Thème

De 3 à 5 ans

Nina Laden, Si j’avais un petit rêve

« Si j’avais… » Oh, pas grand-chose : un petit coin de terre, une petite maison, un petit bateau, un petit vélo… Mais aussi un petit frère ou une petite sœur… Quel bonheur que de pouvoir imaginer ce que je pourrais faire chaque jour, de tant de joie, d’amour et de beauté. Les couleurs douces de cet album mettent en scène une fillette dans un cadre assez onirique, rempli de petits animaux et de fleurs. Sans aucune mièvrerie, il raconte comment être heureux de peu, en regardant autour de soi – ce qui n’interdit pas à nos jeunes héros d’avoir aussi de grands rêves ! Idéal pour un retour au calme avant de se coucher.

Dès 4 ans

Nina Laden, Si j’avais un petit rêve, illustrations de Melissa Castrillon, Kimane, 2021, 36 p., 13,50 €. Traduit et adapté de l’anglais. Imprimé en Chine

Barroux, La Girafe à cinq pattes

« Les crocodiles adorent les bonbons, tout le monde sait ça. L’un d’eux ne s’est pas brossé les dents. Il en a même perdu plusieurs… » Ouvre bien les yeux, car il se cache dans une immense double page remplie de crocodiles, la gueule grande ouverte ! Et la girafe à cinq pattes qui donne son nom à l’album ? Elle se promène dans la savane « pour se dégourdir les jambes », au milieu de combien de girafes ? Je ne les ai pas comptées ! Abeilles, sardines, lapins, chats, poules et poussins, cochons roses, moutons, tortues, éléphants et petit ver de terre… Dans chaque double page, un intrus, mais aussi un couple d’amoureux – eh oui, les sardines aussi sont amoureuses ! Les dessins de Barroux sont d’un humour irrésistible, ses couleurs mettent de bonne humeur, que demander de plus ?

Dès 4 ans

Barroux, La Girafe à cinq pattes, Little Urban, 2021, 28 p., 14,50 € — Imprimé en Belgique

Sandra Le Guen, Tortue Express

D’abord, récupérer le petit James à la crèche. Puis Juno, qui joue dans la cour de l’école. Enfin, Majé, le grand, qui commence à s’impatienter. Sans oublier de passer au marché, pour acheter groseilles et myrtilles. Tortue-express a bien du chemin à faire entre quatre heures moins le quart et l’heure du goûter dans le jardin ! Tortue-express porte des lunettes d’écailles, un joli foulard rouge autour du cou, écoute les petits secrets de chacun et garde l’œil alerte quand il faut traverses la rue… Bref, Tortue-express est le plus génial des grands-pères, un grand-père qui sait aussi préparer limonade et carrot cake ! Des dessins craquants de bonne humeur et de connivence, dans un univers coloré à l’énergie communicative – eh oui, car Tortue-express, même sans trop se presser, a besoin de beaucoup d’énergie pour accomplir sa mission ! Un régal !

Dès 4 ans

Sandra Le Guen, Tortue Express, illustrations de Maurèen Poignonec, Editions Little Urban, 2021, 32p., 13,50 € — Imprimé en Belgique

Florence Givelet de Lespinay, Louis et Aimée à l’école de la vie

Ce matin, en plus de son cartable, Louis « agrippe un immense sac qu’il glisse péniblement sur son dos, sous les yeux ébahis de son amie », Aimée. Que contient-il ? Mystère ! Que savons-nous de cet adorable garçonnet ? Qu’il « aime construire des circuits automobiles, […] observer des oiseaux aux jumelles » et surtout « rêver dans le silence de son cœur ». Ça, c’est sa maman, l’auteur de l’album, qui nous le dit avec son cœur de maman. Les dessins, eux, sous le trait tendre et délicat de by.bm, nous montrent que Louis porte une chaussure orthopédique, un appareil respiratoire, qu’il apprend à ses camarades le langage des signes… et qu’aujourd’hui, il accompagne ses camarades à la piscine. Au bord du bassin, il déploie enfin le contenu de son sac : il en sort un superbe bateau gonflable. « Tous à l’eau ! hurlent de joie les enfants. » Une rencontre extraordinaire avec un jeune garçon plein de vie, « qui aime ne pas être trop différent ». Un album idéal dans sa simplicité pour aider les enfants à dépasser leurs craintes face à un enfant porteur d’un handicap, quel qu’il soit.

Dès 4 ans, puis à lire tout seul

Florence Givelet de Lespinay, Louis et Aimée à l’école de la vie, illustrations de by.bm, Mame, 2021, 32 p., 12,50 € — Imprimé en Pologne
Du même auteur, dans la même collection : Louis et Aimée, une rencontre extraordinaire, illustrations de by.bm, Mame, 2019, 32 p., 12,50 € -

Alice de Nussy et Janik Coat, La Malédiction des flamants roses

A côté d’Alice, qui écrit, et de Janik, qui dessine, il y a aussi Valéria, « celle qui chapeaute » et qui va, l’air de rien, tenter d’organiser le joyeux bazar qui s’annonce. Plein de grâce, en tutu rose, debout sur une jambe ? C’est une danseuse. Mais sur une patte ? Alors, c’est un flamant rose, « le héros de notre histoire ». Mais avez-vous déjà vu un flamant rose tout seul ? En Camargue, ils vivent en groupes serrés. Tiens, Janik a caché (enfin, on ne voit que lui !) un corbeau dans la page. A la suivante, entrent en scène un éléphant et un (ou une) hippopotame. Ensuite, ça se déchaîne ! Valéria ne peut plus rien face à l’imagination d’Alice et de Janik : une forêt, un loup, un renard, un chaperon rouge, un écureuil… De page en page les personnages se révoltent contre les choix d’Alice et de Janik – est-ce vraiment comme cela que se fabrique un album ? Les dernières pages proposent aux enfants de découper les personnages et de les coller sur les paysages – un code permet de les télécharger pour ne pas abimer le livre. Le très grand format de l’album permet de le raconter à un groupe d’enfants, qui pourront prolonger ce moment un peu farfelu en créant leur propre version de l’histoire. Ils peuvent aussi parrainer un flamant rose, à la Tour du Valat.

Dès 3 ans

Alice de Nussy, La Malédiction des flamants roses, illustrations de Janik Coat, Grasset Jeunesse, 2021, 48 p., 18,90 € — Imprimé en Espagne

Sesyle Joslin, La Petite Famille

« Dans la maison, il y a le salon.
« Dans la maison, il y a le salon. Et dans le salon, il y a le père.
« Dans la maison, il y a le salon. Et dans le salon, il y a le père et la mère. »
Vous avez compris le truc, n’est-ce pas. Mais attention à la dernière reprise :
« Dans la maison, il y a le salon. Et dans le salon, il y a le père et la mère et le bébé et le crocodile. Adieu petite famille ! ».
Initialement paru en 1964, La petite famille est un drôle de manuel d’apprentissage du français pour les jeunes enfants anglophones. À partir de mots du quotidien, des phrases simples sont construites, puis la répétition et l’addition en font de vraies saynètes. Quatre histoires, délicieusement absurdes, sont proposées dans le livre — La petite famille ; le banquet ; le clown ; la belle dame —, complété par un lexique bilingue du vocabulaire utilisé. Les illustrations très colorées de John Alcorn (1935–1992) accompagnent parfaitement ces drôles d’histoires, dans l’esprit très « pop » des années 1960. La réédition, à l’identique, du livre permettra aux jeunes lecteurs francophones de parfaire leur lecture et de s’initier au vocabulaire anglais.

Dès 3 ans (avec des parents qui parlent comme les Beatles !)

Sesyle Joslin, La Petite Famille, illustrations de John Alcorn, Editions MeMo, 2021, 44 p., 16 €. Traduit de l’anglais (Etats-Unis). Imprimé en Europe

Taro Miura, Les enfants du tout petit roi et de la très grande princesse

Dix enfants ! Dix enfants qui « vivaient dans la joie et le bonheur », choyés par leurs parents, le tout petit roi et la très grande princesse. Un beau jour, le roi les invita à sortir du château : « visitez le royaume, rencontrez les habitants et réfléchissez à ce que vous aimeriez faire pour notre pays ». Son idée était de savoir qui lui succèderait, mais il ne le leur dit pas. L’un choisit de devenir fleuriste, l’autre garagiste, le suivant footballeur et sa sœur, chanteuse, puis vinrent le charpentier et l’agricultrice… Bref, les neufs premiers choisirent chacun un métier, mais pas celui de roi ou de reine. Et le dixième ? Plus discret, il savait écouter et se faire aimer – il accepta de devenir roi le jour venu et se fit aider de toute sa fratrie, parce qu’il fallait bien que chacun y mît un peu du sien. Le Japonais Taro Miura raconte en mille couleurs vives cette belle fable d’harmonie politique. Sa signature ? Des lignes épurées et géométriques, un peu comme des gommettes et un art de la répétition qui enchantera les petits. Et votre petit prince, ou votre chère princesse, feront-ils le même métier que Papa et Maman ?

Dès 4 ans

Taro Miura, Les enfants du tout petit roi et de la très grande princesse, Milan, 2021, 40 p., 12,90 € — adapté du japonais par Yukari Maeda et Patrick Honnoré – Imprimé en Chine

Marie Colmont, Marlaguette

Marie Colmont, Marlaguette

« Elle s’appelait Marie-Olga, mais on disait Marlaguette pour faire plus court et aussi plus gentil.
Un jour qu’elle était allée cueillir des champignons dans les bois, une grosse bête sauta sur elle et l’emporta pour la manger… » Et c’était le loup ! Dans la poursuite qui s’ensuivit, le loup se blessa. Marlaguette en eut pitié, le soigna, et lui fit promettre de ne plus tuer de bestioles pour se nourrir et de préférer fruits et légumes. Mais, dans les contes de Marie Colmont – celui-là est paru pour la première fois en 1952 –, les loups sont et restent carnivores. Voyant son ami loup faible et malheureux, Marlaguette finit par le délier de sa promesse. Les dessins de Gerda Muller sont toujours aussi frais et joyeux, indémodables !

Dès 3 ans

Marie Colmont, Marlaguette, illustrations de Gerda, Flammarion Jeunesse, « Les Histoires du Père Castor », 2021, 32 p., 5 € — Réédition d’un grand classique. Imprimé en République Tchèque.

Alain Serge Dzotap, Capitaine bébé !

Alain Serge Dzotap, Capitaine bébé !

« Capitaine Bébé enfile sa combinaison, met ses bottes et son casque, et il démarre son gros camion de pompiers. C’est l’heure de sa tournée. Il doit s’assurer que tout va bien. » Mais si tout allait bien, il n’y aurait pas d’histoire à raconter ! Justement, « il y a le feu dans la boutique de madame Girafe ! ». Pin-pon, pin-pon… Le camion rouge de Capitaine Bébé traverse la page, toutes sirènes hurlantes ! Oh, oh, comment dire ? Est-ce vraiment la lance à incendie qui a mis de l’eau partout ? Capitaine Bébé aurait-il… fait pipi au lit ? Une approche originale et vraiment amusante de ces petits malheurs, sous la plume d’Alain Serge Dzotap, auteur camerounais. Les dessins de Brice Postma Uzel s’inspirent avec succès des pochoirs de l’école russe – on pense à Natalie Parain ou à Hélène Guertik.

Dès 3 ans

Alain Serge Dzotap, Capitaine bébé !, illustrations de Brice Postma Uzel, Sarbacane, 2021, 32 p., 13,90 € — Imprimé en Italie

Orith Kolodny, Au dodo les animaux !

Orith Kolodny, Au dodo les animaux !

« Savez-vous, Maman, comment le marabout s’endort ?
Vous l’ignorez encor…
Le marabout s’endort, maman, debout sur une patte,
Comme les acrobates… »
Inspiré sans doute de la comptine amusante, cet album explique très scientifiquement aux tout-petits que la girafe reste debout pour faire de toutes petites siestes et qu’elle se couche pour dormir en prenant… son derrière comme oreiller. Les dauphins, eux, « éteignent seulement la moitié de leur cerveau, en fermant l’œil opposé, tout en nageant en rond ». Les canards ? « Ils dorment en file indienne mais le premier et le dernier gardent un œil ouvert, chacun du côté opposé, pour surveiller les alentours ». Car le risque est grand de se faire croquer par le renard… Et les enfants ? Il est bien connu que certains ne vont pas volontiers sous la couette ! Cet album aux couleurs de la nuit – dans une gamme de gris foncé, de violet et de jaune — les conduira sereinement au pays des rêves, en compagnie de leurs animaux préférés. Une alliance réussie entre documentaire et poésie.

Dès 3 ans

Orith Kolodny, Au dodo les animaux !, Actes Sud Junior, 2020, 48 p., 13,90 € — Traduit de l’italien. Imprimé en France

Dorothée Copel, Tape dans ma patte !

Dorothée Copel, Tape dans ma patte !

« Attendez-moi là et restez bien sages. Je cours à la rivière ! » s’écrie Papa Ours. Sauf que… nos deux lascars en profitent pour mettre le bazar. « Il va donc falloir trouver quelqu’un pour vous garder », soupire Papa Ours. Pas de Maman Ourse à l’horizon ? Un sac de gâteaux sur le dos, Papa Ours va chercher à qui, dans la forêt, il pourrait faire confiance. Pas si simple, mais si drôle !
Inspiré d’un conte russe, Tape dans ma patte ! fait partie des récits où un personnage cherche quelqu’un pour accomplir une tâche – ici, Papa Ours a bien du mal à trouver à qui confier ses turbulents petits oursons ! Les dessins de Marie Novion, réalisés au crayon à papier, aux crayons de couleur et aux feutres, sont charmants, naïfs et plein d’humour.

Dès 3 ans

Dorothée Copel, Tape dans ma patte !, illustrations de Marie Novion, Didier Jeunesse, coll. « A petits petons », 2019, 24 p., 12,50 € — Existe aussi en anglais. Imprimé en France.

Schéhérazade, La Galette et le Roi

Schéhérazade, La Galette et le Roi

Chaque année, les animaux de la forêt se réunissent pour déguster une bonne galette. Celui qui aura la fève sera, pour un an, le roi de la forêt. Toutes les parts sont égales, mais il y en a qui essaient de tricher… Les enfants reconnaîtront quelques « trucs » bien connus et, peut-être, une variante de la fable du Corbeau et du Renard… Les dessins sont très frais, et la recette est donnée à la fin de l’album. Rendez-vous sous le grand chêne !

Dès 3 ans

Schéhérazade, La Galette et le Roi, illustrations de Marianne Barcilon, L’Ecole des Loisirs, coll. « Kaléidoscope », 2020, 13,50 €