quand ils s’aiment. » Une belle comptine pour les enfants (pas) sages devenus grands - et à qui personne ne demande plus d’être sages dans le secret de leur coeur.