Thème

De 8 à 9 ans

Mathilde Beaudoire, Je découvre et je colorie… les costumes européens

Broderies, fines dentelles, rubans fleuris, coiffes, bonnets, tabliers et gilets… De l’Alsace aux Asturies, de la Dalécarlie au Latium, les costumes traditionnels européens rivalisent d’imagination et de créativité. Leurs teintes vives et leurs motifs floraux égaient la vie quotidienne. Que ce soit pour travailler ou pour festoyer, ils sont conçus dans des étoffes naturelles, solides et adaptées au climat. Ils donnent à ceux qui les portent une silhouette à nulle autre pareille !
La jeune artiste Mathilde Beaudoire présente ici onze couples habillés de couleurs chatoyantes. En vis-à-vis, leurs silhouettes attendent vos couleurs. Crayons, feutres, gouache ou aquarelle – à votre idée !

Dès 5 ans et pour tous les talents

Mathilde Beaudoire, Je découvre et je colorie… les costumes européens, La Nouvelle Librairie Jeunesse, 2020, 16 p., 7,90 €

Judith Bouilloc, Le Château intérieur

Il ne m’est guère arrivé, jusqu’ici, de chroniquer des ouvrages religieux, ou, selon l’expression plus actuelle, des livres de spiritualité. Je ferai ici une exception, tant ce petit ouvrage catholique est une réussite sur tous les plans : le texte de Judith Bouilloc est lumineux, les illustrations d’Eric Puybaret empreintes d’une poésie sereine sans aucune mièvrerie, et l’éditeur a apporté un soin particulier à la fabrication. N’étant pas très calée en exégèse, je vous livre ici la présentation « officielle » :
Juanito, en regardant un jour par la fenêtre, découvre un magnifique château flottant dans le ciel. Il s’approche, et alors qu’il cherche l’entrée de ce magnifique château, il rencontre Thérèse d’Avila. Celle-ci lui explique que ce château qu’il contemple, c’est son cœur, et qu’il possède sept demeures. Au cœur de la dernière demeure, Dieu est présent. En faisant le vide dans son esprit, Juanito parvient à trouver la petite porte d’entrée. Avec Thérèse, il se lance dans la découverte du château de son cœur et ses sept demeures.

Dès 8 ans

Judith Bouilloc, Le Château intérieur, illustrations d’Eric Puybaret, Mame, 2020, 74 p., 12,90 € — Imprimé en Roumanie

Arthur Conan Doyle, Flamme d’Argent, dans le mensuel TétrasLire

Un cheval ne disparaît pas aussi facilement qu’un bijou ! C’est pourtant ce qui se passe avec Flamme d’argent, le cheval aux multiples victoires, le grand favori des parieurs, qui se volatilise sans laisser de trace à quelques jours de la fameuse Coupe du Wessex. Heureusement pour son propriétaire, Sherlock Holmes est intrigué par l’affaire… Cette nouvelle signée Arthur Conan Doyle ouvre le 53e numéro du magazine TétrasLire, « le magazine des 8–12 ans qui donne des ailes à la lecture ». Qui aura un esprit de déduction aussi affûté que celui du célébrissime détective ? Les jeux et activités proposés ont bien sûr pour thème enquête policière et vieille Angleterre – miam, il y a même une recette de scones ! Et pour finir, quelques « idioties » légendaires de Nasr Eddin, aux étonnants raisonnements.

Dès 8 ans

Magazine TétrasLire, juin 2020, 96 p. Prix au numéro : 9,50 € — Abonnements et autres numéros sur le site de TétrasLire.

Gudrun Guillaume, Athéna, la déesse aux mille facettes

« La jeune Athéna a de nombreuses qualités. Elle est aussi prudente que sa mère, Métis, et aussi intelligente que son père, Zeus. Elle a beau être une fille, elle joue à la guerre, ce qui n’est pas habituel chez les Grecs.
Zeus décide de l’envoyer chez Triton, le dieu fleuve. Sa fille, Pallas, a justement le même âge qu’Athéna. Les deux jeunes filles sont vite inséparables, comme des sœurs. De loin, Zeus continue à veiller sur Athéna. » Hélas, un de leurs combats finit très mal…
Athéna est une des déesses les plus célèbres de la mythologie grecque. Ce récit raconte quelques épisodes de sa vie : sa naissance extraordinaire, son amitié avec Pallas, la fondation d’Athènes et sa rencontre avec Arachné la tisserande. Une vie bien mouvementée !
L’univers des divinités grecques n’est pas toujours rose, il peut être violent et parfois inquiétant. Mais les récits antiques, porteurs de symboles accessibles aux enfants, les aident à comprendre le monde qui les entoure. Déesse guerrière, patronne des artisans et protectrice d’Athènes, Athéna n’a pas fini de nous surprendre !
Gudrun Guillaume adore raconter des histoires aux enfants –elle passe ici de l’oral à l’écrit pour son premier album. Gallic, dessinateur biberonné à la BD franco-belge, s’est inspiré des couleurs des vases grecs pour son tout premier ouvrage jeunesse. Un duo à encourager.

Dès 5 ans

Gudrun Guillaume, Athéna, la déesse aux mille facettes, illustrations de Gallic, La Nouvelle Librairie Jeunesse, 2020, 16 p., 9,90 €  — Imprimé en France

Fatti Burke, Cherche Tom dans les couloirs du temps – Rome antique

Mamie Béa, d’un coup de monnaie magique, a expédié Tom et son chat Sésame dans la Rome antique. Du Forum au port d’Ostie, du cirque Maxime au Colisée, d’un bain aux thermes à un banquet, Tom enchaîne les aventures. Les doubles pages fourmillent de détails, des dizaines de personnages vaquent à des occupations les plus diverses. Au milieu de cette agitation, il faut de bons yeux et de l’astuce pour retrouver Tom et répondre aux défis proposés ! Chaque thématique permet d’en savoir plus sur le mode de vie des Romains. Les solutions sont données en fin d’ouvrage, ainsi qu’un glossaire bien utile. Avec le soutien du British Museum.

Dès 7 ans

Fatti Burke, Cherche Tom dans les couloirs du temps – Rome antique, Kimane, 2020, 42 p., 13,95 € — Traduit et adapté de l’anglais. Imprimé en Chine.

Derib et Job, Yakari et Grand Aigle

Ah, ce petit Sioux espiègle et décidé sous la coiffe de plumes empruntée à un grand guerrier ! Ce tout premier tome des aventures de Yakari nous conduit, sur les ailes de Grand Aigle ou au galop de Petit Tonnerre, dans les plaines et les forêts du Grand Ouest américain. Quel jeune papoose n’a pas tremblé devant l’ours, le feu de forêt, ou la cavalcade des mustangs ? Une bande dessinée idéale en fin de CP : peu de texte, un contexte explicite et des dessins dynamiques. Nous en avons déniché un exemplaire de 1977 chez un bouquiniste parisien, ravi de pouvoir de nouveau proposer ses trésors.

Dès 6 ans

Derib et Job, Yakari et Grand Aigle, Le Lombard, 2012, 48 p., 10,95 € — Nombreuses rééditions depuis 1973, Casterman

Thomas Lavachery, Tor et le cow-boy

« — T’as vu ça, Einar ! dit papa. Buffalo Bill est à Borgisvik.
— Faudrait peut-être lui dire qu’il n’y a pas de bisons dans nos parages.
— Et pas d’Indiens non plus. »
Après quelques joutes oratoires entre le père, l’oncle d’Einar et le « cow-boy », place à la bagarre, puis aux explications autour de boissons d’hommes. On est comme ça, dans le Grand Nord, on fonce d’abord, on picole ensuite ! Mais foin de bisons ou d’Indiens. Ce que Bob Koufax vient chasser, ce n’est rien moins que le troll. Oui, « le troll géant des forêts profondes » ! Comment le jeune Einar va-t-il s’y prendre pour prévenir son ami Borigh-Borigh, « un troll authentique, haut comme une maison » ? D’autant plus que Gulliver, le chien de Bob, a un flair redoutable et que le troll – je ne vous fais pas de dessin – ça pue, ça pue… Ce nouvel épisode des aventures de Tor est aussi désopilant que les précédents, les péripéties s’enchaînent, pas toujours dans une extrême finesse mais dans un français riche en sons, en couleurs et en… parfums !

Dès 7 ans

Thomas Lavachery, Tor et le cow-boy, L’Ecole des Loisirs, coll. « Mouche », 2020, 88 p., 8 €

Elisabeth Coudol, Il y aura des jours…

« Mon enfant,
Mon ange,
Ma mésange,
Mon petit,
Souris, tends les bras, ouvre tes yeux, tes doigts, tes mains et ton cœur à la vie, et tu verras, tu vivras des lendemains  aux joies infinies… »
Cet album délicieusement illustré – sans mièvrerie aucune – joue sur l’alternance entre bons et mauvais jours, tristesses et joies : « Il y aura un boucan du tonnerre, des orages, des éclairs et leurs lots de frissons… mais aussi des anniversaires et leurs lots de surprises dans de jolis cartons, papiers froissés, cadeaux cadeaux, des ah ! des Oh !, et des gâteaux tout en illuminations. » La typographie se fait grondante en capitales, sautillante ou douce en lettres colorées.
Écrit en souvenir d’une mère et illustré par une jeune maman, cette déclaration d’amour est d’une simplicité désarmante, parce que cela fait tant de bien d’entendre dire « je t’aime ». Une création originale, portée par une conviction forte car, précise Lena Nikcevic, « dès qu’on touche à la création en général, on touche à l’enfance ».

Dès 3 ans – et pour toute la vie

Elisabeth Coudol, Il y aura des jours…, illustrations de Lena Nikcevic, L’Elan Vert éditions, 2019, 52 p., 16 €

Habiter le monde : jouer avec l’architecture

Aimerais-tu habiter dans un château, ou dans une cabane perchée ? Au bord de la mer ou à la montagne ? Dans un tipi, une péniche ou une station spatiale ? Observer la diversité des habitations à travers le monde et les époques et découvrir ce qu’est l’architecture, tel est l’enjeu de ce “super” cahier réalisé par un collectif. Ces 25 habitations à colorier (architectures vernaculaires et réalisations d’architectes reconnus) se transformeront en autant de puzzles. En classant les cartes selon leur ressemblance, l’enfant comprendra que l’architecture n’est pas seulement question de formes mais aussi de lieu, de climat, de matériaux… Il pourra alors construire maisons et villes selon ses envies et ses rêves. Un cahier “trois en un” pour apprendre en jouant.

Dès 6 ans

Habiter le monde : jouer avec l’architecture, Super cahier n°2, Editions 205, 2016, 64 p., 14,50 € — Imprimé en France.

Kadre Spitz, Ma super fusée

Comment construire une fusée ou un vaisseau spatial « ressemblants » ? Même à partir de cartons d’emballage ? En suivant le mode d’emploi très clair de ce livre qui contient, en plus, dix planches d’autocollants, dont certains vraiment grands, pour décorer le fameux engin. Il ne reste plus qu’à lui donner un nom et à embarquer avec son goûter pour un voyage interplanétaire !

Dès 4 ans avec l’aide d’un adulte. Dès 8 ans tout seul.

Kadre Spitz, Ma super fusée, illustrations de Kristina Timmer, Larousse Jeunesse, coll. « Je crée moi-même », 2018, 5,95 €

Géraldine Elschner, Où est passée la rainette ? Claude Monet à Giverny

« Alerte ! Alerte ! Un chasseur de rainettes !
Sans demander son reste, Antoinette se glisse entre les iris et disparaît au fond de l’eau.
— Tais-toi, gargouille ! grogne un crapaud. Pas la peine d’avoir peur ! Monsieur ne croque que le portrait des fleurs, pas les cuisses de grenouille. »
Ce « monsieur », le célébrissime Claude Monet, vient, comme chaque beau jour d’été, planter son chevalet dans son jardin atelier de Giverny. Et notre Antoinette, la rainette, rêve d’apparaître sur une des toiles du maître ! Au cours des tentatives de la grenouille pour y figurer, nous découvrons plusieurs Nymphéas, Le Pont japonais, La Barque… Les illustrations prolongent le tableau pour nous offrir une promenade dans ce célèbre jardin. C’est aussi l’occasion de voir Claude Monet à l’œuvre : chapeau sur la tête, pinceau à la main. Les enfants s’amuseront à débusquer la grenouille dans chaque illustration. Préférez-vous une promenade (virtuelle) à Giverny, ou la visite, tout aussi virtuelle, du musée Marmottan ou de l’Orangerie ? A moins que vous ne préfériez sortir vos pinceaux pour créer votre propre jardin secret…

Dès 5 ans

Géraldine Elschner, Où est passée la rainette ? Claude Monet à Giverny, illustrations de Stéphane Girel, Editions de l’Elan Vert, coll. « Pont des arts », 2012, 32 p., 14,20 € — Imprimé en Chine

Samantha Bailly, Chasseurs d’aurore

A Coupelune, le jeune empereur Fen, 14 ans, dépérit. Atteint de mélancolie. Le remède ? L’explorateur Andor pense l’avoir trouvé : contempler des aurores boréales. Trouvé, pas vraiment… car il reste à en capturer une et à la rapporter à Coupelune, depuis le lointain Norvif. Nombreux sont les candidats à partir en chasse. La petite Mune, 10 ans, elle aussi atteinte de mélancolie, ose embarquer avec son chat Hélios et se lie d’amitié avec Janus, un gamin qui n’a pas froid aux yeux. Quels étranges personnages leur porteront-ils aide et assistance ? Réussiront-ils l’impossible ? De défis en confidences, les deux enfants vont « se hisser vers le ciel ». Ils apprendront surtout que « ce qui a chassé la mélancolie, c’est l’émerveillement. Et l’émerveillement ne naît pas seulement de ce que l’on poursuit, mais de la chasse en elle-même ». L’illustratrice japonaise Munashichi, venue du jeu vidéo et du manga, a créé des décors fantasmagoriques et un univers somptueux, avec des architectures et des paysages d’une complexité redoutable. Les personnages ne sont là que par hasard, ce qui permet au lecteur de s’identifier aux héros du récit. Samantha Bailly, romancière et scénariste, tire les ficelles de cette épopée envoûtante, chargée en énergies positives. Embarquement immédiat pour le Norvif !

Dès 7 ans

Samantha Bailly, Chasseurs d’aurore, illustrations de Munashichi, Nobi Nobi, 2019, 76 p., 19,90 € — Imprimé en France