Thème

Découverte de la nature

François Place, Le Chêne

Dans le rôle-titre, un magnifique chêne d’une forêt de Sologne : Du haut de ses 17,50 m et de ses 212 ans, il a même connu Napoléon ! Les héros du film ? L’écureuil roux, le geai des chênes, le mulot sylvestre, le balanin du chêne (un coléoptère dont j’ignorais le nom !)… Au fil des saisons, Laurent Charbonnier et Michel Seydoux ont réalisé de superbes images et, de ces 350 heures de rushs, ont monté un film à grand spectacle. Que vos enfants aient vu ou non le film, cet album leur fera découvrir cet arbre majestueux et ses habitants. Qui mieux que François Place, l’illustrateur de Tobie Lolness, pouvait raconter et illustrer cet album, enrichi de photos du film, de QR codes dirigeant vers des extraits sonores et des petits secrets du tournage ? Près de chez vous, il y a sûrement un chêne à observer en ce début de printemps !

Dès 6 ans

François Place, Le Chêne, Belin Jeunesse, 2022, 56 p., 15,90 € — Imprimé en France

Sebastian Meschenmoser, L’écureuil et la très grosse noix

« L’écureuil n’en croit pas ses yeux. Il la regarde et ne sait que dire. » Et nous non plus… car, sans l’avoir nommée, nous la voyons bien, cette « très grosse noix » ! « Comment a‑t-elle pu atterrir ici, à l’intérieur de l’arbre ? Il n’a jamais vu d’aussi grosse, d’aussi belle noix que celle-là. » Reste à la cacher, mais où… « C’est désespérant ! Comment faire ? Il faut que cette cachette soit comme la noix elle-même : parfaite et inoubliable. L’écureuil réfléchit, réfléchit… Il faut rester concentré, et surtout, ne pas se laisser distraire ! »
C’est bien sûr ce qui va arriver et nous voilà partis à la suite de cet écureuil fantasque et blagueur. Sebastian Meschenmoser retrouve ici son compère l’écureuil, dont il a déjà conté et dessiné de nombreuses aventures – L’écureuil et le roi de la forêt, L’écureuil et la lune, L’écureuil et le printemps… — toujours aussi farfelues. Il a le talent de donner des expressions très vivantes, mais pas tout à fait humaines, à ses vedettes, car l’écureuil ne serait rien sans le hérisson, l’ours ou le bouc. Et si vous avez des souvenirs d’allemand, entraînez-vous à prononcer avec vos enfants le titre original : Herr Eichhorn und die unvergessliche Nuss !

Dès 4 ans

Sebastian Meschenmoser, L’écureuil et la très grosse noix, Minedition, 2022, 60 p., 15 € — Traduit de l’allemand par Julie Duteil. Imprimé en Pologne

Anne Crausaz, Une nuit au jardin

Avec le printemps, la nature se réveille doucement et les nuits vont être moins frisquettes. Quelle belle occasion d’aller voir ce qui se passe au jardin quand on croit que tout dort… Anne Crausaz nous y conduit sur la pointe des pieds : qu’allons-nous découvrir sous son pinceau magique ? Une luciole, une sauterelle, quelques fleurs, mais sublimées par son regard et son talent. Que faire d’autre que nous émerveiller, nous aussi ? Un album grand format, à la couverture photoluminescente – à vous de trouver des piles pour votre lampe de poche !

Dès 4 ans

Anne Crausaz, Une nuit au jardin, MeMo, 2021, 28 p., 20 € — Imprimé en Europe

Satomi Ichikawa, Accroche-toi à Maman !

Hier, Rimba a vu « un bébé orang-outan sur le dos de sa maman » — car la fillette vit sur l’île de Bornéo, à la lisière de la plus ancienne forêt tropicale du monde, où se cachent les derniers membres de cette espèce menacée. Le lendemain, quand sa maman lui demande d’aller chercher quelques bananes, elle lève le nez, et aperçoit un « nid » bien étrange… Et voilà le début d’une drôle d’aventure : Rimba va rejoindre Pongo et sa maman. Elle nous fait ainsi découvrir la vie quotidienne de ces grands singes, lors d’une promenade assez mouvementée dans la canopée. Satomi Ichikawa illustre avec humour et finesse cette histoire pleine d’imprévus. Notamment à l’heure du repas : une bouchée de durian, passe encore, mais des fourmis, non merci !

Dès 5 ans

Satomi Ichikawa, Accroche-toi à Maman !, L’Ecole des Loisirs, 2022, 28 p., 13 €

Luciano Lozano, Tancho

« Yoshitaka vivait dans la région des marais, sur l’île de Hokkaïdo. Tout le monde l’appelait Tancho, le surnom que les Japonais donnent aux grues. » Mais qu’est-ce qui a pu lier le destin de ce jeune homme à celui de ces oiseaux extraordinaires ? Vous l’apprendrez en découvrant cet album qui ne parle pas que d’oiseaux, mais aussi de responsabilité, de respect, de connaissance et de ce qui lie tout cela, une forme d’amour qui se manifeste en silence, jour après jour. Ces fameuses grues ont été sauvées de l’extinction par un petit groupe d’ornithologues passionnés, alors même qu’elles sont un symbole très fort pour les Japonais et qu’elles figurent dans de nombreuses œuvres d’art. De ces deux voyages au Japon, Luciano Lozano a rapporté justement ce qui fait l’essence du Japon éternel, dont témoigne ce très bel album, entre conte et documentaire.

Dès 6 ans

Luciano Lozano, Tancho, Editions des Eléphants, 2022, 48 p., 15 € — Traduit de l’espagnol par Sébastien Cordin. Imprimé au Portugal.

Alain Broutin, Calinours se réveille

« Ohé ! C’est moi, Calinours !
Je suis déjà réveillé.
En attendant le printemps
Je me promène en chantant :
Vive la neige ! Vive le vent ! »
Et c’est parti pour une belle partie de luge, ou plutôt de toboggan sur son « petit derrière ».
Mais qu’en pensent le lièvre, le castor ou l’écureuil ? Le sanglier et la tourterelle ?
Un conte-randonnée très classique (il y a près de 20 ans que Calinours nous régale !), idéal pour passer de l’hiver au printemps. Chez moi, les perce-neige ont déjà laissé la place aux primevères. Alors, vite, aidons Calinours à se réveiller pour de bon.

Dès 3 ans

Alain Broutin, Calinours se réveille, illustrations de Frédéric Stehr, L’Ecole des Loisirs, coll. « Les Lutins », 1992, réédition 2020, 32 p., 5 € — Imprimé en France

Carolyn Scrace, Les dinosaures et autres géants préhistoriques

« Découvre, construis et joue », le titre de la collection est clair : comment combiner art et science, manipulations et données savantes. Les petites mains créeront des modèles de dinosaures à partir de pièces prédécoupées, puis colleront des dizaines d’autocollants sur des paysages ou sur des dessins « maison ». Les textes répondent avec des mots simples aux questions les plus fondamentales : que mangeaient les dinosaures ? se mangeaient-ils entre eux ? savaient-ils nager ? Et la plus importante – malgré une traduction un peu pataude : « avaient-ils des mères aimantes ? ». De quoi occuper un après-midi de vacances avant, ou après, une promenade au Jardin des Plantes.

Dès 5 ans

Carolyn Scrace, Les dinosaures et autres géants préhistoriques, illustrations de Liza Lewis, Grenouille éditions, 2021, 48 p., 8,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Anne Jankeliowitch, Royaumes minuscules

« Chez les insectes qui vivent en colonies, certains sont simplement grégaires, comme les blattes. Mais les insectes eusociaux, comme les fourmis, les termites et certaines espèces de guêpes et d’abeilles, vivent en colonies très nombreuses, extrêmement organisées, et si complexes qu’elles gardent encore une grande partie de mystère. » Ce sont ces « mystères » que le lecteur est invité à admirer et à étudier avant que de savoir les élucider, peut-être, un jour. Le trait subtil et précis d’Isabelle Simler se prête parfaitement à l’exploration fascinante de ces « royaumes minuscules », dont certains se cachent au fond du jardin ou au détour de la forêt. En bonus, des volets et des éléments dépliants.

Dès 8 ans

Anne Jankeliowitch, Royaumes minuscules, illustrations d’Isabelle Simler, La Martinière Jeunesse, 2021, 64 p., 21,90 € — Imprimé en Chine

Timothée Le Véel, Le renard blanc

Un petit renard quitte la steppe, curieux d’explorer le monde. La neige venue, au fin fond de la forêt, il croise un ours sur le chemin de sa tanière, tout étonné de rencontrer un renard au pelage blanc. De roux, il est devenu blanc ? Où donc est passée sa couleur ? Voilà notre renard tout désemparé ! Les animaux de la forêt auront chacun une réponse à lui apporter. Ce conte randonnée est illustré par des aquarelles très fines et pleines de surprises et de vire-voltes de Timothée Le Véel, un petit prince dont le dessin a su apprivoiser ce beau renard blanc.

Dès 4 ans

Timothée Le Véel, Le renard blanc, École des Loisirs, 2020, broché, 5 € — 2018, cartonné, 14 €

Isabelle Stock, Hermine part en camp

« – Koala… On y va !
– Mouette unie dans la… tempête !
– Toujours un oeil de… Lynx !
– Guides toujours… appela la cheftaine.
– Prêtes ! répondirent toutes les guides d’une voix claire.
Hermine observa la scène bouche bée. Tout s’était passé très vite et les filles étaient maintenant immobiles, détaillant la nouvelle venue.
– Je vous présente Hermine, déclara Sophie dans un grand silence. Je vous avais annoncé son arrivée dans notre compagnie, elle va découvrir le scoutisme avec nous toutes. Je compte sur vous pour bien l’accueillir et l’entourer pour son premier camp. »
Suivons donc Hermine pendant ces deux semaines riches en découvertes et en aventures ! Isabelle Stock présente avec talent la réalité d’un camp scout et, grâce au thème du Grand Jeu, retrace la création du scoutisme par Baden-Powell. Pas d’aventures « magiques », pas d’énigmes abracadabrantes, juste les petits soucis – entorse, lessive croquée par les vaches, pluies diluviennes, agaceries entre filles – que connaissent tous les scouts et qui sont narrés ici avec un humour bienveillant. La présence religieuse est très discrète mais conclut en beauté le roman, avec la cérémonie de la promesse de deux guides. Si, selon la formule de Baden–Powell « le bonheur ne vient pas à ceux qui l’attendent assis », après avoir lu ce roman, gageons qu’il y aura des inscriptions dans les nombreuses troupes scoutes de France et de Navarre.

Dès 8 ans

Isabelle Stock, Hermine part en camp, illustrations de Juliette Vizzaccaro,Emmanuel Jeunesse, 276 p., 14,90 € — Disponible notamment chez Livres en famille.

Mirella Tenderini, Ernest Shackleton, le boss

« Hommes requis pour voyage périlleux, bas salaire, froid intense, longs mois de ténèbres, dangers constants, retour incertain. Honneur et célébrité en cas de succès. » Même si cette annonce, contrairement à la légende, n’a jamais été publiée par le Times, elle « est cependant caractéristique de l’atmosphère de l’époque et de la fascination qu’exerçait l’exploration polaire ». Parmi ces explorateurs, Mirella Tenderini dresse ici un portrait de l’homme exceptionnel que fut le britannique Ernest Shackleton (1874 — 1922).
À 16 ans, il s’ennuie sur les bancs de l’école et s’engage dans la marine marchande. Enjoué et cultivé, il prend très vite du grade. Mais déjà cette vie de marin ne lui convient plus. Il faut toujours plus d’aventures à Ernest Shackleton.
C’est avec Robert Falcon Scott qu’il rencontre pour la première fois l’Antarctique. Dès lors, une passion est née : il organisera ses propres expéditions vers le Continent Blanc. Hélas, il ne sera pas le premier au pôle. Il s’en est pourtant approché en 1909, mais a renoncé à moins de 200 kilomètres du but. Ravalant sa déception, il imagine une traversée de l’Antarctique et, en 1914, alors que l’Europe entre en guerre, il quitte Plymouth à bord de l’Endurance. Tout ne se passera pas comme prévu et l’exploration tournera au cauchemar. Mais jamais celui que ses hommes appelaient affectueusement « Le Boss » ne lâchera son équipage. Car c’est bien ce qui fit sa popularité : plus encore que ses succès – relatifs -, c’est bien la manière dont il su choisir ses coéquipiers, leur faire partager des épreuves hors du commun et les ramener à bon port.

Grands adolescents

Mirella Tenderini, Ernest Shackleton, le boss, Paulsen, 2022, 212 p., 22 € — Traduit de l’italien par Gérard Guerrier. Avec une préface de Jean-Louis Etienne.

Timothée Le Véel, Le renard blanc

Un petit renard quitte la steppe, curieux d’explorer le monde. La neige venue, au fin fond de la forêt, il croise un ours sur le chemin de sa tanière, tout étonné de rencontrer un renard au pelage blanc. De roux, il est devenu blanc ? Où donc est passée sa couleur ? Voilà notre renard tout désemparé ! Les animaux de la forêt auront chacun une réponse à lui apporter. Ce conte randonnée est illustré par des aquarelles très fines et pleines de surprises et de vire-voltes de Timothée Le Véel, un petit prince dont le dessin a su apprivoiser ce beau renard blanc.

Dès 4 ans

Timothée Le Véel, Le renard blanc, Ecole des Loisirs, 2020, broché, 5 € — 2018, cartonné, 14 €