Thème

De 9 à 10 ans

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers

Des « Feuilles mortes » de Pernette Chaponnière qui annonce si bien l’automne, à l’« Hymne au soleil » d’Edmond Rostand, cette anthologie de poésies françaises rassemble quelques pépites de notre patrimoine culturel. Charmantes comptines pour les plus jeunes, fables optimistes pour les 7/9 ans, tirades et alexandrins sonnants pour les plus grands – autant de textes que chacun découvrira avec un bonheur sans pareil.
Comme le précise dans sa préface Anne Coffinier, à qui l’on doit cette sélection, « pas d’académisme, mais la défense et l’illustration joyeuses d’un art aux mille vocations, dans une langue simple et restituée dans son originalité la plus pure ». Les illustrations, gaies et lumineuses, ouvrent toutes grandes les portes du rêve. A apprendre avec le cœur !

Dès 5 ans et pour toute la famille

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers, illustrations d’A. Bureau, de V. Cognet, C. Cordasco, E. Lapeyre et V. Liang, Editions Critérion et la Fondation pour l’école, 2018, 96 p., 16,90 €. Imprimé en Slovénie.

Paul Beaupère, Les folles aventures de la famille Saint-Arthur — On va gagner, on vous le jure (t 9)

« — C’était peut-être pas une bonne idée de se porter volontaires pour organiser ce truc… » Ce truc, c’est la kermesse de l’école, et les parents Saint-Arthur, épuisés, font le point après une réunion aussi houleuse qu’hilarante (au moins pour les lecteurs). Mais le vrai souci, c’est celui du gros lot de la tombola ! Et papa doit trouver « une idée forte une idée nouvelle, une idée… » La solution se trouvera-t-elle dans le colis envoyé par papy ? Mais un collier en cuir avec une petite plaque dorée et une cloche en cuivre, est-ce vraiment un gros lot ? Que nenni, « le reste sera livré le jour de la kermesse, tout est prévu ». Les prévisions de papy se conjuguant parfaitement avec l’imprévu, voilà que cette histoire de gros lot occupe les nuits de papa, les cauchemars de la directrice et les fantasmes de toute l’école…
En mineure, les lecteurs apprécieront les efforts de Brune et de ses camarades pour aider Pénélope à avoir des bonnes notes et à retrouver l’estime d’elle-même – même si certaines méthodes ne sont pas des plus honnêtes !
Comme toujours – nous en sommes au 9e tome – la famille Saint-Arthur vit à 100 à l’heure, et comme toujours, qui lâcherait le roman en route ? Même pour une course en sac ou une barbe à papa !

Dès 8 ans

Paul Beaupère, Les folles aventures de la famille Saint-Arthur — On va gagner, on vous le jure (t 9), Mame, 2020, 160 p., 10 € — Imprimé en Italie

Marcel Aymé, Le Problème

« Penchées sur leurs cahiers de brouillons, Delphine et Marinette sanglotaient. Le chien vint se planter entre leurs deux chaises et, posant ses deux pattes de devant sur la table, leur passa plusieurs fois sa langue sur les joues.
— Est-ce qu’il est vraiment si difficile, ce problème ?
— S’il est difficile ! Soupira Marinette. C’est bien simple. On n’y comprend rien.
— Si je savais de quoi il s’agit, dit le chien, j’aurais peut-être une idée. […]
— Ne vous découragez pas. Le problème a beau être difficile, on en viendra à bout. Je vais réunir toutes les bêtes de la maison. A nous tous, on finira bien par trouver la solution. »
Entre les chênes, les hêtres, les bouleaux, les bois de la commune, les ares et les hectares, comment s’y retrouver ? Voilà que la petite poule blanche a une idée…
May Angeli illustre de ses bois gravés un nouveau conte de Marcel Aymé, toujours aussi malicieux et imprévisible. Qui a donc eu la chance d’inviter dans sa classe le cheval, le cochon et le sanglier ?

Dès 8 ans

Marcel Aymé, Le Problème, illustrations de May Angeli, Les Editions des Eléphants, 2020, 44 p., 16,50 € — Imprimé au Portugal

Marcel Aymé, L’Eléphant, illustrations de May Angeli, Editions des Eléphants, 2019, 48 p., 16,50 €
Marcel Aymé, Les Boîtes de peinture, bois gravés de May Angeli, Les Editions des Elephants, 2018, 48 p., 15 €.

Carl Norac, La Harpe de la Reine ou le journal intime de Marie-Antoinette

« Je vais vous raconter des secrets que mes amies, princesse de Lamballe ou duchesse de Polignac, ne devinent même pas. Mais pas d’impatience, jouons, je veux écouter votre musique. Notre musique.
Il suffit qu’une harpe soit dans la pièce pour qu’un sourire me vienne et que je devienne, plus que Reine ou femme, une rêveuse de jour. »
Avec ce « journal intime de Marie-Antoinette », Carl Norac nous offre une merveilleuse plongée dans la vie musicale de Versailles au XVIIIe siècle. Marie-Antoinette se confie à sa chère harpe : savez-vous qu’elle en jouait plus d’une heure par jour avec son professeur ? Carl Norac raconte avec beaucoup de pudeur la vie de cette jeune reine si mal aimée, qui reprend vie avec la voix de la comédienne Marina Hands. Après l’évocation des heures heureuses, l’album se termine par un cauchemar où le « carrosse devient un chariot » — non, en fait, il se termine par le rondo du Concerto pour harpe et orchestre n°5 de Jean-Baptiste Krumpholtz, magnifiquement interprété par le harpiste Xavier de Maistre et les Arts Florissants de William Christie – excusez du peu ! L’album grand format est illustré par Eric Puybaret, qui n’a pas son pareil pour peindre les rêves, fussent-ils ceux d’une reine de France. Plaisir des yeux, plaisirs des oreilles – à déguster avec quelques jolis macarons !

Dès 8 ans

Carl Norac, La Harpe de la Reine ou le journal intime de Marie-Antoinette, illustrations d’Eric Puybaret. Un livre CD raconté par Marina Hands, avec Xavier de Maistre à la harpe et Les Arts Florissants de William Christie, Editions Little Village et Harmonia Mundi, 2019, 60 p., 22 € — Imprimé en Europe.

Jean de la Fontaine, Fables choisies et illustrées par Henri Galeron

Le 8 juillet 2021 a vu le 400e anniversaire de Jean de la Fontaine – madame la Chouette aurait-elle choisi le parti du Lièvre, pour arriver un peu tard au but ? Henri Galeron a fait le choix très judicieux de 42 fables, mêlant fables connues, telles Le Lièvre et la Tortue, Le Corbeau et le Renard, ou Le Chêne et le Roseau, et d’autres qu’il serait dommage d’oublier, comme Le Singe ou La Tortue et les deux canards. Ses illustrations sont un régal pour l’œil : ses animaux, peints avec la minutie d’un zoologue, nous ressemblent tellement…

Pour toute la famille

Jean de la Fontaine, Fables choisies et illustrées par Henri Galeron, Editions des Grandes Personnes, 2021, 56 p., 17,50 €

Annie Pietri, Scoop à Versailles, L’affaire des treize pièces d’or

« Elle vivait à la cour du Roi-Soleil. Lui sortait tout droit du ruisseau.
— Comment t’appelles-tu ? reprit-elle d’un ton autoritaire.
— Gaspard. Gaspard Janvier. Je viens juste d’avoir douze ans.
Il posa un regard courageux sur celle qui venait de le surprendre… Un regard de petit chat sauvage prêt à se défendre.
— Et toi ? dit-il.
— Louise-Françoise.
— Tu es vraiment duchesse ? »
C’est en effet sous la table d’un banquet que se fait cette rencontre insolite entre Louise-Françoise de Bourbon, fille de Louis XIV et de Mme de Montespan, et le jeune Gaspard, inventé pour les besoins du roman. Apprenti journaliste, ce dernier cherche quelques anecdotes sur le prochain mariage d’Anne-Marie d’Orléans et du duc de Savoie. Et justement, la bague de fiançailles et les treize pièces d’or qui accompagnent ce présent ont disparu… Le début d’une enquête palpitante au cœur du château de Versailles ! Un domaine que connaît très bien Annie Pietri, auteur des Orangers de Versailles et de L’espionne du Roi-Soleil. Le premier tome d’une nouvelle série, dans laquelle l’enquête policière ne fait pas d’ombre à la rigueur historique, le tout à la hauteur des jeunes lecteurs d’aujourd’hui.

Dès 9 ans

Annie Pietri, Scoop à Versailles, L’affaire des treize pièces d’or, illustrations de Mégane Lepage, Gallimard Jeunesse, 2021, 128 p., 9,90 € — Imprimé en Italie.

Timothée de Fombelle, Esther Andersen

« C’était les vacances. Le premier jour, je prenais le train tout seul avec ma valise. C’était chaque fois le plus beau jour de ma vie. Je regardais les gens. Le contrôleur m’appelait “jeune homme”. » Et depuis quelques pages déjà, nous aussi, nous sommes assis dans ce compartiment, dans ce train qui traverse une campagne gorgée de soleil… Qui arrivera chez l’oncle Angelo ? Qui aura la chance de vivre dans son capharnaüm, de partir sur un vélo trop grand entre les maïs et les pruniers ?
« Avec le temps, le vélo avait fini par devenir presque à ma taille. [….] Les vacances avaient la forme d’un escargot avec la maison au centre, et je faisais des cercles de plus en plus grands pour tenter d’arriver au bord. Et puis un jour, un été, j’y suis arrivé. C’était là et je ne l’avais jamais su. » C’était là… la mer, l’immensité. Et puis, sur la dune, une « petite Anglaise », celle qui donne son nom à l’album. Les dessins et les aquarelles d’Irène Bonacina répondent au texte si épuré de Timothée de Fombelle. Le clin d’œil au Petit Nicolas dessiné par Sempé donne à l’album un léger flou qui enchantera les adultes, de même que le savant emploi de l’imparfait. Quant aux enfants, ils n’auront qu’une envie : aller à la recherche de tous les chiens perdus ; enfin, si peu qu’ils aient été perdus par une charmante fillette…
Le grand format de l’album, la qualité de la fabrication et le talent du duo Fombelle – Bonacina valent bien un petit effort financier. D’autant plus que le livre plaira aussi aux plus grands.

Dès 7 ans

Timothée de Fombelle, Esther Andersen, illustrations d’Irène Bonacina, Gallimard Jeunesse, 2021, 72 p., 24,90 € — Imprimé en Italie

Emilie Vast, L’herbier d’Emilie Vast, Arbres feuillus d’Europe

Savez-vous que « dans la mythologie germanique, l’alisier est dédié à Thor, dieu du Tonnerre » ? Que Zeus a créé le châtaignier « en mémoire de la chaste nymphe Nea » ? Et que l’arbre que nous nommons acacia est en fait un robinier, du nom de Jean Robin, botaniste du XVIIe siècle ?
À la fois petit traité de botanique et livre d’images, cet herbier met en regard la branche de l’arbre munie de ses feuilles, fleurs et fruits, avec la découpe très épurée de la feuille. Mythologie, anecdotes et fonctions de ces dix-huit Feuillus d’Europe sont également évoquées dans cet objet poétique à usage pratique. Il ne reste plus qu’à aller ramasser une feuille de chacun de ses arbres, de la dessiner ou de la faire sécher.
Ce livre a reçu une mention au Bologna Ragazzi Award en 2010.

Dès 8 ans

Emilie Vast, L’herbier d’Emilie Vast, Arbres feuillus d’Europe, Editions MeMo, 2009, 40 p., 16 €
Du même auteur, dans la même collection :
Emilie Vast, L’herbier, plantes sauvages des villes, 2011, 40 p., 16 €
Emilie Vast, L’herbier, petite flore des bois d’Europe, 2010, 40 p., 16 €

Lucie de la Héronnière, Mon cahier Montagne

Inès, Simon et leur chien Névé passent leurs vacances à la montagne. Ils se font donc très naturellement le fil conducteur de ce cahier d’activités qui regroupe 60 jeux. Des jeux ? oui, mais qui demandent de bien lire les textes et de réfléchir avant de prendre son crayon. Géologie, nivologie, biologie, études des écosystèmes… Ces domaines qui semblent complexes s’éclairent au fil des pages : de labyrinthes en rébus, de mots croisés en charades et en recettes, le vocabulaire s’enrichit sans peine. Les textes sont clairs et les illustrations de la Savoyarde Elodie Balandras, précises et colorées.Idéal pour compléter ou remplacer un cahier de vacances standard.

Dès 8 ans

Lucie de la Héronnière, Mon cahier Montagne, illustrations d’Elodie Balandras, Glénat Jeunesse, 2021, 52 p., 10 € — Imprimé en  Pologne.

Géraldine Elschner, Le coq de Notre-Dame

« Ce soir-là, à peine visible dans un recoin du toit, une fine colonne de fumée blanche retint mon attention. Or qui dit fumée dit danger, chaque girouette le sait ! » Et quand cette girouette n’est autre que le coq qui coiffait Notre-Dame de Paris, l’histoire qu’elle raconte a fait le tour du monde, en ce 15 avril 2019. Cette « pauvre carcasse meurtrie » tombée du toit, miraculeusement retrouvée, contenait de précieuses reliques. Restaurée, elle reprendra sa place lorsque le chantier de restauration sera terminé. Dans ce superbe album, c’est le coq lui-même qui raconte – et Géraldine Elschner a su trouver le ton juste pour qu’un peu d’humour fasse sourire entre les larmes et l’inquiétude. Dessins et photos permettent de pénétrer au cœur de ce patrimoine extraordinaire : ciel de feu, chimères et dentelle de pierre, forêt sombre et habitée de la charpente, vue plongeante des toits de la cathédrale sur ceux de la capitale…

Dès 6 ans

Géraldine Elschner, Le coq de Notre-Dame, illustrations de Rémi Saillard, Eds Elan Vert, 2021, 36 p.,  15,90 €. Imprimé en Chine.

Viviane Koenig, Anubis et les pilleurs de tombe

« Au voleur ! Au voleur ! hurle Mérêt, une grand-mère toujours prête à raconter de jolies histoires aux enfants.
— Pendant que j’écoutais l’envoyé du Palais, dit-elle, on m’a dérobé le bracelet qui venait de ma mère. Je l’avais laissé à la maison et il a disparu ! »Il faut dire que l’envoyé du Palais avait une nouvelle tout à fait extraordinaire à annoncer au village : la mort du pharaon Toutankhamon ! Une nouvelle qui bouleverse la vie animée de Set-Maât ! Pour les jumeaux Satis et Néfer, dix ans, une nouvelle aventure commence… D’autant plus qu’un chacal noir rôde aux alentours. Un chacal, ou le dieu Anubis, protecteur des tombes et des cimetières ? Brr… Voilà un roman qui va faire frémir les jeunes égyptologues : auront-ils le courage de suivre Satis et Néfer au fin fond des tombes royales ? Viviane Koenig signe ici une enquête policière qui invite à voyager dans l’histoire. En supplément, jeux et quiz.

Dès 8 ans

Viviane Koenig, Anubis et les pilleurs de tombe, coll. « Les petits détectives de l’Antiquité », Plein Vent, 2021, 120 p., 8,50 € — Imprimé en France

Sophie Bénastre, Les sept citadelles

Sept petites princesses aux cheveux de feu, sitôt nées, sitôt orphelines de leur maman et élevées par un charmant papa. Mais voici qu’une « intrigante » conquière le cœur du roi veuf. Et, comme dans tous les contes, cela signifie de terribles manigances afin d’éloigner les fillettes. Lesquelles, unies comme jamais, lancent une cruelle malédiction sur le palais… Seule Modchane a laissé une chance à son père, mais en cachette de ses six sœurs. C’est d’elle que viendra le pardon, au bout de sept fois sept ans. Des années de conte de fées, ça ne compte pas tout à fait pareil, rassurez-vous, et seule la méchante reine a vieilli. Assez pour savoir ouvrir son cœur à l’amour des enfants : le palais deviendra un havre de paix pour les orphelins qui viendront s’y abriter. Le grand format de cet album permet de magnifier les superbes illustrations de Sophie Lebot : minois de porcelaine, paysages oniriques, pastels des fleurs géantes, textiles colorés et soyeux, aux reflets de moire et de brocart, tout incite au rêve.

Dès 7 ans

Sophie Bénastre, Les sept citadelles, illustrations de Sophie Lebot, Saltimbanque éditions, 2021, 40 p., 16,90 € — Imprimé en Italie.