Thème

De 6 à 7 ans

Claire Zucchelli-Romer, Mon château fort à colorier

« Les soldats montent la garde. Le château est défendu par les archers et leurs arcs et par les arbalétriers et leurs arbalètes », mais, en temps de paix, « le seigneur et sa dame organisent des tournois et des joutes ». Les textes de ce petit livret complètent une grande frise d’enluminures inspirées du Moyen Âge à colorier et à déplier en forme de château fort. Quelques autocollants sur ses hautes murailles, et il aura fière allure ce château ! Il accueillera volontiers des figurines de type Playmobil. Une activité très réussie à proposer aux enfants après la visite d’un vrai château fort.

Dès 5 ans

Claire Zucchelli-Romer, Mon château fort à colorier, un livret, une frise et des autocollants, Mila Éditions et Éditions du patrimoine, 5,95 € — Imprimé en Chine

Françoise Morvan, La berceuse du marchand de sable et autres chansons douces

« Le ciel est plein de paysages,
On voudrait partir en voyage,
Sans élan, sans bruit, lentement,
Sur le dos d’un grand oiseau blanc. »
Des ondines et des gnomes, un renard et des pies, Cendrillon et Merlin, un canard sauvage, Jean-de‑l’Ours et Niels… Toutes ces figures passent sous nos yeux ébahis, en attendant que passe le Marchand de sable dont la berceuse, si douce, nous invite au rêve plus qu’au sommeil.
Ou comment la poésie est le meilleur chemin pour transmettre les traditions populaires, cette « source vive, à préserver comme précieuse et fragile entre toutes » comme le précise Françoise Morvan. Les subtiles illustrations de Pierre Favreau sont aussi légères qu’un nuage ou qu’un vieil oreiller de plumes. A apprendre avec le cœur.

Dès 6 ans et pour toute la famille

Françoise Morvan, La berceuse du marchand de sable et autres chansons douces, illustrations de Pierre Favreau, MeMo, 2020, 36 p., 13 € — Imprimé en Europe

Anne-Laure Blanc, Les Douze Travaux d’Hercule

L’oracle de Delphes a demandé à Hercule de se mettre au service d’Eurysthée, le roi d’Argolide. Ce méchant roi lui a ordonné de réaliser dix exploits, plus terribles les uns que les autres. En fait, ils seront douze, parce qu’il paraît qu’Hercule a triché deux fois. Mais avouez que chacun de nous a bien du mal à retrouver ces douze travaux — et dans l’ordre voulu par la tradition ! Du lion de Némée à la biche de Cérynie, de l’hydre de Lerne aux juments de Diomède, pour finir aux Enfers sans me faire mordre par Cerbère, j’ai tenté de faire revivre ces aventures extraordinaires. En effet, Madame la Chouette est passée de l’autre côté du miroir et publie son premier album jeunesse.
Une enfance bercée par les récits homériques, les exploits de Persée ou de Thésée, des films comme « Le Choc des Titans » ou « Jason et les Argonautes » : il n’en fallait pas plus à mon complice Willy pour se prendre au jeu et donner vie et couleurs à Hercule et au monde merveilleux dans lequel il évolue.

Dès 6 ans

Anne-Laure Blanc, Les Douze Travaux d’Hercule, illustrations de Willy, La Nouvelle Librairie Jeunesse, 2020, 20 p., 9,90 € — Imprimé en France

Jean-Baptiste Lapierre, Brennos, le sanglier de Condate

« Même s’il a encore des rayures, [Brennos] n’est plus un marcassin et il est assez grand pour se débrouiller seul. Il aime explorer la forêt pour… …se faire de nouveaux amis, reconnaître les champignons vénéneux… et surtout, échapper aux hommes qui le traquent pour le faire rôtir à la broche et le manger. Pour le débusquer, ils ont de terribles molosses qui flairent sa piste. Aouuuuh ! Les hommes, c’est ce dont Brennos a le plus peur. »
Alors, quand les Gaulois lâchent leurs chiens et le poursuivent à qui mieux mieux… Gare à celui qui quitte la profondeur des halliers et ne se méfie pas assez de leurs pièges ! À force de volonté, notre sanglier saura si bien dominer sa peur que les Gaulois le prendront comme emblème. Cette leçon de vie est illustrée avec beaucoup d’humour et de finesse par Arnaud Josselin, jeune papa de petits marcassins joueurs et curieux — à qui il convient néanmoins d’apprendre à dépasser leurs légitimes appréhensions devant le monde des grandes personnes. Le texte de JeanBaptiste Lapierre, vif et joyeux, se prête parfaitement à une lecture à haute voix. Maintenant, on en sait beaucoup plus sur l’enfance des sangliers chassés par les voisins d’Astérix !

Dès 5 ans

Jean-Baptiste Lapierre, Brennos, le sanglier de Condate, illustrations d’Arnaud Josselin, La Nouvelle Librairie Jeunesse, 2020, 32 p., 9,90 €

Beth Ferry, L’épouvantail au cœur de paille

Toujours debout, toujours vaillant, parce que « c’est sa mission », un Épouvantail solitaire veille sur son champ. Mais « soudain, quelque chose tombe à ses pieds. Étendu devant lui, un petit corbeau effrayé. Peut-être tombé du nid ? […] L’Épouvantail prend une étonnante décision. Il fait craquer son piquet, pour s’incliner au plus près, et recueillir le petit oisillon ». Débute une grande amitié, faite de moments partagés et de tristesse aussi, car les corbeaux, n’est-ce pas, sont faits pour voler. L’hiver venu, celui-ci part vers des contrées plus chaudes, laissant l’Épouvantail le cœur gelé. Les saisons tournent en rond, et quand le corbeau revient, quelle surprise ! Il fait son nid dans la poche de son ami l’Épouvantail. Alors, vite, une salopette usagée, une vieille chemise à carreaux, un chapeau déglingué et deux piquets : votre épouvantail ressemblera comme un frère à celui dessiné par les Fan Brothers, Eric et Terry Fan. Saura-t-il sourire aux oisillons ?

Dès 5 ans

Beth Ferry, L’épouvantail au cœur de paille, illustrations des Fan Brothers, Little Urban, 2020, 40 p., 13,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Belgique

Lieutenant Y, Les aventures de Bonhomme en Afrique

« Quel voyage étrange que celui de Bonhomme ! Partir 4 mois en Afrique sans sa famille pour travailler, on n’a pas idée ! […] Quel métier étonnant Bonhomme fait-il donc ? Il est militaire… Et les militaires partent quelquefois longtemps dans des pays lointains, où la France a besoin d’eux. »
Cette fois-ci, Bonhomme part dans le désert. Mais comment vit-on dans le désert ? Il faut trouver des astuces pour boire de l’eau fraîche (ou pas trop chaude), pour faire d’une boîte de ration un festin, ou pour dormir à l’abri des « malfaisants »… Ce récit tout en finesse raconte, non sans humour, la vie quotidienne des militaires en mission avec des mots simples et sans rien d’anxiogène. Soldats et officiers empruntent leurs silhouettes à un bestiaire des plus variés, ce qui crée une distanciation salutaire. Saint-Cyriens et pères de famille nombreuse, Lieutenant Y et Lieutenant Z forment un binôme dans la vie réelle : l’un écrit, l’autre dessine. Quelle riche idée d’avoir mis leurs talents en commun !

Dès 5 ans

Lieutenant Y, Les aventures de Bonhomme en Afrique, illustrations de Lieutenant Z, Pierre Téqui éditeur, 2020, 32 p., 13,50 € — Imprimé en France

Hélène Lasserre, Quand Mamie était petite… comme moi

Les carambars qui collent et les collants qui grattent, les 45 tours et les leçons de morale, les collections de porte-clés et les scoubidous, la « vraie » boîte de Banania et la queue du tigre Esso, cela vous dit quelque chose ? Non ? Alors, vous n’étiez pas « petite… comme moi » en 1964. Enfin un album qui permet de partager ses souvenirs d’enfance avec ses petits-enfants ! Les textes, espiègles et joyeux, plongent dans l’atmosphère des Trente Glorieuses, des écoles « de filles » et « de garçons », des voyages en 403 sur la nationale 7 et des Monsieur Hulot en Solex. Gilles Bonotaux a retrouvé les objets iconiques de notre enfance – oui, ça y est, vous savez enfin que Mme la Chouette avait 9 ans en 1964 ! Poupées en costumes traditionnels au-dessus du lit, bandeau dans les cheveux, soirées diapos, – jusqu’aux blagues téléphoniques visant – pan, pan ! – Monsieur Lapin, tout y est plus vrai que vrai. C’est léger comme l’enfance, cette enfance que les adultes laissaient le plus souvent à l’écart des tumultes et des misères du monde. Un régal !

Dès 6 ans

Hélène Lasserre, Quand Mamie était petite… comme moi, illustrations de Gilles Bonotaux, Saltimbanque Editions, 2020, 64 p., 13,90 € — Imprimé en Italie

Mathilde Beaudoire, Je découvre et je colorie… les costumes européens

Broderies, fines dentelles, rubans fleuris, coiffes, bonnets, tabliers et gilets… De l’Alsace aux Asturies, de la Dalécarlie au Latium, les costumes traditionnels européens rivalisent d’imagination et de créativité. Leurs teintes vives et leurs motifs floraux égaient la vie quotidienne. Que ce soit pour travailler ou pour festoyer, ils sont conçus dans des étoffes naturelles, solides et adaptées au climat. Ils donnent à ceux qui les portent une silhouette à nulle autre pareille !
La jeune artiste Mathilde Beaudoire présente ici onze couples habillés de couleurs chatoyantes. En vis-à-vis, leurs silhouettes attendent vos couleurs. Crayons, feutres, gouache ou aquarelle – à votre idée !

Dès 5 ans et pour tous les talents

Mathilde Beaudoire, Je découvre et je colorie… les costumes européens, La Nouvelle Librairie Jeunesse, 2020, 16 p., 7,90 €

Laura Knowles, Si tu étais un papillon…

« Si tu étais un papillon, ton corps serait composé comme ceci : » tu aurais une paire d’ailes antérieures et une paire d’ailes postérieures, deux antennes, une tête, une trompe, un thorax, un abdomen et des pattes. Mais quelle serait ta taille ? 1,2 cm, comme le Brephidium exilis, ou 30 cm comme la femelle de l’Ornithoptera alexandrae ? Aurais-tu des couleurs vives, ou pastel ? En tous cas, tu aurais commencé ta vie sous la forme d’une chenille, puis tu te serais transformé en chrysalide. Et devenu papillon, tu aurais pondu des œufs, qui seraient devenus des chenilles. Cet album superbement illustré permet de découvrir les mille et une façons d’être papillon. Une belle leçon d’histoire naturelle !

Dès 5 ans

Laura Knowles, Si tu étais un papillon…, illustrations de Katell Ronca, Kimane, 2020, 32 p., 13,95 €  Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Gudrun Guillaume, Athéna, la déesse aux mille facettes

« La jeune Athéna a de nombreuses qualités. Elle est aussi prudente que sa mère, Métis, et aussi intelligente que son père, Zeus. Elle a beau être une fille, elle joue à la guerre, ce qui n’est pas habituel chez les Grecs.
Zeus décide de l’envoyer chez Triton, le dieu fleuve. Sa fille, Pallas, a justement le même âge qu’Athéna. Les deux jeunes filles sont vite inséparables, comme des sœurs. De loin, Zeus continue à veiller sur Athéna. » Hélas, un de leurs combats finit très mal…
Athéna est une des déesses les plus célèbres de la mythologie grecque. Ce récit raconte quelques épisodes de sa vie : sa naissance extraordinaire, son amitié avec Pallas, la fondation d’Athènes et sa rencontre avec Arachné la tisserande. Une vie bien mouvementée !
L’univers des divinités grecques n’est pas toujours rose, il peut être violent et parfois inquiétant. Mais les récits antiques, porteurs de symboles accessibles aux enfants, les aident à comprendre le monde qui les entoure. Déesse guerrière, patronne des artisans et protectrice d’Athènes, Athéna n’a pas fini de nous surprendre !
Gudrun Guillaume adore raconter des histoires aux enfants –elle passe ici de l’oral à l’écrit pour son premier album. Gallic, dessinateur biberonné à la BD franco-belge, s’est inspiré des couleurs des vases grecs pour son tout premier ouvrage jeunesse. Un duo à encourager.

Dès 5 ans

Gudrun Guillaume, Athéna, la déesse aux mille facettes, illustrations de Gallic, La Nouvelle Librairie Jeunesse, 2020, 16 p., 9,90 €  — Imprimé en France

Kota Taniuchi, Qui m’appelle ?

« Hou Hou ! Quelqu’un m’appelle.  Est-ce toi, lune ? demande l’enfant. Moi ? dit la lune, non, ce n’est pas moi ! » Ce n’est ni la lune, ni le vent, ni « l’homme à la charrette », ni la colline. Ce ne sont pas non plus les enfants des bois… Mais qui appelle donc cet enfant en pyjama qui s’endort, fatigué, au pied de la colline ? Après une symphonie de bleus très doux, éclate une page orange vif. Et voilà l’enfant guéri. Quelle sourde inquiétude dans cette poussée de fièvre à laquelle l’enfant s’abandonne dans la solitude de sa chambre, et quelle pudeur joyeuse dans ce retour au monde !

Il est rare de citer l’illustrateur avant l’auteur, mais cela est dû à l’histoire de cet album. Le texte français, minimaliste, est dû à Auguste-Maurice Cocagnac (1924–2006), directeur charismatique des Éditions du Cerf, qui avait fait connaître Kota Taniuchi (1947–2019) en France. Cet artiste japonais avait commencé sa carrière en peignant des kimonos dans l’atelier de batik paternel. Comme le précise Janine Kotwica dans une postface destinée aux adultes, « Kota Taniuchi, qui avait accueilli “avec grande joie” la nouvelle de sa prochaine reparution, a choisi, cette fois, de garder le texte écrit et édité par Cocagnac, qu’il trouvait “très réussi” »

Dès 5 ans et pour tous les rêveurs

Kota Taniuchi, Qui m’appelle ?, texte français d’Auguste-Maurice Cocagnac, Editions MeMo, 2019,24 p., 15 € — Postface de Janine Kotwica. Réédition d’un album paru en 1971 aux éditions du Cerf. Imprimé en Europe.

Dave Skinner, À force de crier Au Lion

La petite Lucie Lupin ? « Avec ses adorables fossettes, ses ravissantes taches de rousseur et son si joli petit nez », on lui donnerait le Bon Dieu sans confession. Mais voilà… son jeu préféré, « c’est raconter de très, très gros mensonges », et de rire sous cape aux résultats de ses inventions. Imaginez ce qui se passe, dans ce monde où la trouille a engendré tant de procédures et où l’enfant est roi, quand elle hurle qu’il y a un lion dans la bibliothèque ! Branle-bas de combat, évacuation générale, alarmes, pompiers, policiers, vétérinaires… Quand Lucie voit le lion, successivement, à trois endroits différents mais qu’il reste introuvable, le doute s’installe chez les adultes. Et vous savez ce qui arriva, la quatrième fois ? Un vrai lion surgit par la fenêtre ouverte… et ne fit qu’une bouchée de la ravissante Lucie Lupin. Ravissante et… délicieuse fillette, parole de lion. Aurélie Guillerey a choisi des silhouettes et des couleurs vintage pour illustrer cette variation à l’humour très britannique sur le thème du « Qui crie au loup » et sur le fait qu’il ne faut pas se fier aux apparences.

Dès 5 ans

Dave Skinner, À force de crier Au Lion, illustrations d’Aurélie Guillerey, Little Urban, 2020, 32 p., 14,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine