Thème

De 5 à 6 ans

Amy Visram, Mes quatre saisons

Allez, on saute l’hiver et le printemps à pieds joints ! « Les vacances sont enfin là ! En plein cœur de l’été, nous sommes réveillés par le soleil qui s’infiltre dans la chambre et nous nous couchons alors qu’il est encore haut dans le ciel. » On peut se régaler de grillades, de jus de fruits frais et même de glaces. Quelle chance d’aller camper au bord du lac ! Dawid Ryski illustre avec une gaieté tranquille la vie d’une famille, au rythme des saisons, de la ville à la campagne, des joies de la neige à celles du jardinage ou de la chasse aux champignons. Et chic alors, l’album est imprimé sur un beau papier mat.

Dès 4 ans

Amy Visram, Mes quatre saisons, illustrations de Dawid Ryski, Kimane, 2020, 32 p., 12,95 € — Traduit de l’allemand. Imprimé en Pologne

Laura Knowles, Si tu étais un papillon…

« Si tu étais un papillon, ton corps serait composé comme ceci : » tu aurais une paire d’ailes antérieures et une paire d’ailes postérieures, deux antennes, une tête, une trompe, un thorax, un abdomen et des pattes. Mais quelle serait ta taille ? 1,2 cm, comme le Brephidium exilis, ou 30 cm comme la femelle de l’Ornithoptera alexandrae ? Aurais-tu des couleurs vives, ou pastel ? En tous cas, tu aurais commencé ta vie sous la forme d’une chenille, puis tu te serais transformé en chrysalide. Et devenu papillon, tu aurais pondu des œufs, qui seraient devenus des chenilles. Cet album superbement illustré permet de découvrir les mille et une façons d’être papillon. Une belle leçon d’histoire naturelle !

Dès 5 ans

Laura Knowles, Si tu étais un papillon…, illustrations de Katell Ronca, Kimane, 2020, 32 p., 13,95 €  Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Fleur Daugey, Les P’tites Coccinelles

« Coccinelle, demoiselle, bête à Bon Dieu… » Si cette ritournelle danse dans les oreilles de votre lecteur en herbe, pourquoi ne pas chercher à en savoir plus ? « Sur la feuille bien verte, la coccinelle à sept points dépose ses œufs bien jaunes. » Les œufs éclosent, les larves grandissent et changent trois fois de peau avant de devenir une coccinelle. Leur menu ? Des pucerons, des pucerons, encore des pucerons, mais aussi des cochenilles et du pollen. Les dessins de Chloé du Colombier sont très explicites : au ras des petits yeux ou en mode macro, la nature est vraiment magique. Magique ? Non, « ce n’est pas magique, mais biologique ! » explique Fleur Daugey. Une bonne occasion de descendre au jardin ou de se promener au parc, à la recherche de ces petits coléoptères aimés tant des enfants que des jardiniers.

Dès 3 ans

Fleur Daugey, Les P’tites Coccinelles, illustrations de Chloé du Colombier, Ricochet, coll. « Eveil Nature », 2020, 32 p., 9,50 € — Imprimé en Espagne

Coralie Saudo, Les trois petits champions

« Les trois petits champions sont inséparables. Ils vivent ensemble, jouent ensemble, rient ensemble, et surtout surtout surtout : ils sont super doués pour tout ! » Passe sur le chemin un vieux loup pelé, édenté, qui a besoin d’aide. Mais qui pose une question bien embarrassante : « Alors dites-moi, lequel d’entre vous est le plus doué ? » Les images ont déjà dévoilé le plus important : les trois petits champions sont bien… les trois petits cochons. Il est rare que les contes détournés soient aussi drôles que les originaux. Ici, Coralie Saudo joue avec le fait que les enfants connaissent l’histoire par cœur pour les initier aux joies du travail en commun. Conclusion : « Cher loup, il est hors de question que nous nous séparions… C’est ENSEMBLE que nous sommes champions ! »

Dès 3 ans

Coralie Saudo, Les trois petits champions, Editions Tom’Poche, 2018, 32 p., 5,50 € — Imprimé en Italie

Gudrun Guillaume, Athéna, la déesse aux mille facettes

« La jeune Athéna a de nombreuses qualités. Elle est aussi prudente que sa mère, Métis, et aussi intelligente que son père, Zeus. Elle a beau être une fille, elle joue à la guerre, ce qui n’est pas habituel chez les Grecs.
Zeus décide de l’envoyer chez Triton, le dieu fleuve. Sa fille, Pallas, a justement le même âge qu’Athéna. Les deux jeunes filles sont vite inséparables, comme des sœurs. De loin, Zeus continue à veiller sur Athéna. » Hélas, un de leurs combats finit très mal…
Athéna est une des déesses les plus célèbres de la mythologie grecque. Ce récit raconte quelques épisodes de sa vie : sa naissance extraordinaire, son amitié avec Pallas, la fondation d’Athènes et sa rencontre avec Arachné la tisserande. Une vie bien mouvementée !
L’univers des divinités grecques n’est pas toujours rose, il peut être violent et parfois inquiétant. Mais les récits antiques, porteurs de symboles accessibles aux enfants, les aident à comprendre le monde qui les entoure. Déesse guerrière, patronne des artisans et protectrice d’Athènes, Athéna n’a pas fini de nous surprendre !
Gudrun Guillaume adore raconter des histoires aux enfants –elle passe ici de l’oral à l’écrit pour son premier album. Gallic, dessinateur biberonné à la BD franco-belge, s’est inspiré des couleurs des vases grecs pour son tout premier ouvrage jeunesse. Un duo à encourager.

Dès 5 ans

Gudrun Guillaume, Athéna, la déesse aux mille facettes, illustrations de Gallic, La Nouvelle Librairie Jeunesse, 2020, 16 p., 9,90 €  — Imprimé en France

Kota Taniuchi, Qui m’appelle ?

« Hou Hou ! Quelqu’un m’appelle.  Est-ce toi, lune ? demande l’enfant. Moi ? dit la lune, non, ce n’est pas moi ! » Ce n’est ni la lune, ni le vent, ni « l’homme à la charrette », ni la colline. Ce ne sont pas non plus les enfants des bois… Mais qui appelle donc cet enfant en pyjama qui s’endort, fatigué, au pied de la colline ? Après une symphonie de bleus très doux, éclate une page orange vif. Et voilà l’enfant guéri. Quelle sourde inquiétude dans cette poussée de fièvre à laquelle l’enfant s’abandonne dans la solitude de sa chambre, et quelle pudeur joyeuse dans ce retour au monde !

Il est rare de citer l’illustrateur avant l’auteur, mais cela est dû à l’histoire de cet album. Le texte français, minimaliste, est dû à Auguste-Maurice Cocagnac (1924–2006), directeur charismatique des Éditions du Cerf, qui avait fait connaître Kota Taniuchi (1947–2019) en France. Cet artiste japonais avait commencé sa carrière en peignant des kimonos dans l’atelier de batik paternel. Comme le précise Janine Kotwica dans une postface destinée aux adultes, « Kota Taniuchi, qui avait accueilli “avec grande joie” la nouvelle de sa prochaine reparution, a choisi, cette fois, de garder le texte écrit et édité par Cocagnac, qu’il trouvait “très réussi” »

Dès 5 ans et pour tous les rêveurs

Kota Taniuchi, Qui m’appelle ?, texte français d’Auguste-Maurice Cocagnac, Editions MeMo, 2019,24 p., 15 € — Postface de Janine Kotwica. Réédition d’un album paru en 1971 aux éditions du Cerf. Imprimé en Europe.

Dave Skinner, À force de crier Au Lion

La petite Lucie Lupin ? « Avec ses adorables fossettes, ses ravissantes taches de rousseur et son si joli petit nez », on lui donnerait le Bon Dieu sans confession. Mais voilà… son jeu préféré, « c’est raconter de très, très gros mensonges », et de rire sous cape aux résultats de ses inventions. Imaginez ce qui se passe, dans ce monde où la trouille a engendré tant de procédures et où l’enfant est roi, quand elle hurle qu’il y a un lion dans la bibliothèque ! Branle-bas de combat, évacuation générale, alarmes, pompiers, policiers, vétérinaires… Quand Lucie voit le lion, successivement, à trois endroits différents mais qu’il reste introuvable, le doute s’installe chez les adultes. Et vous savez ce qui arriva, la quatrième fois ? Un vrai lion surgit par la fenêtre ouverte… et ne fit qu’une bouchée de la ravissante Lucie Lupin. Ravissante et… délicieuse fillette, parole de lion. Aurélie Guillerey a choisi des silhouettes et des couleurs vintage pour illustrer cette variation à l’humour très britannique sur le thème du « Qui crie au loup » et sur le fait qu’il ne faut pas se fier aux apparences.

Dès 5 ans

Dave Skinner, À force de crier Au Lion, illustrations d’Aurélie Guillerey, Little Urban, 2020, 32 p., 14,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Cary Fagan, La petite chaise bleue

« Sacha adorait sa chaise. Elle était petite. Elle était bleue. Il s’y asseyait pour prendre son petit déjeuner, mais aussi son déjeuner et son dîner. » Mais voilà que Sacha a grandi. Un beau jour (j’espère avec la permission de Sacha !), elle posa la petite chaise « devant la maison, près de la boîte aux lettres. Elle y accrocha une pancarte : petite chaise à donner ». Et voilà notre petite chaise bleue partie pour faire le bonheur d’une foule de gens, dans un long voyage tout autour du monde – jusqu’à revenir chez Sacha, qui la répare pour l’offrir à sa fille Apolline. Un album tendre et surprenant, qui nous en apprend de belles sur la vie des objets que nous délaissons ou dont nous devons nous séparer, parfois à contre cœur. Alors, autant les donner en rêvant à leur nouveau destin !

Dès 4 ans

Cary Fagan, La petite chaise bleue, illustrations de Madeline Kloepper, Kimane, 2019, 40 p., 12,95 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Lenia Major, Dans mon petit jardin

« Dans mon petit jardin, au départ il n’y avait rien. Papi m’a dit : −   Je t’ai préparé un carré dans mon potager. Fais‑y pousser ce qui te plaît.
Dans mon petit jardin, j’ai prévu de faire pousser des salades, des courgettes, des radis, des fraises et du persil ! » Au travail, jeune jardinière ! Et je bêche, et je bine, et je sarcle… Voilà qu’un pissenlit montre déjà le bout de ses feuilles ? Hop ! dans la salade ! Comment faire pour éloigner pucerons, fourmis et escargots sans les tuer ? Notre héroïne a son idée – et va même jusqu’à concocter du « thé de vers de terre » sorti tout droit du composteur.
Un guide de jardinage écolo et rigolo, plein de bonne humeur, à vite partager avec son grand-père.

Dès 5 ans

Lenia Major, Dans mon petit jardin, illustrations de Clémence Pollet, Ricochet, 2020, 36 p., 16 €

Elisabeth Coudol, Il y aura des jours…

« Mon enfant,
Mon ange,
Ma mésange,
Mon petit,
Souris, tends les bras, ouvre tes yeux, tes doigts, tes mains et ton cœur à la vie, et tu verras, tu vivras des lendemains  aux joies infinies… »
Cet album délicieusement illustré – sans mièvrerie aucune – joue sur l’alternance entre bons et mauvais jours, tristesses et joies : « Il y aura un boucan du tonnerre, des orages, des éclairs et leurs lots de frissons… mais aussi des anniversaires et leurs lots de surprises dans de jolis cartons, papiers froissés, cadeaux cadeaux, des ah ! des Oh !, et des gâteaux tout en illuminations. » La typographie se fait grondante en capitales, sautillante ou douce en lettres colorées.
Écrit en souvenir d’une mère et illustré par une jeune maman, cette déclaration d’amour est d’une simplicité désarmante, parce que cela fait tant de bien d’entendre dire « je t’aime ». Une création originale, portée par une conviction forte car, précise Lena Nikcevic, « dès qu’on touche à la création en général, on touche à l’enfance ».

Dès 3 ans – et pour toute la vie

Elisabeth Coudol, Il y aura des jours…, illustrations de Lena Nikcevic, L’Elan Vert éditions, 2019, 52 p., 16 €

Gilles Bizouerne et Céline Murcier, Pierre et la Sorcière

« Il était une fois, rien qu’une fois, une sorcière, une terrible sorcière qui vivait dans une forêt près d’un village. […] Tout le monde avait peur de la sorcière. Tout le monde… sauf Pierre ! Pierre était un galopin, un galopin qui n’avait peur de rien. » Et notre Pierre de grimper dans un pommier pour y cueillir une pomme. Passe la sorcière… avec un grand sac…
« — Comme ces pommes ont l’air savoureuses ! Tu m’en donnes une ? Pierre lui lance une pomme. – Misère de misère ! dit la sorcière, elle est tombée par terre. » Deux fois, Pierre saura lui jouer un tour à sa façon et se sauvera de ses griffes. Mais la troisième fois ? Qui ira cuire dans le four ?
Passé la première terreur, car la sorcière et vraiment très réussie dans son genre, on en redemande : nez crochu, doigts griffus, yeux bigleux, et un vocabulaire à l’avenant. Le texte est parfait pour une lecture à haute voix. La typographie aide même à mettre le ton. La présente adaptation de ce conte s’inspire plus particulièrement d’une version flamande, dont il a traduit toute la truculence.

Dès 3 ans

Gilles Bizouerne et Céline Murcier, Pierre et la Sorcière, illustrations de Roland Garrigue, Didier Jeunesse. 2016 pour l’album, 40 p., 12,90 € — 2019 pour la version poche, 40 p., 5,50 € — Imprimé en France

Margaret Wise Brown, Attends que la lune soit pleine

« Il était une fois, sous la lune noire, un petit raton laveur. Il vivait au pied d’un grand châtaignier avec sa mère, qui était aussi un raton laveur. » Une maman qui cuisine de délicieux petits sablés ! « Ce petit raton laveur avait vu le jour. Il voulait voir la nuit. Il dit alors : “Maman, je veux aller dans les bois. Maman, je veux voir la nuit. ”
Mais sa mère lui répondit : “— Attends. Attends que la lune soit pleine.” ».
Et sur cette image, Maman raton laveur fait la lessive dans une bassine – eh oui, l’album a été dessiné en 1948, à une époque où les mamans ratons laveurs vaquaient aux tâches domestiques en dialoguant avec leurs enfants – et n’auraient pas compris qu’on les appelle des « ratonnes laveuses ». A toutes les questions du petit raton laveur, sa maman répond inlassablement : « Attends. Attends que la lune soit pleine. » Et des questions, il en pose ! Et des réponses sa maman en trouve, poétiques et enjouées ! Ah, cette vertu de patience, qu’elle est difficile à acquérir… Mais la récompense est enfin là : une belle nuit, enfin, tous les petits ratons laveurs des environs se retrouvent pour jouer à la lueur de la pleine lune – laquelle n’est pas un lapin, ce qu’ignorent doublement les petits Français !

Dès 4 ans

Margaret Wise Brown, Attends que la lune soit pleine, illustrations de Garth Williams, Editions MeMo, 2019, 36 p., 16 €. Traduit de l’anglais (Etats-Unis). Imprimé en Europe.