Thème

De 6 à 7 ans

Gudrun Guillaume, Athéna, la déesse aux mille facettes

« La jeune Athéna a de nombreuses qualités. Elle est aussi prudente que sa mère, Métis, et aussi intelligente que son père, Zeus. Elle a beau être une fille, elle joue à la guerre, ce qui n’est pas habituel chez les Grecs.
Zeus décide de l’envoyer chez Triton, le dieu fleuve. Sa fille, Pallas, a justement le même âge qu’Athéna. Les deux jeunes filles sont vite inséparables, comme des sœurs. De loin, Zeus continue à veiller sur Athéna. » Hélas, un de leurs combats finit très mal…
Athéna est une des déesses les plus célèbres de la mythologie grecque. Ce récit raconte quelques épisodes de sa vie : sa naissance extraordinaire, son amitié avec Pallas, la fondation d’Athènes et sa rencontre avec Arachné la tisserande. Une vie bien mouvementée !
L’univers des divinités grecques n’est pas toujours rose, il peut être violent et parfois inquiétant. Mais les récits antiques, porteurs de symboles accessibles aux enfants, les aident à comprendre le monde qui les entoure. Déesse guerrière, patronne des artisans et protectrice d’Athènes, Athéna n’a pas fini de nous surprendre !
Gudrun Guillaume adore raconter des histoires aux enfants –elle passe ici de l’oral à l’écrit pour son premier album. Gallic, dessinateur biberonné à la BD franco-belge, s’est inspiré des couleurs des vases grecs pour son tout premier ouvrage jeunesse. Un duo à encourager.

Dès 5 ans

Gudrun Guillaume, Athéna, la déesse aux mille facettes, illustrations de Gallic, La Nouvelle Librairie Jeunesse, 2020, 16 p., 9,90 €  — Imprimé en France

Kota Taniuchi, Qui m’appelle ?

« Hou Hou ! Quelqu’un m’appelle.  Est-ce toi, lune ? demande l’enfant. Moi ? dit la lune, non, ce n’est pas moi ! » Ce n’est ni la lune, ni le vent, ni « l’homme à la charrette », ni la colline. Ce ne sont pas non plus les enfants des bois… Mais qui appelle donc cet enfant en pyjama qui s’endort, fatigué, au pied de la colline ? Après une symphonie de bleus très doux, éclate une page orange vif. Et voilà l’enfant guéri. Quelle sourde inquiétude dans cette poussée de fièvre à laquelle l’enfant s’abandonne dans la solitude de sa chambre, et quelle pudeur joyeuse dans ce retour au monde !

Il est rare de citer l’illustrateur avant l’auteur, mais cela est dû à l’histoire de cet album. Le texte français, minimaliste, est dû à Auguste-Maurice Cocagnac (1924–2006), directeur charismatique des Éditions du Cerf, qui avait fait connaître Kota Taniuchi (1947–2019) en France. Cet artiste japonais avait commencé sa carrière en peignant des kimonos dans l’atelier de batik paternel. Comme le précise Janine Kotwica dans une postface destinée aux adultes, « Kota Taniuchi, qui avait accueilli “avec grande joie” la nouvelle de sa prochaine reparution, a choisi, cette fois, de garder le texte écrit et édité par Cocagnac, qu’il trouvait “très réussi” »

Dès 5 ans et pour tous les rêveurs

Kota Taniuchi, Qui m’appelle ?, texte français d’Auguste-Maurice Cocagnac, Editions MeMo, 2019,24 p., 15 € — Postface de Janine Kotwica. Réédition d’un album paru en 1971 aux éditions du Cerf. Imprimé en Europe.

Dave Skinner, À force de crier Au Lion

La petite Lucie Lupin ? « Avec ses adorables fossettes, ses ravissantes taches de rousseur et son si joli petit nez », on lui donnerait le Bon Dieu sans confession. Mais voilà… son jeu préféré, « c’est raconter de très, très gros mensonges », et de rire sous cape aux résultats de ses inventions. Imaginez ce qui se passe, dans ce monde où la trouille a engendré tant de procédures et où l’enfant est roi, quand elle hurle qu’il y a un lion dans la bibliothèque ! Branle-bas de combat, évacuation générale, alarmes, pompiers, policiers, vétérinaires… Quand Lucie voit le lion, successivement, à trois endroits différents mais qu’il reste introuvable, le doute s’installe chez les adultes. Et vous savez ce qui arriva, la quatrième fois ? Un vrai lion surgit par la fenêtre ouverte… et ne fit qu’une bouchée de la ravissante Lucie Lupin. Ravissante et… délicieuse fillette, parole de lion. Aurélie Guillerey a choisi des silhouettes et des couleurs vintage pour illustrer cette variation à l’humour très britannique sur le thème du « Qui crie au loup » et sur le fait qu’il ne faut pas se fier aux apparences.

Dès 5 ans

Dave Skinner, À force de crier Au Lion, illustrations d’Aurélie Guillerey, Little Urban, 2020, 32 p., 14,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Derib et Job, Yakari et Grand Aigle

Ah, ce petit Sioux espiègle et décidé sous la coiffe de plumes empruntée à un grand guerrier ! Ce tout premier tome des aventures de Yakari nous conduit, sur les ailes de Grand Aigle ou au galop de Petit Tonnerre, dans les plaines et les forêts du Grand Ouest américain. Quel jeune papoose n’a pas tremblé devant l’ours, le feu de forêt, ou la cavalcade des mustangs ? Une bande dessinée idéale en fin de CP : peu de texte, un contexte explicite et des dessins dynamiques. Nous en avons déniché un exemplaire de 1977 chez un bouquiniste parisien, ravi de pouvoir de nouveau proposer ses trésors.

Dès 6 ans

Derib et Job, Yakari et Grand Aigle, Le Lombard, 2012, 48 p., 10,95 € — Nombreuses rééditions depuis 1973, Casterman

Lenia Major, Dans mon petit jardin

« Dans mon petit jardin, au départ il n’y avait rien. Papi m’a dit : −   Je t’ai préparé un carré dans mon potager. Fais‑y pousser ce qui te plaît.
Dans mon petit jardin, j’ai prévu de faire pousser des salades, des courgettes, des radis, des fraises et du persil ! » Au travail, jeune jardinière ! Et je bêche, et je bine, et je sarcle… Voilà qu’un pissenlit montre déjà le bout de ses feuilles ? Hop ! dans la salade ! Comment faire pour éloigner pucerons, fourmis et escargots sans les tuer ? Notre héroïne a son idée – et va même jusqu’à concocter du « thé de vers de terre » sorti tout droit du composteur.
Un guide de jardinage écolo et rigolo, plein de bonne humeur, à vite partager avec son grand-père.

Dès 5 ans

Lenia Major, Dans mon petit jardin, illustrations de Clémence Pollet, Ricochet, 2020, 36 p., 16 €

Elisabeth Coudol, Il y aura des jours…

« Mon enfant,
Mon ange,
Ma mésange,
Mon petit,
Souris, tends les bras, ouvre tes yeux, tes doigts, tes mains et ton cœur à la vie, et tu verras, tu vivras des lendemains  aux joies infinies… »
Cet album délicieusement illustré – sans mièvrerie aucune – joue sur l’alternance entre bons et mauvais jours, tristesses et joies : « Il y aura un boucan du tonnerre, des orages, des éclairs et leurs lots de frissons… mais aussi des anniversaires et leurs lots de surprises dans de jolis cartons, papiers froissés, cadeaux cadeaux, des ah ! des Oh !, et des gâteaux tout en illuminations. » La typographie se fait grondante en capitales, sautillante ou douce en lettres colorées.
Écrit en souvenir d’une mère et illustré par une jeune maman, cette déclaration d’amour est d’une simplicité désarmante, parce que cela fait tant de bien d’entendre dire « je t’aime ». Une création originale, portée par une conviction forte car, précise Lena Nikcevic, « dès qu’on touche à la création en général, on touche à l’enfance ».

Dès 3 ans – et pour toute la vie

Elisabeth Coudol, Il y aura des jours…, illustrations de Lena Nikcevic, L’Elan Vert éditions, 2019, 52 p., 16 €

Habiter le monde : jouer avec l’architecture

Aimerais-tu habiter dans un château, ou dans une cabane perchée ? Au bord de la mer ou à la montagne ? Dans un tipi, une péniche ou une station spatiale ? Observer la diversité des habitations à travers le monde et les époques et découvrir ce qu’est l’architecture, tel est l’enjeu de ce “super” cahier réalisé par un collectif. Ces 25 habitations à colorier (architectures vernaculaires et réalisations d’architectes reconnus) se transformeront en autant de puzzles. En classant les cartes selon leur ressemblance, l’enfant comprendra que l’architecture n’est pas seulement question de formes mais aussi de lieu, de climat, de matériaux… Il pourra alors construire maisons et villes selon ses envies et ses rêves. Un cahier “trois en un” pour apprendre en jouant.

Dès 6 ans

Habiter le monde : jouer avec l’architecture, Super cahier n°2, Editions 205, 2016, 64 p., 14,50 € — Imprimé en France.

Kadre Spitz, Ma super fusée

Comment construire une fusée ou un vaisseau spatial « ressemblants » ? Même à partir de cartons d’emballage ? En suivant le mode d’emploi très clair de ce livre qui contient, en plus, dix planches d’autocollants, dont certains vraiment grands, pour décorer le fameux engin. Il ne reste plus qu’à lui donner un nom et à embarquer avec son goûter pour un voyage interplanétaire !

Dès 4 ans avec l’aide d’un adulte. Dès 8 ans tout seul.

Kadre Spitz, Ma super fusée, illustrations de Kristina Timmer, Larousse Jeunesse, coll. « Je crée moi-même », 2018, 5,95 €

Géraldine Elschner, Où est passée la rainette ? Claude Monet à Giverny

« Alerte ! Alerte ! Un chasseur de rainettes !
Sans demander son reste, Antoinette se glisse entre les iris et disparaît au fond de l’eau.
— Tais-toi, gargouille ! grogne un crapaud. Pas la peine d’avoir peur ! Monsieur ne croque que le portrait des fleurs, pas les cuisses de grenouille. »
Ce « monsieur », le célébrissime Claude Monet, vient, comme chaque beau jour d’été, planter son chevalet dans son jardin atelier de Giverny. Et notre Antoinette, la rainette, rêve d’apparaître sur une des toiles du maître ! Au cours des tentatives de la grenouille pour y figurer, nous découvrons plusieurs Nymphéas, Le Pont japonais, La Barque… Les illustrations prolongent le tableau pour nous offrir une promenade dans ce célèbre jardin. C’est aussi l’occasion de voir Claude Monet à l’œuvre : chapeau sur la tête, pinceau à la main. Les enfants s’amuseront à débusquer la grenouille dans chaque illustration. Préférez-vous une promenade (virtuelle) à Giverny, ou la visite, tout aussi virtuelle, du musée Marmottan ou de l’Orangerie ? A moins que vous ne préfériez sortir vos pinceaux pour créer votre propre jardin secret…

Dès 5 ans

Géraldine Elschner, Où est passée la rainette ? Claude Monet à Giverny, illustrations de Stéphane Girel, Editions de l’Elan Vert, coll. « Pont des arts », 2012, 32 p., 14,20 € — Imprimé en Chine

Claire Abbis-Chacé, Les plus belles comptines allemandes

Quand les enfants français chantent « La petite bête qui monte », leurs cousins allemands entonnent « Kommt eine Maus ». « Petit escargot » ? C’est « Die kleine Schnecke Max ». Et le grand cerf dans la forêt ? Il accueille aussi « ein Häslein », un petit lièvre apeuré. Ces comptines, jeux de doigts, rondes et berceuses ont été choisis pour leurs correspondances et leurs airs faciles à mémoriser. Ils sont chantés par des voix enfantines sur le CD qui accompagne le livre. L’album présente aussi les jeux possibles, les traductions et de nombreux conseils bienvenus pour les familles qui ne baignent pas dans un univers bilingue. Les illustrations sont fraîches et colorées, avec une touche d’humour et de fantaisie qui donne déjà le tempo.

Dès 4 ans

Claire Abbis-Chacé, Les plus belles comptines allemandes, illustrations de Cécile Hudrisier, Rémi Saillard et Olivier Latik, Didier Jeunesse, coll. « Les petits cousins », 2019 (nouvelle édition), 60 p. + CD de 45 min, 17,70 € — Disponible en streaming sur diverses plateformes. Imprimé en France

 

1001 dessins faciles à la japonaise

1001 dessins faciles à la japonaise

« Kawaii », en japonais, signifie à peu près mignon, enfantin, coloré et naïf. Si tant est que l’on puisse traduire du japonais. Et comment dessiner « kawaii » ? C’est tout l’intérêt de cet album fait pour les nuls en dessin : non seulement vous apprendrez à dessiner correctement des personnages, des animaux ou des objets de la vie courante, mais vous saurez leur donner une petite touche nippone de bon aloi. Dans la leçon consacrée aux animaux, des crabes, des dauphins, des baleines mais aussi des cigales, des moustiques, des lucanes – et même une larve de scarabée-rhinocéros – deviendront, en quelques traits de crayon, dignes de figurer dans un dessin animé d’Hayao Miyazaki.

Dès 6 ans et pour toute la famille

1001 dessins faciles à la japonaise, Dessain et Tolra, 2015, 128 p., 26 €

Sophie Vissière, Le Potager d’Alena

Sophie Vissière, Le Potager d’Alena

« Ce matin, comme tous les matins, pour aller à l’école, je passe avec maman devant un champ en friche. » « En friche », en voilà un mot savant ! Ce champ, au fil des jours, se transforme en un beau potager jusqu’au jour où, bien sûr, tous les légumes sont récoltés. Où ont-ils pu disparaître ? Tout simplement sur l’étal de la maraîchère, pour le régal des petits et des grands. Des dessins naïfs, parfois au ras de terre, parfois en vue aérienne, ce qui permet de suivre du doigt les chemins qui mènent au village.

Dès 5 ans

Sophie Vissière, Le Potager d’Alena, Hélium, 2017, 56 p., 13,90 €